La grossesse est une période de changements physiologiques importants, où la prudence est de mise concernant l'alimentation et l'utilisation de substances diverses, y compris les huiles. Cet article vise à informer les femmes enceintes sur les huiles végétales à privilégier et celles à éviter, ainsi que sur l'utilisation des huiles essentielles pendant cette période délicate.
Importance des matières grasses pendant la grossesse
Les matières grasses sont essentielles au bon fonctionnement de l'organisme, servant de réserves d'énergie, composant majeur des cellules et du cerveau, et permettant la synthèse des hormones. Il est important d'en consommer au moins l'équivalent de 2 cuillères à soupe par repas (soit 20g environ), à répartir entre l'huile utilisée pour la cuisson et l'huile pour l'assaisonnement.
Huiles végétales recommandées
- Huile d'olive : Riche en acides gras monoinsaturés oméga 9, protecteurs cardiovasculaires. Elle peut tolérer la cuisson jusqu'à 180°C et relève le goût des crudités ou des légumes cuits.
- Huile de colza : Riche en acides gras polyinsaturés oméga 3, anti-inflammatoires et essentiels au fonctionnement du cerveau. Il vaut mieux la conserver pour l'assaisonnement des crudités ou des légumes déjà cuits, car les oméga 3 sont sensibles à la chaleur.
- Huile de lin : Également très riche en acides gras oméga 3, plus que l'huile de colza. Cependant, elle s'oxyde rapidement, il faut la garder au frais après ouverture et ne pas la faire cuire.
- Mélanges d'huiles adaptés aux futures mamans : Certaines marques proposent des mélanges contenant directement du DHA (un acide gras oméga 3 indispensable pendant la grossesse et l'allaitement) à base d'huile de poisson ou de microalgue. Fragiles, ces mélanges ne se cuisent pas et se gardent au réfrigérateur jusqu'à deux mois environ après ouverture.
- Huile de tournesol et huile de pépins de raisin : Pour la cuisson à des températures supérieures à 180°C, on peut les utiliser avec parcimonie pour pouvoir utiliser d'autres huiles plus intéressantes après la cuisson ou sur les crudités.
Huiles végétales à éviter : attention aux huiles estérifiées ou minérales
Il est important de bien choisir son huile végétale pour la grossesse. Vérifiez que l’huile végétale que vous achetez est obtenue par première pression à froid. Certaines huiles végétales de provenance douteuse ou bon marché peuvent être coupées avec des huiles moins chères comme les huiles estérifiées ou minérales qui de part leur transformation avec ajout de glycérine, d’alcool naturels ou d’origine pétrochimique perdent toute les propriétés bénéfiques des huiles végétales naturelles dont elles sont issues.
Dans les huiles minérales ou estérifiées vous n’aurez pas les Omega 3 et autres acides gras essentiels, les vitamines et les antioxydants.Lisez bien les étiquettes, si vous voyez Caprylic Capric Triglyceride, Coco Caprylate, Caprate, Oleyl Erucate, Oleyl Linoleate ou Decyl Oleate vous avez affaire à une huile estérifiée ou minérale.
Dérivées du pétrole, elles sont utilisées dans les produits cosmétiques et les produits de soins de la peau en raison de leur texture légère et de leur faible coût. Ces huiles minérales ne contiennent aucun élément nutritif et n'agissent pas en profondeur : elles empêchent la peau de respirer en créant un film occlusif à la surface et en bouchant les pores. De plus, les huiles minérales sont controversées à cause de leur potentiel de contamination par des impuretés telles que les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
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Voici quelques noms courants d'huiles minérales : paraffine liquide, huile de vaseline, paraffine solide, pétrolatum, isoparaffine.
Pour substituer aux huiles minérales controversés et néfastes, vous pouvez utiliser, sans danger, les huiles végétales. Pleines d'actifs elles vont permettre une hydratation en profondeur.
Huiles essentielles : prudence et précautions
Les huiles essentielles sont de plus en plus prisées pour leurs vertus naturelles sur le bien-être, le sommeil, la gestion du stress ou encore les petits maux du quotidien. Issues de plantes aromatiques, elles concentrent des principes actifs puissants qui agissent rapidement sur l’organisme.
Si elles possèdent de multiples vertus, les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution pendant la grossesse, en raison de leur forte concentration en actifs potentiellement dangereux pour la femme enceinte et son fœtus. Lorsqu’elles sont ingérées par voie orale, certaines huiles essentielles peuvent irriter le système digestif. D’autres peuvent avoir des effets allergisants lorsqu’elles sont appliquées sur la peau.
Risques potentiels
Chez la femme enceinte, l’organisme subit de nombreuses modifications : hormonales, immunitaires, métaboliques. De plus, certains composés actifs contenus dans les huiles essentielles peuvent traverser la barrière placentaire et atteindre le fœtus, dont les organes sont en développement. C’est pourquoi, car il n’y a pas ou peu de données cliniques ni d’études sur l’évaluation des huiles essentielles en cours de grossesse, l’utilisation des huiles essentielles est fortement déconseillée pendant la grossesse.
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Pendant le premier trimestre de grossesse (les trois premiers mois), le placenta est particulièrement perméable : les huiles essentielles peuvent donc rejoindre l’organisme du fœtus, et représenter un danger pour sa santé et son développement. Certaines peuvent même être à l’origine d’avortements spontanés (fausses couches). C'est la raison pour laquelle toutes les huiles essentielles sont formellement déconseillées aux femmes enceintes pendant les trois premiers mois de grossesse.
Même s’il faut rester très prudente, inutile pour autant de se rajouter du stress si vous avez utilisé une huile essentielle sans savoir que vous étiez enceinte. Si le moment est passé et que vous n’avez pas eu de répercussions négatives, ne vous inquiétez pas. Demandez tout de même l’avis de votre gynécologue ou sage-femme pour vous rassurer.
Huiles essentielles interdites pendant toute la durée de la grossesse
Plusieurs huiles essentielles restent interdites pendant toute la durée de la grossesse (lorsqu’elles contiennent des molécules potentiellement dangereuses) :
- Les huiles essentielles qui contiennent du menthol (menthe poivrée, menthe pouliot ou menthe des champs)
- Celles qui contiennent des cétones
- Celles qui contiennent du 1-8 cinéol ou de l’eucalyptol (ravintsara, radié, niaouli…)
- Toutes les huiles essentielles contenant des cétones, substance neurotoxique pour le fœtus et pouvant causer des avortements spontanés
- La sauge officinale, la menthe poivrée, l’eucalyptus globuleux, l’eucalyptus mentholé et le romarin CT camphre.
- Cannelier de Ceylan, basilic exotique, fenouil doux : risque d’effets hormonaux et d’irritation importante.
Fin 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a alerté sur la consommation de compléments alimentaires contenant des huiles essentielles issues des feuilles de différentes espèces de Melaleuca, à savoir l’arbre à thé, le niaouli et le cajeput, qui auraient de possibles effets toxiques.
Huiles essentielles potentiellement autorisées après le 4ème mois (sur avis médical)
Certaines peuvent en revanche être utilisées à partir du 4ème mois et pendant les mois qui suivent (ou pendant l’allaitement). Il s’agit des huiles essentielles qui ne contiennent aucune molécule toxique et dangereuse pour le fœtus (et pour la mère). Grâce à leurs nombreuses propriétés, elles peuvent être utilisées pour soulager plusieurs maux de la grossesse, comme des nausées ou des insomnies par exemple. Certaines huiles essentielles permettent aussi de faciliter l’accouchement, ou même de prévenir le baby-blues qui peut accompagner l’arrivé du bébé. Mais attention ! Avant d’avoir recours à ces remèdes naturels, il faut toujours demander conseil à son médecin.
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- Huile essentielle de citron jaune, de mandarine, d’orange douce ou de bergamote, de petits-grains bigarade, de rose de Damas…
Il est important de noter que même ces huiles essentielles doivent être utilisées avec prudence et sur avis médical.
- Lavande vraie (lavandula angustifolia) : calmante, apaisante, elle favorise le sommeil, diminue le stress et les tensions musculaires.
- Citron (citrus limon) : utile contre les nausées matinales et pour faciliter la digestion. Elle peut également aider à lutter contre la fatigue.
- Citronnelle de java (cymbopogon winterianus) : répulsif naturel contre les moustiques.
- Eucalyptus radiata (et non globulus) : décongestionnant respiratoire doux, apprécié en cas de rhume ou de nez bouché.
Modes d'utilisation recommandés (sur avis médical)
L’administration des huiles essentielles se fera par voie cutanée. La concentration de la préparation d’aromathérapie doit être inférieure à 3 % en huile essentielle. A partir du 4 ème mois de grossesse et pendant l'allaitement l’usage thérapeutique des huiles essentielles peut être envisagé uniquement après avis médical auprès d’un médecin formé à l’aromathérapie.
Des préparations plus concentrées en huiles essentielles (dosage supérieur à 3%) ou l’utilisation d’huiles essentielles pures (seulement avec les huiles essentielles autorisées à partir du 4ème mois) peuvent être envisagées. La voie d'administration doit de préférence se limiter à la voie cutanée et la durée d'utilisation doit être limitée dans le temps (cures de 1 à 7 jours) surtout et éviter la ceinture abdominale et les zones proches du bébé. La voie orale est de préférence à éviter ou à ne garder qu'en cas de nécessité.
- Voie olfactive ou en massage : Exceptée l’huile essentielle de citron jaune, les huiles essentielles autorisées pendant la grossesse ne doivent jamais être ingérées (prises par voie orale). La femme enceinte peut en diffuser certaines dans l’air ambiant de son logement, à l’aide d’un diffuseur (eucalyptus citronné, zestes d’agrumes, géranium rosat, lavande officinale). Il est aussi possible de diluer de l’huile essentielle dans le savon d’un bain ou dans une huile végétale neutre, pour ensuite l’appliquer sur la peau en massage (jamais sur le ventre et la ceinture abdominale).
- Application cutanée : Les huiles essentielles ne doivent jamais être appliquées directement sur la peau et les muqueuses, pour éviter que les actifs ne passent trop vite dans le sang. Elles doivent être mélangées à une huile végétale douce (comme l’amande douce ou le noyau d’abricot), avec une concentration maximale de 2 %.
- Inhalation : La diffusion atmosphérique est généralement considérée comme le mode d’utilisation le plus sûr pendant la grossesse, à condition de respecter certaines précautions.
Précautions supplémentaires :
- Ne pas aller au soleil après avoir appliqué de l’huile essentielle de citron ou d’agrumes sur sa peau : ces HE augmentent la sensibilité de la peau aux rayonnements solaires (rayons UV), et peuvent être à l’origine de rougeurs, de démangeaisons et d’une inflammation cutanée.
- La femme enceinte peut aussi avoir recours à d’autres substances naturelles pour soulager certains de ses maux : contenant une grande proposition d’eau, les hydrolats aromatiques sont une bonne alternative aux huiles essentielles. Utilisées pures ou diluées, ces eaux distillées restent douces.
Produits du quotidien et huiles essentielles cachées
De nombreuses femmes enceintes utilisent, parfois sans le savoir, des produits du quotidien contenant des huiles essentielles : crèmes cosmétiques anti-vergetures, huiles de massage, produits ménagers, désodorisants d’ambiance, lessives ou adoucissants parfumés. Même lorsqu’ils sont certifiés bio, ces produits peuvent renfermer des huiles essentielles déconseillées voire interdites pendant la grossesse. Il est donc essentiel de vérifier la composition des produits du quotidien, même ceux étiquetés « bio » ou « naturels ».
Inhalation passive et risques
Respirer des huiles essentielles pendant la grossesse peut sembler anodin, surtout lorsqu’il s’agit d’une simple odeur perçue dans une pièce ou d’un produit parfumé. Tout dépend de plusieurs facteurs : la nature de l’huile essentielle, sa concentration dans l’air, la durée d’exposition, la sensibilité individuelle de la femme enceinte et le terme de la grossesse. Il est donc important pour les femmes enceintes de ne pas utiliser de diffuseurs d’huiles essentielles sans avis médical, et d’éviter les espaces clos où des huiles non adaptées pourraient avoir été diffusées.
Huiles végétales pour prévenir les vergetures
Les huiles végétales sont efficaces pour la prévention des vergetures. De nombreux essais cliniques et études ont démontrés l’action des huiles végétales sur l'apparition et l'atténuation des vergetures. L'huile parfaite contre les vergetures et les peaux sèches, elle hydrate la peau en profondeur. L'huile de Tamanu permet de soulager les jambes lourdes en fluidifiant la circulation sanguine, ainsi que les courbatures grâce à son action anti-inflammatoire. Elle est aussi un puissant cicatrisant qui permet d'éviter les vergetures.
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