Le hurlement chez un enfant est un sujet qui préoccupe de nombreux parents. Il est essentiel de comprendre les raisons derrière ces manifestations pour mieux les gérer et accompagner l'enfant dans son développement émotionnel.
Comprendre les hurlements de l'enfant
Le "caprice", terme souvent utilisé pour décrire les hurlements, a une connotation négative. Il est important de comprendre que ces manifestations, parfois violentes, sont souvent le seul moyen qu'a un jeune enfant d'exprimer son insatisfaction, sa frustration ou son mal-être. Un enfant n'a pas la capacité d'analyser le moment présent, de prendre du recul ou de gérer ses sentiments comme un adulte.
L'affirmation de soi
À partir d'un an ou un an et demi, l'enfant commence à dire "non" et à s'affirmer en tant qu'individu. Il découvre qu'il n'est pas le centre du monde, ce qui peut être source de frustration.
L'immaturité émotionnelle
Un enfant n'a pas encore la notion de "règles" ou d'impératifs. Il n'est pas capable de gérer ses sentiments comme un adulte. Les cris et les pleurs peuvent être le seul moyen d'attirer l'attention des parents.
Les besoins non satisfaits
Les bébés ont des besoins fondamentaux tels que la nourriture, le sommeil, l'affection et l'exploration de leur environnement. Lorsque ces besoins ne sont pas satisfaits immédiatement, cela peut provoquer de la frustration et des hurlements.
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Le développement émotionnel
Les bébés passent par une phase de développement émotionnel intense au cours de leurs premières années. Ils apprennent à reconnaître et à exprimer leurs émotions, mais leur capacité à communiquer verbalement est limitée.
Comment réagir face aux hurlements
Il est crucial de réagir de manière calme et bienveillante face aux hurlements d'un enfant. Voici quelques conseils pour vous aider à gérer ces moments délicats tout en favorisant son développement émotionnel :
Conserver son calme
En premier lieu, conservez autant que possible votre calme. Il est important de rester calme, car un enfant peut difficilement se calmer si son parent est aussi énervé que lui. Il faut pouvoir donner l’exemple à l’enfant en adoptant la bonne attitude. Si cela est trop compliqué quand la colère éclate, il peut être utile de s’isoler deux minutes pour se calmer. Ensuite, on sera plus disponible pour accompagner l’enfant par rapport à ses émotions. Il sera plus facile d’être à l’écoute.
Ne pas céder
Ne cédez pas à son "caprice" et ne culpabilisez pas. Céder lui montrerait votre faiblesse, le déstabiliserait en le faisant s'interroger sur la cohérence de vos décisions, lui donnerait un sentiment d'insécurité. Céder lui permettrait également de prendre un pouvoir qui ne doit pas être le sien et lui laisserait croire qu'il lui suffit de hurler pour voir ses désirs exaucés.
Comprendre la raison
Essayez de comprendre la raison de son caprice. Si votre enfant a moins de 3-4 ans, il ne sait pas encore bien exprimer ses ressentis. Les cris, les pleurs, peuvent être le moyen d’attirer votre attention. Tentez de mettre des mots avec lui sur les raisons de ce « caprice », aidez-le à organiser sa pensée. Plus grand, aidez-le à verbaliser son mal-être.
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Mettre des mots sur les émotions
Dans ces moments, il est important d’aider l’enfant à reconnaître ses émotions. À sa place, on peut décrire ce qu’il ressent : « C’est difficile pour toi. Tu es en colère. Tu voulais vraiment ce gâteau. » Après avoir mis des mots sur son ressenti, il est essentiel de l’autoriser à vivre ce moment compliqué. On évitera de lui donner des ordres impossibles à respecter comme « arrête de pleurer » ou « ne fais pas de colère ». L’enfant a besoin qu’on accueille avec bienveillance ses ressentis et ses réactions : « Tu peux pleurer, c’est normal. C’est compliqué quand on te dit « non ». Mais on ne mange pas de gâteau avant le repas. ». Ainsi, on rappelle la règle sans être autoritaire.
Proposer des alternatives
Proposez-lui des alternatives, cela le responsabilisera et lui montrera qu’il a son mot à dire : tu veux ton manteau bleu ou ton blouson rouge ?
Être cohérent
Adoptez un comportement cohérent. Les règles permettent de définir un cadre sécurisant pour l’enfant. Elles doivent donc être constantes, identiques pour les deux parents et souvent répétées.
Expliquer les limites
Expliquez-lui ces limites, leur raison d’être. Montrez-lui que vous avez, vous aussi, des limites à respecter, qui ne vous plaisent pas toujours non plus.
Maintenir son autorité
A partir de 5-6 ans, les « caprices » peuvent exprimer sa difficulté à trouver sa place. C’est aussi à vous de lui indiquer quelle est cette place. Une raison de plus pour maintenir votre autorité et vos positions, garantes de repères certains pour votre enfant.
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Rassurer
N’oublions pas aussi que l’orientation temporelle reste très compliquée à cet âge. L’enfant a donc aussi besoin qu’on le rassure en lui expliquant le déroulé des émotions : « Ca va te faire du bien de pleurer. Ca ira mieux après. ». On peut aussi réconforter l’enfant par des gestes tendres comme un câlin.
Ne pas se sentir coupable
Ne pas céder aux caprices de votre enfant ne fait pas de vous un mauvais parent ou un parent trop sévère. C’est à vous à lui apprendre les règles indispensables pour qu’il puisse vivre en société.
Être à l'écoute
Si votre enfant crie souvent sur vous, voire tous les jours, cela peut être le signe qu'il ne se sent pas entendu. Rappelez-vous que le cerveau de votre enfant est en plein développement. Il va donc user d'une tactique pour se faire entendre. La thérapeute préconise de véritablement s'arrêter pour entendre le sentiment de son enfant sans réagir immédiatement.
Poser des limites claires
Vous pouvez dire : 'Je comprends, tu veux un nouveau jouet aujourd'hui. Je ressens la même chose quand on va au magasin. Mais tu ne vas pas avoir de jouet aujourd'hui. Et c'est normal que tu sois contrarié par ça.' Dans ce cas, vous posez des limites aimantes et claires. L'idée ici est de réellement leur faire sentir qu'ils sont vus, entendus et valorisés.
Les étapes du développement et les hurlements
Les « caprices » cessent vers l’âge de 7 ans, quand l’enfant intègre les désirs des autres, commence à montrer de l’empathie. Si les « caprices » continuent plus tard, c’est peut-être que vous n’avez pas tenu bon face aux exigences de votre enfant. Il n’a plus confiance en votre autorité. Sachez que se sentir voué à soi-même peut être extrêmement anxiogène pour un enfant.
Les premiers interdits (8 mois à 18 mois)
Le tout-petit va faire de grands progrès : il apprend à marcher, précise ses gestes, ce qui le rend plus réceptif et mobile. Bébé grandit, explore le monde… et se heurte aux interdits. Il fait l’expérience du " NON " ; notion qu’il va devoir intégrer, lui qui n’a connu jusque-là que la toute-puissance et la satisfaction immédiate de ses besoins. Il comprend peu à peu que ses envies ne peuvent à elles seules régir ses rapports aux choses et aux personnes.
La crise d'opposition (18 mois à 3 ans)
A cet âge, l’essentiel pour l’enfant est de manifester son désaccord. C’est un moyen de structurer et d’affirmer sa personnalité au moment où il commence à se différencier d’autrui. Lors de cette période, mieux vaut s’en tenir à un nombre restreint d’interdits, qui soient cohérents, applicables chaque jour et compatibles avec le développement psychomoteur de l’enfant.
Sur le chemin de l'autonomie (3 à 6 ans)
Entre 3 et 6 ans, l’enfant oscille entre le désir de conquérir son autonomie et l’envie de rester un bébé. Le parent est là pour l’encourager à prendre son envol. Mais l’enfant doit se sentir libre de confier ses difficultés, ses doutes et ses colères si besoin est. Quand il dépasse les limites, c’est une forme de test, il vérifie que le parent est toujours présent. Le rôle de ce dernier consiste à redéfinir les règles et à assurer une présence protectrice.
Les erreurs à éviter
- Céder : Cela renforce le comportement et encourage l'enfant à utiliser les hurlements pour obtenir ce qu'il veut.
- Crier : Cela peut effrayer l'enfant et aggraver la situation.
- Humilier : Évitez les paroles humiliantes et irrévocables. Ne critiquez pas la personne mais vous pouvez critiquer son comportement. Cela permet aussi à l’enfant de comprendre ce qu’il n’a pas bien fait et doit améliorer.
- Négocier : Quand l’enfant fait une crise, on ne peut pas bien aborder la situation par le langage car il n’est pas dans l’écoute. Si on devance ses demandes pour éviter les crises, on lui retire la nécessité d’employer son langage dans un but précis. Chaque situation qui se résout sans discussion est donc une occasion ratée d’échange et de communication.
- Punir : Il est important de ne pas frapper, crier, négocier ou punir votre enfant.
Que faire si les crises sont fréquentes et intenses ?
Quand les crises sont trop fréquentes et intenses, on ne trouve parfois plus de solution. On a l’impression qu’on a tout essayé et que rien n’est efficace. On devient vite fatigué, agacé, à bout. Finalement, on finit parfois par céder face aux crises de l’enfant. Dans d’autres cas, on veut éviter la crise à tout prix et on donne à l’enfant ce qu’il désire, avant qu’il le demande.
Il est important de se coordonner entre parents pour établir des règles claires et définies.
Dans ces moments de crise, on peut dire ce que l’enfant ressent pour l’amorcer la discussion et créer un échange. Ces moments et ces échanges sont importants. Ils favorisent le développement du langage car ils créent des situations d’échange et de communication en aidant l’enfant à gérer ses émotions.
Si on arrive à aider l’enfant à accueillir et vivre ses émotions, on entre déjà dans une dimension de langage car il faut des mots pour s’exprimer. En plus, cela lui permet de mieux traverser ce moment et d’en sortir plus sereinement. L’enfant est alors disponible pour discuter de la situation, écouter son parent et rebondir sur ses propos.
Les cris chez les bébés en crèche
Au retour des vacances d’été, le programme est, en règle générale, assez chargé, car il faut gérer de nombreuses adaptations en même temps. Des adaptations de grands, mais aussi de bébés. Ces dernières peuvent être un peu plus complexes à certains moments, notamment quand ces bébés ont un besoin de réconfort affectif plus intense. Les cris sont alors plus présents, plus réguliers et/ou plus conséquents.
Les cris : un moyen de communication
Les cris sont le seul moyen de communication du bébé. Ceux-ci ont le pouvoir de déclencher chez l’adulte un état de stress et de générer un encombrement cognitif poussant ainsi à s’occuper du bébé. Notre cerveau se décentre de sa tâche initiale pour prioriser la réponse au bébé. C’est ainsi que ce dernier assure sa survie.
L'importance du réconfort
Le bébé va avoir besoin que l’on apaise ses cris, il a un besoin vital de se sentir en sécurité affective pour bien grandir. Pas facile de toujours comprendre ce dont le bébé a besoin, cependant en tant que professionnel de la petite enfance, vos bras et vos paroles sont vos meilleurs atouts. Un bébé porté est souvent un bébé rassuré, il se sent moins seul du fait de la proximité corporelle que vous lui offrez.
La parole
Il est tout aussi possible et souhaitable d’accompagner les cris des bébés par la parole. Des mots juste posés sur ce que l’on observe du jeune enfant : « Je vois que ça ne va pas, je vais essayer de t’aider », « tu as faim ? Ça y est, c’est l’heure ? On va aller préparer ton biberon », « je vois que tu as sommeil, je t’emmène te reposer dans ton lit », …. Les mots et les phrases à notre disposition pour réconforter les bébés sont innombrables, alors profitons-en.
Gérer les cris en crèche
En premier lieu, on crée un espace dédié aux bébés et rien qu’à eux. On positionne de préférence le coin bébé dans un angle de mur, comme cela, il y a déjà deux côtés sécurisés. On distingue bien l’espace des bébés, des autres espaces ; et on inculque très vite aux autres enfants que cet espace-là ne leur ait pas accessible.
Ensuite, on sécurise le(s) bébé(s), en permettant à un professionnel d’être assis au sol près d’eux (dans leur champ de vision) autant que possible.
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