Le statut de l’embryon et du fœtus est un sujet de débats constants au sein des sciences sociales, restant non tranché sur les plans éthique, philosophique et juridique. Cette question, parmi les plus sensibles de l’actualité contemporaine, engendre de vastes polémiques et est au cœur des réflexions sur la condition humaine et la notion de personne. L’embryon, désigné par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) comme une « personne humaine potentielle », est protégé non pas en tant que personne, mais en raison de son potentiel à le devenir.

L'évolution de la perception de l'embryon

L’anthropologie a analysé l’impact des techniques de visualisation, notamment l’échographie, sur l’image de l’être prénatal, le présentant comme un « isolat », séparé du corps féminin. L’assistance médicale à la procréation (AMP), en particulier la fécondation in vitro (FIV), accentue cette représentation en dissociant physiquement l’embryon de la femme. Cependant, l’observation ethnographique révèle que l’embryon est toujours intégré dans des réseaux relationnels, impliquant des professionnels et des personnes liées à la parenté.

L'approche relationnelle de l'embryon en AMP

Cet article vise à analyser l’embryon en AMP grâce à une « approche relationnelle », inspirée de l’héritage maussien en matière d’analyse du genre et de la parenté. Cette approche permet de comprendre comment l’embryon alterne entre diverses représentations, oscillant entre enfant potentiel et pur matériau organique, selon sa position dans le système de relations instituées. L'hypothèse est qu'une telle approche éclaire les dilemmes des « parents » confrontés à l’embryon congelé hors projet et aux options prévues par la loi française : garder, donner à la recherche, donner en accueil à un autre couple, détruire.

L'être prénatal : statut ontologique et enjeux normatifs

L’être prénatal fait l’objet d’une abondante littérature en philosophie, théologie et droit, cherchant à définir son statut ontologique. Les travaux des sciences sociales, liés au développement des techniques médicales de procréation, posent le problème des rapports entre description empirique et enjeux normatifs. Les préoccupations et les méthodes des sciences sociales ont évolué en ce domaine depuis les années 1980.

L'imagerie de l'embryon dans l'imaginaire public

Dès les années 1980 et 1990, la littérature féministe a souligné la prééminence de l’être prénatal dans l’imaginaire public. Avec le développement des techniques d’imagerie médicale comme l’échographie, l’image de l’être prénatal est devenue un lieu commun, présente dans les livres, les programmes éducatifs et à la télévision.

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Les critiques féministes et la personnification du fœtus

La littérature féministe américaine et européenne a analysé l’arrivée de ces nouvelles techniques à travers leurs effets pervers, les considérant comme un nouveau pouvoir masculin pour maîtriser le pouvoir féminin. Ces études ont tendance à isoler l’être prénatal de toutes relations sociales, le comparant à un astronaute flottant dans l’espace. Ces travaux s’inscrivent dans les débats sur l’avortement et visent à lutter contre la personnification d’un fœtus qui semble menacer les droits de la femme.

L'embryon : individu biologique ou être social ?

Un autre ensemble de recherches appréhende l’embryon et les techniques (échographie, FIV) sous l’angle du contraste entre les systèmes de valeurs et de représentations de l’individu dans les sociétés traditionnelles holistes et les sociétés modernes individualistes. L’être prénatal, rendu visible par les techniques de visualisation, serait désormais isolé tant au plan cognitif que social, devenant un « pur individu » au sens d’une pure entité biologique. Cette perspective a été critiquée pour durcir le clivage entre « l’Ouest et le reste » et la séparation radicale entre la modernité et la postmodernité.

Le retour de l'embryon dans un réseau relationnel

Dès les années 1990, un nouvel ensemble de recherches féministes s’efforce de replacer l’embryon dans un réseau relationnel et se centre sur l’expérience de la grossesse. Ces études explorent les contours sociaux de l’être prénatal en étudiant les pratiques, les institutions et les discussions qui l’ont placé au centre des politiques reproductives. Elles montrent que les femmes intègrent ces technologies dans leur expérience et arrivent à faire de leur maternité un événement personnel.

L'embryon dans le contexte de la FIV

Avec le développement croissant de la FIV, de plus en plus de chercheurs se sont attachés à étudier l’embryon dans le domaine des techniques médicales de procréation. Ils étudient les changements que produisent la FIV et la congélation des embryons, et montrent que ces techniques touchent de manière croissante la vie des personnes à travers le monde. La sortie de l’embryon hors du corps de la femme et la congélation prolongée modifient le contexte et l’équilibre des relations se construisant autour de cet être, et entraînent une augmentation de l’importance de la place des soignants.

Les enjeux des embryons congelés

En raison de l’augmentation des stocks d’embryons congelés, des chercheurs ont étudié l’expérience et le raisonnement des personnes confrontées à ces embryons hors d’un projet parental. Ces approches essaient de déterminer les facteurs possibles qui influenceraient les représentations de l’embryon et le choix de leur devenir une fois congelés. Les travaux suggèrent que la décision finale découle de nombreux paramètres personnels et familiaux, ainsi que d’attitudes relatives au milieu médical et scientifique. La représentation de l’embryon est le principal élément décisionnel du devenir des embryons congelés et ces choix peuvent évoluer dans le temps.

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L'approche relationnelle maussienne

Il existe de nombreux travaux replaçant l’embryon dans un contexte de réseaux sociaux. La particularité d’une approche relationnelle maussienne est la place donnée à l’institution, c’est-à-dire aux systèmes d’institutions auxquels se réfèrent les individus. Une telle approche appréhende la réalité sociale sur deux niveaux : ce que font les acteurs et le système implicite auquel ils font référence. Une société est un « tissu concret de relations » dont la plupart sont à un certain degré instituées, inscrites dans la temporalité, référées à des valeurs et des significations communes permettant aux individus d’agir en référence à des règles.

L'application de l'approche relationnelle à l'embryon

L’objet de cet article est d’appliquer pour la première fois à l’embryon l’approche relationnelle des anthropologues maussiens. Loin d’appréhender l’embryon comme un être « isolé », nous étudierons son statut « relationnel », c’est-à-dire les relations que d’autres personnes, possédant elles-mêmes un statut, peuvent entretenir avec lui. Ces relations sont variables, mais sont elles-mêmes référées à des normes et des règles communes, en particulier à l’ensemble des dispositifs juridiques qui peuvent changer et être contradictoires. La relation qu’on entretient avec l’embryon est modulée par la manière dont la loi le définit, tout en prenant en compte le fait que le monde social évolue et construit des statuts. De même, la manière dont les soignants, géniteurs et/ou parents perçoivent l’embryon et les qualités qu’ils lui attribuent, déterminent leurs comportements avec lui.

L'évolution de l'embryon : de la fécondation à la naissance

Découvrez, en images, comment évolue un bébé dans le ventre de sa mère. Immédiatement après leur dépôt dans le vagin, entre 100 et 300 millions de spermatozoïdes entament leur course vers l’utérus, où les attend l’ovule. Après la remontée du vagin, les spermatozoïdes doivent traverser le col de l’utérus, puis emprunter l’une des deux trompes de Fallope. Quelques centaines de spermatozoïdes atteignent finalement l’ovule. Avec leur tête, ils commencent à percer sa coque, mais celle-ci résiste.

À cet instant précis, l’œuf (monocellulaire), formé par l’ovule et le spermatozoïde, mesure un dixième de millimètre. Il entame sa route vers l’utérus où il évoluera pendant neuf mois. L’œuf atteint l’utérus. Il se débarrasse de la coque de l’ovule, puis décide de s’accrocher rapidement et fermement à la paroi utérine. Un sillon se creuse à la surface de l’embryon dès la 1ère semaine du fœtus. Une ébauche de cœur commence à battre dans ce minuscule haricot, de 2 millimètres.

L’embryon prend une forme de plus en plus humaine. On aperçoit les bras, le cordon ombilical ou encore les yeux. On distingue maintenant un nez, même s’il est tout aplati, un front bombé, des lèvres épaisses, des oreilles et des mains palmées. Côté organes, le foie est très volumineux, il représente 10 % du poids total. Son cœur bat pour de bon. Les yeux, le nez, les lèvres et le menton sont tous en place et sa queue a disparu. Les neurones, acquis dès le premier mois, se connectent enfin.

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Au fur et à mesure que les neurones se connectent, le fœtus entre en mouvement. Désormais, il agite ses jambes, plie le bout de ses doigts, ferme ses poings, ouvre sa bouche… A ce stade, aussi, sa peau s’épaissit, ses ongles commencent à pousser et ses mâchoires durcissent. On aperçoit enfin les organes sexuels externes de Bébé.

Tous les aliments ingérés par la maman profitent au fœtus. Les molécules alimentaires qu’elle ingurgite passent dans son sang et rejoignent le placenta. Le placenta fait le pont entre le système sanguin de la mère et celui du fœtus. La mère commence réellement à ressentir les "coups de pied" ou les hoquets du bébé. Il dort encore près de 20 heures par jour, mais gigote de plus en plus quand il est éveillé. Ses mains cherchent à "saisir" ce qui passe devant elles, par exemple, le cordon ombilical. Bébé peut aussi passer des heures à sucer son pouce. Sa peau, qui n’est plus transparente, se recouvre d’un duvet appelé lanugo. L’oreille interne est en place. Le fœtus ne perçoit plus les sons venus de l’extérieur, désormais, il les entend. Le fœtus réagit lorsqu’il entend sa maman parler ou lorsqu’elle pose sa main sur son ventre.

Dans le ventre de leur mère, tous les bébés ont les yeux bleus. Maintenant qu’il ouvre les yeux, Bébé passe son temps à scruter ce qui l’entoure. Il découvre son corps, à commencer par ses mains. De temps à autre, le fœtus avale un peu de liquide amniotique pour s’entraîner à déglutir et faire travailler ses reins. Du coup, il urine aussi. Ici, le tubercule génital s’est développé à l’intérieur du corps et s’est transformé en vagin. L’ossification se poursuit. A sa naissance, le bébé dispose de 300 os.

A ce stade, la peau de Bébé s’épaissit encore. Elle se recouvre d’une sécrétion - le vernix caseosa - qui l’aide à garder sa souplesse et à se protéger des agressions extérieures. Son système nerveux est assez mature pour contrôler sa respiration et réguler la température du corps. De la graisse apparaît entre ses os et sa peau. Bébé se sent de plus en plus à l’étroit dans l’utérus de sa mère. Il va naturellement se mettre en "position du fœtus" : menton rentré et les jambes repliées bien haut sur la poitrine. Les gestes de Bébé sont de plus en plus précis. Il se frotte le visage, se gratte… d’autant plus que ses ongles sont complètement formés.

Le cerveau de Bébé poursuit sa croissance. Il lui permet d’avoir conscience de ce qui l’entoure, de prendre des décisions, de réagir aux sollicitations de ses parents à l’extérieur, etc. L’événement le plus important, ce mois-ci, est le changement de position de Bébé. Il effectue une petite acrobatie pour se retrouver la tête en bas, prêt à sortir. A ce stade, Bébé peut naître à n’importe quel moment. Pour le préparer à sa sortie, la mère lui envoie, par le biais de son sang, des anticorps qui le protégeront quelque temps de certaines maladies.

Sous la force des contractions, Bébé entame sa descente. Il appuie avec sa tête sur le col de l’utérus qui se raccourcit, puis se dilate progressivement. La poche des eaux, dans laquelle il baignait depuis neuf mois, se fissure. Les contractions augmentent en intensité et en fréquence. Le col de l’utérus est complètement dilaté : l’accouchement peut commencer. Bébé oriente d’abord sa tête de façon oblique pour passer plus facilement le détroit osseux du bassin. Il dégage ensuite une épaule, puis l’autre. Enfin, tout son petit corps se retrouve "dehors".

L'échographie : une fenêtre sur le développement de l'embryon

L'échographie est une méthode de surveillance de la grossesse par les ultrasons. Elle permet d'apprécier la date de fécondation, de déterminer le nombre d'embryons, de visualiser les mouvements du cœur du fœtus, de faire le bilan d'une grossesse menacée voire interrompue, de dépister des malformations ou une souffrance fœtale. Trois examens sont prévus au cours de la grossesse : entre la 9ème et la 14ème semaine, entre la 20ème et la 22ème semaines, et entre la 32ème et la 34ème semaine.

L’échographie en mode B est une méthode d’exploration échographique d'un plan de la région examinée qui se traduit, sur l'écran du tube cathodique, par une image dont la brillance de chaque point est proportionnelle à l'intensité de l'écho recueilli. L’échographie en mode TM est une méthode d’exploration échographique d’enregistrement graphique des échos obtenus sur une ligne d'exploration et représentés sur l'écran cathodique en ordonnée, en fonction du temps qui défile en abscisse ; il permet d'étudier le déplacement des structures mobiles en fonction du temps.

Trois échographies sont habituellement pratiquées au cours de la grossesse. L’échographie du 1er trimestre (échographie de datation) est effectuée entre la 11ème et la 13ème semaine d’aménorrhée. L’échographie du 2ème trimestre (échographie morphologique) est effectuée entre la 20ème et la 25ème semaine d’aménorrhée. L’échographie du 3ème trimestre est effectuée entre la 30ème et la 35ème semaine d’aménorrhée.

L'échographie tridimensionnelle permet d'associer plusieurs plans de coupe pour former un volume au sein d’une matrice. L'échographie en mode A est une méthode d'exploration médicale utilisant un seul faisceau d’ultrasons, émis et reçu par une sonde. L'échographie focalisée est un procédé par lequel le faisceau ultrasonore converge à une distance de la sonde émettrice réceptrice appelée distance focale.

Les différentes étapes de l'échographie pendant la grossesse

L’échographie est une technique médicale non-invasive qui utilise des ondes sonores à haute fréquence, appelées ultrasons, pour créer des images en temps réel de l'intérieur du corps. En France, trois échographies sont recommandées : une à chaque trimestre de la grossesse.

L’échographie de datation

L’échographie de datation doit être faite entre 5 et 9 SA (semaines d’aménorrhée), soit entre la 3e semaine et la 7e semaine de grossesse. Au cours de l'échographie de datation, le professionnel de santé a pour mission de vérifier : la vitalité de la grossesse et le bon positionnement du fœtus au sein de la cavité utérine ; la présence d’une activité cardiaque qui atteste de l’évolutivité de la grossesse et vérifie l’aspect du trophoblaste ; le risque d’anomalie chromosomique ou le dépistage de certaines malformations. En outre, pour dater le début de la grossesse, l'échographiste va mesurer la longueur crânio-caudale, c’est-à-dire la distance entre la tête et les fesses du fœtus.

La première échographie

La première échographie doit être réalisée entre la 11ème et 13ème SA (semaine d’aménorrhée), soit entre la 10e semaine et la 11e semaine de grossesse. L'échographie du premier trimestre permet de confirmer la datation de grossesse et de contrôler la vitalité du ou des fœtus. À partir de 12 SA, les principaux organes du fœtus sont apparus. C’est également l'occasion pour les parents d'entendre le cœur de leur futur enfant. L'échographiste prend de nombreuses mesures dont la longueur crânio-caudale (LCC), le diamètre de la tête (diamètre bipariétal ou BIP), le diamètre du ventre (diamètre abdominal) transverse ou DAT, et la longueur du fémur (LF). C’est lors de cette deuxième échographie que l’échographiste mesurera la clarté nucale.

La deuxième échographie

La deuxième échographie doit être réalisée entre la 22ème et 24ème SA (semaine d’aménorrhée), soit entre la 20e semaine et la 22e semaine de grossesse. Si l’objectif principal de cette échographie du deuxième trimestre de grossesse est de rechercher d'éventuelles anomalies morphologiques, l'échographiste en profite également pour effectuer des vérifications plus « classiques » telles que la quantité de liquide amniotique, la mobilité du bébé ou son positionnement dans le placenta. L'échographie morphologique se déroule en trois étapes : les mesures biométriques, l'examen morphologique, et les mesures faites grâce au doppler. Cette échographie de grossesse est aussi l'occasion pour les parents qui le souhaitent de connaître le sexe de leur enfant.

La troisième échographie

Elle doit être réalisée entre la 32ème et 34ème SA (semaine d’aménorrhée), soit entre la 30e semaine et la 32e semaine de grossesse. Cette dernière échographie de grossesse vise à préparer correctement l'accouchement. Pour cela, le praticien étudie la position du placenta par rapport au col, la longueur du col de l'utérus ou encore la position du bébé. Elle se déroule en trois étapes : les mesures biométriques, l'examen morphologique, et les mesures faites grâce au doppler.

Les défis de l'échographie prénatale

Lors d'une échographie prénatale, certaines situations peuvent compliquer l'obtention d'images claires et détaillées : le surpoids de la mère et la position du bébé.

La culture des embryons in vitro

La culture des embryons se fait dans des petites gouttes de milieu de culture déposées au fond d’une boîte de Pétri et recouvertes d’huile pour éviter l’évaporation, limiter les échanges gazeux et protéger des contaminations. Les boîtes sont gardées dans un incubateur dont la température est fixée à 37°C et dont l’air est enrichi en CO2 (5%). Au bout de 48 heures d’incubation l’aspect de l’œuf fécondé est déjà tout différent. C’est déjà un embryon que l’on peut transférer dans l’utérus maternel.

A la fin de la fécondation, l’œuf se divise en 2 cellules, puis 4, puis 8, et ainsi de suite. Il y aura environ 200 cellules au bout d’une semaine. Tous ces stades, depuis le 1er jour (2 cellules) jusqu’au 2ème mois, portent le nom d’embryon. Au cours des divisions cellulaires, des fragments (petits morceaux de cellules) peuvent se constituer.

La coculture permet de cultiver les embryons jusqu’à 5/6 jours jusqu’au stade de blastocyste. L’avantage est que seuls les meilleurs parviennent ce stade et qu’ils sont mieux synchronisés avec le processus physiologique. Au terme du cinquième jour environ, l’embryon se libère de la zone pellucide (coque protectrice) qui l’enveloppe. L’embryon fait éclater cette enveloppe par une suite de contractions d’expansion.

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