L'équitation est un sport féminin populaire en France, avec un nombre important de femmes passionnées. Lorsqu'une cavalière tombe enceinte, des questions se posent quant à la poursuite de cette activité. Cet article explore les aspects de l'équitation pendant le premier trimestre de la grossesse, en tenant compte des risques, des précautions et des recommandations.
L'équitation : un sport féminin prisé
L'équitation occupe une place de choix parmi les sports pratiqués par les femmes en France. Selon l'Institut français du cheval et de l'équitation, plus de 520 000 femmes étaient licenciées à la FFE en 2017-2018, représentant 83% des licences. Le pays pourrait même compter jusqu'à un million de femmes pratiquant l'équitation au moins une fois par mois. Parmi elles, de nombreuses jeunes filles, mais aussi des femmes qui, au moment de fonder une famille, s'interrogent sur la compatibilité de leur passion avec la grossesse.
Questions et inquiétudes des cavalières enceintes
Les forums de discussion de cavalières témoignent des interrogations et des préoccupations liées à l'équitation pendant la grossesse. Certaines femmes arrêtent immédiatement de monter par peur de la fausse couche, tandis que d'autres se voient refuser l'accès à leur club alors qu'elles se sentent bien. Il est important de noter que des athlètes de haut niveau ont continué à performer pendant leur grossesse, comme la championne olympique de dressage Jessica von Bredow-Werndl, qui a remporté le Grand Prix de la Coupe du monde à Leipzig à plus de cinq mois de grossesse.
Prudence avant tout : Évaluation des risques et suivi médical
La prudence est essentielle pendant la grossesse, quel que soit le sport pratiqué. Avant de prendre toute décision concernant l'équitation, il est crucial de consulter un médecin ou un obstétricien. Chaque grossesse est unique, et seul un professionnel de santé peut fournir des conseils personnalisés en fonction de l'état de santé de la mère, de son niveau de pratique équestre et des éventuels risques liés à la grossesse.
Selon la Fédération française d'équitation, le risque de tomber de cheval est toujours présent. Il est difficile de prédire les réactions de l'animal ou les changements corporels qui surviennent pendant la grossesse. À partir du deuxième et troisième trimestre, le ventre rond peut entraîner une perte d'équilibre, augmentant ainsi le risque de chute. Ces chutes peuvent avoir des conséquences graves pour le fœtus, telles que des hématomes sur le placenta.
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Risques et contre-indications
Si la pratique de l'équitation n'est pas contre-indiquée chez la femme enceinte en bonne santé, il existe néanmoins des contre-indications à respecter. Certaines conditions médicales peuvent rendre l'équitation dangereuse pendant la grossesse, telles que les fausses couches à répétition, la béance du col de l'utérus, la prééclampsie ou les antécédents d'accouchement prématuré. Il est donc essentiel d'être attentif à son corps et à son bien-être, et d'arrêter l'équitation en cas de saignements, de douleurs pelviennes ou de contractions.
Il est également important de prendre en compte les risques liés à l'équitation elle-même. Les impacts répétés, notamment lors du trot ou du galop, peuvent être inconfortables ou potentiellement dangereux pour une femme enceinte, en particulier à partir du deuxième trimestre, lorsque l'utérus devient plus volumineux. De plus, l'équitation sollicite fortement le périnée, et les rebonds répétés peuvent fragiliser ces muscles, ce qui est un risque à ne pas négliger durant les premiers mois de grossesse.
Recommandations pour le premier trimestre
Pour de nombreuses cavalières, le premier trimestre peut être une période où il est encore possible de monter à cheval, à condition que la grossesse se déroule bien et que le médecin ne voie aucune contre-indication. Cependant, les nausées matinales, la fatigue ou la sensibilité accrue peuvent rendre l'équitation moins agréable. Il est donc important d'adapter sa pratique et de privilégier la monte en douceur, en évitant le trot assis, le saut d'obstacles, le cross et la monte à cru.
Selon le Dr Le Grelle, médecin fédéral de la Fédération française d’équitation, il est raisonnable de continuer à monter à cheval jusqu'à 4 à 5 mois de grossesse. Au-delà, l'inconfort lié aux changements de centre de gravité peut rendre la pratique moins agréable et augmenter les risques de chute.
Adapter sa pratique équestre
Si vous décidez de continuer à monter pendant la grossesse, il est important d'adapter votre pratique en conséquence. Privilégiez les séances de pas en extérieur ou les balades tranquilles, en évitant le trot ou le galop. Vous pouvez également vous concentrer sur le travail à pied, les soins et le chouchoutage du cheval, ou opter pour l'équitation éthologique ou le travail au sol, qui permettent de maintenir le lien avec le cheval sans monter en selle.
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Il est également recommandé de porter une brassière de sport pour un bon maintien de la poitrine, car les modifications hormonales peuvent entraîner une tension dans la poitrine dès la troisième ou quatrième semaine de grossesse. Cependant, la ceinture de grossesse et la dorsale ne sont pas nécessaires, à moins d'un avis médical contraire.
Activité physique et bien-être pendant la grossesse
L'activité physique modérée et encadrée est bénéfique pendant la grossesse. Elle peut limiter le risque de complications telles que la prééclampsie ou le diabète gestationnel, en plus de travailler l'endurance, la respiration et d'améliorer le bien-être général. Si l'équitation n'est pas possible ou souhaitable, d'autres activités sportives peuvent être envisagées, telles que la natation, la marche ou le vélo sur terrain plat ou en appartement.
Après l'accouchement : reprise progressive de l'équitation
Après l'accouchement, il est important d'attendre que la rééducation périnéale soit terminée avant de reprendre l'équitation. Cette rééducation, qui démarre environ 6 semaines après l'accouchement, est essentielle pour éviter les complications telles que les fuites urinaires. En cas d'accouchement par césarienne, il est recommandé d'attendre au moins 3 mois avant de reprendre l'équitation, après avis médical.
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