Guirec Soudée, un nom qui résonne avec l'aventure, la liberté et un lien profond avec la mer. Ce jeune Breton, originaire de l'île d'Yvinec, a déjà accompli des exploits maritimes impressionnants, allant d'un tour du monde en solitaire à la traversée de l'Atlantique à la rame. Aujourd'hui père de deux enfants, il s'apprête à relever un nouveau défi : le Vendée Globe. Son parcours atypique, marqué par une enfance passée sur une île isolée, une scolarité chaotique et une soif insatiable d'aventure, a façonné le marin et l'homme qu'il est aujourd'hui.
L'Enfance Insulaire : Naissance d'un Marin
Pour comprendre Guirec Soudée, il faut remonter à ses racines, sur l'île d'Yvinec, un lieu isolé accessible uniquement à marée basse, situé sur la côte nord bretonne, entre Paimpol et Perros-Guirec. C'est dans ce cadre unique qu'il a passé son enfance, après le divorce de ses parents, avec son père Stanislas, dans la maison familiale. Stanislas, surnommé "Stanis", prônait une éducation basée sur l'expérimentation, laissant à Guirec une grande autonomie.
Dernier d'une fratrie de huit enfants, Guirec se glisse avec gourmandise dans la peau d’un Robinson. « Je passais mon temps à courir sur les cailloux, à poser l’ancre, pieds nus été comme hiver. Je ne suis pas douillet. » Son père lui offre alors son premier bateau. « Mes sœurs le traitaient de fou. Il avait confiance et me laissait une grande autonomie. À 8 ans, je partais seul en mer », se souvient Guirec. Libre, le gamin passe son temps à caboter : « J’avais toujours la terre en vue. Au-delà de l’horizon, c’était comme voyager dans l’espace. » Le soir, au coin du feu, Stanis l’abreuve d’histoires de marins. Jeune, le patriarche a traversé plusieurs fois l’Atlantique en équipage avec Eugène Riguidel.
Cette vie insulaire a profondément marqué Guirec, lui enseignant la débrouillardise et la capacité à se contenter de peu. "Vivre sur une île, c'est comme naviguer sur un bateau en autarcie. Tu développes la débrouillardise et tu te contentes de peu ! Cette île a façonné le marin que je suis !", confie-t-il. Dès l'âge de 8 ans, il partait seul en mer, explorant les environs avec son premier bateau, une expérience qui a forgé son amour pour l'océan et son esprit d'indépendance.
Une Scolarité Tumultueuse et l'Appel de l'Aventure
L'école, située sur le continent, ne convenait pas à Guirec, qui s'ennuyait et rêvait de la mer. Il a fréquenté treize établissements différents, sans obtenir ni le brevet ni le bac. "Je n'étais pas mauvais, mais je m'ennuyais. Je regardais par la fenêtre. Je me disais : “Qu’est-ce que je fais là ? Je serais mieux en mer !” » À 18 ans, au milieu de l’année scolaire, j’ai dit à mon père : “J’arrête. Je suis trop malheureux.” Il m’a répondu : “Je te comprends !” »
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Un mois plus tard, le jeune homme part en Australie pour apprendre l’anglais et la vie. Il a 200 euros en poche, dort dans les rues de Sydney les premiers temps avant d’enchaîner les petits boulots et les longues rotations sur un crevettier. À chaque obstacle, une solution. À son retour, deux ans plus tard, il achète un vieux voilier de 10 mètres à retaper qu’il baptise « Yvinec ».
À 18 ans, il quitte l'école pour partir à l'aventure en Australie, avec seulement 200 euros en poche. Il y enchaîne les petits boulots pour financer son rêve : acheter un bateau et partir à la découverte du monde. Deux ans plus tard, il revient en France et acquiert un vieux voilier de 10 mètres qu'il retappe et baptise "Yvinec", du nom de son île natale.
Le Tour du Monde avec Monique : Une Odyssée Inoubliable
En 2013, Guirec largue les amarres depuis l'île familiale pour un tour du monde en solitaire. Première halte aux Canaries, où il rencontre celle qui sera sa compagne durant cinq ans. Monique, une petite poule rousse. « Je voulais partir de Bretagne avec un chien, explique-t-il, mais c’était trop compliqué. Avec Momo est née une vraie complicité. Je me suis dit que j’aurais des œufs en plus de la compagnie. »
Ce drôle d’équipage va parcourir 45 000 milles nautiques, soit plus de 83 300 kilomètres. Malin, Guirec poste son carnet de bord vidéo sur les réseaux sociaux, filme ses conversations avec sa coéquipière. Leurs joies. Leurs déconvenues. Des centaines de milliers d’internautes tombent sous le charme. Le périple s’étire de port en escale aux quatre coins du monde. Le temps, chaque fois, de réparer l’esquif, de renflouer le porte-monnaie et de faire le plein de vivres. Aux Antilles, le marin s’improvise serveur, livreur, professeur de surf.
Ce voyage extraordinaire durera cinq ans, et sera marqué par la rencontre improbable avec Monique, une poule rousse qui deviendra sa fidèle compagne de voyage. Ensemble, ils parcourront plus de 83 000 kilomètres, traversant les océans et affrontant les éléments. Guirec partage son aventure sur les réseaux sociaux, captivant des milliers d'internautes avec ses récits et ses vidéos.
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L'hiver 2015, Guirec se trouve dans la baie de Disko, au Groenland. Les glaces compressent alors son bateau. Les voilà, Monique et lui, prisonniers de la banquise durant plusieurs mois, sans soleil et bientôt sans nourriture. Sur « Yvinec », il a appris à ramasser autour de lui de quoi nourrir son homme. « En cent trente jours, je n’ai pêché que deux oursins et un poisson. Je n’avais plus de graines pour Monique ni de riz pour moi. » Momo lui sauve la mise en pondant 106 œufs. Un exploit dans des conditions extrêmes. La température ressentie peut atteindre - 50 °C. Quand le thermomètre affiche - 30 °C, il interdit à Monique de mettre le bec dehors. « Sinon, elle sortait sans avoir la chair de poule », ricane-t-il.
Mais la plus grande épreuve est ailleurs. En novembre, son père décède brutalement. « Impossible de rentrer à temps en Bretagne pour son enterrement. » La gamberge pour se sortir du carcan polaire le détourne du chagrin. Et Momo veille : « Sans elle, je serais devenu fou », admet-il. Le tandem tient le choc et reprend la route à la fonte des glaces.
L'une des étapes les plus marquantes de ce périple est l'hivernage au Groenland, où Guirec et Monique se retrouvent prisonniers de la banquise pendant plusieurs mois. Ils survivent grâce aux 106 œufs pondus par Monique et à la débrouillardise de Guirec. C'est également pendant cette période qu'il apprend le décès de son père, une épreuve douloureuse qu'il surmonte grâce au soutien de Monique.
Après un an de pause au Groenland, les deux aventuriers se dirigent vers le passage du Nord-Ouest, un couloir maritime de plus de 1 500 kilomètres de long au milieu des îles arctiques du Grand Nord canadien. La traversée impose à Guirec des nuits sans sommeil à la barre. À l’arrivée, il devient le plus jeune navigateur à avoir rallié en solitaire, par cette passe, l’océan Atlantique au Pacifique.
Guirec devient le plus jeune navigateur à avoir traversé le passage du Nord-Ouest en solitaire.
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Quand ils reviennent au bercail, en 2018, Monique investit le poulailler dans le jardin d’Yvinec. Et Guirec, ce boulimique d’aventures, se concocte de nouveaux défis.
De retour en Bretagne en 2018, Guirec et Monique sont accueillis en héros. Monique prend sa retraite dans le poulailler familial, tandis que Guirec se lance dans de nouveaux projets.
La Traversée de l'Atlantique à la Rame : Un Défi en Solitaire
D’abord, une traversée de l’Atlantique à la rame en solitaire, en père tranquille : « Le record n’était pas mon objectif ! » Certes, mais il s’agit de couvrir 5 000 kilomètres, d’est en ouest, à raison de dix heures d’aviron par jour, sur un esquif de 1,50 mètre. À distance, le galérien suit la 9e édition du Vendée Globe. Newt lui envoie les classements et lui commente les rebondissements. L’idée germe alors de s’engager sur le prochain « Everest des mers ». En attendant, il tue les moments de solitude en lisant le récit de Gérard d’Aboville, « L’Atlantique à bout de bras », qui date de 1980. Et c’est le déclic : « Ça n’avait pas de sens de faire un aller simple », explique-t-il. Après soixante-quatorze jours de mer, une fois arrivé à Saint-Barthélemy, alors qu’il avait prévu de rapatrier son bateau en Bretagne, Guirec l’envoie dans le Massachusetts, au point de départ de la traversée de d’Aboville.
Trois mois plus tard, le marin entame sa deuxième transatlantique depuis le cap Cod, d’ouest en est. Il voulait se mettre dans la peau de Gérard, qui avait navigué en autosuffisance, avec son sextant et son couteau. Il va être exaucé. Le 3 juillet, alors qu’il essuie une tempête tropicale, une vague de 7 mètres culbute l’embarcation. L’eau rentre. Blotti à l’intérieur, Guirec se souvient : « J’ai plus d’air, j’ouvre la bouche, rien n’entre. » In extremis, il parvient à s’extraire et à s’asseoir à cheval sur la coque du bateau. Il mettra des heures à le retourner et à le stabiliser. Le jeune homme est sauf, mais sa radio est foutue ainsi que tous ses instruments de navigation. « Comme je ne peux pas donner de nouvelles, tout le monde va penser que je suis mort, se dit-il. Je m’en veux, Newt est enceinte de notre premier enfant, et moi je la fais souffrir. Je suis égoïste. J’imagine même mon enterrement à Plougrescant. »
En 2020 et 2021, il réalise une double traversée de l'Atlantique à la rame en solitaire, un défi physique et mental extrême. Lors de la deuxième traversée, il est pris dans une tempête tropicale et se retrouve sans instruments de navigation. Il parvient à survivre et à rejoindre la côte, renouant avec l'essentiel de la navigation.
Que lui a appris son île ? Le sens marin ! À naviguer sans moyen de communication avec la terre, sans accès aux fichiers météo, à l’ancienne. Alors, il s’y colle. Quelques jours plus tard, il croise un cargo, demande au commandant qu’il téléphone à ses proches pour signaler qu’il est vivant, mais refuse d’être secouru. « C’était impensable de baisser les bras, explique-t-il. Je n’étais plus en danger et je revenais à l’essentiel de la navigation. J’avançais avec mes oiseaux et mes poissons. » Il s’est fait deux amis, Paulette, une daurade, et Pédro, le fou de Bassan qui se posait sur le pont. Le Breton profite de chaque rencontre avec un bateau commercial pour prendre la météo des jours suivants et communiquer sa position à la terre ferme. Entre le 27 juillet et le 12 août, il n’aperçoit aucun navire. Silence radio.
Le Vendée Globe : Un Nouveau Défi en Perspective
Depuis, « j’ai troqué ma 4L contre une Ferrari », s’amuse-t-il. En achetant l’ancien Imoca de Benjamin Dutreux, il compte bien boucler le Vendée Globe. À quelques jours du départ, il piaffe d’excitation. « Je vais prendre mon pied là-bas ! Les 40es rugissants, c’est comme un péage : tu commences à sentir ton bateau surfer sur la grosse houle. Tu arrives enfin dans le vif du sujet. C’est dur, ça ne s’arrête jamais, mais ce sont des sensations géniales. »
Fort de ses expériences passées, Guirec se lance aujourd'hui dans un nouveau défi : le Vendée Globe. Il acquiert l'ancien Imoca de Benjamin Dutreux et se prépare intensivement pour cette course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.
La Vie de Famille : Un Ancrage Terrestre
Et ceux qui restent à terre, dans tout ça ? Fin 2021, Newt a donné naissance à Maé, leur fille. Puis, en 2023, à un petit garçon, Manec. « Je suis un solitaire, avoue-t-il. J’aime partir seul en mer, même si, dès les premières heures, les enfants vont me manquer. Ils sont une incroyable source de motivation. C’est comme si quelqu’un te regardait en permanence et te donnait envie d’assurer. » Quant à Monique, elle a fini paisiblement ses jours, à Yvinec, au printemps 2023. Le matelot lui a rendu hommage sur Instagram. Leçon de choses… marines. Guirec montre à Maé, bientôt 3 ans, comment attraper un crabe sans se faire pincer.
Marin, aventurier, Guirec Soudée est aussi un père de famille et un conjoint, presque comme les autres. Papa de deux enfants, il partage également sa vie avec Newt De Nijs rencontrée à Saint-Barthélemy durant son tour du monde. Comment se passe le quotidien avec un globe-trotteur assoiffé d’aventures, prêt à braver tous les dangers ?
Si l'aventure occupe une place centrale dans sa vie, Guirec est également un père de famille dévoué. Il partage sa vie avec Newt De Nijs, rencontrée à Saint-Barthélemy lors de son tour du monde, et leurs deux enfants, Maé et Manec. Ses enfants sont une source de motivation incroyable pour lui, lui donnant envie d'assurer et de se dépasser.
Guirec Soudée, assailli de questions, a répondu patiemment aux enfants auxquels il a détaillé son périple, sans oublier Monique, sa poule rousse, qui fut pour lui une véritable compagne de voyage.
Un Esprit Libre et Engagé
De son propre aveu, Guirec Soudée a toujours détesté l’école ! Mais il n’est pas rancunier. Il a été accueilli un peu comme un héros et a croulé sous une véritable avalanche de questions, auxquelles il a gentiment répondu.
L’aventure de Guirec Soudée est originale en elle-même, mais le fait qu’il l’ait vécue en compagnie d’une poule rousse, lui confère un caractère bien particulier : Monique est une poule Red Rhode Island, originaire d’Espagne, comme son nom ne l’indique pas. Sensibilisés à l’environnement, les enfants ont aussi remarqué que le bateau était équipé d’une éolienne et de panneaux solaires. Cerise sur le gâteau, « une poule, ça mange quasiment tous les déchets ! » Monique a fait de la planche à voile, du canoë, du surf… et a même admiré les aurores boréales. « Ta poule, elle me fait trop marrer », a relevé un enfant, résumant ainsi l’opinion générale. Mais au fait, dans cette aventure, qui est la vedette ?
Pour Guirec, le terme « aventurier » est loin d’être un vain mot : il aime travailler sur ses projets seul avec son équipe, mais sans être une marque. Entre 2 compétitions, il s’adonne à toutes sortes de sports nautiques : paddle, surf, natation… Son chien, qui nous accompagne lors de cet échange, est aussi de la partie et ne manque pas de se baigner avec son maître ! Et pour les sensations fortes, il avoue aussi se rendre à Lannion pour un petit saut en parachute.
Guirec Soudée est un homme pressé. Pressé de vivre l'aventure d'une vie. "Le plus dur, c'est d'attendre le départ", glisse le skipper Guirec Soudée, qui s'affaire lundi 21 octobre, sur son Imoca Freelance.com, amarré au port des Sables d'Olonne (Vendée).
Guirec Soudée est un aventurier dans l'âme, un esprit libre qui n'a jamais cessé de poursuivre ses rêves. Son parcours atypique, marqué par l'aventure, la famille et un profond respect pour la nature, en fait un personnage attachant et inspirant. Son prochain défi, le Vendée Globe, est une nouvelle étape dans sa quête d'exploration et de dépassement de soi.
Héritage et Inspirations
Retour sur l’histoire de la familleLa famille Soudée est implantée en Bretagne depuis des générations. Ses grands-parents paternels ont acheté cette petite ferme de 3 hectares en 1945. Autrefois, ils y vivaient en autarcie, mais aujourd’hui la maison, construite en pierre et en glycine, est comme neuve. De l’extrême nord de la propriété, on jouit d’un panorama époustouflant sur Plougrescant, les îlots, les torses et la mer à perte de vue ! C’est à couper le souffle ! Quand Guirec arrive ici avec son père, c’est un aventurier à la Tom Sawyer : pieds nus tout l’hiver, il part seul sur son premier bateau à l’âge de 7 ans. Il achète un voilier en acier de 10 mètres, passe sa première nuit en mer à bord et largue les amarres pour un voyage de cinq ans. Il repart ensuite pour une double traversée de l’Atlantique à la rame, en 2020 et 2021, avant de se lancer un nouveau défi : le Vendée Globe 2024. Cette nouvelle aventure l’a conduit à s’installer à Concarneau, non sans une certaine nostalgie. Son prochain défi : l’acquisition d’un ultime de 20m pour faire le tour du monde depuis Brest d’ici fin 2025 ! Le dernier à avoir réalisé cet exploit est Jean Luc Van den Heede en 2004, qui détient toujours le record en un peu plus de 122 jours. De quoi motiver notre navigateur !
Plougrescant tient une place particulière dans son cœur, car c’est là qu’il a grandi. L’un de ses lieux de visite préférés est La Roche Jaune, toujours en activité, sur la commune de Plouguiel, toujours sur la presqu’île sauvage. Inspirez-vous de nos épingles thématiques pour organiser votre prochain voyage, que ce soit pour des escapades en pleine nature, des découvertes culturelles ou des moments de détente en famille.
Depuis ses plus jeunes années, Guirec Soudée est animé par son besoin d'aventure, d'espace, et de liberté. Déjà petit, il passait tout son temps sur l'eau, sur son île natale d'Yvinec (Côtes-d'Armor). "J'ai eu mon premier bateau à 7 ans et je partais des journées entières pêcher. Et à travers les histoires de mon père, qui a navigué avec Eugène Riguidel [navigateur, vainqueur de la Transat en double en 1979], j'ai beaucoup rêvé de partir traverser les océans à la voile. À 18 ans, il peut enfin exprimer pleinement son désir d'aventure. Il quitte sa Bretagne natale pour l'Australie "les mains dans les poches" avec l'objectif de travailler pour s'acheter un bateau et "partir à l'aventure". "Il est parti avec 200 euros en poche et ne parlant pas un mot d'anglais. Arrivé à l'aéroport de Sydney, il m'a appelé car il ne savait pas remplir les papiers de douane. Ensuite, il s'est débrouillé au culot", raconte sa sœur aînée Nolwenn, qui ajoute : "Avec Guirec, il ne faut pas que ce soit trop facile. Deux ans plus tard, il rentre en France et s'achète son bateau. "L'aventure a commencé à partir de ce moment-là et elle ne m'a plus jamais quitté", se souvient-il.
"Mon père était vraiment mon pilier, témoigne Guirec Soudée. Commencer l'hivernage par la plus dure nouvelle que je pouvais apprendre, et savoir que derrière j'allais enchaîner beaucoup de galères, ça n'a pas été évident mais cela renforce. Et ça a été une source de motivation supplémentaire qui m'a aidé dans les moments rudes."
En mer, Guirec Soudée est pleinement dans son élément. D'ailleurs, son rapport à la mer, il l'évoque avec une certaine émotion. "On dit que j'ai de l'eau de mer qui coule dans les veines. Ce n'est pas complètement faux", sourit-il, les yeux pleins de malice. "À chaque fois que je vois la mer, c'est émouvant, poursuit-il, assis en tailleur à l'avant de son Imoca, le regard vers le large. Cet hyperactif, qui a appris la navigation en autodidacte, a toujours ressenti "le besoin d'être en extérieur" et "de se servir de ses mains", alors qu'il n'a jamais pu se fondre dans le moule du système scolaire. "Il a un projet à la minute. Et il peut parfois se disperser, mais jamais sur son support, quand il est en mer", confie Lucie Queruel. La capitaine et directrice technique du projet Vendée Globe, qui lui a donné des cours de voile au moment de leur rencontre il y a quinze ans, souligne aussi "son mental d'acier, sa plus grande force", et "sa superbe capacité d'apprentissage". "C'est un boute-en-train, confie sa sœur aînée Nolwenn. Il a une énergie débordante, et il va toujours au bout de ses idées. Et ce n'est pas le skipper Roland Jourdain, double vainqueur de la Route du Rhum en Imoca en 2006 et 2010, et troisième du Vendée Globe 2001, qui dira le contraire. Guirec Soudée l'a convaincu de s'engager avec lui sur la Transat Jacques Vabre en 2023 (ils ont terminé 20e), à bord de Freelance.com (Imoca avec lequel Roland Jourdain avait remporté la Route du Rhum en 2010). "Quand il ne peut pas entrer par la porte, il rentre par la fenêtre. "Guirec est un personnage rare. Il fait partie des gens 'illuminés et illuminants'. Déterminé, sans être une tête brûlée, il s'est malgré tout assagi à la naissance de ses enfants. "Je fais davantage attention quand je vais à l'avant de mon bateau et que ça 'bastonne', alors qu'avant j'y allais sans réfléchir", reconnaît le skipper. "Clairement, je suis celui avec le moins d'expérience sur des bateaux de course, mais j'ai quand même quelques points forts qui ne sont pas à négliger, sourit-il, serein et confiant. Il n'empêche qu'il a fallu travailler très dur ces trois dernières années pour rattraper toutes mes lacunes que j'avais forcément, en étant projeté directement sur un bateau de course de 18 mètres", constate ce marin, pour qui le Vendée Globe "est bien plus qu'une régate".
Cette première participation est-elle le début d'une spécialisation pour le Breton ? "Ce qui m'intéresse, est de toucher à plusieurs supports, je ne veux pas faire de l'Imoca toute ma vie. Ce n'est qu'une étape", tranche-t-il, même si l'idée nouvelle de la compétition ne lui déplaît pas. Mais une fois n'est pas coutume, les idées fusent dans la tête du marin. "Peut-être qu'une fois ce Vendée Globe fait à l'endroit, j'irai le faire à l'envers, évoque-t-il, malicieux.
L’école communale accueillait un aventurier de marque, vendredi matin. Après cinq ans de voyages à travers les océans, Guirec Soudée, enfant du pays, a quitté son île familiale d’Yvinec, au large de Pors-Scaff, pour venir à la rencontre des enfants de l’école. À travers une projection de diapositives, les écoliers ont pu découvrir les belles images de son périple dans les mers du monde, du pôle Nord au pôle Sud, sur son voilier Yvinec.Les écoliers ont posé de nombreuses questions sur la poule pondeuse Monique (offerte alors qu’il faisait une halte aux Canaries), les icebergs, les manchots, les ours, etc.Avant de repartir vers de nouvelles aventures, dans quelques mois, le jeune navigateur donne de son temps pour sensibiliser le public aux enjeux liés aux océans et à leur protection à travers la création de son association, il y a huit mois, Voyage d’Yvinec.
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