La pollinisation, un mécanisme de reproduction essentiel pour les végétaux, en particulier les angiospermes (plantes à fleurs dont la graine est enfermée dans un fruit), est un processus complexe qui implique divers agents. Si les insectes sont souvent mis en avant, d'autres animaux, comme les chauves-souris, jouent un rôle crucial dans ce processus vital. Cet article explore la pollinisation par les chauves-souris, un exemple fascinant de coopération écologique, tout en abordant les enjeux de la pollinisation en général et les menaces qui pèsent sur les pollinisateurs.

La Pollinisation : Un Service Écosystémique Essentiel

La pollinisation désigne le mécanisme de reproduction des végétaux, notamment des angiospermes. Ce processus consiste à mettre en contact le pollen avec le stigmate, permettant ainsi la fécondation de la plante. Essentielle à la vie, la pollinisation est indispensable à la survie et à la multiplication de nombreuses espèces végétales. Elle est également cruciale pour la vie sur Terre, car elle soutient la production de fruits et de graines dont dépendent de nombreux animaux, y compris l'homme.

La pollinisation n'est pas seulement importante pour les plantes elles-mêmes : elle est indispensable à la vie sur Terre. Si l’abeille est devenue l’emblème des dangers qui pèsent sur les pollinisateurs, elle n’est pas la seule espèce à protéger. Mieux : élevée par l’homme, elle est parfois même moins menacée que d’autres.

Dans les années 1980, avec la naissance du terme « biodiversité » a émergé le concept de « services écosystémiques ». Ces services sont les bénéfices que l’Homme tire des écosystèmes naturels, gratuitement, sans avoir à agir pour les obtenir. Un de ces services de régulation, bien connu des jardiniers et arboriculteurs, présente une importance capitale : la pollinisation.

Les Différentes Stratégies de Pollinisation

La nature a élaboré différentes stratégies de pollinisation, impliquant divers éléments. On sait que 90 % des plantes à fleurs ont besoin des animaux - des insectes pour 80 % d’entre elles - pour leur pollinisation. On qualifie ces espèces d’entomogames. L’insecte se pose sur la fleur mâle pour butiner. Lorsque l’insecte repart et se pose dans une fleur femelle, le pollen se dépose sur le stigmate - collant - et féconde ainsi la plante. Au fil du temps, les plantes ont développé de véritables stratégies pour attirer les insectes : fleurs très colorées, parfumées… D’autre part, elles produisent le nectar dont les pollinisateurs se nourrissent.

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Si les insectes assurent l’essentiel de la pollinisation, d’autres espèces jouent également un rôle dans le transport du pollen. C’est le cas notamment des oiseaux - l’exemple le plus connu étant celui du colibri - et des autres animaux. Les plantes étant, par essence, fixées là où elles ont poussé, c’est le vent qui a constitué le premier agent pollinisateur au cours de l’évolution. Cependant, cette méthode est fort hasardeuse, car le pollen peut atterrir à peu près n’importe où. Pour compenser cet inconvénient, la Nature a prévu une parade : les plantes anémophiles produisent du pollen en très grandes quantités. Dernier cas possible : la pollinisation par l’eau, qu’il s’agisse du ruissellement, de la pluie ou des courants.

La Pollinisation par les Chauves-Souris : Un Acteur Souvent Ignoré

Parmi les animaux pollinisateurs, les chauves-souris jouent un rôle essentiel dans de nombreux écosystèmes. On estime qu'un mammifère sur cinq est une chauve-souris, avec environ un millier d'espèces différentes réparties sur tous les continents, à l'exception de l'Antarctique. La petite chauve-souris à long nez (Leptonycteris curasöae), par exemple, féconde les cactus colonnaires du Mexique. Lorsqu’elles visitent ces plantes, les chauves-souris volent en groupes d’une douzaine ou plus. Elles se positionnent au-dessus de la fleur, lèchent le nectar avec leur langue et couvrent leurs museaux de pollen qu’elles transportent ensuite de cactus en cactus.

Ces espèces de plantes sont qualifiées de thérophiles (du grec thêrion, animal sauvage, qui désigne ici les Theria, ou Thériens, une sous-classe de mammifères comprenant les Eutheria, ou mammifères placentaires, et les Metatheria ou marsupiaux), ce qui les différencie des cheiroptérophiles (plantes pollinisées par des chiroptères).

Caractéristiques des Plantes Pollinisées par les Mammifères

Les plantes thérophiles sont dépourvues de poils urticants et leurs fleurs sont généralement robustes et discrètes, de couleurs vert-brun. Elles produisent beaucoup de nectar et leurs organes reproducteurs (styles et étamines) sont déployés en dehors de la corole.

Par exemple, les fleurs pollinisées par les rongeurs sont situées au ras du sol, tandis que celles pollinisées par les marsupiaux ou placentaires arboricoles sont généralement situées dans la canopée. Parmi les plantes du genre Banksia visitées par des MNVs, on trouve des espèces qui ont des caractéristiques florales très différentes : B. est un arbuste bas aux fleurs quelque peu cachées, brun violacé et dégageant une odeur d’ognon, tandis que B. integrifolia est un arbre aux grandes inflorescences jaune vif, exhibées en hauteur au-dessus du feuillage.

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Les Menaces qui Pèsent sur les Pollinisateurs et leurs Conséquences

Malheureusement, le nombre de pollinisateurs régresse de plus en plus, notamment dans les pays industrialisés et ceux qui ont opté pour une agriculture industrielle ou intensive, très portée sur les pesticides. Certaines espèces de pollinisateurs ont carrément disparu. Et pourtant, on compte 45% de ruches en plus au niveau mondial, au cours des 50 dernières années.

Les menaces qui pèsent sur les pollinisateurs sont multiples :

  • La dégradation des milieux naturels : L'artificialisation des sols, l'urbanisation et la déforestation entraînent une perte d'habitats et de sources de nourriture pour les pollinisateurs.
  • Les pesticides : Les molécules présentes dans les pesticides, même à très faible dose, provoquent une perturbation des capacités cognitives (apprentissage, orientation) et du comportement de butinage des abeilles.
  • Le réchauffement climatique : Le réchauffement climatique contribue à la modification des conditions de vie des espèces, perturbant les cycles de floraison et les interactions entre plantes et pollinisateurs.
  • Les prédateurs : Des prédateurs comme le frelon asiatique peuvent décimer les populations de pollinisateurs.

Si ces insectes venaient à disparaître, de grandes famines risqueraient de survenir car la plupart des plantes cultivées ne pourraient plus être fécondées. Aussi, l’Homme devrait se démener pour polliniser artificiellement les fleurs de multiples végétaux, ce qui représenterait un travail colossal et un coût important. De même, les générations futures, et de nombreuses espèces d’animaux fructivores, risqueraient de connaître de grandes difficultés pour s’alimenter.

Agir pour Protéger les Pollinisateurs

Face à ces menaces, il est impératif d'agir pour protéger les pollinisateurs. Voici quelques actions possibles :

  • Fournir des sources de nourriture : Planter des plantes mellifères (plantes dont la floraison est abondante, et qui produisent beaucoup de pollen et de nectar) telles que le pissenlit, la lavande, la bruyère, le lierre, le thym, le romarin, le framboisier…
  • Éviter les produits chimiques : Ne pas utiliser de pesticides ou d'insecticides dans son jardin ou sur son balcon.
  • Créer des abris : Fabriquer un hôtel à insectes avec des matériaux naturels (bois, tiges de bambou et de sureau, paille…).
  • Participer à des projets de sciences participatives : Contribuer au projet Spipoll (le suivi photographique des insectes pollinisateurs) pour obtenir des données sur les insectes pollinisateurs présents en France.

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