Franck Provost est une figure emblématique, une référence incontournable dans l'univers de la coiffure. Son parcours, depuis un apprentissage modeste jusqu'à la tête d'un empire international, est une véritable success story à la française.

Les débuts prometteurs d'un jeune talent

Né Yvon Provost le 12 décembre 1946 au Lude, dans la Sarthe, il est le benjamin d’une fratrie de trois enfants. Élevé en tant que pupille de la Nation, il débute sa carrière en 1972, lorsqu’il commence comme apprenti dans un salon de coiffure de la commune Le Lude (72800). Très vite, il développe un sens aigu des techniques de coupe et de brushing.

L'ouverture du premier salon et l'innovation du concept

En 1975, il ouvre son premier salon à Saint-Germain-en-Laye, introduisant un concept novateur : proposer des services de coiffure professionnels sans rendez-vous et à des tarifs accessibles. Pour rendre son nom plus facile à retenir et à prononcer, il opte pour l’appellation Franck Provost.

La consécration par les concours et la reconnaissance des célébrités

Dès ses débuts, Franck Provost se distingue par son talent et sa créativité. Sous l’égide de la société L’Oréal, il participe à de nombreux concours de coiffure officiels. Il remporte plusieurs titres prestigieux, dont celui de meilleur coiffeur de France en 1976 et de champion du monde en coupe-brushing en 1977. Ces distinctions lui ouvrent les portes du milieu des célébrités, avec des clientes emblématiques comme Romy Schneider et Brigitte Bardot.

Sa renommée s’étend rapidement et il devient le coiffeur attitré des célébrités. Des personnalités telles que Romy Schneider, Brigitte Bardot, Tina Turner, Sharon Stone, Alain Delon, Adriana Karembeu et Jérôme Rothen font appel à ses services. Il coiffe également de nombreuses personnalités lors du Festival de Cannes et participe à des émissions de télévision telles que Sacré Soirée, Star Academy et Le Grand Journal.

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C’est en coiffant l’assistante de l’animateur de "Sacrée soirée" qu’il est devenu le coiffeur de la télé. Le tournant a été une rencontre, par hasard au fauteuil, de la directrice de prod de l’émission phare des années 80, Sacré Soirée. « La télévision m’a beaucoup aidé, d’autant qu’il y avait moins de chaînes à l’époque, plaisante-t-il. Enfin j’étais déjà connu dans le métier grâce au CAT, les concours avec les championnats de France et du Monde en 1976 et 1977, sans oublier les shows comme ambassadeur L’Oréal. Pour me faire mieux connaître j’ai ouvert le salon de Franklin Roosevelt à Paris en 1979, car Saint-Germain-en-Laye pour certaines rédactrices c’était aussi loin qu’un salon du fond de ma Sarthe natale ! C’est clair qu’en arrivant à Sacrée Soirée, l’émission de Jean-Pierre Foucault, vers 1990, j’ai créé une image, en intervenant d’abord sur les changements de look de Carole puis de Laurence avant de m’occuper de Jean-Pierre. De fil en aiguille j’ai commencé à m’occuper des peoples dans les coulisses puis en dehors avec mon agence Studio. C’était assez nouveau, il y avait bien des coiffeurs de sur les plateaux mais…. Souvent assez planplan, pas toujours très organisés et surtout pas disponibles à tout moment. Moi je n’étais pas trop loin, aux Buttes Chaumont, j’y suis allé en me lâchant, en osant l’extravagance, aussi pour me faire plaisir. Enfin j’ai coupé en direct. Certains artistes sont devenus clients et ça a continué.

L'expansion de la marque et la diversification des activités

Cependant, Franck Provost ne se limite pas à l’art de la coiffure. Il élargit ses horizons en se lançant dans la création de produits capillaires, d’accessoires de mode, de bijoux et de cosmétiques. En 2006, il lance sa propre ligne de produits, Franck Provost Expert, suivie de la gamme Franck Provost Paris en 2011. Ces produits professionnels et novateurs préservent la santé et la beauté des cheveux.

Animé par une ambition sans limite, Franck Provost décide de développer son réseau de salons. En 1985, il introduit le concept de franchise et ouvre son premier salon franchisé à Paris. Cette approche lui permet de partager son savoir-faire, sa renommée et son accompagnement avec des coiffeurs indépendants. En 1999, il concrétise son engagement envers la formation en créant sa propre académie de coiffure. Ses coiffeurs y apprennent les techniques les plus pointues et les dernières tendances. Il organise également des shows et des défilés pour présenter ses collections et inspirer ses collaborateurs.

La création de Provalliance et la domination du marché

Fier de ses succès, Franck Provost décide d’acquérir de nombreuses sociétés de coiffure, bâtissant ainsi un empire tant en France qu’à l’international. En 2000, il rachète les enseignes Jean-Louis David et Saint-Algue. Enfin, en 2007, le gros coup : Franck Provost rachète les 400 salons de Jean Louis David, le concurrent qui avait voulu l’absorber. Dans la corbeille, cédée par l’américain Regis, le numéro 1 mondial de la coiffure, figurait aussi une ribambelle d’autres marques."Moi, le coiffeur du Lude, j’ai signé dans un bureau avec vue sur Manhattan !", s’émerveille-t-il encore.

En 2008, il fonde le groupe Provalliance, qui regroupe ses marques : Franck Provost, Jean-Louis David, Saint-Algue, Fabio Salsa, Coiff&Co et Intermède. De 20 à 120 euros la coupe femme, le groupe, présent en centre-ville et dans les centres commerciaux, couvre tous les segments de marché.

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Depuis décembre dernier, Franck Provost a repris 100% de son capital en mettant dehors (grâce à un chèque de 150 millions d’euros) son dernier fonds d’investissement partenaire. Lui et ses enfants sont désormais seuls maîtres à bord. Le premier atout de leur groupe est de couvrir tous les segments de marché.

L'approche innovante et la qualité des services

Le succès de Franck Provost repose sur une approche innovante pour les professionnels de la coiffure et leur clientèle. Il maintient un souci constant de la qualité des services proposés des cosmétiques utilisés. Sa capacité à proposer des services en adéquation avec la demande du marché est remarquable.

L’autre force du groupe est de transformer l’ancestrale coupe carrée ou le traditionnel balayage en produits tendance. L’astuce ? Leur donner des petits noms qui différencient chaque enseigne, un subtil exercice marketing. Ainsi, chez Provost, le salon des stars, le balayage s’appelle un 2 Ors pour évoquer les bijoux portés sur tapis rouge. Tandis que Jean Louis David, plus rock, propose un Overlight avec des mèches de plus en plus claires en allant vers les pointes. Pour chacun, la technique, le dosage des produits et le temps de réalisation sont pensés au siège par Fabien Provost. Et le menu de ces "services", proposé deux fois par an dans des magazines printemps-été et automne-hiver, évolue pour suivre les tendances. L’an dernier, il a fait un carton avec son Hair Contouring pour Franck Provost, un balayage flash censé redessiner le contour du visage, comme la technique de maquillage dont il s’inspire. A 35 euros, ce "produit" à la fois très accessible et très rentable a fait un maximum de buzz sur Internet. "Ça nous a apporté une clientèle plus jeune", se réjouit Michel Argiolas, franchisé à Lille.

Pour que son armée de coiffeurs puisse le réaliser à peu près de la même manière de Lille à Marseille, Provalliance investit près de 3 millions d’euros par an en formation. Ses neuf enseignes se répartissent sur trois académies parisiennes et quatre relais en province. Chacun des 20.000 coiffeurs doit y passer une semaine à l’embauche et deux jours au moins de perfectionnement par an.

Dans ces académies, les coiffeurs apprennent aussi à proposer un shampooing ou un soin à emporter. Mine de rien, ces ventes additionnelles représentent environ 10% du chiffre d’affaires d’un salon chez Provalliance. C’est mieux que la moyenne nationale : 7%. Et si les marges ne dépassent pas 10% sur les Kérastase ou Schwarzkopf des partenaires, les gammes maison, comme Franck Provost Confidence professionnelle, rapportent plus de 30%.

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Une marque préférée des Français

D’après une étude OpinionWay, réalisée du 18 au 19 décembre 2024, auprès d’un échantillon représentatif de 1067 personnes de la population française de 18 ans et plus, cette célèbre griffe a été élue marque préférée des Français dans la catégorie « salons de coiffure ».

Un homme proche de ses équipes et de ses clients

Et puis il y a le "boss", comme beaucoup appellent Franck Provost en interne : un vrai meneur d’hommes. Jamais avare d’une anecdote sur ses brushings de stars, il n’hésite pas à monter sur scène lors des séminaires annuels pour réaliser d’improbables chignons devant ses troupes en délire. "J’aime l’humain et je fonctionne au flair", résume-t-il.

Franck Provost a réussi l’exploit de devenir une marque tout en gardant cette incarnation qui suscite la sympathie. « Parfois ça aide pour trouver une place au restaurant, » plaisante Franck Provost quand on lui parle des conséquences de la célébrité acquise en 50 années de pratique professionnelle ! Une chose est certaine, parler de lui déchaine souvent les passions… positives essentiellement, ou de rejet parfois, face à l’homme d’affaire qu’il est devenu en créant une première enseigne puis un groupe international, Provalliance. Mais la particularité de Franck Provost est sa proximité et le contact humain dont il a su faire une force depuis que le Sarthois a ouvert son premier salon de Saint-Germain-en-Laye en 1975 avec sa femme, Natacha ; cette façon de se poser tranquillement face à tous, depuis la cliente de base, jusqu'à à la célébrité en passant par le banquier d’affaires et de rester à l’écoute.

Une famille impliquée dans l'entreprise

Au-delà de ses réussites professionnelles, Franck Provost est un homme généreux et discret, évoluant aux côtés de sa femme Natacha et de leurs deux enfants, Fabien et Olivia, qui collaborent avec lui. Il est également un grand-père comblé de six petits-enfants. Père et fils sont très télégéniques ce qui arrange bien la communication du groupe, incarnant fortement la marque auprès du public.

La diversification à l'international et les perspectives d'avenir

En parallèle, Provalliance met les pleins feux à l’international, dont la part dans le chiffre d’affaires doit passer de 20 à 50% d’ici cinq ans. Le groupe y détient déjà un millier de salons, essentiellement des Franck Provost et des Jean Louis David. Mais des filiales, en Pologne, en Espagne et au Portugal , ont pour mission d’en ouvrir de nouveaux chaque semaine. Et pour accélérer la conquête de l’Europe, le groupe est aussi à la recherche d’acquisitions.

Son prochain chantier ? Diversifier le business en vendant des gammes professionnelles signées Provost aux quatre coins du monde via des réseaux type Sephora ou drugstore haut de gamme. Le tout sans l’aide de L’Oréal - qui distribue ses produits en supermarchés - pour garder le maximum de marge. "La vente de produits professionnels sera la prochaine bataille entre réseaux de coiffeurs", estime le concurrent Eric Pfalzgraf, à la tête de Coiffirst.

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