Introduction
Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, offre une perspective incisive sur les débats contemporains qui agitent la société française. Ses analyses pointent les contradictions et les impasses des idéologies dominantes, notamment en matière d'écologie politique, de bioéthique et de féminisme. Cet article explore les thèmes récurrents de sa pensée, en s'appuyant sur ses éditoriaux et interventions médiatiques.
La primaire écologiste et les contradictions de l'écologie politique
Dans un éditorial du 15 septembre, Eugénie Bastié commente la primaire écologiste. Elle y exprime un certain scepticisme quant à la capacité des Verts français à se transformer en une véritable force de gouvernement. Même si Yannick Jadot remporte la primaire, elle souligne qu'il reste beaucoup à faire pour donner aux Verts une véritable culture de gouvernement.
Elle critique notamment le programme des écologistes pour 2022, qu'elle juge empreint d'un "gauchisme culturel" incompatible avec les impératifs de la transition écologique. Bastié dénonce l'idée de « s’affranchir de l’énergie nucléaire », un dogme écologiste selon elle en contradiction avec la nécessité de sauver le climat à court terme. Elle critique également les propositions sur l'éducation (fin de la compétition, promotion du "matrimoine"), le droit de vote à 16 ans et la PMA pour « toutes les personnes en capacité de porter un enfant ». Sur l'immigration, elle critique une approche qu'elle juge irresponsable : large régularisation des sans-papiers, élargissement du droit d'asile, droit de vote des immigrés aux élections locales.
Bastié relève une contradiction fondamentale chez les Verts français : ils ne sont pas si radicaux que cela. S'ils l'étaient vraiment, ils prôneraient, comme José Bové, une méfiance envers la PMA et la GPA, qu'ils considèrent comme des manipulations du vivant au même titre que les OGM. Elle estime qu'ils sont surtout imprégnés d'un gauchisme culturel dont ils ne parviennent pas à se défaire et qui n'a rien à voir avec l'écologie.
Elle souligne que le système politique français, avec son régime présidentiel, encourage la radicalité politique. Contrairement à l'Allemagne, où les Verts sont obligés de gouverner avec la droite, les écologistes français ne s'allient jamais au-delà de la gauche du PS, développant une culture contestataire plutôt que de gouvernement.
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Bioéthique : PMA, GPA et la marchandisation du vivant
Eugénie Bastié s'est souvent exprimée sur les questions bioéthiques, notamment la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA). Elle s'inquiète des dérives potentielles de ces technologies et de leur impact sur la conception de la filiation et de la dignité humaine.
Elle critique ainsi la banalisation de l'avortement, qu'elle considère comme un échec, voire un drame, pour les femmes. Elle dénonce le discours féministe qui érige l'avortement en "droit fondamental", en oubliant la souffrance de certaines femmes et le caractère sacré de la vie. Elle critique la suppression de la notion de "détresse" et du délai de réflexion, qui visent selon elle à éradiquer la souffrance et à culpabiliser les femmes.
Bastié considère que l'avortement et la contraception ont soumis la femme à la technique, en la chargeant de la responsabilité de la reproduction. Elle s'inquiète de l'avenir, avec la congélation des ovocytes, qui permettra aux femmes d'avoir des enfants "si je veux, quand je veux".
Elle s'oppose à la PMA pour toutes, craignant qu'elle n'efface la différence entre les sexes et qu'elle ne conduise à une marchandisation du corps des femmes. Elle dénonce le discours qui consiste à traiter d'homophobe ou de transphobe toute personne qui exprime une objection à la PMA pour toutes ou qui critique la transition de genre chez les enfants.
Le gauchisme culturel et le relativisme à l'université
Eugénie Bastié est une critique virulente du "gauchisme culturel" qui, selon elle, gangrène les universités et les médias. Elle dénonce le relativisme ambiant, qui conduit à nier l'existence de valeurs universelles et à déconstruire l'identité occidentale.
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Elle cite l'exemple des universités américaines, qu'elle considère comme colonisées par le relativisme, la culpabilisation de la culture occidentale et le féminisme militant. Elle estime que, au lieu d'apprendre la vérité, les étudiants apprennent le relativisme, qui conduit à l'intolérance et au repli communautaire.
Elle souligne que le relativisme conduit à considérer toute critique comme une offense, une blessure. Chacun s'enferme dans sa communauté identitaire, dans son silo de savoirs. C'est le retour du tribalisme dans nos sociétés démocratiques.
Immigration et identité nationale
Eugénie Bastié aborde régulièrement la question de l'immigration, en soulignant les difficultés d'intégration et les risques de communautarisation. Elle défend la nécessité de maîtriser les flux migratoires et de réaffirmer l'identité nationale.
Elle dénonce le discours culpabilisateur qui consiste à traiter de raciste toute personne qui souhaite maîtriser les flux migratoires ou qui critique l'islamisme. Elle estime qu'il est difficile d'avoir un débat serein sur ces questions, tant les passions sont exacerbées.
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