Hassan Nasrallah, religieux chiite et figure politique libanaise, a marqué l'histoire du Moyen-Orient par son rôle de secrétaire général du Hezbollah. Né le 31 août 1960 à Bourj Hammoud, il est décédé le 27 septembre 2024 à Beyrouth. Son parcours, depuis ses études théologiques jusqu'à son leadership au sein du Hezbollah, a fait de lui une personnalité influente, tant au Liban que dans la région.
Jeunesse et Formation : Des Racines Modestes à l'Engagement Religieux
Hassan Nasrallah est né dans le quartier de Bourj Hammoud, à Beyrouth-Est. Aîné d'une famille de neuf enfants, il grandit dans un environnement où la religion n'est pas particulièrement prégnante. Son père, Abdel Karim, était épicier et nationaliste syrien. Il commence ses études théologiques seul, à l'école publique de Sin el-Fil, un quartier mixte à l'est de Beyrouth, ce qui lui permet de faire la connaissance de chrétiens libanais.
En 1975, lorsque la guerre civile éclate au Liban, sa famille est obligée de retourner dans leur village d'origine, Bazourié, près de Tyr, au Liban-Sud. C'est là que Nasrallah décide de rejoindre le mouvement Amal ("Espoir"), une organisation chiite politique et paramilitaire représentant à l'époque les chiites au Liban. Désireux de devenir un ecclésiastique chiite, Nasrallah étudie la théologie à Nadjaf, en Irak. Là-bas, le grand imam Mohammed Baker al-Sadr, fondateur du parti ad-Daawa, lui présente Abbas Moussaoui, un étudiant libanais qui va lui servir de tuteur.
En 1978, la répression de Saddam Hussein contre les religieux chiites s'intensifie, contraignant Nasrallah à revenir au Liban. Il étudie et enseigne ensuite à l'école du cheikh Abbas Moussaoui, devenu dirigeant d'Amal. Il gravit les échelons du parti, représentant le courant chiite libanais favorable aux idées de Khomeini. Il est élu délégué politique pour la Bekaa, devenant membre du bureau politique central.
Ascension au Sein du Hezbollah : De Fondateur à Secrétaire Général
En 1982, après l'invasion israélienne du Liban, Moussaoui et Nasrallah quittent Amal pour fonder une nouvelle organisation chiite libanaise, le Hezbollah, soutenue par l'Iran. À l'âge de 22 ans, Nasrallah devient l'un des fondateurs du Hezbollah, mais ne fait pas encore partie du directoire suprême. Au Hezbollah, il est chargé de la mobilisation, puis devient responsable des régions de Baalbek et de l'ensemble de la Bekaa.
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Désireux de reprendre ses études en théologie, il part pour Qom en 1989. Cependant, il est obligé de revenir au Liban lorsque les troupes du Hezbollah et d'Amal s'affrontent. Après l'assassinat d'Abbas Moussaoui par un missile israélien le 16 février 1992, Hassan Nasrallah est invité par l'Ayatollah Ali Khamenei et par le Conseil des sages du Hezbollah à reprendre la tête du parti.
Leadership et Stratégie : Un Adversaire Redoutable pour Israël
Sous la conduite de Nasrallah, le Hezbollah devient un adversaire sérieux de l'armée israélienne au Sud-Liban. Avant son accession au poste de secrétaire général, les combattants du Hezbollah menaient des attaques frontales, laissant derrière eux des dizaines de morts. La stratégie du parti a changé sous l'impulsion de Nasrallah, les attaques sont devenues plus ciblées et plus efficaces.
La mort de plus en plus régulière de soldats israéliens et les attaques contre la défense aérienne israélienne constituent un élément important dans la décision d'Israël de quitter le Liban. Le retrait du Sud-Liban de l'armée israélienne est attribué par beaucoup au Hezbollah, un accomplissement perçu comme patriotique qui renforce considérablement la position de ce parti sur l'échiquier politique national.
Après le retrait israélien, Hassan Nasrallah réalise un échange complexe de prisonniers avec Israël, des centaines de Palestiniens et d'activistes du Hezbollah sont libérés et les corps de militants du Hezbollah sont rendus par Israël aux familles. La position du Hezbollah est le retrait complet d'Israël du Liban, incluant les fermes de Chebaa, position qui est soutenu par la Syrie et par le gouvernement libanais. Nasrallah appelle souvent à la "poursuite de la résistance" contre l'occupation israélienne au Liban. L'ONU a considéré en septembre 2005 que le retrait intégral d'Israël au Liban avait été respecté.
Implication dans la Politique Libanaise et Régionale
Nasrallah s'est fortement impliqué dans les événements qui ont suivi l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri, qualifiés de "Révolution du cèdre". En réaction aux manifestations populaires demandant le départ des troupes syriennes, Nasrallah a au contraire appelé les Libanais à manifester pour soutenir la Syrie, un des principaux alliés du Hezbollah avec l'Iran, et pour rejeter l'intervention de puissances étrangères au Liban. Le 6 février 2006, et après plusieurs mois de négociations entre le Courant Patriotique Libre et le Hezbollah, le général Michel Aoun rencontre Sayyed Hassan Nasrallah pour signer un document d'entente de 10 points concernant directement l'avenir du Liban. Les principaux points de ce document d'entente sont actuellement repris dans tous les accords du dialogue national libanais toujours en cours.
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Le 7 mai 2008, en réaction à la volonté du gouvernement libanais de faire gérer par l'armée les infrastructures du Hezbollah, il menace de « couper la main » de quiconque « touchera aux armes de la résistance ». Ses partisans prennent possession de Beyrouth Ouest avant qu'il ne leur ordonne le 10 mai de laisser la place à l'armée libanaise. Si les combats se poursuivent un temps dans le Chouf et à Tripoli, Nasrallah accepte la médiation du Qatar pour mettre fin aux hostilités au Liban. Cet événement marque une étape dans l'évolution de la popularité du dirigeant chiite auprès de ses compatriotes.
Durant les années 2010, il engage le Hezbollah dans la mobilisation des milices pro-iraniennes en soutien au régime de Bachar el-Assad, lequel fait face à une insurrection armée de grande ampleur. Dès 2013, le Hezbollah vient en soutien à l'armée gouvernementale gravement mise en danger. En 2015, il s'oppose à l'État islamique, organisation terroriste sunnite, ce qui lui permet de justifier son engagement dans le soutien à Bachar el-Assad. Plusieurs milliers de soldats du Hezbollah combattent en Syrie.
Vie Privée et Famille : Entre Engagement et Sacrifice
Nasrallah vivait dans une maison au Sud de Beyrouth avec sa femme et ses trois enfants encore vivants : son aîné, Hadi, a été tué par l'armée israélienne au Liban sud à Jabal al-Rafei, en 1997. Il a déclaré dans une interview avoir lu une autobiographie d'Ariel Sharon et le livre de l'ancien premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, "Un endroit au soleil".
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