L'impact du deuil périnatal est profond et souvent entouré d'un silence pesant. Dans ce contexte délicat, la photographie émerge comme un outil potentiellement puissant pour aider les parents à faire leur deuil, à créer des souvenirs et à engager une communication ouverte sur leur perte. L'association "Souvenange" incarne cette approche en offrant aux parents endeuillés des séances photos réalisées par des bénévoles, capturant des "images douces et tendres" de leur bébé.

L'initiative "Souvenange" : Un Souvenir d'Amour

"Nous ne photographions pas la mort, nous immortalisons l’amour." Cette phrase, qui accueille les visiteurs sur le site de "Souvenange", résume parfaitement la philosophie de l'association. Elle propose aux parents confrontés à la perte d'un enfant de réaliser des photographies de leur bébé, des images empreintes de douceur et de tendresse, grâce à un réseau de photographes bénévoles.

La Photographie comme Outil Thérapeutique : Une Étude Révélatrice

Estelle Cotte Raffour, infirmière et photographe bénévole pour "Souvenange", a présenté les résultats d'une étude sur l'apport de la photographie dans le deuil périnatal lors des 9èmes Rencontres pour la recherche en soins en psychiatrie organisées par l’Association pour le développement de la recherche en soins en psychiatrie (ADRpsy). Son engagement dans ce domaine est né d'un constat poignant : "J'ai débuté ma carrière il y a 25 ans, dans un service où j'ai rencontré des parents endeuillés et en tant que soignante j'étais très démunie, je ne savais pas tellement quoi faire, quoi apporter pour les soulager." Sa rencontre avec "Souvenange" lui a permis de trouver un moyen concret d'aider ces parents, en combinant sa passion pour la photographie avec son expérience de soignante.

Consciente du tabou entourant la mort d'un bébé et du silence qui accompagne souvent le deuil périnatal, Estelle Cotte Raffour a souhaité évaluer l'impact réel de ces photos sur la santé mentale des parents. Elle a donc mené une étude comparative, analysant les niveaux d'anxiété et de dépression chez les parents ayant des photos de leur bébé décédé et ceux qui n'en avaient pas.

Des Résultats Encourageants : Un Outil Sûr et Bénéfique

L'étude menée par Estelle Cotte Raffour a révélé que la possession de photos de leur nouveau-né décédé n'entraînait pas une augmentation des troubles anxieux ou dépressifs chez les parents. Au contraire, les résultats suggèrent que ces photos peuvent être un outil sûr et bénéfique dans le processus de deuil.

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"Notre étude met en évidence que ces photos constituent plutôt un outil sûr." D'après les retours des parents, ces clichés leur permettent d'engager la discussion avec leurs proches, parfois même avec leurs collègues de travail. Ils se sentent davantage accompagnés et plus satisfaits des soins reçus. "On les rend acteurs et ils sont encore en train de prendre soin de leurs bébés en élaborant ces photos, en réfléchissant aux prises de vue, en préparant un joli pyjama ou un doudou."

La Création de Souvenirs : Un Acte d'Amour et de Soin

Les photos réalisées dans le cadre du deuil périnatal ne sont pas simplement des images figées. Elles représentent un lien précieux entre les parents et leur bébé, un témoignage d'amour et d'affection. "Ce ne sont pas seulement des photos de bébés mais des photos des liens entre les parents et le bébé. On voit par exemple la main d'une maman entrelacée avec celle du bébé."

Les photographes de "Souvenange" travaillent en étroite collaboration avec les parents, s'adaptant à leurs besoins et à leurs souhaits. L'idéal est d'aborder la possibilité de réaliser des photos en amont, afin de permettre aux parents de se préparer et d'envisager les prises de vue. Ils peuvent ainsi choisir d'apporter des objets personnels, comme un doudou ou un pyjama, ou même d'inclure les frères et sœurs aînés dans les photos.

Vaincre les Réticences et Promouvoir l'Accompagnement

Malgré les bénéfices potentiels de la photographie dans le deuil périnatal, certaines maternités peuvent se montrer réticentes à l'idée de laisser entrer des photographes. C'est pourquoi il est essentiel de fournir des preuves tangibles de l'utilité de cette démarche, en s'appuyant sur des études scientifiques et en dialoguant avec les équipes soignantes. La circulaire de 2009, qui recommande aux soignants de constituer des traces mémorielles, constitue un argument supplémentaire en faveur de l'utilisation de la photographie comme outil d'accompagnement.

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