Introduction

La technologie a profondément transformé notre société, et les enfants ne font pas exception. Selon l’Autorité de régulation des communications (ARCEP), une grande majorité des jeunes possèdent un téléphone portable. Cette omniprésence des écrans soulève des questions importantes sur leur impact sur le développement des enfants. Il est crucial de comprendre à la fois les avantages et les inconvénients de l'exposition aux écrans pour assurer le bien-être des jeunes.

L'omniprésence des écrans : un raz-de-marée numérique

Le « Baromètre du numérique » de l’ARCEP révèle que 84% des personnes âgées de douze ans et plus utilisent un téléphone portable. Ce chiffre illustre l'ampleur du phénomène numérique, en particulier chez les jeunes. Les données d'Ipsos (Junior's connect) indiquent qu'en 2017, les 13-19 ans passaient en moyenne plus de 15 heures par semaine sur Internet, une augmentation significative par rapport à 2015. Près de 90% des 12-17 ans déclarent posséder un téléphone mobile.

Impact des écrans sur le développement de l'enfant

Effets potentiels sur le cerveau et l'apprentissage

Un usage excessif des écrans peut avoir des conséquences sur le développement du cerveau des enfants, leur apprentissage des compétences fondamentales et leur capacité d’attention. Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage. Le temps passé devant un écran peut empiéter sur des apprentissages essentiels à leur développement physique, psychique et social.

Conséquences sur le bien-être et l'équilibre émotionnel

Au-delà de quatre heures par jour, le risque de voir apparaître des problèmes émotionnels et une mauvaise estime de soi seraient considérablement accrus. Il est donc essentiel de surveiller et de limiter le temps d'écran pour favoriser un développement émotionnel sain.

Impact sur la santé physique

Une surconsommation d’écrans contribue à réduire le temps consacré aux activités physiques et peut favoriser la tendance au grignotage. La conjonction des deux peut alors entraîner une prise de poids, voire une obésité. Il est donc primordial d'encourager un mode de vie actif et équilibré.

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Recommandations des experts

En Amérique du Nord et en Europe, plusieurs directions de santé publique et associations de pédiatres ont formulé des recommandations concernant l’exposition des enfants aux écrans. La société canadienne de pédiatrie recommande d’éviter toute exposition avant deux ans, de limiter le temps passé devant un écran à moins d’une heure par jour entre deux et quatre ans, et à deux heures par jour pour les enfants et jeunes de 5 à 17 ans. La publication "Caring for Our Children" recommande de ne pas exposer les enfants de moins de 2 ans aux écrans. Entre 2 et 5 ans, une heure maximum par jour peut être possible dans un but éducatif précis et en présence d’un adulte pouvant favoriser leur apprentissage. Pour les enfants de plus de 5 ans, il est reconnu qu’ils peuvent avoir besoin des médias numériques pour faire leurs devoirs.

  • Avant 3 ans : Évitez la télévision et les écrans non interactifs.
  • Entre 3 et 6 ans : Limitez le temps d’écran à 1/2 heure à 3 ans et à 1 heure maximum par jour à 6 ans. N'offrez pas de console de jeu personnelle et évitez de placer un écran dans la chambre.
  • Entre 6 et 9 ans : Fixez un temps d’écran autorisé et encouragez les activités hors écrans.
  • À partir de 9 ans : Initiez votre enfant à Internet, en expliquant les dangers et en fixant une durée autorisée.

Jeux vidéo : divertissement et risques potentiels

Les jeux vidéo représentent l’un des loisirs les plus partagés par le grand public, avec 73% des Français qui y jouent occasionnellement. L'apparition du smartphone et des réseaux sociaux a élargi le public des jeux vidéo.

Le trouble du jeu vidéo

Depuis juillet 2018, le gaming disorder est reconnu par l’OMS. Il se caractérise par un comportement de jeu persistant ou récurrent qui peut être en ligne ou hors ligne, qui, pour une période d’au moins douze mois, se manifeste par une altération du contrôle du jeu, l’augmentation de la priorité accordée au jeu ainsi que la poursuite ou l’escalade du jeu malgré l’apparition de conséquences négatives.

Système PEGI

En Europe, les conditionnements des jeux vidéo disposent d’une série de logos, approuvés par les pouvoirs publics, permettant diverses mises en garde et d’adapter les contenus en fonction de l’âge des enfants (système PEGI). Il est important de surveiller les liens avec les jeux de hasard et d’argent.

Exposition à la violence à travers les écrans

La multiplication des écrans rend possible une confrontation plus courante de l’enfant à la violence. Les images violentes, fictives ou réelles, sont très fréquentes sur nos écrans.

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Impact psychologique de la violence à l'écran

Selon la théorie d’Albert Bandura, les principaux mécanismes qui nourrissent le développement de comportements violents impliquent l’observation des conduites d’autrui ainsi que leurs conséquences. Le processus imitatif joue un rôle essentiel dans les apprentissages, comme l'ont démontré les travaux de Jean Piaget. La découverte des neurones miroirs est venue ajouter une assise neurologique à cette observation.

Un contenu audiovisuel violent peut participer à l’apprentissage de la violence, d’autant plus qu’il sera présenté de façon régulière à l’enfant ou l’adolescent. L’enfant va tendre à rejouer cette violence par imitation, aidé par le processus d’identification au héros violent du film ou du jeu vidéo. Cette violence ne permet pas à l’enfant de se « défouler ». Elle ne substitue pas sa violence interne.

Une étude montre que l’image violente s’inscrit durablement dans le cerveau émotionnel de l’enfant et de l’adolescent. La charge émotionnelle qu’elle véhicule ferait que le cerveau ne peut la traiter comme les autres perceptions. Elle peut donc ressurgir de manière inattendue sous forme de cauchemars, de phobies ou bien de comportements anxieux.

Habitation et recherche de sensations

Face à des films d’action où les coups mortels s’enchaînent sans pause, l’enfant spectateur ressent un stress intense sans possibilité de trouver une issue par la réflexion et l’action, comme c’est le cas en situation réelle. Cela pourrait entraîner une « habituation », mais aussi une recherche de sensation toujours plus forte, car l’exposition répétée à des scènes violentes conduirait le sujet à ne plus ressentir aussi intensément la poussée d’adrénaline qui accompagne ces situations.

Jeux vidéo violents

Dans le cas des jeux vidéo violents, notamment les FPS (First Person Shooter), l’enfant ou le jeune adolescent a une possibilité d’action par rapport à cette violence. Il peut fuir, et surtout combattre. L’objectif poursuivi dans ces jeux n’est pas la réalisation pacifique d’une tâche mais le combat répété pour sa propre survie ou celle de son groupe. Le joueur est valorisé par chacune de ses destructions. À l’association normale « agresser ou tuer = interdit » se substitue alors une nouvelle équation « agresser ou tuer = récompense », c’est-à-dire obtention de points. L’enfant, l’adolescent peut être amené à rechercher de façon obsessionnelle ce type de contenu.

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Contrôle parental et protection des mineurs

À la télévision, une signalétique ( -10, -12, -16, -18 ans) créée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) permet au parent d’être informé du type de contenu diffusé. En plus de cette signalétique, il est possible d'activer le contrôle parental sur votre box ou télévision. Sur internet, il n’y a pas de contrôle par une instance supérieure pour interdire le flux des images violentes ou pornographiques. Il est donc recommandé d’installer sur tous les objets connectés que l’enfant utilise des fonctions de contrôle.

Que faire face à l'exposition aux images violentes ?

Il est crucial de comprendre ce qui se passe dans la tête de l’enfant quand il est confronté à des images violentes. Il faut protéger d’abord, expliquer ensuite.

Dans le cas où votre enfant a été exposé à son insu à des images violentes, prenez le temps de regarder ce qu’il a vu pour comprendre ce qu’il a pu ressentir. Soyez attentif dans les jours qui suivent à son comportement : difficultés d’endormissement, phobies soudaines, irritabilité.

N’oublions pas que le parent reste souvent le principal modèle de référence pour son enfant. Par conséquent, il est déconseillé, en la présence de votre enfant, de visionner des images violentes, des contenus inappropriés ou déconseillés pour son âge. Votre responsabilité de parent vous invite à être particulièrement attentif aux types de programmes audiovisuels diffusés et d’être vigilant à éloigner de l’écran votre enfant en cas de nécessité, si des images violentes apparaissent.

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