Introduction

Les tétines, ou mamelons, sont une caractéristique distinctive des mammifères. Cet article explore en détail leur emplacement, leur anatomie, leur fonction essentielle dans l'allaitement et leur évolution fascinante. Nous aborderons également les anomalies et affections courantes qui peuvent affecter les mamelles.

Anatomie et Emplacement des Mamelles

Les mamelles sont des organes glandulaires cutanés apocrines qui sécrètent le lait chez les femelles de certains mammifères. Les conduits issus de ces glandes convergent vers une tétine entourée d'une aréole riche en glandes sébacées. Chez les chats, les mamelons sont petits, aplatis et peu visibles, surtout chez les mâles. Ils se situent en rangées symétriques sur le ventre, de part et d’autre de la ligne médiane, s’étendant de la région thoracique jusqu’à la région inguinale (près des pattes arrière). Chez le mâle, les mamelons sont généralement plus petits et moins visibles, mais ils existent toujours. Leur apparence varie aussi selon la couleur et la longueur du pelage : chez les chats à poil court et clair, les mamelons sont plus faciles à distinguer que chez ceux à poil long ou foncé.

Le nombre de mamelles varie considérablement selon les espèces :

  • Truie : 6 paires
  • Vache : 2 paires
  • Chèvre, brebis, jument, siréniens, femme : 1 paire

Leur emplacement est variable selon les groupes, mais toujours ventral ou pectoral. T = Thoraciques = entre les membres antérieurs, A = Abdominales, I = Inguinales = entre les membres postérieurs. Les mamelles antérieures sont généralement les plus productrices et donc les plus recherchées par les jeunes. Chaque petit a sa mamelle. Une femelle ne peut donc élever plus de jeunes qu’elle n’a de mamelles. En cas d’une portée plus importante, il est vraisemblable que le plus faible sera écarté.

Il existe deux grands types de mamelles : les simples et les composées. Les mamelles simples comme celles de la vache, de la brebis ou de la chèvre comportent une seule glande par quartier avec un seul canal excréteur vers l'extérieur ainsi que des citernes du trayon et de la glande. Les chèvres et les brebis possèdent une grosse citerne de glande. Celles de la vache ont un volume de 400 ml environ. Ces citernes permettent le stockage du lait entre les traites ou les tétées. Les mamelles composées sont plus fréquentes que les simples. C’est le cas des rongeurs, des primates mais aussi de la chienne, de la chatte, de la jument. Elles sont constituées de lobes simples. Chaque lobe a son individualité sécrétrice et débouche par un canal galactophore dans l'axe du mamelon par autant de canaux excréteurs qu'il y a de glandes élémentaires dans la mamelle composée. Par exemple la lapine possède 5-6 canaux excréteurs par mamelon, la jument 2 et la femme 15-25. Évidemment, qui dit espèce à mamelle composée, dit allaitement fréquent c'est-à-dire des contraintes plus grandes en cas d’élevage artificiel.

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La Fonction Essentielle de l'Allaitement

La lactation et l'allaitement des jeunes est la caractéristique par excellence des Mammifères, celle qui leur a valu leur nom. La mère nourrit protège et éduque le jeune pendant son jeune âge. Si l'allaitement est l'apanage des Mammifères, les soins aux jeunes ne le sont pas. Le lait est produit par des glandes spécialisées les glandes lactéales ou galactophores. Chez les Marsupiaux et les Placentaires, les galactophores sont regroupés en mamelles pourvues chacune d'un mamelon où débouchent les canaux des glandes. Chez les Monotrèmes, par contre, chaque glande débouche séparément à la base d'un poil. Il n'y a pas de mamelon, poils et orifices des glandes étant répartis le long de 2 surfaces symétriques que l'on appelle les champs lactéaux. Les bébés monotrèmes ne tètent pas.

La lactation n'a pas la même importance chez tous les Mammifères. Chez les Marsupiaux, le jeune nait à l'état de larve et mesure moins de 2 centimètres. Il pénètre dans la poche marsupiale et saisit de sa bouche l'une des tétines qu'il enfonce jusque dans son pharynx. Il va rester ainsi fixé et avaler goulument un lait qui va lui permettre une croissance rapide. Chez les Placentaires, le jeune se développe dans l'utérus de la mère jusqu'à un stade de développement avancé. Il y est nourri par l'intermédiaire d'une structure mixte à la fois maternelle et embryonnaire : le placenta. La lactation occupe une part moins importante pour la croissance du jeune. En fait Marsupiaux et Placentaires investissent la même énergie dans le développement de leur progéniture. Les Monotrèmes quant à eux pondent des œufs de petite taille. Un Ornythorhynque de belle taille (50 cm) pond des œufs de la taille de ceux d'un Merle (1,5 cm).

Les Mamelles chez les Mâles

Il faut comprendre que les mâles et les femelles ne sont pas des espèces distinctes, ils n’ont pas été façonnés séparément par la sélection naturelle. Leurs embryons sont similaires et les ébauches des organes sexuels sont identiques. Chez l’embryon humain la première différenciation sexuelle a lieu lors de la quatrième semaine au niveau de la crête génitale qui se transformera soit en ovaire, soit en testicule selon des déterminants chromosomiques et génétiques. Chez les mâles (XY), le canal de Wolff se transforme en épididyme à l’arrière et en canal déférent à l’avant. Chez les femelles (XX), le canal de Müller se différencie en oviductes, utérus, canal cervical et vagin. Le gène SRY joue un rôle central dans la masculinisation en induisant la production de testostérone. Ensuite, les hormones modifient le développement des organes. Le testicule produit la testostérone et l’hormone antimüllerienne (AMH) qui entraîne la dégénérescence du canal de Müller. Les faibles taux de testostérone chez les femelles entraînent la dégénérescence du canal de Wolff.

Les lignes mammaires se forment au 11ᵉ jour après fécondation, c’est-à-dire bien avant la différenciation de l’appareil reproducteur. Contrairement aux organes reproducteurs, elles ne sont pas ou très peu soumises aux influences hormonales. Chez le mâle, le développement mammaire embryonnaire précoce est identique à celui de la femelle. La crête mammaire s’épaissit à partir de la 4e semaine, puis laisse place à deux bourgeons mammaires à partir de la 6e semaine. Chez l’être humain, les crêtes mammaires apparaissent entre la 4e et la 5e semaines de gestation. Elles s’étendent des aisselles à l’aine mais régressent pour ne laisser place, chez la plupart des individus, qu’à deux mamelons. La glande mammaire reste quiescente jusqu’à la puberté. Et la structure anatomique qui permet l’allaitement n’est atteinte qu’après le premier accouchement. Le sein de la femme est véritablement un organe à développement très tardif en termes évolutionnistes. Les hommes n’auront jamais de grossesse quelles que soient les prouesses chirurgicales que l’on puisse imaginer. Inversement, le sein et le mamelon ne sont pas robustes. Les nouveau-nés masculins ont très souvent une gynécomastie liée au passage des œstrogènes placentaires dans la circulation. Par ailleurs, la moitié des garçons présentent ce trait, qui peut durer parfois deux ans, au moment de la puberté. Plusieurs médicaments, ainsi que le cannabis peuvent provoquer des gynécomasties. Il n’est pas tout à fait irréaliste d’envisager qu’un homme puisse allaiter. Il faudrait par exemple injecter de la prolactine pour stimuler les canaux galactophores.

Affections Courantes des Mamelles chez les Chats

Une mamelle gonflée chez un chat peut avoir plusieurs causes, parfois bénignes, parfois plus sérieuses. Il est important de bien identifier la cause pour adapter le traitement et assurer le bien-être de votre animal.

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Gonflement Normal Pendant la Gestation

Chez la chatte gestante, le gonflement des mamelles est tout à fait normal et attendu. Sous l’effet des hormones de la gestation, notamment les œstrogènes et la progestérone, les glandes mammaires se préparent à la lactation. Les mamelles deviennent plus volumineuses, plus rouges et plus chaudes au toucher. Ce gonflement est habituellement symétrique et évolue progressivement au cours de la grossesse. Il ne s’accompagne pas de douleur ou de malaise majeur, sauf si une complication survient.

Tumeurs Mammaires

Les tumeurs mammaires sont relativement fréquentes chez la chatte, surtout chez les femelles non stérilisées ou celles ayant pris la pilule contraceptive. Ces masses peuvent être bénignes ou malignes, les carcinomes étant les plus courants. Une tumeur se présente souvent sous la forme d’une masse dure et ferme sur la mamelle, pouvant grossir rapidement. La peau peut parfois s’ulcérer, saigner ou s’infecter si la tumeur est avancée. Les chattes stérilisées avant 6 mois ont 7 fois moins de risque de développer des tumeurs mammaires. 80 à 96% des tumeurs mammaires sont cancéreuses (malignes) chez la chatte, principalement des carcinomes agressifs, notamment des adénocarcinomes tubulaires ou papillaires simples.

Le symptôme principal est la présence d’une ou plusieurs masses ou nodules au niveau des mamelles. Ces masses peuvent être dures, irrégulières, et fixées sous la peau. Elles augmentent généralement de taille avec le temps, parfois rapidement. La peau qui recouvre la tumeur peut s’épaissir, rougir, présenter des ulcérations ou des croûtes, surtout si la tumeur est avancée ou infectée. La chatte peut parfois montrer une douleur locale, mais ce n’est pas systématique. Parfois, un écoulement sanglant ou purulent peut apparaître. Le traitement principal est chirurgical : il consiste en l’ablation complète de la tumeur mammaire, souvent associée à l’ablation des chaînes mammaires adjacentes pour limiter les risques de récidive. Un bilan d'extension est souvent réalisé avant l'intervention chirurgicale pour vérifier l'absence de métastases dans les organes, notamment dans les poumons grâce à une radiographie du thorax. La stérilisation de la chatte est généralement recommandée si elle ne l’est pas déjà, car elle réduit les risques de récidive hormonodépendante. Selon le type et le stade de la tumeur, une chimiothérapie peut être envisagée pour ralentir la progression ou traiter les métastases.

Lors d'une suspicion de tumeur mammaire, une chirurgie est prévue rapidement afin de retirer les masses et de réaliser des biopsies sur les tumeurs retirées. La biopsie permettra de savoir si elles sont malignes ou bénignes et d'adapter la suite du traitement.

Hyperplasie Mammaire

L’hyperplasie mammaire est une prolifération bénigne du tissu mammaire, souvent déclenchée par des fluctuations hormonales, par exemple après un traitement hormonal ou en début de gestation. Elle provoque un gonflement général des mamelles, qui deviennent volumineuses, fermes, et parfois douloureuses. Cette condition est rare chez le chat mais peut causer un inconfort important.

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Mammite

La mammite est une infection bactérienne aiguë ou chronique de la glande mammaire, généralement liée à la lactation ou à des blessures de la mamelle. Elle provoque un gonflement douloureux, chaud et rouge de la mamelle concernée. Le chat peut présenter de la fièvre, une perte d’appétit et un comportement léthargique.

Œdème Mammaire

L’œdème mammaire correspond à une accumulation de liquide dans les tissus mammaires, entraînant un gonflement plus diffus que localisé. Cela peut se produire chez les femelles en chaleur ou gestantes, en raison d’une augmentation de la perméabilité des vaisseaux sanguins sous l’effet des hormones. Cet œdème est généralement non douloureux et disparaît spontanément en quelques jours.

Traumatisme et Inflammation

Un choc, une morsure ou une griffure peuvent provoquer un gonflement localisé de la mamelle par inflammation ou hématome. Si une infection s’installe, un abcès peut se former, se manifestant par une bosse chaude, douloureuse, parfois purulente. L’animal peut être fébrile et douloureux à la palpation. Une piqûre d’insecte ou un contact avec un irritant peuvent entraîner une inflammation locale de la mamelle, causant rougeur, gonflement et parfois démangeaisons.

Boule sur le Ventre : Autres Causes Possibles

Sentir une boule sur le ventre de votre chatte peut avoir plusieurs causes, pas forcément graves, mais il est important de ne pas la négliger. Cela peut être une tumeur mammaire, un kyste, un abcès, un ganglion enflé, ou même un simple lipome (amas de graisse). Chez les femelles non stérilisées, les tumeurs mammaires sont fréquentes et doivent être rapidement évaluées.

Évolution des Glandes Mammaires

Dès 1872, Darwin lui-même a envisagé le problème dans la sixième édition de « On the Origin of Species », cependant nous devons une synthèse et quelques idées novatrices à Oftedal (2002). Les Synapsides du permien avaient une peau très différente de celle des Sauropsides. Très riche en glandes, elle était dénuée d'écailles et ressemblait à celle des Amphibiens avec cependant une couche de kératine plus développée (Chudinov, 1968). Les multiples glandes de la peau avaient des fonctions diverses : production de lipides pour imprégner la kératine et la rendre imperméable et limiter les pertes d'eau, production de mucus contenant des substances antibactériennes et production de substances odorantes pour éloigner les prédateurs ou attirer les partenaires sexuels. A une époque indéterminée, faute de documents fossiles, les différents types de glandes se sont associées autour du poils ou autour d'un canal commun qui plus tard contiendrait le poil. Les glandes à mucus deviendront les glandes sudoripares et les glandes à lipides les glandes sébacées. Les Synapsides pondaient des œufs à coquille parcheminée molle et poreuse très sensibles à la dessiccation. D'abord pondus à même le sol, certaines lignées ont du les couver puis les transporter dans une poche. C'est là que les ancêtres des glandes lactéales entrent en scène. Ce sont des glandes qui produisent du mucus protégeant les œufs de la dessiccation et des infections. Le poils est peut-être apparu alors, permettant d'étaler la sécrétion sur les oeufs. Les glandes à mucus apportaient au nouveau né de l'eau et une protection antimicrobienne. La sécrétion s'est ensuite enrichie en lipides, en sucres et en protéines.

Chez le Monotrèmes, la glande lactéale est associée à un poil dans une position qui rappelle celle d'une glande sudoripare ordinaire de la peau. Chez les marsupiaux, les glandes lactéales sont également associées à des poils mais seulement au cours du développement embryonnaire. Le mode de sécrétion du lait par les cellules des galactophores est semblable à celui de la sueur par les glandes sudoripares associées à un follicule pileux. Dans les deux types cellulaires, une petite partie du cytoplasme de la cellule est évacuée avec les produits de la sécrétion. Il ne faut pas confondre ces glandes sudoripares avec d'autres qui sont indépendantes du follicule pileux. Les glandes sudoripares associées au follicule pileux portent d'ailleurs mal leur nom car elles ne sécrètent que sous l'effet du stress ou d'un stimulus sexuel et n'ont aucun rôle dans la thermorégulation. Chez l'Hippopotame leur sécrétion est blanchâtre, laiteuse et riche en lipides et en protéines. On a fait remarquer (Vorbach, 2006) que le lait contient des substances bactéricides que l'on trouve également dans les sécrétions des glandes à mucus. Parmi ces substances citons la xanthine oxydoréductase, la lactoferrine, des anticorps et le lysozyme.

Un Cas Particulier : Le Lait de Pigeon

Les pigeons, tourterelles et colombes (famille des columbidés) ne pondent en moyenne que deux œufs par couvée, espacés d’une journée, et couvés pendant 18 jours. Les poussins, des pigeonneaux (squab en anglais) éclosent presque nus, les yeux fermés, incapables de se nourrir seuls : ils sont strictement nidicoles (de nidi, nid et cole, aimer) et dépendent donc entièrement des soins parentaux. Les deux parents les nourrissent régulièrement, régurgitant en bouche-à-bouche ce fameux lait évoqué en introduction. Les trois premiers jours qui suivent l’éclosion, les jeunes sont nourris exclusivement de ce lait secrété par les adultes. A partir du quatrième jour, le lait commence à être mélangé avec des grains mangés qui vont graduellement prendre de plus en plus de place. A partir du huitième jour, la production de lait baisse sensiblement par paliers successifs jusqu’à cesser entièrement vers le 28ème jour ce qui correspond le plus souvent à l’envol des jeunes qui, entre temps, se sont développés et ont acquis un plumage complet. Si on prive les jeunes de cet apport de lait par les adultes en les nourrissant artificiellement avec de la bouillie liquide de graines consommées par les adultes, ils végètent et souvent meurent.

Ce lait régurgité par les parents provient d’un organe digestif particulier aux oiseaux, le jabot. Ce mot attesté depuis 1546 dans un texte de F. Rabelais au sens de « estomac » dériverait d’un radical prélatin gaba pour gorge ou gosier. Si donc en langage populaire, on l’assimile à l’estomac humain (se remplir le jabot équivaut à se remplir l’estomac, bien manger), chez les oiseaux il s’agit en fait d’une poche de l’œsophage, le conduit entre la cavité buccale et l’estomac.

Le lait de pigeon renferme 60% de lipides ou matières grasses (en poids sec) dont l’essentiel (82%) sont des triglycérides (la forme qui circule dans le sang) et le reste, issu des membranes cellulaires, des phospholipides. On y trouve pas moins de 21 sortes différentes d’acides gras. Les protéines représentent 32 à 36% soit bien plus que celui des mammifères en moyenne autour de 25%. L’essentiel est sous forme de caséine, la protéine typique du lait des mammifères ; l’appellation de lait pour les pigeons se justifie donc pleinement ! Pour le reste, on trouve des acides aminés libres, des immunoglobulines (anticorps), de la lactoferrine (transport du fer) et un facteur de croissance de l’épiderme.

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