L'affaire Epstein, une affaire tentaculaire qui n'en finit plus de secouer l'Amérique, continue de susciter des interrogations, notamment en ce qui concerne la possibilité d'enfants cachés. Ce scandale impliquant un homme qui se présentait comme un génie de la finance, ami des présidents, des professeurs de Harvard, des grands patrons de Wall Street et des top models, a révélé un réseau d'exploitation sexuelle de mineures d'une ampleur choquante.
Jeffrey Epstein : Ascension et Chute d'un Prédateur
Tout commence dans les années 1980 à New York. Epstein n’a pas de diplôme, mais c’est un séducteur. C’est comme ça qu’il se rapproche de nombreux milliardaires dont il gère la fortune. Des affaires qui font sa fortune. Au fil des années, Jeffrey Epstein tisse des liens étroits avec des personnalités influentes de la politique, des affaires et du divertissement. Des photos et des témoignages attestent de sa proximité avec des figures telles que Bill et Hillary Clinton, ainsi que Donald Trump. Ghislaine Maxwell, fille du magnat de la presse, a joué un rôle clé dans l'introduction d'Epstein dans ces cercles, facilitant l'accès à des réseaux puissants en échange de son propre enrichissement. Cette toile d'influence a permis à Epstein d'opérer pendant des décennies sans être sérieusement inquiété, soulevant des questions sur la complicité et la réticence des autorités à agir. Virginie Vilar souligne l'importance de Ghislaine Maxwell dans l'établissement de ces relations, notamment avec Bill Clinton et le Prince Andrew.
C'est au début des années 2000 que Jeffrey Epstein aurait commencé à recruter des jeunes filles pour des “massages”. On dit massages et on met des guillemets, mais on comprend bien qu’il s’agit de plus que de simples massages. Ces jeunes filles sont très souvent mineures. Ce qui lui vaut une première inculpation par la justice. En 2008, il plaide coupable en Floride pour “sollicitation de prostitution avec mineure”, il écope de 13 mois dans une prison aménagée. Un sacré bon deal négocié par un procureur qui deviendra plus tard membre de la première administration Trump. C’est plus de 10 ans plus tard que tout bascule. Le 6 juillet 2019, Jeffrey Epstein est arrêté à New York par le FBI. Il a 66 ans et il est accusé de “trafic sexuel en bande organisée de mineures”. Il risque quarante-cinq ans de prison. Un mois plus tard, il est retrouvé pendu dans sa prison et voilà le début de notre histoire, une histoire tentaculaire.
Des agents du FBI ont effectué un raid sur une petite île américaine des Caraïbes appartenant à Jeffrey Epstein. L’île de Little St. James, une résidence des îles Vierges américaines où Epstein aurait commis des abus sur des jeunes filles mineures. Les démocrates du comité de surveillance de la Chambre des représentants ont qualifié les images de "glaçant aperçu de la vie privée d'Epstein".
La Question des Héritiers Potentiels
Deux jours avant son suicide au Metropolitan Detention Center où il était incarcéré dans l'attente de son procès pour trafic sexuel, l'homme d'affaires a laissé un testament dont le contenu n'a pas encore été révélé. Et si Mark, son frère cadet, est pressenti pour hériter de sa fortune estimée à 500 millions de dollars, Harvey Morse est persuadé que, quelque part dans le monde, se cachent de possibles « enfants » de Jeffrey Epstein. Et qu'ils ont le droit de réclamer leur part.
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Pour faciliter les recherches de son entreprise basée en Floride, Harvey Morse et son neveu Ari ont créé un site Internet : « Epstein Heirs » (« Les héritiers d'Epstein »). « Si vous pensez avoir donné naissance à un enfant conçu par Jeffrey Epstein, qui s'est suicidé, ou qu'il puisse être votre père biologique, s'il vous plaît contactez-nous immédiatement, sans délai!! », encourage la page d'accueil du site Internet.
Selon Harvey Morse, « Entre 20 et 30 personnes nous ont déjà contactés. Il y a évidemment des gens qui sont manifestement fous, ou qui veulent voir s'ils peuvent prétendre à quelque chose, mais juste en leur parlant, on sait que ce sont des imposteurs. » Selon lui, une partie des enfants autoproclamés de Jeffrey Epstein ont toutefois de bonnes raisons de penser que le multi-millionnaire est leur père.
Les équipes de Morse LLC, composées d'une vingtaine de personnes, en sont actuellement au tout début de la procédure. « Le site Internet n'est en ligne que depuis une semaine et demie », précise Harvey Morse. Et sa durée de vie n'a pour le moment pas été actée.
Officiellement, Jeffrey Epstein n'a pas de famille excepté son frère Mark. « Il n'a jamais été marié mais il était apparemment quelqu'un de très actif sexuellement, au mauvais sens du terme, glisse Harvey Morse. La probabilité qu'il ait des enfants est énorme. » Le généalogiste a calculé l'âge potentiel de sa progéniture. Né en 1953, le multi-millionnaire avait vingt ans dans les années 1970. « Cela voudrait dire que ses enfants peuvent aujourd'hui avoir entre une quarantaine d'années et un an… Certains peuvent n'être même pas encore nés ! »
Jeffrey Epstein est accusé d'avoir abusé de dizaines de jeunes filles originaires des Etats-Unis, mais aussi d'Europe. En France, le directeur d'agence de mannequins Jean-Luc Brunel, est accusé d'avoir participé à ce réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles. « La plupart des personnes qui nous ont contactés sont originaires des Etats-Unis, mais Epstein avait des résidences dans les Caraïbes et il a voyagé dans le monde entier », complète Harvey Morse.
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Selon Harvey Morse, le fait qu'il ait écrit un testament ne change rien. « Pour pouvoir déshériter quelqu'un, il faut le nommer précisément dans le document, explique-t-il. Or il est très peu probable que Jeffrey Epstein ait connu le nom de ses potentiels enfants. » Dès lors, la requête peut être menée par quiconque partage des gènes avec l'homme d'affaires. Le test ADN nécessaire ainsi que toutes les démarches administratives sont prises en charge par l'entreprise de Harvey Morse. « Nous concluons avec nos clients un accord préalable pour une compensation à verser en cas de victoire au procès. » Autrement, en cas de défaite, les clients et clientes n'ont rien à payer. Morse LLC est la plus vieille firme du pays spécialisée dans la généalogie scientifique. D'expérience, Harvey Morse sait que l'affaire Epstein sera l'une des plus compliquées à gérer de sa carrière. Il prend l'exemple de l'héritage de Bob Marley : « L'affaire dure depuis trente ans ! » Pour cette raison, le site « Epstein Heirs » restera en ligne aussi longtemps qu'il le faudra.
Publication Partielle des Dossiers et Réactions
Si le ministère de la justice américain a publié, sous la contrainte, des milliers de documents issus de la tentaculaire enquête sur le criminel sexuel, tout n’a pas été rendu public comme le prévoyait la loi, et de nombreux fichiers ont été préalablement caviardés. Des victimes du criminel sexuel américain décédé Jeffrey Esptein et des élus ont vivement critiqué l’administration Trump, samedi 20 décembre, pour la publication seulement partielle de l’énorme dossier, dont des documents ont été caviardés et des photos supprimées après avoir été divulguées.
Marina Lacerda, l’une des plus de 1 000 victimes présumées de ce richissime financier mort en 2019 et connu pour avoir fréquenté durant des décennies des personnalités de premier plan, dont l’actuel président républicain, Donald Trump, et son lointain prédécesseur démocrate, Bill Clinton (1993-2001), a protesté : « Nous sommes très déçues. Pourquoi ne pouvons-nous pas simplement révéler les noms qui devraient l’être ? », a-t-elle demandé sur CNN, déplorant l’anonymisation de nombreux individus mentionnés dans ces fichiers.
Le gouvernement a commencé à publier des milliers de photos, vidéos et textes issus de la tentaculaire enquête Epstein, une affaire qui pollue la présidence Trump plus de six ans après le décès du financier new-yorkais, retrouvé mort dans sa cellule avant d’avoir été jugé pour ses crimes sexuels. Tout n’a toutefois pas été rendu public avant minuit dans la nuit de vendredi à samedi comme le prévoyait la loi à l’origine de cet effort de transparence, et de nombreux fichiers dévoilés ont été préalablement caviardés, comme un document judiciaire de la justice new-yorkaise entièrement noirci sur 119 pages.
Jess Michaels, une victime présumée d’Epstein, a affirmé sur CNN qu’elle ne « pouvait pas » retrouver trace des dépositions qu’elle avait faites auprès de la police fédérale (FBI). « Le ministère de la justice américain continue de couvrir des hommes influents qui ont agressé ou violé des jeunes filles ou qui ont participé à des fêtes où ces jeunes filles étaient exhibées et maltraitées », a accusé sur X l’élu démocrate Ro Khanna. Une critique relayée par son collègue républicain, Thomas Massie, et l’élue démissionnaire de la droite radicale, Marjorie Taylor Greene, une ex-alliée de Trump qui a rompu avec le dirigeant à cause de son manque de transparence dans ce dossier. « Le but n’était pas de protéger les personnes politiquement exposées », a-t-elle fustigé sur X.
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Le ministère de la justice a balayé ces allégations. « Il n’y a aucune volonté de retenir quoi que ce soit simplement parce qu’y figurent les noms de Donald Trump ou de quelqu’un d’autre, comme Bill Clinton », a assuré sur ABC News le numéro deux du ministère, Todd Blanche. Mais des médias ont relevé qu’une bonne dizaine d’images avaient été supprimées du dossier après avoir été brièvement publiées.
Samedi soir, le ministère de la justice a promis sur X que « des photos et d’autres documents vont continuer d’être analysés et expurgés, conformément à la loi et (…) en fonction de nouvelles informations que nous recevons ». Le ministère a également publié une note dans laquelle il se défend de retenir volontairement des documents et accuse des décisions de justice d’avoir ralenti le « processus laborieux » de publication des fichiers, qui devaient être passés en amont à la loupe pour préserver l’anonymat des victimes.
L’opposition démocrate s’est aussi inquiétée de la suppression d’une des rares images de Donald Trump publiées vendredi. « S’ils suppriment cette information, imaginez tout ce qu’ils essaient de cacher… Il pourrait s’agir de l’une des plus grandes affaires de dissimulation de l’histoire américaine », a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. Ce cliché montrant diverses photos disposées sur un meuble et dans un tiroir, dont l’une de l’actuel président, était inaccessible samedi. L’image a néanmoins été republiée dimanche par le ministère de la justice, qui a expliqué l’avoir momentanément retirée afin de procéder à des vérifications supplémentaires. « Après examen, il a été déterminé qu’il n’y avait aucun élément montrant que des victimes d’Epstein puissent figurer dans la photo et celle-ci a été republiée sans aucune modification ni expurgation », a-t-il écrit sur X.
Implications et Conséquences
L'affaire Epstein, au-delà des horreurs révélées, soulève des questions fondamentales sur le pouvoir, la complicité et la justice. La publication des documents judiciaires, bien que partielle, a mis en lumière un réseau complexe d'individus influents et a ravivé les théories du complot entourant la mort d'Epstein.
Donald Trump et Bill Clinton ont tous les deux côtoyé Jeffrey Epstein mais jurent n’avoir jamais rien su de ses crimes et avoir coupé les ponts avant qu’il ne soit inquiété par la justice. Une photo dévoilée vendredi et montrant Bill Clinton dans ce qui semble être un jacuzzi, avec une partie occultée par un rectangle noir, a été rapidement relayée par l’entourage de Donald Trump. D’autres personnalités de la politique, des affaires ou du cinéma et de la musique, dont les stars Michael Jackson, Mick Jagger, Woody Allen, apparaissaient sur des clichés.
L’affaire Epstein, révélée en 2019, a éclaboussé nombre de célébrités américaines et étrangères, dont Andrew, frère du roi Charles III, incriminé par l’une des victimes, mais qui clame son innocence. Ont été publiées vendredi des photos inédites du prince britannique déchu allongé sur les jambes de cinq jeunes femmes. Le décès constaté d’Epstein en prison à New York en août 2019, attribué officiellement à un suicide, continue d’alimenter d’innombrables théories du complot selon lesquelles il aurait été assassiné pour l’empêcher de mettre en cause des personnalités.
Après avoir promis durant sa campagne électorale de publier l’intégralité du dossier, Donald Trump avait fait volte-face, parlant d’un « canular » instrumentalisé par les démocrates. Mais il a fini par céder à la pression du Congrès et de sa base électorale et a promulgué en novembre une loi sur la transparence. Interrogé vendredi, le milliardaire new-yorkais de 79 ans, dont le nom apparaît peu dans les fichiers publiés, s’est abstenu de tout commentaire.
Dans un communiqué de presse publié, les expertes en droits de l'homme ont demandé instamment aux autorités chargées de l'application de la loi de veiller à ce que des enquêtes complètes, rapides et transparentes soient menées et à ce que des procédures judiciaires soient engagées avec effet immédiat. « Tous ceux qui ont pu participer à ces crimes odieux de violence contre les femmes et les enfants, y compris en payant pour des services sexuels et en se livrant au proxénétisme, doivent être traduits en justice », ont-elles déclaré.
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