Introduction

Grace Patricia Kelly, une figure emblématique du XXe siècle, a marqué son époque en tant qu'actrice hollywoodienne de renom et, plus tard, en tant que princesse de Monaco. Son histoire, digne d'un conte de fées moderne, fascine encore aujourd'hui. Cet article explore son enfance, sa carrière cinématographique fulgurante et sa vie de princesse, en s'appuyant sur les récits de ses biographes et les événements marquants de sa vie.

Une Enfance Privilégiée à Philadelphie

Grace Patricia Kelly voit le jour le 12 novembre 1929 à Philadelphie, en Pennsylvanie. Née au lendemain du jeudi noir annonçant la Grande Dépression américaine, Grace Kelly est la troisième d'une famille de quatre enfants. Elle grandit dans une famille aisée d'origine irlandaise, où les activités sportives occupent une place prépondérante. Son père, Jack Kelly, est un ancien athlète olympique, médaillé d'or en aviron aux Jeux Olympiques de 1920. Ayant fait fortune dans la construction, il assure à ses enfants une éducation soignée. Sa mère, Margaret Katherine Majer, est également une ancienne sportive de renom.

Le grand-père de Grace a bâti une fortune familiale, incarnant le "rêve américain". Son frère, John junior, suivra les traces de son père en devenant maire de Philadelphie; une avenue porte son nom (Kelly Drive).

Grace est éduquée au couvent des dames de l'Assomption de Philadelphie. La jeune Grace évolue donc dans un milieu aisé, favorable à son éducation.

Les Premiers Pas vers une Carrière Artistique

Malgré l'opposition initiale de sa famille, Grace nourrit dès son plus jeune âge le rêve de devenir comédienne. Elle est initiée au théâtre à New York par son oncle, George Kelly, dramaturge de renom. « Ça a été le déclenchement d’une vocation. Son oncle a suscité en elle l’envie de devenir actrice. Mais le théâtre n’a pas été un tremplin à proprement parler pour sa carrière au cinéma », analyse Alain-Guy Aknin.

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Après avoir obtenu son diplôme en 1947, elle se rend à New York dans l'espoir de réaliser son ambition. Elle pose en tant que modèle pour des publicités pour Coca-Cola et Colgate afin de payer ses cours d'art dramatique à l'American Academy of Dramatic Art, où elle étudie l'art dramatique pendant deux ans. Grace Kelly devint mannequin de mode.

En 1949, elle monte sur les planches pour la première fois en Pennsylvanie dans une reprise de son oncle, George Kelly, la comédie Torch Bearers. Cette même année, elle joue sur Broadway dans la pièce The Father et participe aussi à plusieurs émissions de télévision avant de faire le grand saut à Hollywood.

L'Ascension Fulgurante à Hollywood

C'est en 1951 qu'elle apparait pour la première fois à Hollywood dans Fourteen Hours à 22 ans. L'année suivante, elle obtient le premier rôle dans High Noon (Le train sifflera trois fois, 1952), un western avec Gary Cooper. Sa carrière cinématographique décolle rapidement. Cette même année, elle signe un autre contrat avec la maison de production MGM.

On lui propose alors un rôle dans le film Mogambo réalisé par John Ford mettant également en vedette Clark Gable et Ava Gardner. Pour sa participation au film, elle obtiendra une nomination au Academy Award pour le meilleur rôle de soutien féminin. Elle fréquente plusieurs acteurs d'Hollywood dont Clark Gable et Ray Milland avec qui elle tournera en 1954, Dial M for Murder (Le Meurtre était presque parfait).

C'est à la suite de ce tournage que le grand Alfred Hitchcock la remarque et lui offre immédiatement un rôle dans sa prochaine production Rear Window (Fenêtre sur cour, 1954) où elle incarnera une éditrice branchée et audacieuse. Hitchcock trouve en elle son interprète de prédilection et la dirige dans plusieurs films à succès, dont Le Crime était presque parfait et Fenêtre sur cour.

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En 1955 également, elle remporte l'Oscar de la meilleure actrice pour The Country Girl (Une Fille de la Province, 1954). Durant cette année 1955, elle connaît des difficultés avec la maison de production MGM lorsqu'elle refuse de jouer certains rôles. On la suspend des studios jusqu'à ce que les avocats prennent l'affaire en main. Grace est forcée de retourner en studio où elle tourne un film The Swan (Le Cygne, 1955) qui étrangement raconte l'histoire d'une très belle femme qui épouse un prince héritier. Elle fréquente ensuite Oleg Cassini, le couturier de Jackie Kennedy.

Sa filmographie, bien que courte, compte onze films marquants. « Les trois Hitchcock ont été particulièrement marquants dans sa carrière. A contrario, Une fille de la province, film pour lequel Grace Kelly a été oscarisée, n’est pas resté dans l’histoire du cinéma », note Alain-Guy Aknin.

La Rencontre avec le Prince Rainier et le Mariage du Siècle

Lors du Festival de Cannes, Grace Kelly rencontre le Prince Rainier Grimaldi III de Monaco durant une session de photos pour un magazine. Le Prince succombe au charme de la jeune actrice et cherche désespérément à la revoir. Il la retrouvera le jour de Noël 1955 où il sera invité à un dîner à la maison familiale des Kelly à Philadelphie. Grace tombe amoureuse du prince Rainier. Leur relation provoqua un tas de rumeurs.

En janvier 1956, le couple annonce ses fiançailles. Le mariage a lieu au printemps 1956, le 18 avril au palais royal dans une brève et intime cérémonie civile. Le lendemain le mariage religieux est célébré. Retransmis à la télévision, il sera regardé par près de 3 millions de téléspectateurs. Grace Patricia Kelly devient alors Son Altesse Sérénissime Princesse Grace de Monaco.

Le mariage, célébré en grande pompe, est considéré comme le "mariage du siècle" et marque la fin de sa carrière cinématographique. L’actrice a fait sa connaissance lorsqu’elle est venue présenter La Main au collet au festival de Cannes en 1955. Un journaliste de Paris Match, Pierre Galante, dont l’épouse Olivia de Havilland est une amie de Grace Kelly, les a présentés.

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La Vie de Princesse et l'Engagement Humanitaire

Grace n'écoute pas les rumeurs et accepte de renoncer à sa carrière cinématographique après la comédie musicale High Society (Haute Société, 1956) pour assumer son rôle de princesse et fonder une famille. Les fiançailles ont lieu en janvier et en avril, la future princesse accompagnée de sa famille et de ses plus proches amis embarquent à bord du bateau "La Constitution" et lèvent l'ancre en direction de Monaco. La Principauté a revêtu ses plus beaux atours pour accueillir Grace.

Aux Etats-Unis, on s'interroge sur l'abandon brutal de sa carrière d'actrice. Peut-être en avait-elle assez du cinéma ? Ou bien était-elle consciente de se trouver au firmament ne pouvant désormais que "redescendre" ? Sans doute avait-elle toujours rêvé de pouvoir un jour mener une vie de famille et élever ses enfants loin de Hollywood et de la pression médiatique ? Elle ne se doutait pas qu'elle continuerait encore à être l'objet de toutes les attentions, que sa vie privée et plus tard celle de ses enfants serait épiée rendant sa vie difficile.

La vie de Grace de Monaco ne fut pas facile dans les premiers temps. Elle était soucieuse d'être une parfaite princesse et manquait d'assurance dans l'accomplissement de ses devoirs officiels. Elle a pu se sentir isolée, du moins au début, ressentant parfois le mal du pays. Il lui fallut aussi apprendre à maîtriser le français et à apprécier le mode de vie local. La naissance de leur premier enfant, la Princesse Caroline, en janvier 1957 lui aura sans doute permis de se sentir plus proche de Monaco.

Le couple princier a trois enfants : Caroline, Albert et Stéphanie. Progressivement elle s'est investie dans la vie monégasque. Elle a su faire revivre la tradition du ballet, se dévouer pour des œuvres de bienfaisance comme celle des orphelins. Elle est Présidente d'Honneur de l'Association Mondiale des Amis de l'Enfance (AMADE), dont le but est de soutenir toutes les associations et entreprises qui œuvrent pour le bien-être moral, spirituel et physique de l'enfance dans le monde entier, sans distinction de races, de nationalités ou de religions.

Ayant pratiqué le scoutisme pendant son adolescence, la Princesse s'implique personnellement dans les activités du Mouvement. Avec le "Garden Club", créé en 1968, la Princesse voulut encourager la connaissance des plantes et des fleurs et œuvrer à la sauvegarde des sites naturels. Inspirée et guidée par l'expérience personnelle qu'elle avait de la scène, la Princesse Grace fut l'instigatrice et l'artisan de la rénovation de l'ancienne salle des Beaux-Arts à Monte-Carlo qui a rouvert ses portes le 17 décembre 1981 sous le nom de "Théâtre Princesse-Grace".

« Au-delà de l’amour entre le Prince Rainier et la Princesse Grace, il y a un partnership. Le développement de Monaco, c’est vraiment Rainier et Grace. Tout va être possible. Grace donne une aura internationale à Monaco. »

Un Destin Tragique

Grace Kelly décéda des suites des blessures d'un accident près de Monaco, le 13 septembre 1982. Victime d'un accident vasculaire cérébral elle perdit le contrôle de sa Rover V8 sur une des routes qui servit au film La Main au collet alors qu'elle quittait la résidence de Roc-Agel, propriété de la famille princière sur les hauteurs de Monaco.

Sa disparition prématurée à l'âge de 52 ans plonge le monde entier dans le deuil. Le 13 septembre 1982, la Princesse Grace de Monaco décède après un accident de voiture survenu dans l’un des lacets de la route de la Turbie. Une route sur laquelle avaient été tournés plusieurs scènes de La Main au collet.

Bertrand Tessier apporte de nouveaux éléments dans Grace, la princesse déracinée. Le journaliste a balayé méthodiquement l’horrible rumeur selon laquelle la Princesse Stéphanie se trouvait au volant de la Rover lors de l’accident.

« Il est frappant qu’en 2014, la rumeur perdure. Lorsque j’ai annoncé à mon entourage que j’allais faire un livre sur Grace Kelly, la première question qu’on m’a posé, c’est « Alors, c’est Stéphanie qui conduisait ? ». Il fallait que j’aille vérifier », explique le biographe. « Je pensais que c’était une rumeur de bistrot puis en fouillant dans les archives, je me suis aperçu que Le Monde l’avait véhiculée cinq jours après l’accident avant qu’elle ne soit reprise par d’autres médias », développe-t-il.

L’écrivain a retrouvé Roger W. Bencze, le capitaine de gendarmerie franco-américain qui a mené l’enquête sur l’accident de Grace de Monaco. « En 1982, les gendarmes, c’est la Grande Muette. Ils ne communiquent pas. Roger W. Bencze avait demandé à ce que la voiture soit retirée au plus vite. Il ne voulait pas que les journalistes photographient la voiture. L’enquête qu’il a menée est tout à fait précise et remarquable, détaille le journaliste. Un témoin lui indique aussi qu’il a identifié la Princesse Grace dix minutes avant l’accident au volant de la Rover devant une boulangerie de La Turbie. Bencze va refaire le trajet. Il conclut qu’il n’y a aucune possibilité pour que la Princesse Grace et la Princesse Stéphanie aient échangé leurs places entre le moment où le témoin a vu Grace au volant et l’accident. La Princesse Grace était forcément au volant. »

Sa disparition a « cristallisé l’icône », pour Sandro Cassati, auteur de Grace de Monaco, le rôle d’une vie. Ce jour-là, « on a perdu une grande personnalité », résume Jacqueline Monsigny.

L'Héritage d'une Légende

Quelle image reste-il aujourd’hui de la Princesse Grace dans l’opinion publique ? L’actrice ? La Princesse ? Ou les deux ? Pour Stéphane Loisy, « la femme reste avant tout. » « Il reste l’image d’une femme honnête, discrète, épanouie, tournée vers les autres. Une femme de valeurs, d’intégrité, ancrée dans la modernité par rapport à son époque. Là où réside le talent de cette femme, c’est qu’elle a compris que la vie, ce n’était pas la fiction, les paillettes et les stars », dit-il.

Elizabeth Gouslan penchait plutôt pour l’image de la Princesse. « Le Rocher est éternellement associé à l’image évanescente, distinguée, élégante de la Princesse Grace. Elle a supplanté la Belle Epoque. Elle avait sa chance propre et une classe indescriptible. A travers mon enquête, j’ai constaté avec tristesse qu’on l’a un peu oubliée. Les jeunes générations ont peu de connaissances de la Princesse. J’ai écrit ce livre pour raviver sa mémoire. La Princesse Grace est très actuelle. La mode en demeure toujours très friande. Karl Lagerfeld adore son look. Même chose chez Dior », nous confiait-elle en novembre 2013.

Selon Sandro Cassati, « il reste plutôt le personnage de la mère, quelqu’un d’une grande douceur.

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