La fausse couche, une source d'angoisse pour les femmes enceintes, touche près de 15 % des grossesses et engendre de nombreuses répercussions, tant sur le corps que sur l'état psychologique. Cet article vise à fournir une définition médicale claire de la fausse couche, à explorer ses symptômes et causes possibles, ainsi qu'à examiner les options de prise en charge et les traitements recommandés.

Définition de la fausse couche

On appelle « fausse couche » une interruption spontanée de grossesse qui survient au cours des cinq premiers mois, soit avant la 20e semaine de grossesse (22e semaine d’absence de règles). Au-delà de cinq mois, on parle de mort fœtale in utero. La fausse couche, aussi appelée avortement spontané, est l’une des complications les plus fréquentes de la grossesse.

Types de fausses couches

  • Fausse couche précoce : Elle survient au cours du premier trimestre de la grossesse, le plus souvent avant la 10ème semaine.
  • Fausse couche tardive : Elle survient durant le deuxième trimestre de la grossesse, généralement dans le 4ème et 5ème mois.

Fausse couche isolée ou à répétition

  • Fausse couche isolée : Lorsque la femme enceinte n’en a fait qu’une seule, suivie de grossesses normales. Les fausses couches isolées touchent environ 15 % des grossesses.
  • Fausses couches à répétition : Lorsque la femme enceinte a moins de 40 ans et a fait au moins 3 fausses couches spontanées consécutives avant la 14e semaine d’aménorrhée. Elles concernent 1,5 % des femmes et nécessitent une prise en charge avec des examens plus poussés. Les fausses couches répétées quant à elles nécessitent un suivi médical afin d’en déterminer précisément la ou les causes.

Symptômes de la fausse couche

Les symptômes de la fausse couche peuvent varier d'une femme à l'autre et selon le stade de la grossesse. Il est important de consulter un professionnel de santé dès l'apparition de ces symptômes. Les deux les plus fréquents associés à une fausse couche sont : des saignements vaginaux, légers ou abondants ; des douleurs abdominales ou pelviennes, des crampes.

Autres symptômes possibles

  • Contractions
  • Douleurs lombaires
  • Symptômes de choc (fièvre, faiblesse, vertiges, étourdissements, confusion, rythme cardiaque accéléré, nausées et/ou vomissements)

Certaines femmes peuvent présenter des saignements au début de la grossesse, sans qu’il s’agisse pour autant de fausse couche. En revanche, si les saignements sont associés à des douleurs, il existe un risque non négligeable.

Comment différencier les symptômes d'une fausse couche précoce des règles ?

Les symptômes de la fausse couche étant assez similaires aux signes de règles, on peut alors se demander comment les différencier d’une fausse couche précoce. On parle de fausse couche précoce lorsque le test de grossesse a été positif, puis négatif, sans qu’aucun embryon n’est pu être identifié sur l’échographie. De manière générale, plus la grossesse avance dans le temps, plus les symptômes se différencient de ceux que vous pouvez expérimenter habituellement lorsque vous avez vos règles.

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Quand et qui consulter ?

Il est important de consulter votre médecin, sage-femme ou gynécologue référent dès l’apparition des symptômes. Si, en plus de saignements et douleurs, vous avez de la fièvre, des nausées, des vomissements, des malaises ou des étourdissements, consultez en urgence. Il pourrait s’agir d’une fausse couche hémorragique. Des saignements importants, même en l’absence d’autres symptômes, doivent également être pris en charge en urgence.

Causes de la fausse couche

Les causes de la fausse couche sont multiples et souvent liées à une malformation du fœtus. La principale cause des fausse-couches précoces est un déséquilibre chromosomique comme une trisomie, qui entraîne une non viabilité de la grossesse.

Causes possibles

  • Génétiques : Anomalie chromosomique du fœtus (dans près de 60% des cas, notamment au cours du premier trimestre de grossesse).
  • Anatomiques : Malformation ou anomalie de l'utérus.
  • Hormonales : Problème de thyroïde, insuffisance ovarienne ou syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la mère.
  • Immunologiques : Maladie inflammatoire auto-immune chez la mère.
  • Infectieuses
  • Spermatiques : Problème au niveau du sperme chez le père.
  • Environnementales : Tabagisme, exposition à des toxines, alcool…
  • Traumatiques : Choc brutal, chute violente…

Facteurs de risque

  • Âge de la mère : Le risque de fausse couche augmente naturellement avec l’âge. Selon l’Assurance Maladie, le risque est évalué à 12 % à l’âge de 25 ans, 20% à 35 ans, 40% à 40 ans et 80% après 40 ans, et 50 % à 42 ans.
  • Antécédents de fausses couches : L’existence de 2 fausses couches successives semblerait augmenter le risque d’en refaire une troisième.

Grossesse non évolutive

La grossesse non évolutive est un phénomène qui touche une femme sur quatre au moins une fois dans sa vie. On parle couramment de fausse couche spontanée ou fausse couche, de mort foetale in utéro ou de mort périnatale, selon le terme auquel survient le décès du foetus ou du nouveau né.

  • Œuf clair : Aussi appelé « œuf blanc » ou grossesse non embryonnée, l’œuf clair désigne l’arrêt du développement avant même l’apparition de l’embryon. La femme possède donc un sac ovulaire dépourvu d’embryon.
  • Mort embryonnaire : Le cœur de l’embryon cesse de battre.
  • Grossesse molaire : La grossesse molaire est une anomalie du développement du placenta, appelée maladie trophoblastique gestationnelle.
  • Grossesse extra-utérine : Aussi appelée grossesse ectopique, cette grossesse se développe en dehors de la cavité utérine. L’œuf s’implante dans les trompes de Fallope dans 96 à 98% des cas, ou sur un ovaire ou le col de l’utérus. L’œuf finit alors par se rompre. La grossesse extra-utérine peut provoquer une hémorragie massive il y a alors un risque pour la femme enceinte.

Diagnostic

Lors de votre consultation avec le professionnel de santé, celui-ci procèdera à un examen clinique et à une échographie de la zone abdomino-pelvienne pour détecter un éventuel problème. L’échographie pourra préciser le diagnostic, à savoir s’il s’agit bien d’une fausse couche ou d’une grossesse extra-utérine. Une échographie pelvienne constitue le premier examen à réaliser devant la suspicion d’une fausse couche. Pour détecter une grossesse non évolutive, un examen par imagerie est nécessaire. Cet examen peut être effectué dès la 4ème semaine de grossesse, soit 6 semaines d’aménorrhée.

Traitements et prise en charge

Le traitement d’une fausse couche dépend de son type ainsi que du stade d’arrêt. Si lors de votre examen échographique montre que l’expulsion du fœtus n’est pas complètement terminée, plusieurs traitements peuvent vous être proposés.

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Options de traitement

  1. Expulsion naturelle : Votre gynécologue vous suggérera d’attendre l’expulsion complète du fœtus, si vous ne souhaitez pas avoir recours à des médicaments ou à de la chirurgie. Cela peut en effet prendre jusqu’à 15 jours. Si l’expulsion du fœtus et du placenta n’est pas totale, le médecin peut vous proposer d’attendre que les choses se fassent de façon naturelle.
  2. Traitement médical : Traitement médical à base de misoprostol à prendre par voie orale, qui a pour effet de créer des contractions utérines et l’ouverture du col de l’utérus. Ce médicament offre une solution rapide en quelques heures, mais peut provoquer des effets indésirables comme des nausées, de la fièvre et des saignements vaginaux. Le traitement médical est, dans la plupart des cas, administré par voie orale ou vaginale. Il est majoritairement proposé en ambulatoire (retour à domicile). Il favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col. Efficace en quelques heures, il provoque l’expulsion du sac embryonnaire. Ce processus dure quelques heures et est peut-être accompagné de douleurs et de saignements.
  3. Traitement chirurgical : Chirurgie par aspiration endo-utérine : ce type de chirurgie effectuée sous anesthésie générale ou péridurale repose sur l’insertion d’un tube fin dans la cavité de l’utérus qui va venir aspirer les tissus embryonnaires. Enfin, une intervention chirurgicale peut vous être proposée sous anesthésie générale ou locale, au cours de laquelle la grossesse est évacuée par le col de l’utérus (aspiration). La procédure ne dure que quelques minutes, mais on vous gardera en observation quelques heures à l’hôpital. A partir de 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, une intervention chirurgicale est nécessaire. Cette intervention peut être réalisée jusqu’à environ 22 semaines. Après vous avoir administré du misoprostol, une anesthésie générale est effectuée.

La fausse couche est considérée comme terminée lorsqu’il n’y a plus de douleurs ni de saignements. Si vous avez opté pour une expulsion naturelle, mais que vous ressentez toujours des symptômes après deux semaines, un traitement adapté sera mis en place.

Conseils après une fausse couche

  • Après une fausse couche, il est conseillé d’éviter l’utilisation de tampons hygiéniques et d’avoir des rapports pendant au minimum 2 semaines afin de limiter le risque d’infection.
  • Au niveau physiologique, les essais peuvent reprendre dès le retour des règles, généralement après un mois.
  • Si la fausse couche a lieu avant la 22e semaine d’aménorrhée, vous avez la possibilité de bénéficier d’un arrêt maladie pour avoir le temps de faire votre deuil.

Soutien psychologique

Faire une fausse couche est généralement une période très éprouvante dans la vie d’une femme. L’impact et les conséquences des fausses couches sont encore trop souvent sous estimées. Tout aussi futur papa qu’elle était future maman, l’homme peut ressentir de manière extrêmement brutale la perte de cet enfant. Les hommes sont parfois désemparés face à la douleur de leur compagne. La perte de la grossesse peut provoquer une certaine angoisse. D’autant plus si la perte survient à un stade avancé de grossesse. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif.

  • Une fois la tristesse apaisée, il faut se rappeler que les fausses couches sont très rarement récidivantes et garder confiance pour les prochains essais.
  • Communiquer sur ses émotions, pensées et ressentis est également très important pour arriver à passer cette étape douloureuse et à retrouver un état d’esprit plus positif.
  • Il ne faut pas non plus hésiter à se faire aider par un psychologue ou un psychothérapeute après une fausse couche, qui aura un avis neutre et saura vous conseiller de façon adéquate. Si vous ne trouvez pas de rdv disponible, pensez à la téléconsultation.
  • Pour aider une proche, amie, compagne, fille…, mais aussi le co-parent, après une fausse couche, c’est important de montrer qu’on ne minimise pas sa/leur douleur, que sa/leur peine est réelle et qu’elle /il est en droit de ressentir de la tristesse, de pleurer, de se sentir en deuil.
  • Certaines femmes peuvent avoir besoin de s’inventer un rite pour pouvoir faire le deuil de « ce quelqu’un qui n’a pas existé ».

Grossesse après une fausse couche

Médicalement, rien ne s’oppose à entreprendre une grossesse après une fausse couche. En général, on conseille d’attendre entre 2 et 3 mois pour laisser au corps le temps de se remettre et, psychologiquement, d’être prêt à accueillir un nouveau bébé. Du point de vue technique, une grossesse est tout à fait possible après un avortement spontané. Toutefois, un curetage peut provoquer des lésions de l’endomètre.

Prévention

A noter qu’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse.

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