Henri Proglio, figure marquante du paysage industriel français, a connu une carrière riche et complexe, jalonnée de succès, de controverses et de tentatives de consolidation de son pouvoir. Son parcours, depuis ses origines modestes jusqu'aux sommets de grandes entreprises comme Veolia et EDF, témoigne d'une ambition tenace et d'une habileté politique indéniable. Cet article explore les différentes facettes de sa personnalité, ses stratégies de carrière, les polémiques auxquelles il a été confronté, et son héritage dans le monde de l'énergie et des services.

Un Parcours Ascendant

Issu d'une famille d'immigrés italiens du Piémont, Henri Proglio, avec son frère jumeau René, a gravi les échelons sociaux grâce à l'éducation et à une forte volonté de réussir. Après des études à HEC, il a consacré sa carrière à la Compagnie générale des eaux, devenue ensuite Vivendi et enfin Veolia pour sa branche environnement. Il a gravi les échelons au sein de l'entreprise, jusqu'à en devenir le PDG. Son parcours est souvent cité comme un exemple de réussite républicaine, où l'ascension sociale est possible grâce au mérite et au travail.

Stratégies de Pouvoir et Tentatives de Maintien

Tout au long de sa carrière, Henri Proglio a fait preuve d'une grande habileté politique et d'une capacité à s'adapter aux différents contextes politiques. Selon les informations fournies, Henri Proglio s'est démené pour conserver son poste à la tête d'EDF et prolonger son bail jusqu'en juin 2017. Il a mis en œuvre plusieurs stratégies pour atteindre cet objectif, notamment :

  • Rapprochement avec le pouvoir en place: L'ex-chiraquien rallié à Nicolas Sarkozy avait une stratégie simple : devenir hollando-compatible. Il s'est d'abord attaché les services du lobbyiste Paul Boury, ami de François Hollande, ainsi que du communicant Stéphane Fouks, président de Havas Worldwide et intime de Manuel Valls.

  • Compromis avec les syndicats: Il a fait risette à la CGT, à coups de maintien des avantages acquis. A tel point qu'EDF a renoncé à être partie civile au procès de la CCAS, le richissime comité d'entreprise du groupe d'électricité accusé de détournements de fonds et d'emplois fictifs.

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  • Gestion des controverses: Henri Proglio a désamorcé un soupçon de trafic d'influence quand on a découvert que sa jeune épouse, la comédienne Rachida Khalil, avait reçu en 2012 une subvention de 60.000 euros d'une association proche du groupe d'électricité.

Malgré ces efforts, l'Élysée a finalement mis un terme à ses ambitions de prolongation de mandat.

D'autres dirigeants, tels que Gérard Mestrallet (GDF), Michel Lucas (Crédit Mutuel), Maurice Lévy (Publicis), Serge Dassault (Groupe Dassault), Arnaud Lagardère (Groupe Lagardère), Stéphane Richard (Orange) et Pierre Mongin (RATP), ont également utilisé différentes méthodes pour se maintenir à leur poste ou prolonger leur influence. Ces méthodes incluent :

  • Scinder les postes de président et de DG
  • Lâcher quelques mandats
  • Inventer de faux numéros 2
  • Balader ses héritiers
  • Verrouiller son capital
  • Faire oublier son CV
  • Amadouer les syndicats

Ces exemples illustrent les stratégies complexes et parfois controversées utilisées par les dirigeants pour conserver le pouvoir dans les grandes entreprises françaises.

Controverses et Polémiques

La carrière d'Henri Proglio n'a pas été exempte de controverses. Son cumul de mandats à la tête de Veolia et d'EDF a suscité des critiques et des interrogations sur les conflits d'intérêts potentiels. En 2010, il a été contraint de renoncer à sa rémunération chez Veolia sous la pression de l'opinion publique.

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D'autres polémiques ont émaillé son parcours, comme la subvention accordée à son épouse par une association proche d'EDF, ou les soupçons de favoritisme dans certaines décisions du groupe. Ces affaires ont terni son image et alimenté les critiques sur son style de management et ses méthodes.

Par ailleurs, son nom a été cité dans des rumeurs concernant la paternité de l'enfant de Rachida Dati, rumeurs qu'il a démenties.

Enfin, la dette considérable contractée par Vivendi et "logée" dans sa filiale Veolia Environnement a soulevé des questions sur sa gestion financière et sa responsabilité dans les difficultés rencontrées par le groupe.

Héritage et Impact

Malgré les controverses, Henri Proglio a marqué de son empreinte les entreprises qu'il a dirigées. Chez Veolia, il a contribué à faire du groupe un leader mondial des services à l'environnement. Chez EDF, il a impulsé une nouvelle stratégie et modernisé la gestion de l'entreprise.

Son passage à la tête de ces groupes a également été marqué par des transformations importantes dans le secteur de l'énergie et des services à l'environnement. Il a notamment anticipé la mutation du modèle économique des services d'eau et encouragé le développement de solutions innovantes pour la gestion des ressources naturelles.

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Henri Proglio laisse derrière lui une image contrastée, celle d'un dirigeant ambitieux et compétent, mais aussi controversé et parfois critiqué pour ses méthodes. Son parcours témoigne des complexités du pouvoir dans les grandes entreprises françaises et des défis auxquels sont confrontés les dirigeants pour concilier performance économique, responsabilité sociale et éthique.

Les relations avec son frère jumeau René

Les jumeaux Henri et René Proglio, petits-fils d'Italiens du Piémont, partagent tout. Le grand public ignore leur existence. Leur discrétion est légendaire. René Proglio dirige à Paris la Morgan Stanley, une banque d'affaires américaine de premier plan. Ils s'appellent chaque jour, même pour une minute, même pour une broutille. "C'est très bref, c'est pour vérifier la liaison", dit le chef d'entreprise. "On a une proximité incroyable. On a appris à tout partager. On a une vraie sensibilité de l'autre", raconte le banquier. Leurs parents sont des Italiens immigrés de la deuxième génération, originaires du Piémont. Ils étaient "vendeurs des quatre saisons" sur le marché d'Antibes. Ils sont aussi différents qu'il est possible. Là où Henri doit forcer sa pudeur pour décrire cette relation si personnelle, René se montre disert, volubile, charmant. L'un rougit facilement, passe sa main sur le front, laisse tomber ses lunettes. L'autre raconte à merveille, explique, embobine. Monique Bert, leur cousine, qui a été élevée avec eux comme une soeur, se rappelle l'arrivée du collège, vers midi : "Ils allaient au frigo, ils mangeaient du fromage et ils se battaient. C'était immuable. Ils s'adoraient." Pour elle, cette gémellité fut une bulle impénétrable. Jamais, affirme-t-elle, ils ne furent jaloux l'un de l'autre. René, toujours prix d'excellence, le plus ambitieux, et "Henri le rêveur, qui se laissait porter par l'ambition de son frère". Ces jumeaux-là partagent tout. Les joies et les petits tracas que leurs familles respectives leur procurent, deux filles chez Henri, deux garçons chez René, le goût pour un film, des banalités impalpables. Et surtout, les grandes épreuves de l'existence. Pour Henri, ce fut la maladie et la disparition d'une épouse aimée, voilà quelques années. "Pendant des mois, il a été affreusement pâle et toujours au bord des larmes", raconte un ami. "René l'a tenu à bout de bras", dit Monique. Dans le patrimoine commun des garçons, on trouve à n'en pas douter un goût de la revanche sociale. Combien de vacances et de week-ends ont-ils passé à faire des livraisons pendant que les enfants de la bourgeoisie d'Antibes faisaient de la voile ou jouaient au tennis ? Le service militaire sépare les jumeaux pour la première fois. "Henri était espion au 2e bureau. Moi, je rêvais de faire le tour du monde sur la Jeanne-d'Arc", dit René. Une simple parenthèse, car les frères Proglio vivront dix ans ensemble dans un petit deux-pièces à Issy-les-Moulineaux, acheté en s'endettant. Henri l'a toujours. Ils accompagnent leur hiver comme eux se serrent les coudes pour toutes les saisons de la vie.

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