Introduction

Les instruments de percussion jouent un rôle essentiel dans la musique africaine, enrichissant les rythmes et les mélodies de sonorités variées. Parmi ces instruments, les hochets occupent une place particulière, tant par leur diversité que par leur utilisation dans différents contextes culturels. Cet article explore le monde des hochets de percussion en cocon d'Afrique, en mettant en lumière leur fabrication, leur utilisation et leur signification culturelle.

Les Hochets : Une Catégorie Diverse d'Instruments de Percussion

Les hochets appartiennent à la catégorie des instruments de percussion où le son provient de l'instrument lui-même ou de son contenu. Ils sont généralement secoués ou frappés pour produire des sons. Les hochets les plus simples ne sont pas accordés, ce qui signifie qu'ils ne sont pas conçus pour produire une note spécifique. Leur petite taille et leur robustesse les rendent populaires dans les animations.

Hochets à Percussion Interne : Graines, Cailloux et Matériaux Naturels

Les hochets à percussion interne contiennent des graines ou des cailloux et sont fabriqués à partir de divers matériaux naturels. La vannerie est une technique courante, avec des paniers comme le kaïchichi utilisés pour créer ces hochets. Le bambou et les courges évidées sont également des matériaux populaires.

Un exemple intéressant est le hochet ntsakala ou kesekese, un instrument petit et peu coûteux, mais dont la technique est difficile. Il est composé de deux enveloppes de fruits reliées par une ficelle et est à la fois percuté et secoué.

Hochets à Percussion Externe : Sonnailles et Autres Instruments

Les hochets à percussion externe comprennent les sonnailles, qui sont portées au poignet ou à la cheville. Ces instruments ajoutent une dimension sonore aux mouvements du danseur ou du musicien.

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Polyvalence et Potentialité Musicale : Les Concepts Clés de la Musique Traditionnelle Africaine

La polyvalence et la potentialité musicale sont deux concepts essentiels pour comprendre la musique traditionnelle africaine. La polyvalence se réfère à la capacité des instruments de musique à se dédoubler et à être utilisés à des fins diverses. Ils ne sont pas seulement des instruments de musique, mais peuvent également servir à des usages domestiques ou didactiques. La potentialité musicale, quant à elle, est l'aptitude de tout objet à produire de la musique.

Le corps lui-même est considéré comme un instrument primordial, utilisé pour la percussion, la résonance et l'émission de sons. Une simple motte de terre peut servir de base à un tambour, tandis que la surface d'une rivière peut en être le sommet.

Fabrication et Utilisation de Hochets à Partir de Matériaux Locaux

La potentialité musicale s'exprime pleinement dans la fabrication d'instruments à partir de matériaux accessibles et facilement disponibles, tels que ceux offerts par la forêt ou les déchets quotidiens. Des mirlitons peuvent être fabriqués à partir d'un bout de roseau fermé par une pellicule de cocon d'araignée. Des ensembles de percussion peuvent être créés avec des coquilles d'escargots entrechoquées, frottées ou percutées avec des noix sèches de palme.

Cette exploitation de la potentialité correspond à une logique d'optimisation des moyens et des acquis, réduisant le gaspillage et la déperdition. L'utilisation de matériaux usagés témoigne de la capacité d'adaptation et de renouvellement de la musique traditionnelle.

Exemples d'Utilisation de Matériaux Non Conventionnels

En milieu urbain, où les matériaux traditionnels peuvent être rares, des ustensiles, des outils et des récipients divers sont utilisés pour créer des instruments. Une caisse de vièle, un hochet ou une paire de cuillères entrechoquées peuvent ainsi être fabriqués à partir de matériaux de récupération. Un tuyau en accordéon peut même être transformé en rhombe en le faisant tournoyer.

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Hochets et Artisanat Musical : Une Source de Développement

La musique traditionnelle peut contribuer à la mise en place d'un artisanat spécialisé, ouvrant la voie à la création de petites et moyennes entreprises ou de véritables communautés artisanales. Cet artisanat musical, associant sculpture, botanique, pédagogie, sociologie, musique et littérature, peut devenir un lieu d'éducation intellectuelle et morale.

Fabriquer un instrument de musique ne consiste pas seulement à reproduire une technologie mécanique, mais aussi à traduire des savoirs multiples, du choix des matériaux à la conscience du rôle social de l'instrument.

Le Xylophone Janja des Mofu Gudur et des Mowo : Un Exemple Spécifique

Le xylophone janja des Mofu Gudur et des Mowo, au Cameroun, est un exemple spécifique d'instrument de percussion en bois. De petite taille, il est composé de huit lames de bois maintenues par des cordelettes et suspendues au-dessus de résonateurs en calebasse ou en corne.

Les calebasses de résonance sont cultivées par les seuls ritualistes pour leurs xylophones, et leur sélection est soumise à des rituels. Chaque résonateur porte un nom, et l'instrument est joué assis, les genoux levés, les résonateurs reposant sur la cuisse du musicien.

Le janja participe aux grandes fêtes et aux deuils, accompagné de flûtes de roseau, de flûtes d'écorce et de harpes. Il est considéré comme un instrument de musique liturgique et identitaire pour les Mowo.

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Le Déclin du Xylophone Janja : Facteurs Sociaux et Culturels

Bien que les Mowo aient longtemps été les principaux fabricants de xylophones sacrés, la tradition a décliné au fil du temps. Les lourds rituels à observer, la difficulté de trouver des artisans qualifiés et le manque de rétributions ont contribué à ce déclin. De plus, le xylophone est désormais associé à la classe des vieux adultes et à des ritualistes marginalisés, ce qui a conduit à son abandon progressif.

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