L'endométriose, une affection gynécologique chronique touchant environ 10 à 15 % des femmes en âge de procréer, se caractérise par la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. Bien que 60 à 70 % des femmes atteintes d'endométriose parviennent à concevoir naturellement, cette maladie peut avoir un impact significatif sur la fertilité et la qualité de l'ovulation. Cet article explore en profondeur les liens entre l'endométriose et l'ovulation de mauvaise qualité, les mécanismes impliqués, les options de traitement et les perspectives pour les femmes désirant concevoir.
Endométriose : Définition et Manifestations
L'endométriose se définit par la présence de cellules de l'endomètre en dehors de la cavité utérine, se développant sous forme de kystes sur les ovaires, les trompes, les intestins, ou dans l'épaisseur de la paroi musculaire de l'utérus (adénomyose). Les symptômes les plus courants incluent de fortes douleurs pendant les règles (dysménorrhée), des saignements menstruels abondants et irréguliers, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), et des troubles du transit intestinal. Cependant, dans 50 % des cas, la maladie peut être "silencieuse" sans symptômes apparents.
Le diagnostic peut être établi par laparoscopie, une technique chirurgicale permettant l'observation de la cavité abdominale et pelvienne, ou par échographie pour détecter des foyers endométriaux importants ou des kystes ovariens.
Impact de l'Endométriose sur la Fertilité
Jusqu'à 50 % des patientes atteintes d'endométriose rencontrent des problèmes de fertilité. Cette difficulté à concevoir peut être attribuée à plusieurs facteurs :
- Adhérences et Distorsion Anatomique : L'endométriose peut provoquer des modifications de l'anatomie pelvienne, entravant les mécanismes de la reproduction. Les tissus cicatriciels peuvent modifier la forme et la position des organes, obstruant les trompes de Fallope ou gênant leur motricité, rendant difficile la migration de l'ovule et la rencontre des gamètes.
- Altération de la Réserve Ovarienne : La présence d'endométriose ovarienne diminue la quantité de tissu ovarien sain et une inflammation chronique y produit une fibrose, les deux étant considérées comme plus susceptibles de provoquer une diminution de la réserve ovarienne chez les patientes atteintes d’endométriose.
- Inflammation et Toxicité : Les femmes atteintes d'endométriose ont tendance à avoir une plus grande quantité de liquide dans la cavité pelvienne. Une augmentation de la production de prostaglandines pro-inflammatoires a été décelée chez des femmes présentant une endométriose même minime avec des lésions récentes. Les cytokines, des facteurs immunitaires très puissants, causent de l'inflammation et des dommages lorsque leur concentration est trop élevée.
- Altération de la Réceptivité Endométriale : Le succès de l'implantation embryonnaire nécessite une préparation hormonale adéquate. Chez certaines femmes atteintes d'endométriose, la réceptivité endométriale est compromise, car elles ne produisent pas l'intégrine alpha v béta 3 essentielle à l'implantation.
- Troubles de l'Ovulation : L'endométriose peut être associée à des troubles de l'ovulation, tels qu'une croissance folliculaire insuffisante ou des pics prématurés de l'hormone lutéinisante (LH), affectant la maturation de l'œuf.
- Facteurs Liés au Liquide Péritonéal : L'endométriose pelvienne s'accompagne d'une modification du liquide péritonéal, qui augmente de volume et présente une cellularité accrue et une modification de sa composition biochimique. Ceci peut entraîner une altération de la réaction acrosomique des spermatozoïdes et une augmentation de la production de ROS (stress oxydatif) par les spermatozoïdes, altérant l'ADN spermatique.
Endométriose et Ovulation de Mauvaise Qualité
L'endométriose peut affecter la qualité des ovocytes de plusieurs manières :
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- Endométriomes et Réserve Ovarienne : La présence d'endométriomes (kystes ovariens endométriosiques) peut entraîner une perte focale de la densité folliculaire dans le tissu ovarien adjacent, causant une dysrégulation de la folliculogénèse et une baisse globale de la réserve ovarienne. L'impact de l'endométriome sur la fonction ovarienne augmente avec sa taille.
- Inflammation Ovarienne : L'atteinte endométriosique ovarienne se caractérise par une inflammation chronique, une fibrose cellulaire et une métaplasie en cellules musculaires lisses, affectant la qualité des ovocytes.
- Facteurs Toxiques : La présence d'endométriose dans l'ovaire peut libérer des facteurs toxiques pour le développement normal des ovocytes, ainsi que des molécules pro-inflammatoires.
Il n'existe aucun moyen direct de connaître l'état de la qualité des ovocytes, celle-ci ne peut être suspectée qu'après avoir effectué un traitement de fécondation in vitro.
Diagnostic des Ovaires Paresseux
Afin de comprendre en quoi consiste exactement une ovulation de mauvaise qualité ou le syndrome des ovaires paresseux, il faut savoir qu’un ovaire est appelé paresseux ou fatigué lorsqu’il ne produit pas les ovules qu’il devrait produire. Le terme « ovaires paresseux » n’est pas un terme standard en médecine. L’irrégularité des cycles menstruels est un signe du syndrome des ovaires paresseux. La glaire cervicale (au niveau du col de l’utérus) est une substance visqueuse, dont la texture et la consistance changent tout au long du cycle menstruel afin de favoriser la progression du spermatozoïde vers la trompe. Les altérations de cette glaire cervicale, tant en quantité qu’en terme de texture, peuvent indiquer des problèmes d’ovulation. Un syndrome prémenstruel plus intense et plus long que d’habitude pourrait indiquer des anomalies au niveau de l’ovulation ou même une anovulation. La libération irrégulière des ovules de la part de l’ovaire peut compliquer la conception et augmenter les défis liés au fait de vouloir être enceinte. Les causes du syndrome des ovaires paresseux peuvent être variées mais, dans de nombreux cas, elles sont difficiles à détecter. Style de vie : le stress prolongé et chronique peut affecter la régulation hormonale et contribuer au syndrome des ovaires paresseux.
Lorsqu’il existe des problèmes d’irrégularité des cycles menstruels, une difficulté à concevoir ou bien un SPM très douloureux, il est normal de réaliser une étude afin d’en découvrir l’origine. Grâce à cette étude, on peut découvrir que les ovaires ne travaillent pas correctement. Le traitement est lié à la cause, qu’il s’agisse d’une anovulation (lorsque la femme n’ovule pas) ou lorsque l’on parle d’une ovulation de mauvaise qualité ou d’ovules paresseux, et aux besoins de chaque patiente. En conclusion, ce que l’on appelle les « ovaires paresseux », quelle que soit la cause de leur « paresse », mérite une attention et une compréhension dans le domaine de la santé féminine en raison des répercussions que cela peut avoir.
Stratégies de Prise en Charge de l'Infertilité Liée à l'Endométriose
La prise en charge de l'infertilité liée à l'endométriose est complexe et doit être individualisée en fonction de la sévérité de la maladie, des symptômes, de l'âge de la patiente, de sa réserve ovarienne, de son état tubaire et du spermogramme de son conjoint. Les options de traitement comprennent :
Traitement Médical
Le traitement médical de l'endométriose vise principalement à soulager la douleur et à bloquer la progression des lésions en supprimant l'ovulation. Les options incluent :
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- Pilules oestro-progestatives ou progestatives en continu : Elles miment l'état de grossesse ou de ménopause, bloquant les règles et réduisant les symptômes douloureux.
- Agonistes de la GnRH : Ils induisent une ménopause artificielle, réduisant l'activité ovarienne et la production d'hormones stimulant l'endométriose.
Bien que le traitement médical puisse améliorer les symptômes et bloquer la progression de la maladie, il n'est pas efficace pour l'infertilité. Il est contraceptif et doit être interrompu en cas de désir de grossesse. Cependant, un traitement prolongé par analogues de la GnRH avant une fécondation in vitro (FIV) peut améliorer la réceptivité à l'implantation embryonnaire et augmenter les chances de grossesse clinique.
Traitement Chirurgical
Le traitement chirurgical vise à retirer les lésions d'endométriose, à restaurer l'anatomie pelvienne et à améliorer les chances de conception naturelle. La chirurgie peut être recommandée dans les cas suivants :
- Symptômes persistants malgré le traitement médical.
- Contre-indication ou mauvaise tolérance au traitement médical.
- Atteintes d'organes compromettant leur fonction.
- Infertilité, en l'absence de critères rendant la FIV obligatoire.
La chirurgie doit être réalisée par des chirurgiens experts en endométriose, en préservant au maximum les organes affectés. Dans le cas des endométriomes, il est recommandé d'éviter la kystectomie (ablation du kyste) si la taille est inférieure à 3 cm, car elle peut diminuer la réserve ovarienne. D'autres techniques, comme la ponction-sclérothérapie à l'éthanol ou la vaporisation plasma, peuvent être envisagées pour préserver la fonction ovarienne.
Après la chirurgie, un délai de 6 à 12 mois est recommandé pour tenter une conception naturelle, avant d'envisager d'autres thérapeutiques.
Assistance Médicale à la Procréation (AMP)
L'AMP peut être proposée après l'échec des traitements chirurgicaux ou en première intention, selon le contexte. Les options incluent :
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- Stimulation ovarienne et insémination intra-utérine (IIU) : La stimulation ovarienne est réservée aux endométrioses de stade I et II, en l'absence d'obstruction tubaire ou d'adhérences pelviennes importantes. L'IIU peut être envisagée en cas d'altérations modérées du sperme ou si le test post-coïtal est pathologique.
- Fécondation in vitro (FIV) : La FIV peut être proposée après l'échec des précédents traitements ou en première intention, en particulier en cas d'endométriose profonde. Les résultats de la FIV en cas d'endométriose sont comparables à ceux obtenus pour d'autres infertilités, bien que les stades sévères puissent entraîner l'obtention de moins d'ovocytes et d'embryons.
En cas d'échec de la FIV, certaines stratégies peuvent être envisagées, comme le transfert d'embryons congelés, le pré-traitement par agonistes de la GnRH, ou la chirurgie des lésions pouvant compliquer la prise en charge en AMP.
Autres facteurs à considérer
- L'âge: L'infertilité féminine est influencée par un grand nombre de facteurs dans lequel l’âge tient une place importante. Or, la fécondité féminine diminue avec l’âge : elle est à son maximum jusqu’à environ 25 ans, s’amoindrit lentement jusqu’à 35 ans puis plus rapidement de 35 ans à la ménopause.
- Le stress: Il ne faudrait pas négliger l’importance du stress dans le problème de l’infertilité. Bien que rien ne prouve que le stress influence directement la fertilité, une étude américaine publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences rapporte que les femmes enceintes dont les concentrations de cortisol sont élevées durant les trois premières semaines de grossesse auraient trois fois plus de risques de subir un avortement spontané.
- L’inflammation: Nous l’avons vu précédemment l’inflammation peut entretenir l’infertilité.
- La réserve ovarienne: La réserve ovarienne est le stock d’ovocytes dont dispose la femme à un instant T. Les dernières recherches en la matière tendent à réduire l’influence de cet indicateur sur les chances d’une femme de tomber enceinte, notamment parce que l’AMH ne décrirait finalement peut-être pas la quantité des ovocytes mais leur qualité. Dans tous les cas, il est important de veiller à avoir des ovocytes en bonne santé. L’ovaire est un organe complexe : il abrite les ovocytes jusqu’à leur maturation et les relache à l’ovulation. Avoir des ovocytes de qualité passe par différentes actions et notamment par la qualité de son alimentation et la manière dont on mange. Il convient de se « nutrir » et non uniquement de se remplir en mangeant ce qui nous tombe sous la main où et quand on peut. Cela passe notamment par le fait de moins s’exposer aux perturbateurs endocriniens présents partout dans notre environnement. En effet, le grand nombre de produits chimiques auxquels l’être humain est exposé peut avoir des répercussions sur sa capacité à procréer. Optimiser son taux de progestérone pour avoir un bon équilibre progestérone-œstrogène est aussi fondamental car bien souvent les femmes atteintes d’endométriose sont également atteintes d’hyperoestrogénie.
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