Imane Khelif, née le 2 mai 1999 à Aïn Sidi Ali, dans la wilaya de Laghouat, en Algérie, est une figure emblématique du sport algérien. À 25 ans, cette boxeuse professionnelle de 1,78 m pour 66 kg, a marqué l'histoire en devenant la première femme de son pays à remporter une médaille d'or olympique en boxe anglaise. Son parcours, jalonné de défis et de succès, est une source d'inspiration pour de nombreuses jeunes femmes à travers le monde.
Une Enfance Rythmée par le Sport
Imane Khelif a grandi dans un petit village à 400 kilomètres au sud d'Alger. Issue d'une famille conservatrice, elle a découvert la boxe à l'adolescence, inspirée par les Jeux olympiques de Rio en 2016. Petite, elle se met au football, mais à force d’attaquer physiquement ses adversaires, elle décide de se diriger vers un sport de combat. "Le frère d'une amie à moi pratiquait la boxe et il m'a dit qu'un entraîneur recherchait des filles pour créer une équipe féminine. Toute l'énergie qu'on dégage quand on pratique la boxe, pour moi c'était un autre monde", explique la championne olympique.
Malgré les réticences initiales de sa famille et les défis financiers, Imane a persévéré, parcourant de longues distances pour s'entraîner. Sa salle de boxe se trouvant à l’extérieur de son village, Imane Khelif a dû travailler sur le bord des routes pour se faire de l’argent et aller s’entraîner : "je vendais des matériaux, du plastique, du métal… Tout ça pour financer mes déplacements parce que je suis tombée amoureuse de la boxe."
Ascension Sportive et Premiers Succès
Sa détermination l'a conduite à représenter l'Algérie aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020, où elle a atteint les quarts de finale. En 2022, elle a remporté la médaille d'argent aux Championnats du monde féminins de boxe amateur à Istanbul, confirmant son statut de boxeuse de classe mondiale. Elle totalise aujourd'hui un palmarès impressionnant de 52 combats, dont 39 victoires et 9 défaites.
Le Sacre Olympique à Paris 2024
"Atteindre la médaille olympique, c'est le rêve de tout athlète." Imane Khelif a remporté la médaille d'or en boxe catégorie welters aux Jeux de Paris le 9 août 2024, non sans encombre. Après avoir écrasé son adversaire Angela Carini en 46 secondes au premier tour, la combattante de 25 ans a subi une déferlante de messages haineux l’accusant de ne pas être une femme. "Je n’ai pas réussi à comprendre Carini, c’est une collègue, nous nous sommes entraînées ensemble."
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Mais de son côté, Khelif n’a jamais baissé les bras ou la tête devant les critiques : "Par moments, je m’enfermais dans ma chambre olympique et je pleurais pendant des heures. J’en ressortais plus forte." Ces accusations n’ont pas seulement émané de son adversaire, mais aussi de fortes personnalités sur les réseaux sociaux, comme Elon Musk et Donald Trump, à qui elle répond : "je n’ai pas compris pourquoi Trump s’est prononcé sur le sujet. Il ne me connait pas, je ne le connais pas." Finalement, la combattante algérienne est repartie avec la médaille d’or, en remportant sa finale face à la Chinoise Yang Liu. "Je me devais de remporter l’or, de leur prouver qui est réellement Imane Khelif et de faire taire toutes ces rumeurs."
Ce triomphe a fait d'elle la première athlète féminine issue d'un pays arabe ou africain à décrocher l'or olympique en boxe.
Préparation et Entourage
Derrière chaque athlète d’élite se cache une équipe solide. Pour Imane Khelif, cette équipe commence avec Mohamed Chaoua, son entraîneur historique qui l’accompagne depuis ses débuts. Cette relation de confiance constitue le socle de sa progression technique. Depuis avril 2023, Imane s’entraîne régulièrement au Nice Azur Club en France, avec lequel elle a signé un contrat professionnel. Une équipe de choc s'est formée autour de la championne, comprenant un nutritionniste, un préparateur physique et un entraîneur étranger. "En Algérie, une seule personne faisait tout. Il s'agissait d'être plus pointilleux", justifie Nasser Yefsah, qui prend Imane Khelif sous son aile.
Cette étape marque un tournant dans sa carrière avec la mise en place d’un projet de professionnalisation soutenu par le ministère des Sports algérien. Sa préparation ne se limite pas à la France. Imane effectue également des stages aux États-Unis, notamment à Las Vegas et en Floride, où elle côtoie l’élite mondiale de la boxe. Elle travaille avec Georges Cazorla, expert français reconnu en tests physiques et physiologiques. Le style de boxe d’Imane Khelif se singularise par trois qualités essentielles : la vitesse, la précision et un excellent sens de la distance.
Controverse et Cyberharcèlement
Malheureusement, la boxeuse algérienne a dû mener un combat bien plus difficile en dehors du ring. En mars 2023, elle est disqualifiée des Championnats du monde de boxe à New Delhi juste avant son combat pour la médaille d’or. Pendant les JO de Paris, la controverse atteint son paroxysme. Après son combat contre l’Italienne Angela Carini, Imane subit une campagne de harcèlement d’une violence inouïe sur les réseaux sociaux. Des personnalités comme Donald Trump, Elon Musk et J.K. Rowling remettent publiquement en question son genre. La réponse d’Imane reste digne et focalisée sur son objectif sportif : « Je ne suis pas transgenre, cela ne me concerne pas et cela ne m’intimide pas. »
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Dans l’émission « Clique », sur Canal+, le 9 septembre 2024, Imane Khelif revient pour la première fois sur le cyberharcèlement massif dont elle a été victime quelques semaines auparavant. Tout commence le 1er août 2024 : la boxeuse italienne Angela Carini abandonne en huitième de finale au bout de 46 secondes, après un direct d’Imane Khelif qui lui a « fait trop mal ». Elle quitte le ring sans saluer son adversaire, et souffle : « Ce n’est pas juste. Il n’en fallait pas plus pour que la désinformation s’installe : Imane Khelif ne serait pas vraiment une femme. « Les athlètes présentant des caractéristiques masculines ne devraient pas être autorisés à participer aux compétitions féminines », argue Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, figure de l’extrême droite européenne. À sa suite, des personnalités de la sphère conservatrice suivies par des centaines de milliers d’abonné·es sur les réseaux sociaux s’en mêlent. Imane Khelif est massivement moquée, critiquée et dénigrée.
La polémique a rapidement pris une tournure géopolitique, avec des réactions jusqu'aux plus hauts sommets de l'État russe.
Le 10 août 2024, Nabil Boudi, avocat au barreau de Paris, annonce sur X qu’Imane Khelif a saisi son cabinet et a déposé plainte « pour des faits de cyberharcèlement aggravé auprès du pôle de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris ». Ce dernier a ouvert une enquête préliminaire pour harcèlement aggravé et injure publique en raison du genre et de l’origine et provocation publique à la discrimination.
Soutien et Résilience
Cette résilience exemplaire lui vaut un soutien national massif en Algérie, où elle est célébrée comme une héroïne. Comme elle l’explique si bien : « Cette expérience m’a beaucoup appris. Je crois que l’ancienne Imane boxait à 50% de son potentiel, l’Imane Khelif d’aujourd’hui est bien plus motivée et bien plus déterminée. »
LIRE AUSSI. ENTRETIEN. « Toutes ces polémiques lui donnent de la force pour avancer », a estimé son entraîneur Mohamed Chaoua. Une détermination affichée par la championne sur le site de l’Unicef : « mon rêve est de gagner une médaille d’or. Si je gagne, les mères et les pères pourront voir jusqu’où leurs enfants peuvent aller.
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Notoriété et Avenir
Aujourd’hui, la popularité d’Imane Khelif a explosé dans le monde. Elle est devenue un symbole, autant pour sa performance sportive que par son combat en dehors du ring. "En France, en Algérie et dans d'autres pays voisins, je ne suis plus la Imane d'avant. Dans mon pays, je ne peux plus apparaître seule." Mais la médaillée olympique n'oublie pas d'où elle vient : "tout le peuple algérien est fier de moi et il mérite cette victoire olympique." Concernant son avenir, Imane Khelif le voit rayonnant. La boxeuse veut continuer à exercer sa passion le plus longtemps possible et espère faire un parcours sans faute entourée des meilleures dans son domaine. Son histoire intrigue tellement qu'elle a déjà de nombreuses propositions de longs-métrages sur sa vie, à une condition : "Je laisse la porte ouverte à ces projets-là. Je pense que je serais la plus à même de jouer mon propre rôle parce que je peux le vivre."
L'aînée d'une famille de six enfants, Imane Khelif, a grandi dans un milieu modeste où son père exerce les métiers de berger et de soudeur, tandis que sa mère est femme au foyer. C’est à l’âge de 12 ans qu’elle découvre la boxe, après avoir été connue comme une joueuse de football particulièrement rugueuse dans son village. Pour se consacrer pleinement à sa passion, Imane fait un choix radical en abandonnant l’école. Les sacrifices s’enchaînent : entraînements quotidiens et déplacements fréquents vers Alger pour perfectionner sa technique. Son père, initialement réticent, ne la voit combattre pour la première fois qu’en 2022, lors des Jeux méditerranéens d’Oran.
Aujourd’hui, la championne olympique partage son temps entre l’Algérie, où elle loge chez ses parents, et Nice, où elle poursuit sa préparation. Elle vise désormais une participation aux JO de Los Angeles en 2028 pour décrocher une seconde médaille d’or.
Polémique Autour de son Identité de Genre et Conséquences
La boxeuse Imane Khelif serait finalement… un homme! On dispose aujourd’hui des éléments permettant de reconstituer l’étonnant parcours d’Imane Khelif, accusée par de nombreux médias et personnalités d’avoir remporté une médaille d’or de boxe féminine aux JO 2024 de Paris par une imposture.
Lors d’une visite médicale de routine, le médecin féminin Nacera Ammoura observe sa poitrine à la pilosité généreuse, lui demande d’enlever son short. Le médecin n’abandonne pas, soutenu par ses collègues de la médecine du sport, et décide de savoir si Imane est un homme ou une femme et veut envoyer un prélèvement de sang en France pour effectuer un caryotype. Khelif refuse, et le personnel médical n’a pas les moyens de l’y contraindre. Seule la Fédération algérienne de boxe avait le pouvoir de la mettre face à ses responsabilités. Le docteur Ammoura saisit donc sa hiérarchie, dans un rapport à la fédération d’avril 2018. Le directeur de la Fédération de Boxe décide, après avoir parlé au ministre des sports, d’écarter… le médecin. Un endocrinologue situé à 400 km de distance rédige en septembre 2018 un simple certificat sans résultat de tests : « Bilan hormonal normal… sexe féminin » (document reproduit par Le Correspondant).
La controverse naît donc en mars 2023, lorsque Imane est disqualifiée des Championnats du monde à New Delhi par l’International Boxing Association (IBA) suite à un test chromosomique qui se révèle XY (masculin). En fait, l’IBA a disqualifié rétrospectivement Imane Khelif et la Taïwanaise Lin Yu-ting des Championnats de New Delhi sur la base de tests médicaux réalisés au cours de ces mêmes Championnats et lors des Championnats de 2022 à Istanbul. Selon l’IBA, « les deux athlètes ne répondaient pas aux critères d’éligibilité requis et se sont avérées avoir des avantages compétitifs par rapport aux autres concurrentes féminines ». Les détails des tests sont restés confidentiels, mais le président de l’IBA, Umar Kremlev, a confié à l’agence russe, TASS, que les deux athlètes avaient des chromosomes XY.
Le média en ligne Le Correspondant révélera en octobre 2024 qu’un rapport du Professeur Young de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre à Paris, daté de juin 2023 et donc antérieur à la décision du CIO du mois d’août de cette année, avait confirmé de nouveau le caryotype XY et diagnostiqué une anomalie génétique, nommée déficit en 5-alpha réductase de type 2.
Le Comité Olympique International a reçu le dossier médical du Pr Young, en juin 2023 - fourni par Imane Khelif lui-même. Les journalistes qui posaient des questions sur la condition médicale d’Imane Khelif ont reçu pour toute réponse : « Le comité de sélection ne se base pas sur des analyses médicales et prend des décisions souveraines ».
Pourtant, en août 2024, la boxeuse bulgare Joana Nwamerue, qui a affronté Imane Khelif lors de séances d’entraînement à Sofia, affirmait que Khelif était un homme : puissance masculine, techniques masculines… L’équipe de boxe algérienne (qui connaissait le dossier médical) lui a expliqué : « Imane n’est pas un homme. C’est une femme qui vit dans les montagnes avec sa famille et ses parents. Mais on ne peut continuer à raconter éternellement des fables.
Le 30 mai 2025, la nouvelle organisation mondiale de boxe, World Boxing, chargée d’organiser les épreuves de boxe lors des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, a publié un communiqué instaurant une nouvelle règle officielle : les athlètes au caryotype XY seront exclus de la catégorie féminine. Le président de la Fédération précise que la boxeuse algérienne devra se soumettre à un test avant de pouvoir participer à toute compétition, à commencer par la Coupe féminine d’Eindhoven du 5 au 10 juin 2025, où Imane Khelif était inscrite, mais ne s’est pas présentée.
L’Algérie semble décidée à arrêter les frais : le ministre des Sports a été remplacé en novembre 2024, et - selon Le Correspondant - on y reproche à l’entraîneur d’Imane Khelif d’avoir facilité la participation de l’athlète aux Jeux de Paris 2024, tout en sachant quelle était sa vraie condition génétique.
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