La figurine de berceau de baptême, souvent appelée "Niño Dios" dans les pays hispanophones, est bien plus qu'un simple objet religieux. Elle incarne un riche mélange de traditions, de foi et de culture, et occupe une place spéciale dans de nombreux foyers. Cet article explore la signification profonde de ces figurines, leur rôle dans les célébrations religieuses et familiales, et leur évolution à travers le temps.
L'Origine et la Signification de la Crèche
Monter la crèche ensemble est déjà une belle façon de raconter la Nativité. La tradition de la crèche remonte à Saint François d'Assise, qui, en 1223, a créé une représentation vivante de la naissance de Jésus à Greccio, en Italie. Cette initiative visait à rendre l'histoire de la Nativité plus accessible et tangible pour les fidèles. Au fil des siècles, la crèche s'est répandue dans le monde entier, devenant une coutume chère aux familles chrétiennes.
Chez Oboboi, des crèches de Noël en bois clair et des figurines peintes en blanc sont fabriquées, avec un design épuré et moderne. Ces grandes crèches (14 cm) et mini crèches (8 cm) sont pensées pour durer et se transmettre de génération en génération. Expliquer la Nativité aux enfants avec une belle crèche de Noël artisanale rend ce moment simple et doux. Avec une crèche Oboboi en bois, chaque famille dispose d’un objet religieux qui unit tradition et modernité.
La crèche est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture. En contemplant la scène de Noël, nous sommes invités à nous mettre spirituellement en chemin, attirés par l’humilité de Celui qui s’est fait homme pour rencontrer chaque homme. Cet exercice d’imagination créative utilise les matériaux les plus variés pour créer de petits chefs-d'œuvre de beauté. On l’apprend dès notre enfance : quand papa et maman, ensemble avec les grands-parents, transmettent cette habitude joyeuse qui possède en soi une riche spiritualité populaire.
La Figurine de Berceau : Représentation de l'Enfant Jésus
La figurine de berceau représente l'Enfant Jésus, souvent appelé "Niño Dios" dans les pays d'Amérique latine. Cette statuette n'est pas simplement un objet sacré, mais un symbole de la présence divine dans le foyer. Détenir un Niño Dios implique, pour celles et ceux qui s’auto-désignent ses « gardiens » (guardianes), l’instauration d’une relation de proximité très directe, s’exprimant au cœur du foyer comme publiquement, pendant l’année liturgique.
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Dans les crèches des familles qui possèdent un Enfant Jésus (l’équivalent du « petit Jésus ») incarnant le Sauveur, Niño Dios est placé en position couchée, à côté de lui. Niño Dios est alors vêtu d’une robe blanche de baptême pour bien marquer la différence avec l’Enfant Jésus qui reste nu. Dans les autres familles, Niño Dios se substitue à l’Enfant Jésus la nuit du 24 au 25 décembre.
La figurine de berceau est souvent transmise de génération en génération, devenant un héritage familial précieux. Elle est traitée avec respect et affection, et les familles prennent soin de la vêtir, de la décorer et de la prier.
Le Culte de Niño Dios au Mexique
Si le culte de Niño Dios - une statuette à l’effigie de l’Enfant Jésus - existe dans différentes régions d’Amérique latine, le phénomène prend une ampleur considérable au Mexique. Chaque année, peu avant Noël, pendant le mois de janvier et jusqu’à la Chandeleur, le 2 février, de nombreuses rues du centre de la ville de Mexico s’emplissent d’étals et de magasins dédiés à Niño Dios. La « Romería del Niño Dios », à la fois un marché et une festivité qui en est à sa 66e édition, est l’occasion de se procurer un Niño Dios - en résine, en porcelaine, en plâtre, en fibre de verre ou en plastique -, de le faire réparer, de le vêtir ou de le parer d’accessoires divers (trône, lit, jouets…).
On peut s’interroger sur les raisons de l’immense succès de Niño Dios, qui est non seulement présent dans de nombreuses églises et chapelles, mais aussi dans l’espace public (marchés, stations de bus et de taxis…) et dans l’intimité de nombreux foyers issus de milieux variés. Niño Dios n’évoque pas un objet sacré telle une croix ; il ne s’agit pas non plus d’un simple jouet ou d’une banale statuette ornementale.
La Chandeleur : Un Moment Clé pour Niño Dios
Lors de l’Épiphanie (le 6 janvier), la fête qui célèbre la visite et l’adoration de l’Enfant Jésus par les Rois mages, c’est la fève de la rosca de reyes, à son effigie, qui manifeste la présence de Niño Dios. L’invité qui trouve la fève devra, en retour, réunir les mêmes convives à l’occasion de la Chandeleur, et leur offrir un repas. Après l’Épiphanie, la statuette de Niño Dios est séparée des autres personnages de la crèche.
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C’est à l’occasion de la Chandeleur que Niño Dios, qu’il ait été habillé ou non à Noël, est entièrement (re)vêtu. « Il faut “lever” Niño Dios [= Hay que levantar al Niño Dios] » à l’occasion de la Chandeleur, comme on lève un enfant de son lit dans le langage familier. Le 2 février, les messes sont nombreuses et se succèdent. Pendant l’office, les Niño Dios sont sortis de leur couffin, tenus dans les bras ou assis sur des bancs. À son terme, les prêtres procèdent à des bénédictions collectives en aspergeant généreusement Niño Dios et ses gardiens d’eau bénite. Rassemblés près de l’autel, les paroissiens hissent alors leur Niño Dios à bout de bras - parfois plusieurs à la fois. S’ensuit un regroupement improvisé sur le parvis de l’église où, dans une atmosphère d’effervescence recueillie, le prêtre procède à une nouvelle bénédiction. Puis, la journée se poursuit par l’exposition de centaines de Niño Dios sur l’herbe, comme à Xochimilco et Coyoacán, deux quartiers de Mexico. Ils sont enveloppés dans des couvertures, lovés au creux des bras de leurs gardiens, assis sur leur trône ou installés dans des poussettes.
Les Différentes Figures de Niño Dios
De multiples figures de Niño Dios coexistent au Mexique, les plus populaires et reconnus comme « miraculeux » par les autorités ecclésiastiques étant Niño Pelegrino, Niño Cautivo (à la cathédrale de Mexico), Niño de los Milagros… Certains d’entre eux ont leur propre église ou sanctuaire, tel Niño de Atocha près de la ville de Zacatecas dans le centre-nord du pays. En outre, une chapelle peut leur être dédiée à l’intérieur des églises, indépendamment du saint auquel celles-ci sont consacrées. Les témoignages recueillis montrent qu’on vient les prier aussi bien aux dates importantes du calendrier liturgique et du calendrier des saints que lors d’aléas du cycle de la vie. À cette liste non exhaustive de Niño Dios, il convient d’ajouter celui qu’on appelle « l’enfant » (el niño), ou « la petite poupée » (el muñequito).
La figure la plus médiatique est sans doute celle de Niño Pa, qui condense nombre de caractéristiques partagées par tous les Niño Dios - sans en être pour autant la figure archétypale. Icône en bois du quartier de Xochimilco, situé à la périphérie sud de la capitale, introduite dès l’époque coloniale, Niño Pa bénéficie d’une double protection : celle de ses gardiens temporaires (mayordomos) et celle de l’Inah (Instituto nacional de antropología e historia) qui, du fait de ses cinq cents ans, le traite régulièrement contre l’usure du temps. Chez ses mayordomos, Niño Pa dispose de sa chambre, de son armoire à linge et de ses jouets ; il a parfois sa propre maison. Il est, en outre, propriétaire de plusieurs terrains et véhicules, lesquels lui ont été offerts par de généreux donateurs - dont certains sont ses mayordomos antérieurs. Les habitants du quartier, et plus largement de la ville, lui rendent visite, le veillent et le prient tous les jours, car il ne doit jamais rester seul. Le 2 février, pour la Chandeleur, Niño Pa change de mayordomos au cours d’une procession qui réunit des milliers de fidèles et de curieux.
Depuis une cinquantaine d’années, la figure de Niño Dios connaît des appropriations et des transformations variables selon les différents groupes sociaux et domaines de la société mexicaine : corporations ou métiers (Niño Doctor, Niño Estudiante, Niño Mecánico, Niño Bombero, Niño Chef…), mouvements politiques (comme le Santo Niño de la Appo, la Asemblea popular de los pueblos de Oaxaca), communautés indiennes et rurales mayas de la péninsule du Yucatán, communautés purépecha du Michoacán ou clubs de supporters de football. Ces figures inédites sont visibles dans les salles d’attente, les officines, les études (d’avocat, de notaire…) ou sur les marchés. Elles apparaissent aussi dans les églises, les chapelles et chez les familles.
L'Enfantification : Doter l'Objet Sacré des Attributs d'un Enfant
La notion d’« enfantification » désigne le fait de doter un objet sacré (l’Enfant Jésus) des attributs d’un enfant humain générique - un type spécifique de personnification - et sa transmutation en enfant humain singulier, donc unique, chacun disposant d’agentivité. Loin d’épuiser la complexité de cette figure, la réponse à la question relative à l’ontologie de Niño Dios est assortie d’une autre interrogation essentielle : quelle est son ontogenèse en tant qu’être relationnel individué, dans toute sa corporéité et son humanité singulière d’enfant ? De manière transversale, on peut également se demander : quel rôle la notion d’enfance et les enfants eux-mêmes jouent-ils par rapport à Niño Dios ?
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Les Signes de la Crèche : Un Évangile Vivant
La crèche est un merveilleux signe, si chère au peuple chrétien, qui suscite toujours stupeur et émerveillement. En premier lieu, représentons-nous le contexte du ciel étoilé dans l’obscurité et dans le silence de la nuit. Ce n’est pas seulement par fidélité au récit évangélique que nous faisons ainsi, mais aussi pour la signification qu’il possède. Pensons seulement aux nombreuses fois où la nuit obscurcit notre vie. Eh bien, même dans ces moments-là, Dieu ne nous laisse pas seuls, mais il se rend présent pour répondre aux questions décisives concernant le sens de notre existence : Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Pourquoi suis-je né à cette époque ? Pourquoi est-ce que j’aime ? Pourquoi est-ce que je souffre ? Pourquoi vais-je mourir ? Pour répondre à ces questions, Dieu s’est fait homme. Sa proximité apporte la lumière là où il y a les ténèbres et illumine ceux qui traversent l’obscurité profonde de la souffrance.
Les paysages qui font partie de la crèche méritent, eux aussi, quelques mots, car ils représentent souvent les ruines d’anciennes maisons et de palais qui, dans certains cas, remplacent la grotte de Bethléem et deviennent la demeure de la Sainte Famille. Ces ruines semblent s’inspirer de la Légende dorée du dominicain Jacopo da Varazze (XIIIème siècle), où nous pouvons lire une croyance païenne selon laquelle le temple de la Paix à Rome se serait effondré quand une Vierge aurait donné naissance. Ces ruines sont avant tout le signe visible de l’humanité déchue, de tout ce qui va en ruine, de ce qui est corrompu et triste.
Quelle émotion devrions-nous ressentir lorsque nous ajoutons dans la crèche des montagnes, des ruisseaux, des moutons et des bergers ! Nous nous souvenons ainsi, comme les prophètes l’avaient annoncé, que toute la création participe à la fête de la venue du Messie. « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître » (Lc 2, 15) : voilà ce que disent les bergers après l’annonce faite par les anges. Contrairement à tant de personnes occupées à faire mille choses, les bergers deviennent les premiers témoins de l’essentiel, c’est-à-dire du salut qui est donné. Ce sont les plus humbles et les plus pauvres qui savent accueillir l’événement de l’Incarnation. À Dieu qui vient à notre rencontre dans l’Enfant Jésus, les bergers répondent en se mettant en route vers Lui, pour une rencontre d’amour et d’étonnement reconnaissant.
Dans nos crèches, nous avons l’habitude de mettre de nombreuses santons symboliques. Tout d’abord, ceux des mendiants et des personnes qui ne connaissent pas d’autre abondance que celle du cœur. Eux aussi sont proches de l’Enfant Jésus à part entière, sans que personne ne puisse les expulser ou les éloigner du berceau improvisé, car ces pauvres qui l’entourent ne détonnent pas au décor. Les pauvres et les simples dans la crèche rappellent que Dieu se fait homme pour ceux qui ressentent le plus le besoin de son amour et demandent sa proximité. Jésus, « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), est né pauvre, il a mené une vie simple pour nous apprendre à saisir l’essentiel et à en vivre. De la crèche, émerge clairement le message que nous ne pouvons pas nous laisser tromper par la richesse et par tant de propositions éphémères de bonheur. Le palais d’Hérode est en quelque sorte fermé et sourd à l’annonce de la joie. En naissant dans la crèche, Dieu lui-même commence la seule véritable révolution qui donne espoir et dignité aux non désirés, aux marginalisés : la révolution de l’amour, la révolution de la tendresse. Souvent les enfants - mais aussi les adultes ! - adorent ajouter à la crèche d’autres figurines qui semblent n’avoir aucun rapport avec les récits évangéliques. Cette imagination entend exprimer que, dans ce monde nouveau inauguré par Jésus, il y a de la place pour tout ce qui est humain et pour toute créature.
Peu à peu, la crèche nous conduit à la grotte, où nous trouvons les santons de Marie et de Joseph. Ce santon nous fait penser au grand mystère qui a impliqué cette jeune fille quand Dieu a frappé à la porte de son cœur immaculé. À l’annonce de l’ange qui lui demandait de devenir la mère de Dieu, Marie répondit avec une obéissance pleine et entière. Ses paroles : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38), sont pour nous tous le témoignage de la façon de s’abandonner dans la foi à la volonté de Dieu. Avec ce "oui" Marie est devenue la mère du Fils de Dieu, sans perdre mais consacrant, grâce à lui, sa virginité. Nous voyons en elle la Mère de Dieu qui ne garde pas son Fils seulement pour elle-même, mais demande à chacun d’obéir à sa parole et de la mettre en pratique. À côté de Marie, dans une attitude de protection de l’Enfant et de sa mère, se trouve saint Joseph. Il est généralement représenté avec un bâton à la main, et parfois même tenant une lampe. Saint Joseph joue un rôle très important dans la vie de Jésus et de Marie. Il est le gardien qui ne se lasse jamais de protéger sa famille. Quand Dieu l’avertira de la menace d’Hérode, il n’hésitera pas à voyager pour émigrer en Égypte. Et ce n’est qu’une fois le danger passé, qu’il ramènera la famille à Nazareth, où il sera le premier éducateur de Jésus enfant et adolescent.
Le cœur de la crèche commence à battre quand, à Noël, nous y déposons le santon de l’Enfant Jésus. Dieu se présente ainsi, dans un enfant, pour être accueilli dans nos bras. Dans la faiblesse et la fragilité, se cache son pouvoir qui crée et transforme tout. La naissance d’un enfant suscite joie et émerveillement, car elle nous place devant le grand mystère de la vie. « La vie s’est manifestée » (1Jn 1, 2) : c’est ainsi que l’Apôtre Jean résume le mystère de l’Incarnation. La manière d’agir de Dieu est presque une question de transmission, car il semble impossible qu’il renonce à sa gloire pour devenir un homme comme nous. Quelle surprise de voir Dieu adopter nos propres comportements : il dort, il tète le lait de sa mère, il pleure et joue comme tous les enfants ! Comme toujours, Dieu déconcerte, il est imprévisible et continuellement hors de nos plans.
Lorsque s’approche la fête de l’Épiphanie, nous ajoutons dans la crèche les trois santons des Rois Mages. Observant l’étoile, ces sages et riches seigneurs de l’Orient, s’étaient mis en route vers Bethléem pour connaître Jésus et lui offrir comme présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. En regardant la scène de la crèche, nous sommes appelés à réfléchir sur la responsabilité de tout chrétien à être évangélisateur. Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ. Ce sont des hommes riches, des étrangers sages, assoiffés d’infinis, qui entreprennent un long et dangereux voyage qui les a conduits jusqu’à Bethléem. Une grande joie les envahit devant l’Enfant Roi. Ils ne se laissent pas scandaliser par la pauvreté de l’environnement ; ils n’hésitent pas à se mettre à genoux et à l’adorer. Devant lui, ils comprennent que, tout comme Dieu règle avec une souveraine sagesse le mouvement des astres, ainsi guide-t-il le cours de l’histoire, abaissant les puissants et élevant les humbles.
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