La cabergoline est un dérivé de l'ergoline, un alcaloïde de l'ergot de seigle synthétique, doté d'une activité inhibitrice puissante et prolongée de la sécrétion de prolactine. Elle est couramment utilisée pour inhiber la lactation, mais son utilisation est associée à divers effets secondaires potentiels. Cet article explore en détail l'utilisation de la cabergoline pour l'inhibition de la lactation, en mettant l'accent sur ses effets secondaires, sa posologie, ses contre-indications et les précautions à prendre.
Mécanisme d'Action de la Cabergoline
La cabergoline agit en stimulant directement les récepteurs D2-dopaminergiques au niveau des cellules lactotropes de l'hypophyse, inhibant ainsi la sécrétion de prolactine. Chez le rat, la cabergoline diminue la sécrétion de prolactine à des doses orales de 3 à 25 µg/kg et, in vitro, à des concentrations de 45 pg/mL. L'effet inhibiteur de la prolactine est dose-dépendant, apparaissant dans les trois heures suivant l'administration et persistant pendant deux à trois semaines. En raison de cette longue durée d'action, une seule dose est généralement suffisante pour inhiber la lactation.
Posologie et Administration
Inhibition de la Lactation Post-Partum
CABERGOLINE ARROW doit être administré dans les premières 24 heures post-partum. La posologie thérapeutique recommandée est de 0,25 mg (un demi-comprimé de 0,5 mg) toutes les 12 heures pendant 2 jours (dose totale de 1 mg). Pour l'inhibition de la lactation, la dose recommandée est de 1 mg (deux comprimés de 0,5 mg) administrée en une seule prise.
Hyperprolactinémie
La dose initiale recommandée est de 0,5 mg de CABERGOLINE ARROW par semaine, en une ou deux prises (par exemple, le lundi et le jeudi). La dose thérapeutique est généralement de 1 mg de CABERGOLINE ARROW par semaine et varie de 0,25 mg à 2 mg de CABERGOLINE ARROW par semaine. La dose hebdomadaire peut être administrée en une seule prise ou fractionnée en deux prises ou plus par semaine, en fonction de la tolérance du patient. Des contrôles doivent être pratiqués pendant la période d'équilibration de la posologie afin de déterminer la posologie la plus faible qui induit une réponse thérapeutique.
Après équilibration de la posologie, un dosage trimestriel de la prolactinémie s'avère suffisant. La plupart des patients sont contrôlés par une dose inférieure ou égale à 1 mg/semaine. Dans ce cas, une prise unique hebdomadaire est suffisante. La posologie peut varier de 0,25 à 2 mg, voire jusqu'à 4,5 mg par semaine.
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Ajustement de la Dose
Cette posologie de 0,5 mg par semaine sera maintenue pendant 4 semaines puis adaptée en fonction de la prolactinémie dont le dosage sera pratiqué la veille de la prise d'un comprimé.
Effets Secondaires
Près de 14 % des patients présentent des effets indésirables. Les plus fréquents sont une hypotension (12 %), des étourdissements (6 %) et des céphalées (5 %).
Effets Indésirables Fréquents
- Maux de tête
- Étourdissements
- Vertiges
- Nausées
- Vomissements
- Douleurs abdominales
- Constipation
- Fatigue
- Hypotension orthostatique avec ou sans malaises
- Dépression
- Douleur mamaire
- Maladie des valves cardiaques
- Somnolence excessive au cours de la journée
- Envie impérieuse de dormir
Effets Indésirables Peu Fréquents
- Palpitations
- Difficulté à respirer
- Atteinte pulmonaire
- Saignement du nez
- Baisse transitoire de la vision
- Malaise
- Syndrome de Raynaud
- Éruption cutanée
- Chute des cheveux
- Crampes
- Fourmillement des extrémités
- Réaction allergique
Effets Indésirables Rares
Des effets indésirables graves, notamment hypertension, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou troubles psychiatriques, ont été rarement rapportés chez des femmes traitées par cabergoline pour l'inhibition de la lactation.
Troubles du Contrôle des Impulsions
Les patients doivent être surveillés de façon régulière à la recherche de l’apparition de troubles du contrôle des impulsions. Les patients et les soignants doivent être tenus informés que des troubles du contrôle des impulsions comportant le jeu pathologique, une augmentation de la libido, une hypersexualité, des dépenses ou des achats compulsifs, une consommation excessive de nourriture (binge eating) et une alimentation compulsive peuvent survenir chez des patients traités avec des agonistes dopaminergiques, dont la cabergoline. Une diminution de la dose ou un arrêt progressif doivent être envisagés si ces symptômes apparaissent.
Troubles Fibrotiques et Séreux
Des troubles inflammatoires fibrotiques et séreux, par exemple pleurésie, épanchement pleural, fibrose pleurale, fibrose pulmonaire, péricardite, épanchement péricardique, valvulopathie cardiaque touchant une ou plusieurs valvules (aortique, mitrale et tricuspide) ou fibrose rétropéritonéale, sont survenus après un usage prolongé de dérivés de l’ergot de seigle ayant une activité agoniste sur le récepteur 5HT2B de la sérotonine, comme la cabergoline.
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Une élévation anormale de la vitesse de sédimentation des érythrocytes (VSE) a été observée en association avec l’épanchement pleural/la fibrose. Il est recommandé de pratiquer une radiographie du thorax en cas d’élévations inexpliquées de la VSE à des valeurs anormales.
Les cas de valvulopathie ont été associés à l’administration de doses cumulées ; il convient donc de traiter les patients à la dose efficace minimale. Lors de chaque visite, il convient de réévaluer le rapport bénéfice - risque du traitement par la cabergoline pour le patient afin de déterminer s’il est judicieux de poursuivre le traitement par la cabergoline.
Tous les patients doivent subir une évaluation cardio-vasculaire, incluant la réalisation d’une échocardiographie afin d’évaluer la présence potentielle d’une pathologie valvulaire asymptomatique. Il est également approprié de déterminer la vitesse de sédimentation des érythrocytes ou de doser d’autres marqueurs de l’inflammation et d’examiner les fonctions pulmonaires, de réaliser une radiographie du thorax et d’évaluer la fonction rénale avant de commencer le traitement.
On ne sait pas si un traitement par la cabergoline est susceptible d’aggraver une régurgitation valvulaire sous-jacente. Les troubles fibrotiques peuvent connaître un début insidieux ; il convient donc de rechercher régulièrement chez les patients des manifestations éventuelles de fibrose progressive.
- D’insuffisance cardiaque ; les cas de fibrose valvulaire et péricardique observés se sont souvent manifestés sous la forme d’une insuffisance cardiaque.
La surveillance diagnostique clinique de l’apparition de troubles fibrotiques est essentielle. L’administration de cabergoline doit être stoppée si l’échocardiogramme révèle l’apparition ou l’aggravation d’une régurgitation valvulaire, d’une restriction valvulaire ou d’un épaississement d’une valve de valvule.
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Des examens complémentaires appropriés, par exemple vitesse de sédimentation des érythrocytes et mesures de la créatinine sérique, doivent être réalisés si nécessaire pour confirmer le diagnostic de trouble fibrotique.
Somnolence et Endormissement Soudain
La cabergoline a été associée à des cas de somnolence. Les agonistes dopaminergiques peuvent être associés à des accès de sommeil d'apparition soudaine, notamment chez des patients atteints de maladie de Parkinson. Les patients doivent être informés de la possibilité de survenue de ces effets et ils doivent être avertis de se montrer prudents lors de la conduite automobile ou l’utilisation des machines pendant le traitement avec la cabergoline. Les patients ayant présenté une somnolence ou des accès de sommeil d’apparition soudaine ne doivent pas conduire de véhicules ou utiliser des machines.
Contre-indications
Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :
- Allergie aux dérivés de l'ergot de seigle
- Fibrose (présence de tissu cicatriciel) touchant les poumons, l'abdomen ou le cœur
- Maladie des valves cardiaques (en cas de traitement prolongé)
- Antécédent de psychose
- En association avec les médicaments de la famille des neuroleptiques
Précautions d'Emploi
Surveillance Médicale
Avant de débuter un traitement prolongé, votre médecin peut être amené à évaluer le fonctionnement de vos poumons, de vos reins et de votre cœur. Une surveillance médicale régulière, comprenant notamment un échocardiogramme, est nécessaire pendant le traitement. En cas de survenue de douleurs dans l'abdomen, d'une gène respiratoire inexpliquée ou d'une envie persistante de tousser au cours du traitement, prenez un avis médical rapide.
Affections Hépatiques et Cardiovasculaires
Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance hépatique grave, d'antécédents de troubles psychiques (confusion, hallucinations) et de maladies cardiovasculaires (artérite, angine de poitrine, maladie de Raynaud). L’utilisation de doses moins élevées doit être envisagée chez les patients souffrant d’insuffisance hépatique sévère qui reçoivent un traitement prolongé avec la cabergoline.
Hypotension Orthostatique
Des baisses de tension (hypotension orthostatique) sont parfois observées en début de traitement. Un contrôle de la tension artérielle est recommandé pendant les premiers jours de traitement. Une surveillance tensionnelle au cours des premiers jours de traitement est nécessaire en raison d'un risque d'hypotension orthostatique.
Grossesse et Fertilité
Avant l’administration de cabergoline, il faut exclure une grossesse éventuelle. Étant donné qu'une grossesse peut survenir avant le rétablissement des règles, il est recommandé de faire un test de grossesse au moins toutes les quatre semaines pendant la période d'aménorrhée et, à partir du rétablissement de règles, chaque fois qu'il se produit un retard de règles de plus de trois jours. On conseillera aux femmes qui ne souhaitent pas une grossesse d'utiliser un moyen de contraception mécanique pendant le traitement par cabergoline et après l'arrêt de la cabergoline jusqu’à la réapparition de l’anovulation.
La cabergoline rétablit l’ovulation et la fertilité chez les femmes présentant un hypogonadisme hyperprolactinémique.
Femmes Enceintes et Allaitement
Aucune étude adéquate et bien contrôlée n’a été menée sur l’utilisation de la cabergoline chez la femme enceinte. On dispose d'informations sur 256 grossesses dans le cadre d'une étude observationnelle menée pendant douze ans sur les issues de grossesse après un traitement par cabergoline. Dix-sept de ces 256 grossesses (6,6 %) ont donné lieu à des malformations congénitales majeures ou à un avortement. On dispose d'informations pour 23 nouveau-nés sur 258, atteints de 27 anomalies néonatales au total, tant majeures que mineures. Les malformations musculo-squelettiques représentaient l'anomalie néonatale la plus fréquente (10), suivies des anomalies cardio-pulmonaires (5). Il n'existe pas d'informations concernant les troubles périnataux ou le développement à long terme de nouveau-nés exposés in utero à la cabergoline. Les publications récentes dans la littérature font état d'une prévalence égale à au moins 6,9 % de malformations congénitales majeures dans la population générale. Les taux d'anomalies congénitales varient en fonction des populations.
Étant donné la longueur de la demi-vie de ce médicament et les données limitées sur l’exposition in utero, il est recommandé aux femmes qui prévoient une grossesse d’arrêter le traitement par cabergoline un mois avant le moment prévu de la conception. En cas de grossesse pendant le traitement par la cabergoline, celui-ci doit être arrêté.
Chez le rat, la cabergoline et/ou ses métabolites sont excrétés dans le lait. Il n’existe pas de données sur l’excrétion de la cabergoline dans le lait maternel chez la femme, cependant dans le cas où la cabergoline n’inhiberait pas la lactation, l’allaitement est déconseillé. Les mères doivent être informées de ne pas allaiter en cas d'échec de l'inhibition/de la suppression de la lactation par la cabergoline.
Interactions Médicamenteuses
Ce médicament ne doit pas être associé aux neuroleptiques : risque d'annulation de leurs effets. Il peut également interagir avec les antibiotiques de la famille des macrolides et avec les vasoconstricteurs, notamment ceux dérivés de l'ergot de seigle. Majoration par l’alcool de l’effet sédatif de ces substances. Risque de majoration des troubles neuropsychiques. Majoration de la dépression centrale. Aucune interaction pharmacocinétique avec la L-dopa ou la sélégiline n’a été observée dans les études menées chez des patients atteints de maladie de Parkinson.
Conduite et Utilisation de Machines
Conducteur : ce médicament peut être responsable de vertiges ou d'une baisse de la vigilance. De plus, les médicaments dopaminergiques peuvent, dans de rares cas, provoquer un endormissement soudain au cours de la journée sans signe annonciateur. La conduite automobile et l'utilisation de machines dangereuses sont déconseillées pendant le traitement. Elles sont contre-indiquées chez les personnes ayant eu une envie impérieuse de dormir sous traitement. L’altération de la vigilance peut rendre dangereuse la conduite de véhicules et l’utilisation de machines.
Insuffisance Rénale
Il n’a pas été observé de différences dans la pharmacocinétique de la cabergoline chez des patients présentant une insuffisance rénale modérée à sévère. La pharmacocinétique de la cabergoline n’a pas été étudiée chez les patients atteints d’insuffisance rénale terminale ou chez les patients sous hémodialyse ; la prudence est recommandée chez ces patients. Chez l'insuffisant rénal, il semble que les modifications d'excrétion soient mineures.
Pharmacocinétique
Dans les urines, le métabolite principal détecté est la 6-allyl-8ß-carboxy-ergoline, qui représente 4 à 6 % de la dose. Dix jours après l'administration, environ 18 % et 72 % de la dose sont respectivement éliminés dans les urines et dans les fèces. Chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) recevant une dose unique de 1 mg, une augmentation plus importante de l'ASC a été observée, en comparaison avec des volontaires sains ou présentant une insuffisance hépatique moins sévère.
Surdosage
Aucune expérience de surdosage aigu n'a été rapportée. Un traitement symptomatique doit être mis en place pour éliminer le médicament non absorbé et pour maintenir la pression artérielle si nécessaire. Si la clinique le justifie, des mesures d’épuration digestive doivent être prises et un traitement doit être instauré pour normaliser la pression artérielle.
Études Précliniques
Une dose de 0,012 mg/kg/jour (1/7ème environ de la dose maximale recommandée chez l’homme) administrée chez la rate pendant l’organogenèse a provoqué une augmentation des pertes embryofoetales après l’implantation. Ces pertes pourraient être imputables à l’inhibition de la sécrétion de prolactine par la cabergoline chez la rate. Chez la lapine, des doses de 0,5 mg/kg/jour de cabergoline (environ 19 fois la dose maximale recommandée chez l’homme) administrées pendant l’organogenèse ont causé une maternotoxicité caractérisée par une perte de poids corporel et une diminution de la consommation d’aliments. Toujours chez la lapine, des doses de 4 mg/kg/jour (environ 150 fois la dose maximale recommandée chez l’homme) administrées durant l’organogenèse ont causé une augmentation du nombre de diverses malformations.
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