Au printemps, la nature s'éveille et les arbres ne font pas exception. Parmi eux, les conifères présentent un mode de reproduction particulier et fascinant. Cet article explore en profondeur le processus de fécondation chez ces arbres, depuis la formation des cônes jusqu'à la libération des graines, en passant par la pollinisation et la fécondation elle-même.
Le Réveil Printanier des Arbres
À la fin de l'hiver, les arbres se réveillent de leur dormance hivernale. Les bourgeons, qui ont protégé les embryons de branches et de nouvelles ramures tout au long de l'hiver, commencent à éclore. Ces bourgeons sont des rameaux miniatures, de véritables embryons de vie qui se déploient chaque année au printemps, et parfois une seconde fois à la fin de l'été.
Composition et Rôle des Bourgeons
Un bourgeon est composé d'écailles minces et brunes, parfois enduites d'une substance collante (propolis), qui renferment des ébauches de feuilles vertes, couvertes de duvet. Il existe trois sortes de bourgeons : le bourgeon terminal, situé à l'extrémité du rameau ; les bourgeons latéraux ou axillaires, qui se développent au niveau des nœuds, à l'aisselle des feuilles ; et les bourgeons adventifs, qui apparaissent soit sur les racines, soit sur le tronc ou les branches.
Au printemps, sous l'effet de la poussée de sève brute, les cellules de la zone active du bourgeon se multiplient, le bourgeon grossit et les écailles s'écartent puis tombent. Chez les conifères, si le bourgeon terminal meurt, le bourgeon axillaire se développe mais ne donne pas nécessairement naissance à une pousse verticale et rectiligne.
Les Organes Reproducteurs des Conifères
Chez les conifères, les organes assurant la reproduction sexuée sont groupés dans des cônes, structures rudimentaires où le pollen et les ovules sont nus et simplement pincés entre les écailles du cône. Contrairement aux feuillus, les conifères ne possèdent pas de fleurs complètes.
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Les Cônes Mâles et Femelles
Pour la plupart des arbres, les cônes mâles et femelles poussent sur des branches différentes. Les cônes mâles poussent sur les branches inférieures de l'arbre tandis que les cônes femelles se situent sur les branches supérieures. Cette disposition favorise les fécondations croisées.
Les Cônes Mâles
Ce ne sont pas des inflorescences à proprement parler, car les Gymnospermes n'ont pas de fleur. Ils sont constitués d'écailles qui se recouvrent les unes sur les autres en partant de la base du cône sur un axe central. Chaque base des écailles contient les organes reproducteurs de la plante. Les cônes mâles sont beaucoup plus petits et éphémères que les cônes femelles. Les cônes mâle produisent des spermatozoïdes.
Les Cônes Femelles
Le cône femelle est plus gros, c'est ce dernier que l'on peut voir dans l'arbre durant toute l'année et que l'on ramasse souvent au sol. Ils contiennent les sporanges ou se déroulent la méïose et la production de spores. Les cônes femelle produisent des oosphères. On dit que les conifères sont hétérosporés. Mais chaque arbre présente habituellement les deux types de cônes.
Diversité des Cônes
Les membres de la famille des Pinaceae (pins, sapins, cèdres, mélèzes, etc.) ont des cônes constitués d'écailles imbriquées les unes sur les autres comme la peau des poissons. Le cône femelle a deux types d'écailles, les écailles de bractée, dérivées d'une feuille modifiée, et les écailles à l'origine de la graine (ou pignon), situées près des écailles de bractée. Sur chaque côté supérieur des écailles de graine se trouvent deux ovules qui se développent en graines après fécondation par des grains de pollen. Les écailles s'ouvrent temporairement pour recevoir le pollen, puis se referment pendant la fécondation et la maturation de la graine. Elles se rouvrent alors encore à la maturité pour permettre à la graine de s'échapper.
Les membres de la famille des Araucariaceae (araucaria, Agathis, Wollemia) ont leurs écailles de bractée et de graine complètement fusionnées, et n'ont seulement qu'un ovule sur chaque écaille. Les cônes sont sphériques ou presque, et assez gros avec un diamètre de 5 à 30 centimètres. À maturité, ils se désagrègent pour libérer les graines.
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Les cônes de la famille des Podocarpaceae sont des sortes de baie dont les écailles sont fortement modifiées pour attirer les oiseaux qui dispersent les graines. La plupart des cônes de ce genre sont formés de deux à dix ou plus d'écailles qui ont fusionnés dans une arille charnue habituellement gonflé, brillamment colorée, molle et comestible.
Les cônes des membres de la famille des Cupressaceae (cyprès, thuya, genévriers, séquoias, etc.) sont différents des autres car leurs écailles de la bractée et de la graine sont complètement fusionnées en une seule écaille réduite à un morceau ou à une simple épine visible. Les cônes femelles possèdent un à 20 ovules sur chaque écaille.
Les cônes et les graines de Sciadopitys sont semblables à ceux des Cupressaceae, mais ils sont plus grands.
Les membres de la famille des ifs et du Cephalotaxaceae possèdent les cônes le plus modifiés des conifères. Il y a une seule écaille par cône femelle avec un ovule simple. L'écaille se développe en une arille douce, brillante, colorée, juteuse comme une baie qui renferme en partie la graine.
Le Processus de Fécondation
Chez les conifères, la fécondation est un processus complexe qui s'étend sur plusieurs mois, voire une année entière.
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La Pollinisation
Très abondant, le pollen est disséminé par le vent. Les grains de pollen sont aléatoirement transportés par le vent (pollinisation anémophile). Les écailles s'ouvrent temporairement pour recevoir le pollen, puis se referment pendant la fécondation et la maturation de la graine.
La Fécondation
La fécondation a lieu un an plus tard. Le grain de pollen des gymnospermes émet un fin prolongement appelé tube pollinique, conduisant le noyau reproducteur haploïde jusqu'au contact d'un ovule. La migration du tube pollinique à travers les tissus du style, puis de l'ovaire, est un processus actif. Ce mode de fécondation est donc toujours une siphonogamie caractérisée par l'absence de gamètes mâles mobiles et de phase nageuse dans un milieu aqueux.
La Maturation des Graines
La maturation prend 6 à 8 mois après la pollinisation dans la plupart des genres de Pinaceae, mais 12 mois pour les cèdres et 18 à 24 mois (rarement plus) pour la plupart des pins. Les graines, nues, seront libérées l'année suivante, c'est pourquoi les cônes sont verts aux écailles serrées la première année, bruns aux écailles écartées l'année suivante.
La Germination des Graines
C'est d'une graine que naît un arbre. Celle-ci est le fruit de la fécondation d'un ovule par un grain de pollen. La graine contient généralement un germe entouré de réserves nutritives. Ce sont les cotylédons, souvent doubles, qui ont l'apparence de feuilles et qui, s'ouvrant en premier, permettent de nourrir la plante le temps de sa germination. Alors, l'embryon se développe, une petite racine (radicule) s'enfonce dans le sol et, une fois que la plantule est suffisamment fixée, la tigelle s'élance vers le haut, croissant avec les premières feuilles.
Le Rôle du Fruit
En toute rigueur, le fruit est une spécificité des Angiospermes. En effet, chez les Gymnospermes, nées au début du Permien (290 millions d’années), les graines sont en général libres et, par un véritable abus de langage, leur « fructification », est en réalité à rapprocher d’une induvie. L’apparition du fruit au sein de l’évolution végétale est interprétable comme un perfectionnement dans la conservation des semences.
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