L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est un acte médical courant. Un suivi médical adéquat après un avortement est essentiel pour garantir la santé physique et psychologique de la femme. Cet article vise à fournir des informations complètes sur le suivi médical post-IVG, en abordant les aspects pratiques, les examens nécessaires, les potentielles complications, et les questions fréquemment posées.

Importance du Suivi Médical Post-IVG

Après une IVG, le suivi par un professionnel de santé est essentiel pour s’assurer que la méthode a bien fonctionné et qu’il n’y a aucune complication. La consultation de suivi est indispensable après une IVG médicamenteuse ou une IVG instrumentale. Le professionnel de santé (médecin ou sage-femme) s'assure que l’interruption de la grossesse a bien eu lieu, vérifie que vous ne présentez aucune complication, et aborde avec vous le choix de la contraception la plus adaptée à votre mode de vie, qui peut être prise ou posée lors de cette consultation si ce n'est pas déjà le cas. Ce suivi permet de :

  • Confirmer l'interruption de grossesse : S'assurer que la grossesse a été complètement interrompue et qu'il n'y a pas de tissus résiduels dans l'utérus.
  • Détecter et traiter les complications : Identifier et traiter rapidement d'éventuelles complications telles que les infections, les hémorragies ou les grossesses persistantes.
  • Offrir un soutien psychologique : Aborder les aspects émotionnels et psychologiques liés à l'IVG et offrir un soutien si nécessaire.
  • Discuter de la contraception : Informer et conseiller sur les différentes options contraceptives et aider à choisir la méthode la plus adaptée.

Délais et Modalités du Suivi Médical

Il est important d’effectuer un contrôle 3 à 4 semaines après l’avortement. La consultation de contrôle peut être effectuée par votre médecin traitant ou à la clinique où l'IVG a été réalisée.

Consultation de Contrôle Téléphonique

Lorsque la clinique se charge du contrôle post-IVG, la consultation est généralement effectuée à distance, par téléphone. Le jour de votre consultation de contrôle, faites un test de grossesse chez vous. Un médecin, un infirmier ou une infirmière vous appellera (approximativement) à l’heure convenue. Veillez à être facilement joignable et à vous trouver dans un endroit calme où vous pourrez parler librement. Ils vous contacteront sous un numéro anonyme.

Ils s'entretiendront avec vous pour savoir si vous avez bien récupéré physiquement et si vous souffrez (toujours) d’effets secondaires. La qualité de votre moral et les éventuelles difficultés que vous éprouvez à surmonter l’IVG seront également abordées. Par ailleurs, ils s'intéresseront à votre contraception.

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Consultation de Contrôle à la Clinique

Dans certaines situations, un rendez-vous sur place, à la clinique, est nécessaire. C’est le cas lorsque :

  • Vous vous êtes fait poser un stérilet après une IVG chirurgicale par aspiration ou un avortement instrumental.
  • Vous souhaitez vous faire poser un stérilet après une IVG médicamenteuse.
  • Vous souffrez (toujours) d’effets secondaires ou vous avez (ou avez eu) des complications.

Lors de la consultation de contrôle à la clinique, un médecin, un infirmier ou une infirmière effectuera un test de grossesse, puis une échographie, pour vérifier que tout va bien. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous faire poser un stérilet ou un implant hormonal. La pose est gratuite au cours du premier cycle menstruel qui suit l’IVG (si vous êtes assurée aux Pays-Bas). Toutefois, le contraceptif vous sera facturé.

Ils s'entretiendront avec vous pour savoir si vous avez bien récupéré physiquement et si vous souffrez (toujours) d’effets secondaires. La qualité de votre moral et les éventuelles difficultés que vous éprouvez à surmonter l’IVG seront également abordées. Par ailleurs, ils s'intéresseront à votre contraception.

Examens Médicaux Après une IVG

Après l’IVG, les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie.

  • Test de grossesse : Un test de grossesse est réalisé pour confirmer que l'hormone de grossesse (β-hCG) diminue, indiquant que la grossesse est interrompue. Bon à savoir : Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est la visite de contrôle qui permettra de confirmer que l’IVG a fonctionné.
  • Dosage des β-hCG : La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
  • Échographie : Une échographie peut être effectuée pour visualiser l'utérus et s'assurer qu'il ne reste pas de tissus résiduels.

Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.

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Que Faire en Cas de Test de Grossesse Positif ou de Tissus Résiduels ?

Lors de la consultation de contrôle, il arrive parfois que le test de grossesse soit encore positif. La positivité du test s’explique généralement par la présence dans l’utérus de tissus restés en place après l’avortement. Dans de rares cas seulement, il s’agit d’une grossesse persistante. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG médicamenteuse est d’environ 5 à 6 %. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG chirurgicale par aspiration est d’environ 1 à 2 %.

Si des tissus résiduels sont détectés, un traitement supplémentaire peut être nécessaire, tel qu'une aspiration ou des médicaments pour aider à l'expulsion des tissus.

Saignements Après un Avortement

Les saignements après une IVG peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines. Des saignements vaginaux après une IVG : pas d’inquiétude ! Après un avortement, les saignements vaginaux peuvent durer de deux à trois semaines. Les règles arrivent dans les quatre à huit semaines après l’avortement.

Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.

Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.

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S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.

Quand Consulter en Urgence Après une IVG ?

Après votre IVG, n’attendez pas votre consultation de suivi si vous présentez :

  • De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C.
  • Des pertes très abondantes de sang.
  • De très fortes douleurs abdominales.
  • Un malaise.

Contactez alors rapidement l’établissement où a eu lieu votre intervention, le médecin ou la sage-femme.

Conséquences Psychologiques Après une IVG

Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG.

Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.

La consultation psychosociale est obligatoire pour les personnes mineures et doit être réalisée avant le recueil du consentement. Toutes les personnes majeures peuvent la demander dans le cadre du suivi de l’IVG. Cette consultation est gratuite. C’est une conseillère conjugale et familiale qui vous reçoit et vous écoute. Pour les majeures, cet entretien peut se dérouler avant l’IVG et/ou après. N’hésitez pas à en formuler la demande auprès du professionnel de santé si vous en ressentez le besoin.

Parler de votre IVG ou non est un choix personnel. Vous êtes libre d'en parler à qui vous le souhaitez. Les professionnels de santé vous accompagnent et vous conseillent sans jugement. L’IVG ne doit pas être taboue, c’est un acte médical courant qui concerne une femme sur trois en France.

Vous pouvez également en parler à votre partenaire et/ou à une personne de confiance si vous en ressentez le besoin. Partager votre expérience peut vous permettre de mieux vivre cet événement. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec vos proches, certaines associations ou sites web existent pour libérer la parole autour de ce sujet.

Il ne faut pas hésiter à parler de votre IVG à une personne de confiance, à un professionnel de santé ou à une association si vous en ressentez le besoin.

Fertilité et Contraception Après une IVG

Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc).

Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France. Le risque de survenue de complications lors de la réalisation d’une IVG n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané ou d’une grossesse menée à terme. D’après les études qui ont évalué le risque d'infertilité après une IVG, il n'y a pas d'augmentation du risque dans les pays où la pratique de l’IVG est légale. Ce risque n’est pas plus important chez les patientes ayant eu deux IVG ou plus. Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.

Après une IVG les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Cela peut varier en fonction du type de contraception que vous avez choisi d’utiliser et du moment où vous l’avez débutée. Avec une pilule oestro-progestative par exemple, les règles surviendront à la fin de la première plaquette. Avec un DIU hormonal les règles peuvent êtres irrégulières ou absentes.

Après une IVG quelle contraception choisir ? Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier.

Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.

Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).

Quand Débuter la Contraception Après une IVG ?

La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.

Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :

  • Le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale.
  • Le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.

Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.

Remboursement de la Contraception

Sont remboursables par l'Assurance maladie :

  • Certaines pilules contraceptives.
  • Les implants contraceptifs hormonaux.
  • Les progestatifs injectables.
  • Les dispositifs intra-utérins (DIU) ou stérilets.
  • Les diaphragmes.
  • Certaines marques de préservatifs externes (masculins).

Pour les femmes de moins de 26 ans avec une couverture sociale, ces contraceptifs sont délivrés en pharmacie sur prescription médicale avec une prise en charge à 100% et sans avance de frais. Concernant les préservatifs externes, ils sont pris en charge à 100% pour tous et toutes jusqu'à 26 ans, sans ordonnance. Le parcours de contraception pour toutes les personnes mineures est protégé par le secret.

Pour les femmes de plus de 26 ans, ces contraceptifs sont remboursés à 65 % par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.

Les centres de santé sexuelle (anciens centres de planification et d’éducation familiale) délivrent à titre gratuit des médicaments ou dispositifs contraceptifs aux mineures désirant garder le secret et aux personnes ne bénéficiant pas d’une couverture sociale.

IVG Médicamenteuse : Points Spécifiques

L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un ou une médecin ou sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé. La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).

La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.

Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG).

Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.

Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.

Point d'attention

Après une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse, seule la consultation médicale de contrôle permet de confirmer l'efficacité du protocole, même si la patiente a présenté des saignements après la prise des comprimés. Conformément à la procédure recommandée par la Haute Autorité de santé (HAS) pour l'IVG médicamenteuse, au cours de ce rendez-vous, le professionnel de santé vérifie que la grossesse est interrompue, ainsi que l'absence de complications.

Si la femme enceinte souhaite poursuivre sa grossesse, elle doit être informée du risque de malformations graves associées aux médicaments de l'IVG, en cas d'exposition in utero. Ces médicaments sont tératogènes.

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