Mettre un bébé au monde est un moment merveilleux, mais pour certaines futures mamans, cette période peut être source de stress. Il est donc crucial de comprendre les risques potentiels pour le bébé et de savoir comment gérer ce stress.
Le Stress de la Grossesse : Une Réalité Courante
Lors d’une grossesse, il n’est pas rare que les futures mamans soient vulnérables et émotives, se sentant irritables et à fleur de peau. Une grossesse est un grand chamboulement dans la vie d’une femme, et la fatigue, le mal de dos, les insomnies peuvent affecter ponctuellement l’humeur. Les craintes concernant une malformation de l’enfant à la naissance, un accouchement difficile ou des montées de lait douloureuses sont autant de sujets d’inquiétude.
Nous ne réagissons pas tous de la même façon face au stress de la grossesse. Tout dépend de notre vécu, de notre personnalité et de notre environnement. Pour certaines, ce sera presque une formalité, tandis que pour d’autres, ce sera un véritable tsunami.
Les Hormones du Stress et leurs Effets
Le cortisol est l’hormone du stress par excellence. Plus nous sommes stressés, plus nous produisons du cortisol. Un stress prolongé durant le deuxième trimestre de la grossesse est particulièrement dangereux pour le bébé. La corticolibérine (CRH), une hormone ayant un lien étroit avec le cortisol, provoquerait une croissance plus rapide du fœtus au détriment d’autres fonctions vitales. Elle aurait également un rôle dans les naissances prématurées et entraînerait un trouble du déficit de l’attention ainsi que des problèmes cardiovasculaires.
Conséquences du Stress Prénatal : Ce que Révèlent les Études
Le stress maternel prénatal regroupe tous les types de stress susceptibles d’être vécus par une femme au cours de la grossesse : un stress aigu ou chronique, un stress subjectif ou objectif. Ce stress n’est pas sans conséquences sur le fœtus.
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Une étude suggère que le stress maternel prénatal pourrait avoir un impact sur la croissance du bébé et de l’enfant. En fin de grossesse, il n’aurait qu’un effet transitoire durant les premières années de vie, le taux de croissance de l’enfant redevenant normal grâce à l’acquisition de l’autonomie.
Des chercheurs néerlandais ont montré qu’un stress prénatal plus élevé va de pair avec un plus grand nombre de problèmes de sommeil, et ce jusqu’aux six ans de l’enfant. L’étude montre aussi que les gènes hérités augmentent les troubles du sommeil. Il y a une interaction entre la génétique, le stress prénatal et l’insomnie ou les troubles du sommeil plus tard. Plus que la durée du sommeil, ce sont les problèmes de réveils nocturnes ou d’endormissement qui apparaissent.
Une étude menée sur 251 nouveaux-nés prématurés a permis d’observer une altération du développement d’une région de la substance blanche, le uncinate fasciculus, chez les bébés dont les mères ont subi un stress pendant la période prénatale. Des perturbations de la matière blanche ont également été observées chez des enfants et adultes atteints de troubles du spectre autistique, d’anxiété, de troubles de l’humeur et de TOCs.
Des études montrent que le fœtus est capable de ressentir les émotions négatives de sa mère. En cas de stress, le corps de la future maman libère du cortisol, qui passe la barrière placentaire et peut se retrouver en quantité importante dans le liquide amniotique. Face à cette hormone, le rythme cardiaque du fœtus est susceptible de ralentir.
Des chercheurs ont étudié les conséquences du stress sur le métabolisme du bébé et sur son bon développement, montrant que les fœtus sont généralement plus petits. En cas de stress maternel important, le nombre d’accouchements prématurés augmente, avec des chances de survie moindres pour le bébé.
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Le stress maternel prénatal représente un problème de santé publique majeur et affecte 10 à 35% des enfants à travers le monde. Cette exposition au stress est associée à un risque accru de troubles du comportement chez les enfants (fréquence plus élevée des pleurs, troubles anxieux et troubles de déficit de l’attention avec/sans hyperactivité (TDAH)).
Comment Gérer le Stress Pendant la Grossesse : Des Solutions Pratiques
Il est important de pouvoir compter sur vos proches. En cas d’épisode de stress, faites part de votre état émotionnel à une personne de votre entourage.
Voici quelques pistes pour mieux vivre avec ses émotions et éviter que le stress s’installe :
- Trouver ce qui vous apaise et s’autoriser à le faire. On peut rester seul au calme ou, au contraire, prendre du temps en couple ou sortir avec des amis.
- Limiter les « obligations » que nous nous imposons. En faisant le tri entre ce qui est vraiment important pour nous et ce qui l’est moins, on va pouvoir se redonner du temps, ralentir un peu.
- Être à l’écoute de ses questionnements. Nos doutes, nos craintes, nos peurs, ne sont pas superficiels. Ils méritent notre attention.
- Parler de tout cela avec sa famille, ses amis ou un professionnel. On peut faire appel au médecin ou à la sage-femme qui suit notre grossesse, ou en parler pendant les séances de préparation à la naissance et à la parentalité. On peut aussi pousser la porte du centre de PMI pour se confier.
- Solliciter un psychologue conventionné. L'Assurance maladie prend en charge jusqu'à 12 séances par année civile grâce au dispositif Mon soutien psy.
Techniques de Relaxation et Activités Bénéfiques
- La tricothérapie : Selon ses partisans, le tricotage apporterait les mêmes bienfaits qu’un cours de yoga ! C’est aussi une façon très ludique de méditer. C’est enfin se lover dans une bulle, vivre l’instant présent et déstresser.
- La natation : Le seul fait de se laisser porter par l’eau et respirer profondément apporte déjà un grand réconfort physique et psychique à la femme enceinte. Le rythme cardiaque ralentit, les douleurs dorsales s’estompent et le mental se régénère.
- Le repos : S’allonger chaque fois que c’est possible, respirer calmement, écouter de la musique apaisante, lire un bon roman, rêvasser, laisser aller ses pensées, être à l’écoute de son corps et de ses sensations.
L'Importance du Soutien Professionnel
Si vous ressentez un pic de stress que vous n’arrivez pas à calmer, voire de l’angoisse, vous pouvez téléconsulter dès maintenant un médecin ou un psychologue. Des programmes comme ThéraSéréna peuvent également vous accompagner au jour le jour pour apprendre à gérer votre stress, à le réduire et à en trouver la provenance.
Prévention du Stress Prénatal : Un Enjeu de Santé Publique
Face à de tels risques, prévenir et réduire le stress au cours de la grossesse apparaît un enjeu important pour la santé des femmes, mais aussi de leurs enfants. Le stress est donc un facteur de risque au cours de la grossesse, au même titre que le tabac, l’alcool ou les drogues.
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Admettre que l’on est stressée ou angoissée rend le stress ou la peur déjà nettement moins pesants. La première étape pour retrouver une certaine assurance et la confiance nécessaire est d’être prise au sérieux et respectée dans ce que l’on ressent pendant cette étape de vie exceptionnelle.
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