Ismaïl Haniyeh, figure centrale du mouvement palestinien Hamas, a occupé des postes de premier plan, évoluant du rôle de Premier ministre de l'Autorité palestinienne à celui de chef du bureau politique du Hamas. Son parcours, marqué par un engagement profond envers la cause palestinienne, a fait de lui un acteur incontournable de la géopolitique régionale.
Parcours et Ascension au Sein du Hamas
Ismaïl Haniyeh s'est fait connaître en 2006 en devenant Premier ministre de l'Autorité palestinienne. Au printemps 2017, il a été nommé chef du bureau politique du Hamas, succédant à Khaled Mechaal. Deux ans plus tard, il a quitté la bande de Gaza pour s'installer au Qatar, rejoignant d'autres figures du mouvement en exil volontaire. Depuis Doha, il a défendu les intérêts du Hamas auprès des dirigeants de la région, faisant la navette avec la Turquie, l'Iran ou l'Égypte.
Rôle et Influence Politique
Haniyeh était considéré comme le visage de la diplomatie du Hamas et perçu comme un modéré au sein du mouvement. Il était au cœur des efforts visant à mettre fin aux hostilités dans la bande de Gaza. Cependant, Israël le considérait comme un « mort en sursis », à l'instar de Yahya Sinouar et Mohammed Deif, les architectes de l'attaque du 7 octobre 2023.
Décès et Conséquences
Ismaïl Haniyeh a été tué dans une frappe imputée à Israël sur sa résidence à Téhéran. Si le Hamas assure que cette « grave escalade » n’entamera pas ses objectifs, sa mort pourrait remettre en question les chances de succès des négociations visant à sceller un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
Le Contexte du Conflit Israélo-Palestinien
Le territoire de la bande de Gaza illustre bien l’histoire de la géographie du conflit israélo-palestinien. Avant 1948, la bande de Gaza était une partie de la Palestine, une région qui, après avoir été ottomane, est passée sous mandat britannique en 1922. Lorsque ce mandat prend fin, en 1948, les Nations unies proposent un plan de partage qui divise ce territoire en deux États, un juif et un arabe. Ce plan n’est pas accepté par la partie arabe, mais l’État d’Israël proclame son indépendance le 14 mai. Le lendemain, les pays arabes déclarent la guerre. Une guerre qui s’achève en 1949 par la victoire d’Israël. Après l’armistice de 1949, c’est l’Égypte qui prend sous tutelle Gaza avec ses 279 000 habitants à l’époque. Parmi eux, 197 000 réfugiés palestiniens qui ont fui l'État hébreux et pour lesquels l’ONU va créer huit camps de réfugiés. Ces camps existent toujours, et ce sont les descendants des premiers réfugiés qui y vivent. C’est pourquoi il y a actuellement dans la bande de Gaza des Palestiniens de Gaza et des réfugiés palestiniens. Jusqu'en 1967, Gaza est sous administration militaire de l’Égypte. La situation change alors, avec la guerre des Six Jours. Israël prend à l’Égypte, le Sinaï et la bande de Gaza. En 1979, l’Égypte et Israël signent un accord de paix. Israël restitue le Sinaï mais pas la bande de Gaza, où des colons israéliens se sont installés entre-temps.
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En 1987, éclate depuis Gaza, la première Intifada. C’est dans ce contexte que naît à Gaza le Hamas, la branche palestinienne des Frères musulmans qui ne reconnaît pas l’État d’Israël. Dans la foulée de la deuxième Intifada et d'une vague d’attentats-suicides qui s’abat sur Israël, Ariel Sharon, devenu Premier ministre en 2001, décide qu’il est trop coûteux économiquement et militairement de rester à Gaza. Les 21 colonies juives qui s’y trouvent sont démantelées par Israël et l’armée israélienne se retire. Gaza devient palestinienne en 2005, mais Israël conserve le contrôle des frontières terrestres, aériennes et maritimes de Gaza. L’influence du Hamas ne fait que croître, jusqu’à sa victoire électorale contre le Fatah en 2006. Nombre de bailleurs internationaux interrompent alors leurs aides à Gaza, pour ne pas financer le Hamas, qu’ils considèrent comme une organisation terroriste. Sa tête de liste, Ismaïl Haniyeh, qui est aujourd’hui encore le chef politique du Hamas, devient Premier ministre de l’Autorité palestinienne. Mais le Fatah refuse de participer à un gouvernement d’union nationale et c’est le début d’une guerre fratricide entre le Hamas et le Fatah. Ces violents affrontements aboutissent le 14 juin 2007, à la prise de contrôle totale de la bande de Gaza par le Hamas. Le Fatah est chassé de l’enclave. Et il y a donc deux territoires palestiniens la Cisjordanie du Fatah et la bande de Gaza du Hamas qui se tournent le dos. Le blocus va alors se durcir encore. Et sans compter celle qui s'ouvre, Gaza a connu, depuis 2007, au moins cinq guerres. Des privations laissent la population exsangue, mais n’affaiblissent pas le Hamas pour autant. Aujourd’hui, 2,2 millions de personnes vivent à Gaza, c’est l’une des densités de population la plus forte au monde, sur 365 kilomètres carrés.
Autres Figures Clés du Hamas et du Hezbollah
Outre Ismaïl Haniyeh, d'autres figures clés du Hamas et du Hezbollah ont marqué l'histoire de ces organisations. Parmi eux, on peut citer :
Mohammed Deif : Chef militaire du Hamas, commandant des Brigades Ezzedine Al-Qassam. Il est considéré comme l’un des cerveaux de l’attaque lancée par le Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël.
Yahya Sinouar : Numéro un du Hamas, tué le 16 octobre à Rafah.
Hassan Nasrallah : Chef du Hezbollah, organisation armée qui est devenue un acteur incontournable de la géopolitique au Moyen-Orient.
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Naïm Qassem : Secrétaire général adjoint du Hezbollah, considéré comme un potentiel successeur de Nasrallah.
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