Introduction
Le désir d’enfant est une composante complexe de la psyché humaine, influencée par des facteurs conscients et inconscients. L'absence de ce désir, ou le choix d'interrompre une grossesse, soulève des questions éthiques et personnelles profondes. Cet article explore les causes sous-jacentes de l'absence de désir d'enfant, les motivations derrière les interruptions volontaires de grossesse (IVG), et le débat philosophique et juridique entourant l'avortement. Il vise à offrir une perspective nuancée sur un sujet délicat, en tenant compte des aspects psychologiques, sociaux et éthiques impliqués.
La Complexité du Désir d'Enfant
Le désir d’enfant n’est pas toujours un projet rationnel. C’est de l’ordre de l’inconscient. Cela échappe en partie à la volonté propre de chacun, même si nous pouvons éprouver le sentiment que c’est un choix que nous faisons. C’est un désir qui prend ses racines dans l’inconscient de la personne. C’est pourquoi, il arrive qu’une grossesse imprévue survienne malgré la prise de pilule ou la pose d’un stérilet. Le désir d’être enceinte ne va pas toujours de pair avec un projet parental, la question du recours à une IVG peut se poser.
Le Rôle de l'Inconscient
Dans notre nature de mammifère, le désir d'enfant est géré par l'instinct, enraciné dans l'inconscient. Il est lié à la reproduction, mais aussi à la construction psychique de l'être humain. Ce désir peut être influencé par des fantasmes personnels et des normes sociales.
Le Bon Moment N'Existe Pas
Dans l’absolu, les conditions de l’accueil d’un enfant ne sont jamais réunies. D’une certaine façon, « ce n’est jamais le bon moment ». Il y aura toujours un pas de confiance à faire. Un pas de confiance qui interroge la femme dans son identité et participe à sa réalisation personnelle. Il peut être utile de prendre le temps d’étudier avec chacune le sens de ces grossesses qui ont abouti à un refus. De même, certaines personnes peuvent avoir à cœur de réfléchir, sans crainte, ni pression, au questionnement inhérent à ce désir de l’inconscient.
Les Raisons Derrière l'Absence de Désir d'Enfant et le Recours à l'IVG
Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'absence de désir d'enfant, ou la décision d'interrompre une grossesse. Ces raisons sont souvent personnelles et complexes.
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Facteurs Personnels et Psychologiques
- Les conditions de vie: La peur de ne pas pouvoir offrir un environnement stable et sécurisant à un enfant peut être une motivation. « Bouffées » par trop d'exigences, certaines femmes peuvent estimer qu'un enfant ne pourra pas vivre dans leur maison.
- La carrière: Une opportunité professionnelle importante peut sembler incompatible avec l'arrivée d'un enfant. Un job tant attendu arrive en tête des motivations.
- La peur de l'avenir: L'incertitude économique et sociale peut rendre difficile la projection dans l'avenir avec un enfant. Plus on réfléchit et plus on hésite, ce qui affecte les naissances, faute de pouvoir se projeter dans l'avenir.
- Le bien-être personnel: La vie d'une femme ne se résume pas au désir d'enfant. D'autres tâches jugées plus essentielles, ou la poursuite de fantasmes d'éternelle jeunesse, peuvent prendre le pas. Certaines femmes peuvent préférer laisser une postérité à travers leur travail ou leur contribution à une cause.
- Expériences Traumatisantes: Une femme expliquait qu'elle vivait une période difficile car elle est tombée enceinte accidentellement (expulsion non remarquée de son stérilet)il y a 7 mois. Comme elle a déjà deux enfants et 39 ans (et qu'elle voyait sa famille comme complète à ce moment), elle a pris la douloureuse décision d'avorter (prise de panique: comment s'occuper bien de 3 enfants?, angoisse d'un enfant anormal, angoisse de négliger ses deux premiers enfants qui ont 4 et 7 ans, etc;).
Facteurs Relationnels
- Problèmes de couple: Si un couple était prévu à deux, l'arrivée d'un enfant peut être perçue comme une menace pour l'équilibre. Il est important que papa se sente bien dans sa peau d'homme.
- Désaccord sur le désir d'enfant: Il peut arriver que l’un des partenaires souhaite ardemment avoir un enfant, alors que l’autre exprime une certaine réticence voire une franche opposition. Il est alors nécessaire de discuter ouvertement et honnêtement sur les envies et les blocages de chacun. Il est important de comprendre les raisons du refus, comme la peur de perdre sa liberté, l’angoisse d’un avenir incertain pour cet enfant, le rejet d’une si grande responsabilité, ou la crainte de ne pas être un bon parent.
Facteurs Sociétaux
- Pression sociale: La pression, notamment des parents, peut devenir difficile à gérer.
- Les normes de genre: Les femmes peuvent sentir que leur vie ne se résume pas à la maternité, et qu'elles ont d'autres aspirations.
- L'absence de soutien: Certaines femmes peuvent se sentir seules et démunies face à la perspective d'élever un enfant. Elles se culpabilisent et n'ont aucun moyen et restent donc avec leurs angoisses.
L'Avortement : Un Débat Éthique et Juridique
L’avortement désigne l’interruption délibérée d’une grossesse mettant un terme au développement d’un embryon/fœtus humain in utero. L’avortement fait partie des sujets traités en éthique de la reproduction. L’éthique de la reproduction humaine peut être définie comme l’étude des enjeux éthiques relatifs au don de gamètes, à l’embryon/fœtus, au nouveau-né, à la grossesse, à la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines, à la gestation pour autrui, à la contraception et à la procréation médicale assistée.
Le Statut Moral de l'Embryon
La question éthique centrale posée au sujet de l’avortement concerne principalement celle de la détermination du statut moral de l’embryon humain ; il s’agit en effet de savoir si les entités anténatales humaines ont un statut moral, si ce statut moral leur donne droit à la vie, et s’il est par conséquent moralement permis ou non de mettre un terme à leur développement. Le désaccord entre partisans et opposants à l’avortement porte essentiellement sur les questions suivantes : l’embryon est-il un être humain ? Est-il un être humain à partir de la fécondation, ou bien ultérieurement ? Est-il aussi une personne humaine ? Si oui, à partir de quel moment ? Est-il actuellement ou potentiellement une personne humaine ? A quoi renvoie exactement la notion de personne ? Est-il nécessaire et suffisant d’être un être humain pour avoir un statut moral et avoir le droit de vivre ?
La notion de personne renvoie traditionnellement à une entité capable de manifester certaines propriétés mentales : être conscient de soi (McMahan, 2002), vouloir (Quinn, 1984), prendre des décisions et faire des choix pour le futur, communiquer, transmettre son savoir mais aussi exprimer de la frustration à être privé de liberté, ou encore entretenir des liens affectifs (Jaworska, 2007). Ces critères prennent principalement leur source dans des textes de philosophie moderne où la notion de personne humaine renvoie à « un être pensant intelligent, qui a une raison et une réflexion, et qui peut se considérer lui-même, comme étant la même chose pensante à différents moments, et en différents lieux ; ce qui ne peut se produire que par la conscience, qui est inséparable de la pensée, et qui lui est essentielle…» (Locke, 1689, II, XXVII, §9, p. 335, ma traduction). L’autonomie, définie comme la capacité à poursuivre des fins de façon appropriée, caractérise essentiellement la personne (Kant, 1785, Ak. IV, 428). Les propriétés comme être rationnel, avoir un langage, désirer, être conscient d’être le sujet d’états mentaux (Tooley, 1972, p.44 ), attribuer à son existence une valeur telle que le fait d’en être privé représenterait une perte (Marquis, 1989), avoir le sentiment d’être lésé par une décision consistant à être privé de sa propre existence (Giubilini et Minerva, 2013), avoir une réflexion prospective (Singer, 1993), ou encore se concevoir comme un sujet qui persiste à travers le temps (Tooley, 1983), figurent parmi les critères retenus par les philosophes pour caractériser ce qu’est une personne.
Ces critères sont néanmoins discutables en ce qu’ils excluent les jeunes enfants, les individus dans le coma ou ayant un handicap cognitif sévère. D’autres critères moins sophistiqués ont été proposés comme par exemple le fait d’être conscient, de ressentir le plaisir/la douleur, ou d’avoir des inclinations. Le problème est que selon cette conception, presque tous les êtres sentients devront être considérés comme des personnes. Vers le quatorzième jour suivant la conception, un épaississement du disque embryonnaire se produit le long de l’axe céphalo-caudal, et fait apparaître la ligne primitive déterminant l’axe sur lequel se développera l’embryon humain. A ce stade, l’embryon n’est pas encore conscient, c’est-à-dire capable d’éprouver de la douleur ou du plaisir ; il faudra encore attendre la vingt-quatrième semaine de grossesse pour que la sensorialité fœtale apparaisse. Mais au terme de ce développement, cet embryon deviendra un jour une personne humaine.
L'Avortement à Travers l'Histoire et la Philosophie
Historiquement, le début du questionnement moral au sujet de l’embryon ne coïncide pas avec la pratique de l’avortement qui était courant dans l’Antiquité gréco-romaine (Platon, Théétète, 149d ; Hippocrate, Des Chairs, 19 ; Gourevitch, 1984, p. 220), une période où la notion de personne est encore absente des textes. Platon était favorable à l’avortement et aux infanticides des nouveau-nés malformés (La République, V, 461c) en raison de leur inutilité et de leur nuisance pour la Cité. Cette recommandation concernait aussi les enfants nés de parents de catégorie inférieure qui, dans l’intérêt de la Cité, ne devaient pas être en surnombre. Selon Aristote, l’avortement devait avoir lieu au début de la grossesse car à partir de quarante jours le fœtus commence à sentir et à se mouvoir donc à être vivant (La Politique, VII, 7, 1335b22-26 et VII, 16, 1335b23 ; De la Génération des Animaux, V, 1, 778b32-34). Tant que l’embryon ne sent pas, l’avortement peut avoir lieu. Pour Aristote, l’avortement devait être réalisé en cas de surnombre d’enfants dans une famille, le dépassement du nombre d’enfants entraînant un déficit de patrimoine, puis une hausse de la pauvreté mettant en péril l’équilibre de la Cité (La Politique, II 6, 1265b6-12 et II 7, 1266b11-13). Aristote considérait également que les parents ne devaient pas non plus avoir le droit d’élever un enfant malformé. Dans l’Antiquité, l’avortement est toujours envisagé en vertu de ce qui est le plus avantageux pour la Cité et donc comme un devoir de citoyen. Si l’avortement était interdit, ce n’était pas en raison d’un intérêt pour un droit à la vie de l’enfant à naître mais uniquement en vertu de ce que cette interdiction pouvait apporter comme avantage à la Cité (Crahay, 1941, p. 23 ; Val Viljoen, 1959 ; Bernard et al., 1989, p. 186), comme l’équilibre démographique et la paix (Bernard et al., 1989, p. 187) ; ou bien en raison du danger que l’enfant représentait pour la vie de la mère (Bernard et al., 1989, p. 190). D’ailleurs l’avortement ne devient un délit non pas en raison d’une volonté de protéger l’enfant à naître, mais uniquement lorsque cet acte ne respecte pas le droit du père à disposer de sa descendance (Glotz, 1906 ; Crahay, 1941, pp. 10 et 21-22). Le droit de vie du nouveau-né passe en effet par la reconnaissance de son père et sa volonté de l’élever, donc par sa reconnaissance sociale.
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L’intérêt moral pour l’embryon et le lien entre homicide et avortement serait apparu pour la première fois à partir de l’ère Chrétienne (Bernard et al., 1989, p. 193 ; Connery, 1977 ; Noonan, 1970). En effet, l’avortement et l’infanticide sont interdits légalement dès le IVème siècle après J.-C au motif que l’embryon est une créature de Dieu et qu’il est un être humain potentiel.
La Législation Française sur l'Avortement
La loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse ou « Loi Veil » est entrée en vigueur en France le 17 juillet 1975. La condition sous laquelle une femme pouvait recourir à l’lVG était alors la « situation de détresse » et le délai fixé à dix semaines de grossesse. Depuis 2001, ce délai a été repoussé à douze semaines et depuis 2014, la notion d’état de détresse a été supprimée. La législation française distingue l’avortement comme interruption volontaire de grossesse (IVG), qui se pratique par voie médicamenteuse ou par une opération chirurgicale, de l’avortement comme interruption médicale de grossesse (IMG) ou « avortement thérapeutique ». L’IMG est autorisée en France depuis 1994 sans restriction de délai et peut être pratiquée uniquement pour motif médical, lorsque la vie de la mère est en danger, ou que l’enfant à naître présente ou est susceptible de présenter une anomalie sévère.
Du point de vue légal, l’avortement est toujours réputé volontaire : la notion juridique d’interruption involontaire de grossesse n’existe pas. En cas d’erreur médicale, de violences commises par un tiers sur une femme enceinte ou d’un accident de la route entraînant la mort de l’enfant à naître, aucune poursuite pénale ne sera encourue pour homicide sur ce dernier (Dekeuwer-Défossez, 2018, p. 10). La raison est que les entités anténatales ne jouissent pas de droits civiques puisque la personnalité juridique ne s’octroie qu’à la naissance. Le fait que la vie de l’embryon/foetus dépende de celle de sa mère empêche de lui conférer le statut juridique de personne et les droits civils qui en découlent. Parce qu’il n’est pas considéré comme une personne, l’autorité parentale sur l’embryon/fœtus humain n’existe pas légalement. Par conséquent, une femme peut prendre la décision d’avorter sans l’accord du père de l’enfant en vertu du principe hérité du droit romain qu’ « Infans pars viscerum matris » (« l’enfant (non né) est une partie du corps de la mère »). En d’autres termes, l’embryon/fœtus ne bénéficie pas en France d’un droit légal à la vie.
L’article 1er de la loi sur l’IVG affirme que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu’en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi ». De même, l’article 16 du Code Civil énonce que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ».
Le Désir de Grossesse Après une IVG
L’envie de maternité après une interruption volontaire de grossesse (IVG) peut être un moment émotionnellement chargé pour les femmes. Les chances de concevoir après une IVG sont généralement les mêmes qu’avant. Il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter pour sa fertilité. Le cycle menstruel reprend normalement peu après l’intervention. Il est alors possible de tomber enceinte rapidement. Il n’y a pas de délai spécifique à attendre pour commencer les essais bébés, même s’il est souvent recommandé de ne pas avoir de rapports pendant les premiers jours suivant l’avortement. Après une IVG, il est courant d’éprouver de la tristesse, de la colère, de la déception ou de la culpabilité. N’hésitez pas à en parler avec un professionnel de la santé mentale pour exprimer vos pensées et être soutenue. Ces sentiments sont normaux, accordez-vous du temps pour les ressentir et les gérer. Avant de se lancer dans un nouvel essai de grossesse, il faut prendre soin de soi et de son bien-être émotionnel. Chacun a son rythme, qu’il est nécessaire de respecter.
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Maximiser ses Chances de Concevoir
Plusieurs démarches permettent d’améliorer la fertilité et de limiter les risques pour la santé de la future maman et de son bébé. Avant d’initier une grossesse, consultez votre médecin traitant (ou gynécologue) pour l’informer de votre décision. Celui-ci vous proposera certainement un bilan complet avec une prise de sang, afin de vérifier si votre corps est prêt à accueillir un fœtus. Il en profitera pour contrôler les éventuelles contre-indications de votre traitement actuel. Avoir des rapports sexuels réguliers permettra d’augmenter vos chances de tomber enceinte. Si toutefois la bonne nouvelle tarde à s’annoncer, restez calme : il est courant de devoir patienter un peu avant qu’un désir de grossesse se concrétise. Selon l’Institut National d’Études Démographiques (INED), « Il faut en moyenne sept mois à un couple pour concevoir un enfant. Pour optimiser vos chances, vous pouvez commencer par surveiller votre cycle menstruel. Maintenez une bonne santé générale, en adoptant une alimentation équilibrée et en faisant régulièrement de l’exercice. Il est également conseillé de réduire ou d’éviter les facteurs de risque tels que le tabagisme et l’abus d’alcool, qui peuvent avoir un impact négatif sur la fertilité. Il est possible de se sentir coupable ou frustrée si les choses ne se déroulent pas comme prévu. Toutefois, chacun a son propre rythme, et le processus de perte de poids doit être soutenu et adapté à chaque personne.
Grossesse Tardive et Obésité
Les chances de concevoir naturellement diminuent considérablement avec l’âge. Il est également important de discuter des dangers potentiels pour la mère et le bébé, ainsi que de prendre en compte l’âge et la santé globale. Un tel projet peut entraîner des complications comme l’hypertension artérielle et le diabète gestationnel. Toutefois, les études montrent qu’une grossesse tardive peut être associée à un risque accru de maladies, tels que des problèmes de placenta et de prééclampsie. Pour le bébé, les menaces principales sont la fausse couche, le retard de croissance in utero (RCIU), les anomalies chromosomiques et la prématurité. Cependant, ceux-ci restent peu fréquents. Il est important de se rappeler que la ménopause est un processus normal et inévitable de la vie d’une femme et qu’il existe d’autres moyens de devenir parent, comme l’adoption par exemple.
Souvent accompagnée d’un déséquilibre hormonal, l’obésité peut entraver la capacité à concevoir et réduire l’efficacité des techniques de PMA. Par ailleurs, il est judicieux de solliciter l’aide d’un diététicien pour élaborer un programme alimentaire sain. Gardez à l’esprit que l’activité physique est également indispensable à votre bien-être. Si l’obésité peut être à l’origine de difficultés pour tomber enceinte, elle peut aussi comporter certains dangers pour la santé de la mère et du fœtus pendant la grossesse. En cas de surcharge pondérale, les études montrent que les risques de fausses couches sont plus élevés, et l’hypertension artérielle comme le diabète gestationnel sont plus fréquents. De même, le recours à la césarienne est plus courant.
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