L'avortement est une question complexe et sensible partout dans le monde, et Israël ne fait pas exception. Bien que l'avortement soit techniquement illégal en Israël, il est largement pratiqué par le biais de commissions spéciales qui examinent chaque cas individuellement et approuvent les demandes sans trop de difficulté. Cependant, cette accessibilité ne signifie pas que la question est simple ou sans controverse. Cet article vise à explorer les témoignages et les enjeux complexes liés aux avortements forcés en Israël, en examinant les aspects légaux, religieux, sociaux et personnels de cette pratique.
L'accès à la contraception et à l'avortement dans la bande de Gaza
Dans la bande de Gaza, où les enjeux démographiques sont importants en raison de la forte densité de population, l'accès à la contraception et à l'avortement est particulièrement complexe. Bien que les autorités palestiniennes encouragent un modèle de famille plus restreinte et promeuvent la contraception, cette dernière est principalement acceptée dans le cadre du mariage, voire après un ou plusieurs enfants. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, applique une législation basée sur la loi islamique, qui autorise la contraception uniquement pour espacer les naissances et protéger la santé de la femme, mais pas pour limiter le nombre d'enfants.
Malgré ces restrictions, l'information sur la contraception se répand principalement par le biais de discussions entre femmes, qui sont souvent plus influentes qu'une visite chez le médecin. L'accès à l'information dépend également du statut administratif de la personne, les réfugiés enregistrés à l'UNRWA bénéficiant de services gratuits, y compris pour la contraception. Cependant, même si la couverture contraceptive est relativement bonne, elle peut être soumise à des pénuries, notamment en période de crise.
La question de l'avortement est encore plus sensible à Gaza, où le conflit avec Israël a historiquement influencé les questions de natalité. Le prisme religieux condamne et interdit formellement l'avortement, sauf dans quelques situations exceptionnelles où la vie de la mère ou de l'enfant est en danger avant les 40 ou 120 premiers jours de la grossesse. La décision finale dépend de l'interprétation du mufti consulté et du diagnostic de deux médecins, ce qui rend l'accès à l'avortement très difficile et soumis à des considérations sociales et religieuses.
Malgré l'interdiction officielle, des médecins privés pratiquent des avortements clandestinement, moyennant un prix élevé. L'accès à ces services dépend souvent de la wasta (piston) et des moyens financiers de la femme ou du couple. Dans le contexte humanitaire et politique dramatique de la bande de Gaza, les questions de santé sexuelle et reproductive ne sont pas considérées comme une priorité, ce qui rend les Gazaouis encore plus vulnérables face aux coupes budgétaires dans les organisations internationales et à la dégradation des conditions de vie.
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Le témoignage de Lucie : une grossesse de triplés face à la pression sociale
L'histoire de Lucie, une jeune femme divorcée qui découvre qu'elle est enceinte de triplés, illustre les défis et les pressions auxquels sont confrontées les femmes en Israël lorsqu'elles envisagent un avortement. Bien que Lucie ait initialement décidé de ne pas garder le fœtus en raison de sa situation personnelle et financière, elle a changé d'avis après avoir ressenti qu'Hachem (Dieu) lui avait envoyé un cadeau spécial.
Cependant, sa décision a été accueillie avec incompréhension et opposition de la part de son entourage, de sa famille et de l'équipe médicale, qui ont tous essayé de la convaincre de ne pas "prendre la mauvaise décision". Ils ont souligné les difficultés financières et sociales liées à l'éducation de triplés en tant que mère célibataire. Lucie a également été confrontée à la pression de subir une "réduction embryonnaire", un terme édulcoré pour désigner l'avortement sélectif de l'un des fœtus.
Malgré ces pressions, Lucie a tenu bon, aidée par l'organisme israélien "Ima", qui soutient les femmes dans des situations similaires. Ima a consulté des spécialistes et a rassuré Lucie sur sa capacité à mener à bien sa grossesse et à élever des bébés en bonne santé. Finalement, Lucie a donné naissance à trois garçons en parfaite santé et a trouvé un homme prêt à l'accompagner dans cette aventure.
Le témoignage de Lucie met en évidence la complexité des choix reproductifs et l'importance du soutien social et médical pour les femmes qui choisissent de poursuivre une grossesse difficile. Il souligne également la nécessité de remettre en question les normes sociales et les pressions qui peuvent influencer les décisions des femmes en matière d'avortement.
L'avortement comme droit fondamental : le plaidoyer d'Amnesty International
Amnesty International considère l'avortement comme un droit fondamental et mène une campagne mondiale pour le défendre dans des pays clés tels que la Sierra Leone, la Pologne, les États-Unis, le Maroc et l'Irlande du Nord. L'organisation vise à rendre l'avortement visible, à le déstigmatiser et à le protéger, car le silence ne fait que renforcer l'oppression et la stigmatisation.
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Pour Amnesty International, le droit à l'avortement ne concerne pas seulement les soins de santé, mais aussi l'égalité, la dignité et l'autonomie des femmes. L'organisation souligne que les personnes qui souhaitent avorter ou qui pratiquent des avortements sont victimes de criminalisation, de stigmatisation et de violence partout dans le monde. La stigmatisation se manifeste de nombreuses façons, notamment la honte, l'isolement, la peur du jugement et même les poursuites pénales.
Amnesty International dénonce également les obstacles à l'accès à l'avortement, tels que les délais d'attente, les consultations obligatoires, les autorisations de tiers ou les obligations de déclaration à la police. L'organisation met en lumière des cas emblématiques, tels que celui de Belén, une femme argentine accusée de meurtre aggravé après avoir fait une fausse couche, et celui de Justyna, une militante polonaise condamnée pour avoir aidé une femme victime de violences à avorter.
En plaidant pour le droit à l'avortement, Amnesty International reconnaît les progrès réalisés grâce aux mouvements féministes locaux et à la solidarité internationale, mais souligne également les défis persistants dans les pays où l'avortement est interdit ou sévèrement restreint. L'organisation appelle à partager des informations exactes, à combattre la stigmatisation et à soutenir les défenseurs du droit à l'avortement dans tous les pays.
Les témoignages de viols et de mutilations sexuelles lors des massacres du 7 octobre
Les témoignages de viols et de mutilations sexuelles commis lors des massacres du 7 octobre sont en train de faire surface, ajoutant une dimension encore plus sombre à la question de l'avortement en Israël. Ces actes de violence sexuelle ont des conséquences profondes et traumatisantes pour les victimes, qui peuvent se retrouver enceintes à la suite de ces agressions.
L'une des survivantes, Esther (le prénom a été changé), a accepté de raconter ce qu'elle a subi lors du festival Tribe of Nova. Son témoignage poignant met en lumière la brutalité et la cruauté des attaques, ainsi que le traumatisme durable qu'elles ont causé.
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Ces témoignages soulignent la nécessité de fournir un soutien médical et psychologique aux victimes de violences sexuelles, y compris l'accès à l'avortement si elles le souhaitent. Ils mettent également en évidence l'importance de lutter contre l'impunité des auteurs de ces crimes et de garantir que justice soit rendue.
Les témoignages de soldats israéliens sur les opérations militaires à Gaza
Les témoignages de soldats israéliens démobilisés après avoir participé aux opérations militaires dans la bande de Gaza révèlent des violations des règles d'engagement et des exécutions sommaires de civils palestiniens. Ces témoignages, publiés par le journal de gauche Siha Mekomit, mettent en lumière l'absence quasi complète de règles d'engagement au combat dans l'armée israélienne et les horreurs qui leur sont permises de faire.
Les soldats témoignent d'exécutions de civils palestiniens, justifiées par la suspicion que tout homme âgé de 16 à 50 ans est un terroriste. Ils racontent également des incidents où les officiers incitent à se défouler en tirant à l'aveugle sur des civils et des bâtiments abandonnés. Certains soldats avouent avoir oublié la réalité et avoir traité la situation comme un jeu vidéo, sans réaliser les conséquences dévastatrices de leurs actions.
Ces témoignages, bien que rares dans la presse israélienne, soulèvent des questions graves sur la conduite des opérations militaires à Gaza et la nécessité de garantir le respect du droit international humanitaire et la protection des civils. Ils mettent également en évidence l'impact psychologique de la guerre sur les soldats et la nécessité de leur fournir un soutien adéquat après leur démobilisation.
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