L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est une technique d'imagerie médicale de pointe utilisée pour visualiser l'intérieur du corps humain dans les trois plans de l'espace. Contrairement aux radiographies et aux scanners, l'IRM n'utilise pas de rayons X, mais un grand aimant et des ondes électromagnétiques, ce qui la rend généralement plus sûre, en particulier pour les enfants. À l'hôpital Trousseau, le service d'Imagerie Médicale Pédiatrique est un centre spécialisé dans l'imagerie des enfants et prénatale, réalisant plus de 3500 scanners et 3850 IRM par an. Cet article a pour but de détailler les indications de l'IRM pédiatrique, les procédures spécifiques mises en œuvre, et les précautions à prendre, en particulier à l'hôpital Trousseau.

L'IRM : Une technique d'imagerie polyvalente

L'IRM offre une excellente résolution et permet une analyse plus précise de certains organes ou phénomènes, comme l'inflammation, par rapport au scanner. Chez l'enfant, le principe de précaution vis-à-vis des radiations ionisantes a conduit les radiopédiatres à privilégier l’IRM par rapport à la tomodensitométrie. L'IRM est particulièrement utile pour explorer diverses parties du corps et diagnostiquer un large éventail de conditions médicales.

Indications de l'IRM en pédiatrie

Bien que les indications d’une IRM en urgence soient très peu nombreuses, l'IRM est devenue un outil essentiel dans le diagnostic et le suivi de nombreuses pathologies pédiatriques, notamment :

  • Pathologies cérébrales : L'IRM est souvent utilisée pour diagnostiquer des anomalies cérébrales, des tumeurs, des infections ou des lésions dues à un traumatisme.
  • Pathologies de la moelle épinière : Elle permet de visualiser la moelle épinière et de détecter des anomalies congénitales, des tumeurs ou des lésions traumatiques.
  • Pathologies musculo-squelettiques : L'IRM est utile pour évaluer les problèmes articulaires, les anomalies musculaires, les fractures de stress ou les tumeurs osseuses.
  • Pathologies abdominales et pelviennes : Elle peut être utilisée pour diagnostiquer des anomalies des organes internes, des tumeurs ou des infections.
  • Imagerie fœtale : L'IRM peut être utilisée pour étudier le bébé pendant la grossesse, en particulier lorsque l'échographie ne fournit pas suffisamment d'informations.

Le déroulement d'une IRM pédiatrique à Trousseau

Le service d'Imagerie Médicale Pédiatrique de l'hôpital Trousseau met en œuvre des protocoles spécifiques pour assurer le confort et la sécurité des jeunes patients.

Préparation à l'examen

La préparation à une IRM pédiatrique peut varier en fonction de l'âge de l'enfant et de la région du corps à étudier. Dans certains cas, une préparation spéciale peut être nécessaire, comme être à jeun pour une entéro-IRM.

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  • Information : Votre médecin vous a proposé un examen d’imagerie. Il sera pratiqué avec votre consentement. (Vous avez en effet la liberté de l’accepter ou de le refuser).
  • Prescription médicale : La prescription médicale (ordonnance) est obligatoire pour réaliser l’examen. Une prescription médicale (ordonnance), à partir de sa date d’émission par le médecin prescripteur, est valable pendant 12 mois.
  • Contre-indications : Il est essentiel de signaler au personnel médical toute condition médicale particulière, comme la présence d'implants métalliques, de stimulateurs cardiaques ou d'allergies.
  • Objets métalliques : Aucun élément métallique ne peut pénétrer dans la salle de l’IRM.

La sédation pour les jeunes enfants

Pour les enfants âgés de 6 mois à 3 ans et demi (pesant moins de 20 kg), la sédation est souvent nécessaire pour faciliter la réalisation de l'IRM ou d'un scanner. Cette procédure, couramment pratiquée à Trousseau, consiste à administrer du Pentobarbital par voie intra-rectale, sur prescription du médecin radiologue, pour endormir l'enfant.

  • Procédure de sédation : Une fois dans la cabine, les parents peuvent déshabiller leur enfant, et le manipulateur administrera le médicament. Les parents peuvent ensuite donner à manger à l'enfant et le laisser s'endormir. L’endormissement peut prendre de 20min à 1h.
  • Surveillance : À partir de l'administration du médicament, la saturation en oxygène de l'enfant est surveillée par précaution à l'aide d'un oxymètre de pouls.
  • Consignes importantes : Votre enfant doit être à jeun et fatigué (absence de sieste au préalable). Plus votre enfant sera fatigué, plus vite il s’endormira. Une fois l’examen réalisé, il faudra attendre le réveil de votre enfant pour obtenir l’autorisation de sortie par le médecin radiologue.

Déroulement de l'examen

Un manipulateur viendra vous chercher et vous installera en cabine. L’enfant sera allongé sur la table d’examen qui glisse à l’intérieur d’un tunnel contenant l’aimant. Pour les enfants entre 6 mois et 3 ans, une sédation sera nécessaire afin d’assurer les meilleures conditions pour la réalisation de cet examen.

  • Présence des parents : Pour la plupart des examens, les parents sont autorisés à accompagner les enfants. Durant l’examen, l’enfant est seul dans la pièce où se trouve l’IRM, mais peut parler avec le manipulateur radio grâce à un microphone.
  • Durée de l'examen : L'IRM dure environ 30 à 45 minutes selon que le bébé bouge ou pas. le tunnel entre 30 minutes. Enfin, cet examen est bruyant. Information à savoir : l’IRM est très bruyante, peut générer des bruits de plus de 110 décibels soit l’équivalent d’un marteau piqueur.

Après l'examen

  • Récupération des résultats : Si vous consultez en externe, les images seront retranscrites sur un support film, il faut ainsi prévoir un délai de 48h avant de pouvoir récupérer les résultats à l’accueil de la radiologie, du lundi au vendredi de 8h30 à 19h.
  • Délai de communication des examens : Le délai de communication est de 8 jours ouvrés lorsque les informations datent de moins de 5 ans, et de 2 mois, lorsque les informations médicales datent de plus de 5 ans (Code de la santé publique, Art.

Précautions et considérations particulières

Grossesse et examens radiologiques

Informer les professionnels de santé de sa grossesse est important car cela permet d’expliquer certains symptômes que vous pouvez ressentir. Mais cela permet également quand vous êtes malade de vous traiter en évitant les traitements potentiellement dangereux pour votre enfant.

  • Rayons X : Bien que le risque soit très faible, l’attitude générale est de reporter, si cela est possible, l’examen après la grossesse. Si l’examen est nécessaire, étant donné la plus grande sensibilité de l’embryon aux rayonnements ionisants, et notamment en début de grossesse, l’attitude est de remplacer l’examen par un examen non irradiant.
  • IRM : En cas de pathologie maternelle pendant la grossesse nécessitant un acte de radiologie, une IRM peut être utilisée pour limiter les effets de l’irradiation sur le fœtus. Celle-ci est jugée sans risque pour le fœtus surtout au 2e et 3e trimestre de grossesse. En revanche, l’innocuité de l’examen au cours du 1ertrimestre - compte tenu des chocs sur les tissus sensibles par des champs de radiofréquence - est moins claire.
  • Gadolinium : De même, en dehors du 1er trimestre de grossesse où elle est déconseillée car possiblement tératogène, les conséquences de l’utilisation de gadolinium au 2e et 3e trimestres de grossesse pour l’enfant ont été peu étudiées. Le gadolinium traverse le placenta, est excrété par le rein fœtal dans le liquide amniotique et recircule dans le fœtus. Son utilisation pourrait être responsable d’une fibrose néphrogénique systémique (FNS).

Produits de contraste

C’est une substance injectable ou ingérable qui améliore la visualisation des organes explorés. Il existe plusieurs catégories de produit de contraste. Les plus utilisés actuellement sont les produits de contraste iodés (PCI) et les produits de contraste gadolinés (PCG) utilisés en IRM. Depuis peu un produit de contraste gazeux est utilisé en échographie.

Autres modalités d'imagerie pédiatrique

Outre l'IRM, le service d'Imagerie Médicale Pédiatrique de l'hôpital Trousseau utilise d'autres modalités d'imagerie pour répondre aux besoins spécifiques de chaque patient.

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Échographie

L’échographie utilise des ultrasons, que l’IRM consiste à étudier la relaxation des protons des atomes d’hydrogènes préalablement excités par une onde radiofréquence et que les radiographies ou le scanner ont recours aux rayons X. L’échographie est adaptée à l’enfant du fait de son habituelle échogénicité, notamment en France, de son caractère indolore et de l’absence d’immobilité nécessaire pour réaliser l’examen. Elle permet d’être au contact du patient, de corréler les données cliniques avec les données d’imagerie. Elle doit être l’examen de première intention dans l’exploration de nombreuses pathologies : urinaires (infections, malformations), abdominales (urgences digestives : invagination, appendicite, occlusions, sténose du pylore, volvulus sur malrotation - cf. fig. 1 -, mais aussi : malformations, MICI, tumeurs…), cérébrales chez le prématuré, rachidienne chez le nouveau-né (dysraphismes), dans le dépistage de la luxation de hanche, dans l’exploration des masses des parties molles. Ces indications se sont étendues dans la prise en charge de certaines pathologies ostéo-articulaires (arthrites inflammatoires). Les progrès de l’imagerie doppler permettent d’améliorer le suivi et la prise en charge des arthrites inflammatoires, des MICI. Le développement de l’imagerie ultrasonore ultrarapide ouvre des nouvelles possibilités. L’étude de la microvascularisation devient accessible sans utilisation de produit de contraste avec une importante résolution temporelle. La néo-angiogénèse pourra être ainsi plus facilement étudiée. L’utilisation d’un agent de contraste pour la détection des reflux vésico-urétéraux a obtenu l’AMM. L’avantage de l’échocystographie est de détecter un reflux avec une plus grande sensibilité par comparaison avec la cystographie radiologique qui est une technique irradiante notamment pour les organes génitaux. Les agents de contraste sont utilisés par voie intraveineuse dans d’autres indications : caractérisation et suivi de tumeurs, traumatismes.

Radiographie et scanner

Les radiographies ou le scanner ont recours aux rayons X. Les rayons X sont des rayonnements invisibles capables de traverser le corps humain qui les arrête partiellement. Si le risque des rayonnements ionisants ne doit pas être sous-estimé, il ne faudrait pas que la crainte d’effets secondaires soit responsable d’une perte de chance pour les enfants et fasse oublier les importants bénéfices apportés par l’imagerie aux malades. L’Imagerie par Résonance Magnétique permet de prendre des images à l’intérieur du corps dans les trois plans de l’espace. L’IRM fait des images grâce à un grand aimant et à des ondes électromagnétiques qui traversent le corps sans danger.

Informations pratiques

  • Délais pour obtenir un RDV : Voici les délais pour obtenir un rendez-vous selon les modalités.
  • Prix de l’examen : Tous les médecins qui travaillent dans le service sont conventionnés secteur 1. Oui.
  • Bons de transports : Les bons de transports sont des prescriptions médicales : c’est le médecin prescripteur ou traitant qui doit vous le fournir avant l’examen, sous peine de non remboursement.
  • Récupération des examens antérieurs : J’aimerais récupérer l’ensemble des examens fait par mon enfant. Le délai de communication est de 8 jours ouvrés lorsque les informations datent de moins de 5 ans, et de 2 mois, lorsque les informations médicales datent de plus de 5 ans (Code de la santé publique, Art.
  • Enfant sous traitement ou malade : Mon enfant à un traitement. Mon enfant est malade.

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