Introduction
La reproduction est un processus fondamental pour la survie de toute espèce, assurant le maintien et la pérennité de celle-ci dans son milieu de vie. Chez le busard cendré, rapace élégant et agile, la reproduction sexuée est un événement complexe, influencé par une multitude de facteurs environnementaux et comportementaux. Cet article explore en détail les aspects de la fécondation et de la reproduction chez le busard cendré, en mettant en lumière les différentes étapes, les défis rencontrés et les adaptations développées par cette espèce fascinante.
Reproduction Sexuée et Milieux de Vie
La reproduction sexuée, qui nécessite l'union d'une cellule reproductrice femelle (ovule) et d'une cellule reproductrice mâle (spermatozoïde), est au cœur du cycle de vie du busard cendré. Cette fécondation peut être interne, où l'union des cellules reproductrices se produit à l'intérieur de l'organisme, ou externe, où les cellules reproductrices sont libérées dans le milieu de vie où elles s'unissent. Chez les plantes à fleurs, la fécondation est interne.
Les conditions environnementales, qu'elles soient terrestres ou aquatiques, jouent un rôle crucial dans la reproduction sexuée des espèces. Ces conditions influent sur la reproduction sexuée des espèces et donc sur leur devenir dans le milieu. Les êtres vivants se reproduisent dans leur milieu de vie. En milieu terrestre ou en milieu aquatique, les conditions sont très différentes.
Parade Nuptiale et Rapprochement des Partenaires
Chez les animaux, des comportements, comme la parade nuptiale, ou des mécanismes, comme la libération des phéromones, favorisent le rapprochement des partenaires (le mâle et la femelle). D'autres mécanismes chez les animaux permettent le rapprochement des cellules reproductrices émises dans le milieu.
Les parades nuptiales du busard cendré ressemblent beaucoup à celles du busard des roseaux, même si le busard cendré fait preuve de plus de virtuosité. Le busard se laisse parfois tomber en « feuille morte » de quelques dizaines de mètres, avant d’effectuer des retournements, des vrilles ou simplement des ondulations (vol dit « en festons »). Ces vols particuliers sont appelés des danses aériennes élevées et sont accompagnés de cris aigus.
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Le Busard Cendré: Identification et Habitat
Plus grand que le faucon crécerelle mais plus petit que la buse variable, il est le plus petit des trois espèces de busards d’Europe occidentale. Le mâle, qui présente un plumage gris avec les pointes des ailes noires et une barre alaire noire sur les rémiges secondaires, fait penser à un goéland. La femelle est brune dessus, chamois rayé dessous et possède un croupion blanc. Le busard cendré est un rapace plutôt mince. Ses ailes sont plus étroites que celles du busard Saint-Martin et plus pointues. Sa queue est plutôt grande (elle dépasse de beaucoup la largeur de l’aile). Le busard cendré est caractérisé par une silhouette fine, légère et élégante.
Le busard cendré est habituellement un oiseau des milieux ouverts (steppes, plaines, collines, petites montagnes…). La localisation au sol de leurs nids les incitent à privilégier les zones possédant une couverture herbacée relativement haute et dense de manière à les dissimuler au regard des prédateurs. Les steppes, les landes basses, moyennes ou hautes ainsi que les tourbières offrent ce type de milieu. Cependant, la raréfaction des espaces naturels a encouragé l’espèce, ainsi que les deux autres busards d’Europe, à s’adapter à d’autres milieux. C’est pourquoi, depuis le milieu du XXème siècle, on peut observer ces rapaces dans les espaces cultivés. De nos jours, dans la majorité des régions françaises, le busard cendré fréquente les prairies pâturées ou fauchées, et surtout les champs de céréales (blé ou orge) ou de colza. Il est également de plus en plus courant de le voir nicher dans ces espaces. Cette adaptation entraîne donc la colonisation de nouvelles régions, tandis que l’intensification de l’agriculture se révèle devenir un danger pour l’espèce.
Les Étapes de la Reproduction chez le Busard Cendré
La reproduction du busard cendré se décline en quatre temps distincts :
- Territorialisation et Parades Nuptiales: Les partenaires, simultanément ou l’un après l’autre, se territorialisent sur un site. Ils exécutent des parades renforçant leurs liens tout en éloignant les concurrents.
- Construction du Nid: Le mâle propose des sites de pose à sa femelle au moyen de site de pré-nidification. Le nid est ensuite construit à même le sol dans une végétation permettant de le dissimuler au regard des prédateurs terrestres ou volants. Cette végétation doit être assez haute (70 à 100 cm) et assez dense, mais sans avoir la rigidité et la hauteur d’une roselière à phragmites. La femelle apporte sur le sol des tiges ou des brindilles sèches de faible section, qu’elle dispose de manière circulaire, aménageant une plateforme de 25 cm de diamètre environ, mais peu épaisse, sauf si le nid est humide ou inondé. Ce nid restera inchangé durant toute la période de nidification jusqu’à l’envol des jeunes.
- Ponte et Incubation: La ponte débute vers la deuxième quinzaine de mai dans nos régions, plus tôt dans les pays du sud (Maroc et Espagne). En France, elle s’échelonne de la fin avril à la mi-mai selon la latitude. Blancs et sans tâches, les œufs (entre 3 et 5) sont pondus tous les deux jours. L’incubation dure en général 28 à 29 jours par œuf, parfois plus. Elle débute habituellement dès la ponte du premier œuf, d’où un décalage dans l’éclosion des poussins et leur taille relative. C’est la femelle qui assure la couvaison.
- Élevage des Jeunes: Entièrement dépendants à la naissance, les poussins restent au nid (grosso modo un mois) tout en explorant la végétation alentour dès qu’ils savent marcher. Le premier envol ne signe pas l’autonomie du jeune. Bien au contraire. Il doit devenir un athlète et ne sait pas chasser. C’est durant cette quatrième et dernière période (grosso modo encore un mois) qu’il acquiert cette autonomie et indépendance en devenant cet athlète et en mettant en œuvre ses capacités de recherche de proies. Durant ce temps, les parents demeurent les protecteurs (notamment la femelle) et… les pourvoyeurs de nourriture ! Les jeunes sont aptes au premier vol vers 30 jours. Selon la configuration du nid, le premier envol est plus ou moins retardé. Ensuite, le nid ou ses abords restent le point d’attachement du jeune encore dépendant des parents de 25 à 30 jours.
Alimentation et Fécondité
La population de busard cendré est directement corrélée à l’évolution de la population de campagnols des champs. La fécondité des espèces dépend ainsi de la quantité de nourriture. En France, il se nourrit essentiellement de petits rongeurs ou insectes, sa petite taille, ainsi que son type de vol et les milieux fréquentés limitant la taille de ses proies. La guêpe trichogramme lutte contre la pyrale du maïs en s'attaquant à ses oeuf et peut être utilisée à défaut de produits chimiques.
Les espèces ovipares pondent des oeufs issus de cellules-oeufs. En milieu aquatique, les espèces ovipares pondent souvent de très nombreux oeufs: la fécondité est importante. En milieu terrestre, les espèces ovipares et les espèces vivipares produisent généralement moins de cellule-oeufs: la fécondité est plus faible. La tortue de mer est un animal ovipare. De manière périodique elle creuse un trou sur la plage afin d'y abandonner ses oeufs.
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Menaces et Conservation
Parmi les espèces mises en danger par les pratiques agricoles, les busards voient périr chaque année un grand nombre de leurs poussins dans les barres de coupe des moissonneuses-batteuses. En effet, l’envol des jeunes est souvent postérieur à la date des moissons ! La prédation naturelle par les carnivores (renard, sanglier, etc.) et certains rapaces (milans notamment), est régulièrement observée. La raréfaction de la ressource alimentaire est à l’origine de nichées moins précoces et moins importantes. Les activités humaines peuvent perturber la reproduction sexuée des êtres vivants.
Les busards, comme toutes les espèces de rapaces, sont protégés en France selon la loi du 10 juillet 1976 (arrêté d’application du 17 avril 1981). De plus, les trois espèces (busard cendré, busard Saint-Martin, busard des roseaux) figurent en annexe I de la Directive « Oiseaux » (n°79/409 du 6 avril 1979). Cette directive européenne s'applique à tous les Etats membres de la Communauté depuis le 6 avril 1981. Elle vise à assurer la protection de toutes les espèces d'oiseaux désignées en annexe I de la dite Directive et elle permet la désignation de Zones de protection spéciales qui sont destinées à renforcer le réseau Natura 2000. Ils figurent également en annexe II de la Convention de Berne qui a pour objet d'assurer la conservation, au niveau européen, de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels, notamment des espèces et des habitats dont la conservation nécessite la coopération de plusieurs Etats. De plus, en tant qu’espèces migratrices, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) leur accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Comme l’ensemble des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, les busards sont protégés par le CITES ou encore Convention de Washington.
Migration et Hivernage
Dès la fin du mois d’août et le début du mois de septembre, les busards cendrés entament leur migration vers l’Afrique. Empruntant une large voie, ils passent par le détroit de Gibraltar mais également par le Cap Bon en Tunisie et traversent le ciel italien et maltais. Ils s’installent ensuite pour hiverner dans une zone qui s’étend latitudinalement entre 6 et 17° environ, au sud du Sahara. Cet espace correspond encore à l’Afrique des moussons et est soumise aux variations de la zone de convergence intertropicale qui entraîne avec elle une grande humidité relative. Sur le plan de la végétation, on se situe alors dans le domaine des forêts tropicales denses et des forêts claires. Cependant, l’action de l’Homme (notamment la pratique des feux de brousse) a transformé ce milieu en une zone de savanes arborées que les busards affectionnent particulièrement en raison de l’ouverture du milieu et de la présence de zones humides favorisées par le climat. Ainsi, on peut observer les busards cendrés aux abords des prairies humides, des rizières (comme les champs de riz du delta du Sénégal) et en bordure des zones inondées. Enfin, la zone d’hivernage du busard cendré s’étend également vers le sud jusqu’à la province du Cap en Afrique du Sud, d’où un important gradient latitudinal.
Les trajets de retour s’effectuent par les mêmes points que ceux de départ, mais avec des effectifs proportionnellement inversés. Ainsi, il semblerait que les busards cendrés effectuent une migration de type circulaire dans la moitié nord du continent africain, descendant à l’automne par Gibraltar et remontant au printemps de manière majoritaire par la Cap Bon (Tunisie) mais plus rarement par le Proche-Orient, comme le montrent les comptages migratoires à Eilat (Israël). A son retour d’Afrique tropicale, le busard cendré est le dernier des trois busards à retrouver son lieu de nidification. On observe son retour au-dessus des détroits méditerranéens à partir du 20 mars et pendant tout le mois d’avril.
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