Fary, humoriste français d'origine cap-verdienne, s'est rapidement imposé comme une figure incontournable du stand-up en France. Son ascension fulgurante, marquée par un style unique et des prises de position parfois audacieuses, n'a pas manqué de susciter des critiques et des controverses. Cet article se penche sur les différentes facettes de ces réactions, en explorant les moments clés qui ont marqué son parcours.
Un Talent Précoce et une Ascension Remarquable
Fary a fait ses débuts sur la scène du Point-Virgule, un café-théâtre parisien. En 2015, il y présentait son premier one-man-show, "Fary is the New Black". Son talent est vite remarqué et en 2017, il devient le premier humoriste français produit par Netflix, une étape importante qui lui ouvre les portes d'un public international. Son spectacle est disponible sur la plateforme américaine depuis avril dernier. Son irrésistible ascension, Fary la poursuit aujourd'hui au Comedia, un théâtre parisien de mille places, avec un nouveau spectacle, Hexagone. Le 1er mars 2019, il était à l'AccorHotels Arena.
Fary sort son smartphone et montre la photo de sa silhouette grandeur nature prise dans les locaux européens de Netflix, à Amsterdam : « Quelle fierté ! », se régale-t-il. En avril, ce jeune homme d’origine cap-verdienne, bien décidé à s’installer durablement dans le paysage du stand-up, est devenu le deuxième humoriste français à être distribué sur la plate-forme de streaming, après Gad Elmaleh. Alors forcément, ça l’enthousiasme : « C’est une production Netflix, je peux être vu dans plein de pays. Depuis la diffusion de mon premier spectacle, 30 000 personnes de plus me suivent sur Instagram ! ».
"On n'est pas couché" : Tremplin et Piège
Les apparitions de Fary dans l'émission "On n'est pas couché" sur France 2 ont été à la fois un tremplin pour sa carrière et une source de controverses.
Une première remarquée
Lors de sa première participation à l'émission, Fary avait frappé fort. Il s'est distingué par son sens de l'actualité et son humour incisif, dézinguant avec brio les extravagances et les absurdités de la Croisette lors du Festival de Cannes.
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Pour sa rentrée dans l’émission On n’est pas couché, samedi 10 septembre 2016, l’humoriste Fary était en forme. Avec son humour piquant, il a passé au crible l’actualité de ces derniers mois. De Morandini à Eric Zemmour, en passant par les candidats à l’élection présidentielle de 2017 et les anti-burkini, il n’a oublié personne. Applaudi par tout le plateau, il a même réussi l’impossible : faire rire Jean-Luc Mélenchon.
L’homme se paie la tête de l’insupportable Eric Zemmour, du burkini, de Menard, de Touche pas à mon poste et même de son collègue Yann Moix. Jean-Marc Morandini en prend pour son grade, quant au polémiste préféré des plateaux télé, il réagit sur sa dernière sailli. Ce dernier avait déclaré dans C à Vous qu’il fallait “désislamiser la France, et que l’idéologie musulmane n’était pas compatible avec la République”. Fary commente : “J’ai un SDF schizophrène en bas de chez moi, et il tient les mêmes propos que Zemmour. Et ça m’a rassuré !
Bourdes et malentendus
Cependant, l'émission a également été le théâtre de moments embarrassants pour Fary. Un incident notable s'est produit lorsque Laurent Ruquier, l'animateur de l'émission, a confondu un sketch de Fary avec celui de sa première partie, Jason Brokerss.
Ce samedi 1er décembre, Laurent Ruquier était aux commandes d'un nouveau numéro d'On n'est pas couché sur France 2. Et l'animateur a fait une jolie bourde face à un de ses invités. Cela s'est produit en début d'émission, quand il a présenté l'humoriste Fary et son nouveau spectacle, intitulé Hexagone.
Après avoir parlé du film Pupille avec Jeanne Herry et Elodie Bouchez, qui parle du rôle de parents, Laurent Ruquier a voulu à la fois faire une transition et complimenter Fary sur une scène de son one-man-show évoquant ce sujet. "Il y a une scène dans votre spectacle, un moment très drôle, où il faut choisir entre l'amour de sa mère et l'amour de sa fille… Parlez-moi de ça, Fary, c'était très drôle ce moment !", a lancé l'animateur à son invité.
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"Ça, c'est pas moi, c'est ma première partie ! Je vois que vous étiez très concentré…", l'a alors corrigé l'humoriste, amusé. La boulette de Laurent Ruquier a fait mourir de rire le public et les autres invités d'On n'est pas couché. Quant à Fary, bon prince, il a proposé à l'animateur de l'inviter à aller voir le spectacle du véritable auteur de ce sketch, Jason Brokerss, avec beaucoup de dérision.
Cette confusion, bien que mineure, a mis en lumière la pression médiatique et les attentes qui pèsent sur les humoristes, ainsi que les risques de malentendus et d'erreurs d'appréciation.
Critiques sur le contenu
Par ailleurs, Fary a essuyé des critiques concernant le contenu de ses spectacles. Charles Consigny, par exemple, lui a reproché de ne pas éviter certains "écueils" et de verser dans un "prêche idéologique" en abordant des sujets comme Éric Zemmour et Alain Finkielkraut.
Charles Consigny de son côté s'est justifié après les propos de l'humoriste qui lui aurait reproché de ne pas avoir ri à son spectacle. "C'est faux", assure le polémiste avant de s'expliquer: "J'ai ri à plusieurs reprises, je ne suis pas une porte de prison. Je me suis dit, c'est dommage, il n'est pas sans talent mais il n'évite pas les écueils qu'il devrait éviter", a poursuivi Charles Consigny. "Dans votre situation, je trouve que commencer par Éric Zemmour et finir par Alain Finkielkraut, c'est dommage, ce que ça montre c'est que vous êtes beaucoup plus obsédé que les intéressés eux mêmes (…) Ça dessert un spectacle qui aurait été plus frais sans ce prêche idéologique", a critiqué le désormais avocat.
Consigny a notamment critiqué une vanne sur Éric Zemmour, la jugeant gratuite et peu drôle.
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Style et influences : Un mélange des genres
Fary se distingue par un style qui tranche avec le stéréotype du stand-up "percutant". Il privilégie une diction précise, une élégance naturelle et une attitude cool, s'inspirant des comédiens américains et mettant en valeur le texte et les silences.
En France, on pense qu'il faut arriver sur scène et « percuter » tout de suite. Mais non ! Le stand-up, c'est se représenter soi-même, c'est une discussion avec le public. A New York, les comédiens sont naturels, posés, tout l'inverse d'ici. Je suis comme ça dans la vie, plutôt calme et je voulais mettre les silences en valeur, donner à entendre ma langue, le texte. J'essaie d'amener un maximum de moi-même sur scène et dans la vie, je suis comme ça, plutôt calme. Mais faire croire qu'on pense vraiment ce qu'on raconte au moment où on le raconte, c'est une performance, car c'est au silence près et je voulais aussi mettre ça en valeur. Les silences font partie du texte, le rire créé le rythme mais, il ne faut pas abandonner le reste.
Il alterne le léger et le sensible, créant une progression dans ses spectacles et abordant des sujets anecdotiques pour en extraire des réflexions plus profondes.
Je ne veux pas arriver tout de suite avec des sujets délicats. D'ailleurs Kader Aoun (qui l'a mis en scène NDLR) dit : « Tu dois d'abord décontracter le public pour après le crisper. » La tendance, dans le stand-up actuel, c'est d'aller vers des sujets graves d'actualité. Un truc sort et on va tous se jeter dessus. Moi, j'ai plaisir à prendre un sujet anodin pour en créer quelque chose d'important. Comme mon sketch sur l'Iphone, ça partait d'une névrose et je voulais traduire mon ressenti sur scène. J'ai mis huit mois à l'écrire, on se moquait de moi au Paname Art Café, on me disait : « Fary, elle est bien ta conférence sur l'Iphone ! » [Rires.]
Identité et engagement : Un positionnement complexe
En tant qu'humoriste d'origine cap-verdienne, Fary explore souvent les thèmes de l'identité et de la diversité dans ses spectacles. Son nouveau spectacle, "Hexagone", aborde notamment son rapport à l'identité française.
Il est comme ça, Fary, traçant sa route avec certitude. « Tout s’enchaîne comme c’était prévu, reconnaît-il. Je suis un peu comme un jeune footballeur en centre de formation, j’ai toujours su que je ferais ce métier. » Malin et perfectionniste, il s’est entraîné avec assiduité sur les plateaux des « comedy clubs », a su retenir l’attention de Kader Aoun, le grand manitou du circuit devenu son coauteur et metteur en scène, et a intégré l’écurie de Jean-Marc Dumontet, producteur incontournable de la scène parisienne. C’est d’ailleurs dans la salle récemment acquise par ce dernier à Paris, Le Comédia, que Fary présentera à partir du 17 octobre son nouveau spectacle, Hexagone.
Il s'est également exprimé sur des sujets d'actualité sensibles, comme le burkini et les propos d'Éric Zemmour, suscitant des réactions diverses et parfois passionnées.
Avec ces punchlines acérées, le jeune dandy dézingue les fausses polémiques qui ont secoué la France cet été mais aussi cette année. Il est contre le burkini, bien sûr mais surtout il est contre les gens qui sont contre ce qui l’a amené à défendre le burkini, mais aussi « Karim Benzema, les jupes longues alors que j’adore les mini-jupes, j’ai dû défendre Black M alors que j’adore la musique ». Et de supplier « épargnez-moi ». On a envie de dire merci. Parfait. Et épargnez-nous aussi.
Son positionnement, parfois perçu comme ambivalent ou paradoxal, a pu déconcerter certains, mais témoigne d'une volonté de ne pas se laisser enfermer dans des cases et de défendre une vision complexe et nuancée de la société.
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