Giuseppe Garibaldi, né à Nice le 4 juillet 1807 et décédé à Caprera le 2 juin 1882, est une figure emblématique du Risorgimento italien. Général et homme politique, il a joué un rôle crucial dans l'unification de l'Italie, ce qui lui a valu le surnom de « Héros des Deux Mondes » en raison de ses campagnes militaires en Amérique du Sud et en Europe.

Jeunesse et Premiers Engagements

Issu d'une famille de marins, Garibaldi a développé très tôt une passion pour la mer. Mousse à 13 ans, il se passionne pour les idées révolutionnaires et rejoint le mouvement « Jeune Italie » de Giuseppe Mazzini. Ses parents souhaitaient qu'il devienne avocat, médecin ou prêtre, mais il préférait les activités physiques et la vie en mer. Un jour, il s'empare d'une barque et prend la mer pour la Ligurie avec quelques compagnons, mais il est arrêté et reconduit au domicile de ses parents. Les cours d'italien et d'histoire antique qu'il reçoit de son précepteur, le signor Arena, un ancien combattant des campagnes napoléoniennes, créent chez le jeune Giuseppe une véritable fascination pour la Rome antique.

En 1825, à l'âge de 18 ans, il découvre Rome, mais la Rome des papes, qu'il trouve exsangue et corrompue, le déçoit profondément. En 1833, il rencontre Mazzini à Marseille et adhère à la Giovine Italia.

L'Exil et les Campagnes en Amérique du Sud

Condamné à mort par contumace à la suite d'un complot raté, il s'embarque pour le Brésil, où il participe à un soulèvement républicain. Il passe ensuite en Uruguay pour défendre l'indépendance de ce petit pays avec une troupe d'exilés italiens. Entre 1835 et 1848, Garibaldi s'exile en Amérique du Sud, combattant pour l'indépendance avec la même ardeur que s'il s'agissait de sa patrie. Il s'installe à Rio de Janeiro, où il diffuse les sentiments révolutionnaires auprès de ses compatriotes et reste en contact avec les activistes en Europe.

En 1837, il se bat pour la République Riograndense contre l'empire du Brésil. En 1839, il rencontre Ana Maria de Jesus Ribeiro, Anita, qui devient sa compagne et une combattante à ses côtés. Ils se marient en 1842.

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En 1841, Garibaldi et sa famille quittent le Rio Grande pour Montevideo, où il donne des cours de mathématiques. Il s'engage dans la Grande Guerre, défendant Montevideo contre les forces de Manuel Oribe, soutenu par l'Argentine.

Retour en Europe et Unification Italienne

En 1848, Garibaldi regagne l'Europe en ébullition. Il se précipite avec une nouvelle troupe de volontaires à Rome où Mazzini vient de proclamer la République. C'est à nouveau l'exil en Amérique, mais il n'est que provisoire.

En avril 1860, un soulèvement éclate en Sicile contre le roi des Deux-Siciles, établi à Naples. Garibaldi débarque avec un millier de volontaires près de Palerme. C'est l'« expédition des Mille ». Jouant d'audace, il s'empare de l'île, remonte jusqu'à Naples et livre le royaume au roi du Piémont-Sardaigne qui peut se faire proclamer roi d'Italie.

Dédaigneux des honneurs, Garibaldi lève en 1862 une troupe pour partir à la conquête de la Ville éternelle où réside le pape sous protection française. C'est le pas de trop. Le roi le fait arrêter… et relâcher aussitôt. En 1867, il se lance à nouveau à l'attaque du réduit romain.

Dernières Années et Héritage

En 1871, l'unité italienne est achevée. Garibaldi, alors âgé de 64 ans, va-t-il enfin prendre du repos ? Que nenni ! Il met son épée au service des républicains français et Gambetta lui confie le commandement de 10 000 tirailleurs de l'armée des Vosges.

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Devant l'Assemblée nationale française, Victor Hugo dit de lui : « Cet homme est une puissance ». "C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté. Un homme de l’humanité. Qu’a-t-il avec lui ? L’âme des peuples. Il va, il court. Sa marche est une traînée de flamme. Sa poignée d’hommes méduse les régiments. Il a avec lui la Révolution et, de temps en temps, dans le chaos de la bataille, dans la fumée, dans l’éclair, comme si c’était un héros d’Homère, on voit derrière lui la déesse… "

Garibaldi est un personnage fondamental du Risorgimento italien, pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l'Italie unifiée. Il a essayé, le plus souvent, d'agir sous l'investiture d'un pouvoir légitime, ce qui ne fait pas de lui à proprement parler un révolutionnaire : il est nommé général par le gouvernement provisoire de Milan en 1848, général de la République romaine de 1849 par le ministre de la Guerre, et c'est au nom et avec l'accord de Victor-Emmanuel II qu'il intervient lors de l'expédition des Mille.

Garibaldi est, à l'époque, un mythe qui connaît aussi des détracteurs : le milieu réactionnaire et clérical, anti-républicain et anti-socialiste. Ses derniers combats destinés à intégrer Rome dans le royaume d'Italie sont des échecs. La monarchie confiera à d'autres le soin de conquérir Rome.

Il meurt le 2 juin 1882, laissant derrière lui un héritage immense. Il est enterré à Caprera.

Les Enfants de Garibaldi

Bien que les informations sur les enfants de Garibaldi soient moins détaillées que sur sa propre vie, il est important de mentionner sa descendance. Garibaldi a eu plusieurs enfants de différentes unions, dont :

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  • Menotti Garibaldi: Fils de Giuseppe et Anita Garibaldi, il a suivi les traces de son père en s'engageant dans des causes militaires et politiques.
  • Ricciotti Garibaldi: Autre fils de Giuseppe et Anita, il a également participé à des conflits militaires et a continué à porter l'héritage de son père.
  • Teresa Garibaldi: Fille de Giuseppe et Anita Garibaldi.
  • Francesca Armosino: Servante et maîtresse de Garibaldi, qu'il épousa en 1880, lui donna trois enfants.

Ces enfants, et d'autres, ont perpétué l'héritage de Garibaldi, en s'engageant dans des causes patriotiques et en contribuant à la vie politique et sociale de l'Italie.

Garibaldi : Un Héros Complexe et Contradictoire

Garibaldi a réussi le prodige d'être célébré de son vivant avec une même ardeur par les monarchistes, les libéraux, les républicains et les socialistes. Un concert unanime où seule manque la voix des catholiques et des conservateurs pour lesquels Garibaldi, à la tête de ses « chemises rouges* », reste l'aventurier franc-maçon, pourfendeur du clergé et ennemi du Saint-Père. Giuseppe Garibaldi est à l'origine d'un mythe politique difficile à cerner.

Héros romantique, père fondateur du royaume d'Italie, symbole de la lutte révolutionnaire, aventurier, tour à tour républicain et monarchiste : qui était vraiment Giuseppe Garibaldi ?

Conscient de ses limites et des manœuvres dont il était l'objet, il a choisi de faire taire ses convictions démocratiques et socialisantes (en se prêtant même à des actions répressives, comme en Sicile en 1860) pour « faire l'Italie ».

Son attitude durant la Commune de Paris, ambiguë, reflète une fois de plus les contradictions de l'homme politique : ne cessant de prodiguer son soutien à la Commune, il refuse cependant la proposition qui lui est faite de commander la Garde nationale.

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