Le métier de gynécologue-obstétricien est à la croisée de deux spécialités distinctes, mais complémentaires : la gynécologie et l’obstétrique. Il s'agit d'un professionnel passionné qui accompagne les femmes à toutes les étapes de leur vie, des premières règles à la ménopause, et plus particulièrement pendant la grossesse et l'accouchement. Ce rôle implique des responsabilités importantes tant envers la mère qu'envers le nourrisson, nécessitant une expertise médicale pointue, des compétences techniques avancées et une grande capacité d'écoute et d'empathie.

Distinction entre Gynécologie et Obstétrique

Il est essentiel de comprendre la différence entre gynécologue et obstétricien. Si ces deux spécialités partagent un champ commun, leurs approches, leurs missions et leurs formations diffèrent sensiblement. Le gynécologue médical se consacre principalement à la prévention, au diagnostic et au traitement des pathologies de l’appareil génital féminin, en dehors du contexte de la grossesse. L’obstétrique, quant à elle, se concentre sur la femme enceinte, le fœtus et l’accouchement. Le gynécologue-obstétricien combine ces deux aspects, offrant une prise en charge complète de la santé de la femme.

Formation et Parcours Professionnel

Le parcours pour devenir gynécologue-obstétricien est long et exigeant, nécessitant au moins 12 années d'études médicales.

  1. Première année : L’entrée dans ce difficile parcours a lieu juste après le bac. L’étudiant peut alors faire son choix entre une LAS (licence avec option « accès santé ») et un PASS (parcours spécifique « accès santé »). S’il réussit la sélection réalisée à la fin de la première année d’études, il entame le premier cycle des études de médecine, qui permet d’acquérir les bases nécessaires au métier de médecin. Pour devenir gynécologue, il faudra avoir obtenu sa L1 santé en s’inscrivant en PACES - Première année commune des études de santé - qui est sous format concours. Le concours de PACES est très sélectif et permet à seulement 15% environ des étudiants d’accéder à leur deuxième année. Une moitié des 15% sont redoublants.
  2. Deuxième cycle : Le deuxième cycle des études médicales en France, appelé Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (DFASM), s’étend sur trois ans, de la quatrième à la sixième année. Ce cycle, plus pratique, correspond aux années d’externat.
  3. Épreuves Classantes Nationales (ECN) : À l’issue de ce cycle, les étudiants passent les Épreuves Classantes Nationales (ECN), qui déterminent leur rang de classement. Ce classement est crucial, car il conditionne le choix de la spécialité (Diplôme d’Études Spécialisées - DES) et de la ville d’internat.
  4. Troisième cycle : D’une durée de six ans, l’internat permet de se spécialiser dans le domaine de la gynécologie-obstétrique, à condition d’obtenir une position suffisante dans le classement des étudiants publié à l’issue de l’externat. La formation est structurée en trois phases : socle, approfondissement et consolidation. Après quelques stages et une validation de ces années théoriques, l’étudiant choisit sa spécialité en gynécologie médicale ou gynécologie obstétrique ainsi que la région souhaitée pour effectuer son internat en 6e année. Le choix de la spécialité et de la région sera accepté ou refusé en fonction de ton classement au ECN - examen classant national. La formation pour se spécialiser en médicale ou obstétrique dure 4 ou 5 ans qui donnera lieu à un diplôme d’études spécialisé. Après le DES et une soutenance de thèse, l’étudiant obtient le diplôme d’État de docteur en médecine et est officiellement gynécologue.

À l'issue de ces études, le jeune médecin obtient le DE (diplôme d’état) de docteur en médecine, commun à tous les médecins français, et le DES (diplôme d’études spécialisées) de gynécologie-obstétrique, qui valide ses compétences dans la spécialité.

Rôles et Responsabilités du Gynécologue-Obstétricien

Les missions d’un gynécologue obstétricien sont très variées. Le (la) gynécologue-obstétricien(ne) est un spécialiste de la physiologie de la femme, de son appareil génital, de la grossesse, de l'accouchement et de ses suites. Il exerce une spécialité médico-chirurgicale.

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Suivi Gynécologique

La gynécologie s’intéresse à la femme, quel que soit son âge, et aux maladies portant sur l’appareil génital féminin. Le rôle principal du gynécologue médical est avant tout préventif. Être gynécologue médical, c'est avoir un diplôme de spécialiste appliqué au traitement des femmes et de leur appareil génital (suivi de la femme, octroi de la contraception, traitement des pathologies). Le gynécologue suit toutes les étapes de la vie de la femme : sexualité, contraception, ligature des trompes, maladies sexuellement transmissibles… En tant que spécialiste de la lutte contre la stérilité, il peut aussi recourir à des méthodes de procréation assistée. Enfin, jouant un rôle préventif de premier plan, le gynécologue surveille le col de l'utérus et les ovaires de ses patientes, pour y détecter la moindre anomalie. Il dépiste les MST (maladies sexuellement transmissibles) ainsi que les cancers féminins, comme ceux du sein et du col de l’utérus. Il prescrit tous les moyens de contraception, pose les stérilets et effectue les ligatures des trompes, mais aussi les IVG (interruptions volontaires de grossesses).

Suivi de la Grossesse

L’obstétrique va s’intéresser essentiellement à la femme enceinte et au foetus. Le gynécologue obstétricien ou l’obstétricien aura donc en charge deux patients et maîtrisera des compétences médicales et chirurgicales. L’obstétricien a donc la charge de deux « patients», et doit maîtriser un certain nombre de techniques complexes : médecine et chirurgie de la femme, mais aussi souvent échographie pour le diagnostic prénatal de certaines affections du fœtus. Le gynécologue accompagne et contrôle la grossesse de la femme enceinte, lors de visites régulières. Il est attentif au développement de l'enfant. Il s'assure notamment que le col de l'utérus reste bien fermé, et pratique des examens du fœtus pour dépister les risques de malformation. Dans cette optique, il fait passer plusieurs échographies à la future mère et, au bout de quelques mois, il peut identifier le sexe du bébé… Le gynécologue-obstétricien veille également à l'état clinique de sa patiente. Ainsi, il prend sa tension artérielle, suit la courbe de son poids, lui prescrit un régime alimentaire s'il y a lieu… Il procédera à un diagnostic prénatal à chaque visite ainsi qu’une échographie pour vérifier la santé du bébé et de la future maman. Il est souvent secondé d’une sage-femme ou une infirmière qui suivront plus les grossesses normales sans pathologie. L’obstétricien va surveiller la grossesse et indiquera si la grossesse devra être faite par césarienne ou par voies naturelles.

Accouchement et Suites de Couches

Assurant le suivi des grossesses normales et pathologiques, ce médecin spécialiste réalise les césariennes et les accouchements difficiles, et intervient en suites de couches. S'il pratique son art dans un service hospitalier ou dans une clinique, il supervisera l'accouchement, souvent effectué par une sage-femme. Au moindre problème, il intervient : péridurale (anesthésie locale), incision du périnée, césarienne… Il surveille également les conséquences de l’accouchement sur la santé de la mère.

Le déroulement de l'accouchement

I. La première étape du travail concerne la période du début du vrai travail jusqu’à la fin de la dilatation du col de l’utérus ce qui dure 6 à 18 heures chez la primipare ( femme qui accouche pour la première fois ) et 2 à 10 heures chez la multipare ( femme qui a accouché plus d'une fois ). Concernant les membranes, la poche des eaux se voit avec l'avancement de la dilatation. La rupture des membranes donne issu au liquide amniotique. En raison de la forme de l'aire de la partie supérieure du bassin qui est marquée par un relief ou éminence de la première vertèbre sacrée, l'engagement se fait avec la tête du bébé dans une position oblique, donc de manière diagonale, par rapport à ladite aire. Lors du dégagement sous le contrôle de l'accoucheur, le sous-occiput est fixé sous la symphyse pubien et la tête commence un mouvement de déflexion. Une fois la tête dégagée, l’occiput effectue une rotation naturelle de restitution pour s'aligner avec le dos. En outre, lors de l'expulsion de la tête, les épaules s'engagent dans la partie supérieure du bassin. Après leur descente, une traction vers le bas par l'accoucheur permet de dégager l’épaule antérieure.

II. Il peut s'agir d'une anomalie dynamique au début du travail comme une dystocie de démarrage ou en cours de travail comme un arrêt ou un ralentissement de la dilatation du col. D'autre part, il y a des dystocies mécaniques. Par exemple, il peut s'agir d'une dystocie osseuse lorsque le bassin de la mère présente une anomalie de taille ou de forme ce qui ne permet pas le passage du fœtus à travers les différents niveaux du bassin comme le niveau supérieur en cas de dystocie d'engagement. Suivant les dispositions déjà citées de l'article L. 4151-3 du code de la santé publique, cette obligation légale existe également en cas de pathologie fœtale pendant l’accouchement.

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Collaboration avec d'Autres Professionnels

Le gynécologue-obstétricien travaille en étroite collaboration avec d'autres professionnels de la santé, notamment les sages-femmes, les pédiatres, les anesthésistes et les infirmières.

  • Sage-femme: La sage-femme a reçu une formation universitaire de 5 ans. C’est une professionnelle médicale, c’est-à-dire qu’elle a le droit notamment de prescrire certains médicaments et examens. La sage-femme accompagne la mère, le père et le couple avant, pendant et après la naissance. Si votre grossesse se déroule sans souci, vous pouvez très bien être suivie uniquement par une sage-femme de votre hôpital ou de votre clinique ou une sage-femme libérale. Lors des consultations de surveillance, elle est amenée à réaliser divers actes comme les échographies, les frottis cervico-vaginaux, les prélèvements sanguins. Le jour J, la sage-femme prend en charge l’accouchement dans la mesure où tout se passe bien. En cas de complications, elle fera appel au gynécologue-obstétricien ainsi qu’au pédiatre si besoin. Elle réalise le premier examen clinique de votre nouveau-né. Elle vous surveille, vous et votre bébé, tout le temps où vous restez en salle de naissance, soit environ deux heures. Elle vous aide dans la mise en route de l’allaitement maternel si vous avez choisi d’allaiter. La collaboration entre la sage-femme et le gynécologue-obstétricien est essentielle. En cas de pathologie maternelle, fœtale ou néonatale pendant la grossesse, l’accouchement ou les suites de couches, et en cas d’accouchement dystocique, la sage-femme doit faire appel à un médecin. En effet, à partir de ce moment, la sage-femme aura une obligation légale d'appeler le gynécologue-obstétricien.
  • Pédiatre: C’est le médecin spécialiste des enfants de 0 à 18 ans. Il a suivi une formation d’une durée de 10 ans : 6 ans de médecine générale et 4 ans de spécialisation en pédiatrie. Il intervient parfois dès la vie fœtale si une anomalie a été dépistée durant la surveillance de la grossesse (infection, malformation vue aux échographies) ou s’il existe une maladie génétique familiale pouvant être transmise. En salle de naissance, il est responsable du bébé avec la sage-femme et le gynécologue-obstétricien. A la maternité, il est responsable du bébé avec l’infirmière puéricultrice ou la sage-femme. Il peut aussi être appelé à tout moment si besoin. Durant votre séjour, le pédiatre réalise au moins deux examens de votre bébé, dans les 24 premières heures de vie et avant la sortie. Par ailleurs, le pédiatre est chargé de mettre en place les protocoles de soins en équipe avec les autres professionnels de la maternité.
  • Puéricultrice: C’est une infirmière diplômée d’état (IDE) ou une sage-femme qui a suivi une spécialisation d’un an en puériculture. Le code de la santé publique indique que certains actes en particulier doivent être réalisés en priorité par la puéricultrice comme la surveillance du régime alimentaire du nourrisson, les soins du nouveau-né en réanimation ou encore le dépistage précoce des handicaps. Il faut savoir en effet que les rôles des professionnels de santé peuvent sensiblement varier d’une maternité à l’autre. Parfois, les sages-femmes veillent à la fois sur les bébés et leurs mamans.
  • Aide-soignante: Titulaire d’un diplôme d’état, elle exerce sous la responsabilité de la sage-femme, de la puéricultrice ou de l’infirmière. Elle peut donner le bain à votre bébé, le changer, vous aider à le mettre au sein, à lui donner le biberon.
  • Infirmière Diplômée d’État (IDE): Elle a suivi une formation de 3 ans. En maternité, elle peut s’occuper des soins de la maman en équipe avec la sage-femme.

Qualités Requises

Outre les connaissances médicales et les compétences techniques, le gynécologue-obstétricien doit posséder certaines qualités humaines essentielles. À l’écoute de ses patientes, un bon gynéco doit aussi faire preuve d’empathie, de délicatesse et de pédagogie lorsqu’il s’agit d’expliquer un geste ou de partager un diagnostic. Très autonome, le gynécologue obstétricien sait prendre les bonnes décisions dans l’urgence sans perdre son calme. Mais il sait aussi travailler en équipe, en particulier au bloc opératoire. Avant de devenir gynécologue et de se spécialiser dans les organes génitaux féminins (ovaires, utérus), il faut avoir une vraie passion.

Lieux d'Exercice et Évolution de Carrière

Les gynécologues obstétriciens peuvent trouver un emploi aussi bien dans le secteur public que privé. Des hôpitaux aux cliniques, tous les établissements de santé qui disposent de services de gynécologie sont susceptibles de les embaucher. Sans oublier, bien évidemment, les maternités ! Par ailleurs, de nombreux gynécologues obstétriciens travaillent à leur compte au sein de cabinets individuels ou partagés. Un gynécologue obstétricien assure ses consultations dans un cabinet médical, qu’il soit privé ou situé au sein d’un établissement de soins. On retrouve bien sûr ce professionnel dans les salles d’accouchement, ou encore au bloc opératoire pour des césariennes et autres gestes chirurgicaux. En cabinet, le gynécologue obstétricien travaille en solitaire. Durant les accouchements et au bloc, il est assisté d’internes en gynécologie, et collabore aussi avec des professionnels exerçant d’autres métiers, de l’anesthésiste à la sage-femme en passant par les infirmiers. À l’hôpital, le gynécologue obstétricien est sous l’autorité d’un chef de service et d’un directeur d’établissement.

Un médecin gynécologue obstétricien peut progresser dans sa carrière en prenant davantage de responsabilités. Au sein d’un établissement de santé, il peut par exemple viser un poste de chef de service ou de clinique. Pour les professionnels plus attirés par l’aspect scientifique des métiers de la santé, la recherche en gynécologie représente une perspective intéressante. Entre deux publications dans des revues spécialisées, elle est souvent couplée à des missions d’enseignement face aux futurs médecins. Le travail en CHU (centre hospitalier universitaire) permet de partager son savoir.

Responsabilité Civile Professionnelle

La gynécologie obstétrique est une spécialité particulièrement complexe et fournie de la médecine et de la chirurgie. Cette croisée des chemins entraine une complexité certaine dans la notion de responsabilité civile professionnelle médicale. En effet, le gynécologue doit se prémunir d’une assurance professionnelle détaillant exactement les lieux d’intervention, les types d’actes pratiqués et leurs fréquences. L’ensemble de ces pratiques engendre autant de risque de voir mise en cause sa responsabilité civile professionnelle. Le choix d’un contrat adapté et très pointu est obligatoire pour exercer sereinement.

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Domaines de couverture

L’Amif assure les gynécologues obstétriciens dans toutes leurs pratiques professionnelles. Les conséquences pécuniaires couvertes par la RCP sont les suivantes :

  • Dans les activités de prévention, de diagnostic ou de soins réalisées au sein de l’établissement de santé et/ou du cabinet de ville.
  • A la suite d’actes effectués dans le cadre du devoir d’assistance à personne en péril.
  • En raison de fonctions d’expertise médicale ou d’enseignement.
  • Dans le cadre de l’exploitation du cabinet de ville (disparition ou détérioration d’objets de la clientèle, atteintes accidentelles à l’environnement…).

La Protection Juridique Vie Professionnelle incluse permet une prise en charge (selon le contrat) :

  • De la défense des intérêts de l’assuré devant toute juridiction, notamment pénale ou ordinale et pour tout litige résultant de son activité professionnelle.
  • Des frais d’assistance et de représentation dans le cadre d’une procédure amiable ou judiciaire.

Possibilité de renforts des plafonds de remboursements.

Salaire

Le salaire médian des gynécologues obstétriciens ne reflète pas vraiment les réalités individuelles. En effet, dans cette profession, les écarts de rémunérations peuvent être vertigineux. Au début de sa carrière, un tout jeune médecin obstétricien n’empoche en effet qu’un salaire moyen de 3 200 euros bruts par mois. En revanche, un gynécologue renommé et très expérimenté peut prétendre à un salaire brut mensuel allant jusqu’à 14 000 euros. Et entre ces deux extrêmes, on trouve à peu près tous les chiffres. À l’hôpital, le salaire net dépend d’une grille salariale et d’un taux horaire, et s’élever grâce à des avantages comme la prime de fin d’année. À noter : comme dans tous métiers indépendants, les gynécologues obstétriciens libéraux doivent s’acquitter de charges et d’impôts.

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