Le métier de gynécologue-obstétricien est une vocation exigeante, mais profondément gratifiante, dédiée à la santé reproductive et sexuelle de la femme, ainsi qu'au suivi de la grossesse et de l'accouchement. Si vous envisagez cette carrière en Corse, cet article vous guide à travers les études nécessaires et les aspects importants de cette profession.

Qu'est-ce qu'un Gynécologue-Obstétricien ?

Le gynécologue-obstétricien est un médecin spécialisé dans la physiologie de la femme, son appareil génital, la grossesse, l'accouchement et ses suites. Il accompagne les femmes à toutes les étapes de leur vie, de la sexualité à la contraception, en passant par la lutte contre la stérilité et la prévention des maladies.

Les Études Nécessaires : Un Long Parcours

Si tu souhaites t’orienter vers la profession de gynécologue, sache que tu auras besoin d’environ 10 années d’études. Le cursus pour devenir gynécologue-obstétricien est long et exigeant, nécessitant au minimum 10 années d'études après le baccalauréat. Voici les étapes clés :

1. Première Année d'Études de Santé (PASS ou L.AS)

Une fois ton baccalauréat en poche, tu devras te diriger vers une première année d’études de santé (PASS ou L.ASS). La première étape est la validation d'une première année d'études de santé, qui peut se faire via deux voies principales :

  • PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) : Ce parcours offre un enseignement majoritairement axé sur les matières de santé (environ 80%), complété par une option dans une autre discipline (économie, STAPS, langues, etc.). Le PASS est un parcours qui permet aux étudiants de suivre des enseignements spécifiques et adaptés aux filières de santé, tout en leur offrant une ouverture sur d’autres disciplines.
  • L.AS (Licence avec option Accès Santé) : Ce parcours propose une licence dans une discipline de votre choix, avec une option santé. En L.AS, c’est tout l’inverse. Les étudiants valident une première année universitaire dans la discipline de leur choix, avec quelques enseignements de santé.

Le choix entre PASS et L.AS dépend de ton profil. Si tu es certain(e) de poursuivre tes études en santé, peut-être plus opter pour le PASS. Si tu n’es pas trop sûr(e) de ton choix et que tu te laisses une année pour réfléchir, peut-être plus opter pour la L.AS, qui te permettra plus facilement de te réorienter par la suite. Mais quoi qu’il en soit, ces deux parcours t’ouvrent les voies de la filières MMOPK (maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie et kinésithérapie).

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2. Les Années de Médecine (2ème à 6ème Année)

Les quatre années suivantes sont dédiées à des enseignements théoriques et pratiques et à l’issue de la cinquième année, les étudiants passeront un concours leur permettant d’accéder à l’internat avec la spécialité choisie (si les résultats au concours leur permettent). Ces années sont consacrées à l'acquisition des bases théoriques et pratiques de la médecine :

  • 2ème et 3ème années : Enseignement des bases théoriques de la médecine (anatomie, biologie) et premiers stages hospitaliers.
  • 4ème, 5ème et 6ème années : Acquisition d'une formation complète, avec une pratique hospitalière augmentée.

3. L'Internat et la Spécialisation en Gynécologie-Obstétrique

Pour devenir gynécologue, il faudra encore compter 4 à 5 années d’études supplémentaires. Après le concours de l'internat, vous entrez en phase de spécialisation. L'internat : préparation d'un diplôme d'études spécialisées (DES) pendant 4 ou 5 ans. Pendant 4 à 5 ans, vous vous consacrez à l'étude approfondie de la gynécologie-obstétrique, avec des stages pratiques dans différents services hospitaliers.

4. Le Diplôme d'État de Docteur en Médecine

Le diplôme d'État de docteur en médecine, avec mention de la spécialité, est délivré après la soutenance d'une thèse. Après la soutenance d'une thèse, vous obtenez le Diplôme d'État de docteur en médecine, avec la mention de votre spécialisation.

Le Rôle du Gynécologue-Obstétricien

Le (la) gynécologue-obstétricien(ne) est un spécialiste de la physiologie de la femme, de son appareil génital, de la grossesse, de l'accouchement et de ses suites. Le gynécologue-obstétricien accompagne et contrôle la grossesse de la femme enceinte, lors de visites régulières. Il est attentif au développement de l'enfant. Il s'assure notamment que le col de l'utérus reste bien fermé, et pratique des examens du fœtus pour dépister les risques de malformation. Dans cette optique, il fait passer plusieurs échographies à la future mère et, au bout de quelques mois, il peut identifier le sexe du bébé… Le gynécologue-obstétricien veille également à l'état clinique de sa patiente. Ainsi, il prend sa tension artérielle, suit la courbe de son poids, lui prescrit un régime alimentaire s'il y a lieu… S'il pratique son art dans un service hospitalier ou dans une clinique, il supervisera l'accouchement, souvent effectué par une sage-femme. Au-delà de l'accouchement, le gynécologue suit toutes les étapes de la vie de la femme : sexualité, contraception, ligature des trompes, maladies sexuellement transmissibles… En tant que spécialiste de la lutte contre la stérilité, il peut aussi recourir à des méthodes de procréation assistée. Enfin, jouant un rôle préventif de premier plan, le gynécologue surveille le col de l'utérus et les ovaires de ses patientes, pour y détecter la moindre anomalie.

Qualités et Compétences Essentielles

Pour devenir gynécologue, il est important que tu aies un intérêt pour les sciences médicales et biologiques, et une bonne capacité d’écoute et de communication avec les patientes. En termes de formation, il faut être prêt à suivre un cursus long et exigeant, avec de nombreuses années d’études en médecine et une spécialisation en gynécologie obstétrique. Au-delà des connaissances médicales pointues, un bon gynécologue-obstétricien doit posséder :

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  • Un intérêt marqué pour les sciences médicales et biologiques.
  • D'excellentes capacités d'écoute et de communication pour établir une relation de confiance avec les patientes.
  • De l'empathie et de la patience.
  • Une grande rigueur et un sens des responsabilités.
  • Une capacité à travailler en équipe.
  • Une bonne résistance physique et émotionnelle, car le métier peut être exigeant.

Où Exercer en Corse ?

Le gynécologue-obstétricien peut exercer à l’hôpital, à temps plein ou temps partiel, ou avoir son propre cabinet. Bien souvent, il associe les deux modalités. En Corse, vous pouvez exercer dans :

  • Les hôpitaux publics : Les centres hospitaliers d'Ajaccio et de Bastia sont les principaux employeurs.
  • Les cliniques privées : Plusieurs cliniques privées proposent des services de gynécologie-obstétrique.
  • Les cabinets libéraux : Vous pouvez choisir d'ouvrir votre propre cabinet ou de vous associer avec d'autres médecins.

Conditions de travail

Le métier est astreignant : travailler la nuit et le week-end fait partie intégrante de sa vie professionnelle. Le métier de gynécologue-obstétricien peut être astreignant, avec des horaires irréguliers et des gardes de nuit et de week-end. Cependant, il offre également une grande satisfaction professionnelle, en permettant d'accompagner les femmes à des moments clés de leur vie.

Évolution de Carrière

Avec de l'expérience, il peut accéder au poste de médecin chef de service à l'hôpital. Il peut aussi se tourner vers l'enseignement et la recherche. Après plusieurs années d'expérience, un gynécologue-obstétricien peut évoluer vers :

  • Un poste de chef de service dans un hôpital.
  • Une carrière dans l'enseignement et la recherche.
  • Une spécialisation plus pointue dans un domaine de la gynécologie-obstétrique (par exemple, la médecine de la reproduction ou l'oncologie gynécologique).

Le Salaire

Le salaire moyen d’un gynécologue peut varier en fonction de plusieurs facteurs tels que l’expérience professionnelle, le lieu d’exercice et le secteur d’activité (public ou privé). En France, selon les données de l’INSEE, le salaire net mensuel moyen des médecins spécialistes est d’environ 7 700 euros. En général, les gynécologues libéraux ont des revenus plus élevés que ceux qui travaillent dans le secteur public. Le salaire d'un gynécologue-obstétricien varie en fonction de son expérience, de son lieu d'exercice (hôpital public, clinique privée, cabinet libéral) et de son secteur d'activité.

L'Importance de l'Expérience et des Rencontres

En tant que médecin, le gynécologue-obstétricien a franchi toutes les étapes du cursus des études médicales. Vous y rencontrerez des experts, des professionnels ainsi que des jeunes diplômés pour échanger sur votre future carrière. Les rencontres avec des professionnels expérimentés peuvent être déterminantes dans votre parcours. N'hésitez pas à échanger avec des gynécologues-obstétriciens pour bénéficier de leurs conseils et de leur expérience. La personne qui m’a vraiment influencé, c’est le professeur Serment. En plus d’être mon maître gynécologique, on partageait ensemble des activités extraprofessionnelles. J’adorais la chasse et il m’avait invité plusieurs fois dans des chasses un peu huppées. De mon côté, je l’avais invité en Corse. On avait une espèce de symbiose amicale qui n’avait rien à voir avec la gynécologie et l’obstétrique, mais qui était quand même un mélange de tout ça. Je l’écoutais comme si c’était mon père et disons que si je me suis intéressé à la statique pelvienne c’est principalement grâce à lui. D’autres personnes m’ont également influencé notamment, le Professeur Bruhat pour son amour de l’endoscopie qu’il m’a inculqué.

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Les Défis et les Évolutions de la Discipline

  1. Pouvez-vous nous retracer les grandes étapes de votre carrière au regard des évolutions qui ont traversé, voire bouleversé, votre discipline ? Disons que je fais partie des gynéco-obstétriciens qui ont toujours défendu la dualité entre gynécologie et obstétrique. Beaucoup de médecins font de la chirurgie gynécologique, puis abandonnent petit à petit l’obstétrique. Personnellement, j’essaie dans la mesure du possible de rester dans l’obstétrique, mais il est vrai que par goût, je me suis orienté de plus en plus vers la gynécologie chirurgicale et médicale. Je suis à la fois chirurgien et médecin, ce qui fait la beauté de ce métier. L'exercice de la gynécologie-obstétrique est en constante évolution, avec de nouvelles techniques chirurgicales et de nouvelles approches thérapeutiques. Il est donc essentiel de se tenir informé des dernières avancées et de se former tout au long de sa carrière.

Les avancées chirurgicales

  • La 1ère consiste à fixer les organes prolabés au ligament sacro-iliaque c’est-à-dire le promontoire situé entre la 4ème vertèbre lombaire et le sacrum. Cette intervention a été une révolution dans le traitement chirurgical des prolapsus. Elle a été au début réalisée par laparotomie mais actuellement elle est pratiquée presque exclusivement par coelioscopie.
  • La deuxième technique consiste à pratiquer une intervention par voie vaginale et de multiples techniques ont été proposées selon l’organe prolabé vessie, utérus, rectum. La multiplicité de ces techniques expliquent leur effi cacité très discutable. C’est la raison pour laquelle, l’apparition des prothèses permettant le support des tissus prolabés a été considérée comme une amélioration certaine. Malheureusement les prothèses placées par voie vaginale sont mal tolérées car elles sont placées obligatoirement après ouverture du vagin. Ce qui ouvre la voie à de possibles infections.

La cœlioscopie opératoire a été particulièrement développée en France par le docteur Hubert Manhes qui a fait ses études à Clermont-Ferrand dans le service du Pr Maurice Bruhat. Ce dernier a compris que son élève était un petit génie et lui a demandé de venir travailler dans son service pour former tous les internes et les seniors. L’hystéroscopie est l’endoscopie de l’utérus. Elle a été ressuscitée par un gynécologue marseillais, le Dr Robert Porto. Et le Pr Serment a compris qu’il était intéressant de demander à son ancien élève de revenir dans son service pour développer cette exploration.

Grossesses à risque

Elle permet de surveiller toutes les grossesses à risque élevé. En cas de risque d’accouchement très prématuré, elle oriente bien sûr la patiente vers des maternités de niveau 3. Les maternités de niveau 3 bénéfi cient de spécialistes seniors (chefs de cliniques - assistants, mais aussi Professeurs) qui sont de garde 24h/24h et qui dorment à la maternité. Par conséquent, s’il se produit un drame absolu à 4h du matin qui nécessite une césarienne dans les minutes qui suivent, ils interviennent très rapidement. Le niveau 2 est une maternité de tous les centres de moyenne importance : Elle permet de surveiller toutes les grossesses à risque élevé. En cas de risque d’accouchement très prématuré, elle oriente bien sûr la patiente vers des maternités de niveau 3. Dans les maternités de niveau 2, ces médecins ne sont pas obligés de rester dans la maternité, mais restent tout de même de garde.

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