Il est de plus en plus courant pour les femmes de retarder le moment d’avoir des enfants, ce qui peut entraîner des préoccupations concernant la fertilité, en particulier après 35 ans. La réserve ovarienne, qui correspond au nombre d’ovules disponibles, diminue naturellement avec l’âge, et un faible taux d’hormone antimüllérienne (AMH) peut être un signe d’une réserve ovarienne diminuée. Cet article vise à fournir des informations complètes sur l’AMH, la réserve ovarienne et les options de traitement disponibles pour les femmes de 38 ans confrontées à des problèmes de fertilité.
Qu'est-ce que la réserve ovarienne ?
La réserve ovarienne représente le nombre d’ovules qu’une femme possède à un moment donné. Les femmes naissent avec un nombre déterminé d’ovocytes (les futurs ovules) et ce nombre diminue avec l’âge, surtout après 35 ans. Contrairement aux hommes, qui continuent de produire des spermatozoïdes, les femmes ne peuvent pas produire de nouveaux ovules. La réserve ovarienne est inversement proportionnelle à l’âge de la femme, c’est-à-dire que plus elle est âgée, plus la réserve ovarienne est faible et la qualité des ovocytes inférieure et donc sa fertilité est réduite.
Comment savoir si j'ai une faible réserve ovarienne ?
Il est fréquent que les patientes découvrent qu’elles ont une faible réserve ovarienne lorsqu’elles rencontrent des problèmes pour tomber enceintes. Il existe des signes, comme les antécédents familiaux ou s’il existe un problème d’insuffisance ovarienne associé à un cycle menstruel irrégulier, mais en aucun cas ce ne sont des raisons décisives pour supposer qu’il s’agit de cette pathologie.
Tests pour évaluer la réserve ovarienne
Pour évaluer la réserve ovarienne, deux types de tests sont généralement effectués :
- Échographie transvaginale : Une échographie transvaginale permet de visualiser les ovaires et de compter le nombre de follicules antraux (follicules de 2 à 9 mm de diamètre) dans chaque ovaire, idéalement entre le troisième et le cinquième jour du cycle menstruel. Le nombre de follicules antraux ne varie pas au cours du cycle menstruel.
- Analyse hormonale : Cette analyse mesure les niveaux de plusieurs hormones, notamment l’hormone antimüllérienne (AMH), l’hormone folliculo-stimulante (FSH) et l’œstradiol.
Interprétation des résultats hormonaux
- FSH : La FSH est l’hormone qui indique au cerveau (plus précisément à l’hypophyse) d’activer les ovaires et de préparer les follicules. Des taux élevés de FSH au début du cycle menstruel peuvent indiquer une faible réserve ovarienne, car le cerveau détecte que les ovocytes sont peu nombreux et demande à l’ovaire d’en produire davantage. Plus le taux de FSH est élevé, plus le nombre de follicules est faible et moins les ovaires sont susceptibles de répondre positivement à la stimulation. Si la femme en parcours de FIV est supplémentée en FSH, le traitement à suivre doit être décidé en fonction du plus haut taux de FSH relevé.
- AMH : L’AMH est une hormone glycoproteïque sécrétée par les cellules de la granulosa des follicules antraux et pré-antraux. Elle affecte le nombre et la croissance des follicules. La mesure de l’AMH peut donc être utilisée pour dépister les insuffisances ovariennes. Une forte corrélation existant entre le taux d’AMH et le comptage des follicules antraux a été démontrée dans plusieurs publications. Actuellement, la méthode la plus utilisée est l’analyse de l’hormone antimüllérienne, car il s’agit d’une substance qui est produite, en partie, par les follicules antraux de l’ovaire, et ses niveaux sont plus stables dans le temps et à n’importe quel moment du cycle. Ainsi, des niveaux plus élevés d’AMH sont associés à une bonne réserve ovarienne. L’AMH est mesurable dans le sérum à partir de l’âge de 4 ans et constitue un marqueur de la réserve folliculaire qui diminue avec l’âge pour devenir indétectable à la ménopause. En-dessous de 0,6 ng/ml ou 4,3 pmol/L, le taux d’AMH est considéré comme extrêmement faible. Bien qu’il n’y ait pas de consensus clair à cet égard et que l’âge et la technique utilisée aient une influence évidente sur les taux, en général, les taux supérieurs à 1 ng/ml (7,14 pmol/l) sont considérés comme normaux.
- Œstradiol : L’œstradiol a de multiples fonctions. Un taux d’œstradiol supérieur à 80 pg/ml est également lié à un faible taux de grossesse, même lorsque le taux de FSH est normal. Le FSH et l’œstradiol gagneraient donc à être mesurés en même temps.
Importance de l'AMH
L’AMH est produite par les cellules des follicules en attente de maturation. Il est admis que le taux d’AMH est le premier marqueur de réserve ovarienne à diminuer lorsque l’âge de la femme augmente. La mesure de l’AMH peut donc être utilisée pour dépister les insuffisances ovariennes.
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AMH basse à 38 ans : quelles sont les implications ?
À 38 ans, une femme avec une AMH basse peut s'inquiéter de ses chances de concevoir. Bien qu'une faible réserve ovarienne puisse rendre la conception plus difficile, elle ne signifie pas nécessairement l'impossibilité de devenir mère. Il est logique de conclure que les chances d’avoir une grossesse naturelle en utilisant ses propres ovules, avec une faible réserve ovarienne, diminuent avec l’âge.
Facteurs à considérer
- Âge : L’âge est un facteur crucial à prendre en compte. Plus une femme est âgée, plus les ovocytes risquent d’être de mauvaise qualité et plus les problèmes augmentent, tant en termes d’altérations chromosomiques que d’échec de l’implantation dans l’utérus. Une étude de 2014 menée par Jason M.
- Qualité des ovocytes : Même avec une faible réserve ovarienne, il est possible d’obtenir des ovocytes de bonne qualité. Il existe des femmes à faible réserve qui répondent bien aux traitements de stimulation hormonale et obtiennent des ovocytes de grande qualité.
- Autres marqueurs : Il est important de regarder la corrélation avec les autres taux hormonaux et avec l’échographie pour évaluer la situation globale.
- Cycles menstruels : Il est important de noter que même avec une AMH basse, certaines femmes peuvent avoir des cycles menstruels réguliers.
Options de traitement pour une faible réserve ovarienne à 38 ans
Si vous voulez devenir mère et que vous avez ce problème de fertilité, l’idéal est de discuter des causes possibles avec votre gynécologue ou un spécialiste de la procréation assistée et, en fonction de la raison et de la probabilité de grossesse due à l’âge, de chercher une alternative ou un traitement pour tomber enceinte avec une faible réserve ovarienne, car c’est possible. Vous déterminerez ensemble la meilleure option pour votre cas spécifique.
Fécondation in vitro (FIV)
La fécondation in vitro (FIV) est l’un des traitements les plus efficaces en matière de procréation assistée et aussi l’un des plus courants. Après une stimulation hormonale des ovaires, les ovules sont extraits et inséminés en laboratoire avec le sperme de votre partenaire ou celui d’un donneur, en fonction de chaque cas. La FIV à 38 ou 39 ans est possible et souvent couronnée de succès avec la bonne approche.
Défis et considérations en FIV
- Stimulation ovarienne : Une faible réserve ovarienne peut se traduire par l’obtention d’un faible nombre d’ovocytes après stimulation et ponction ovarienne.
- Qualité embryonnaire : Un pourcentage élevé d’embryons formés à partir d’ovocytes de femmes plus âgées sont aneuploïdes, c’est-à-dire qu’ils présentent des anomalies chromosomiques numériques.
- Diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) : À partir de 39 ans, il est recommandé de réaliser le DPI pour le dépistage des aneuploïdies, qui permet d’identifier les embryons qui sont porteurs d’anomalies chromosomiques et de ne transférer que des embryons sains. Le DPI est un outil qui va nous aider à prendre des décisions : si par exemple le DPI montre que tous les embryons sont porteurs d’anomalie, on recommandera de passer par un don de gamètes. Si les embryons sont sains mais qu’il n’y a pas d’accroche, alors on envisagera plutôt un problème du côté de l’endomètre et on recommandera de faire des tests supplémentaires à ce niveau-là. Nous indiquons également le DPI en cas d’échecs d’implantation ou de fausses couches répétées.
Succès de la FIV avec AMH basse
Il est important de noter que le fait qu’une femme présente de faibles taux d’hormone antimüllérienne, peut se traduire par l’obtention d’un faible nombre d’ovocytes après stimulation et ponction ovarienne, mais cela ne signifie en aucun cas qu’elle ne peut pas réaliser une gestation évolutive. Une bonne nouvelle toutefois : lorsque des embryons parfaitement normaux sont transférés dans l’utérus de la receveuse, son âge ne compte plus. Le taux de grossesse est similaire pour les femmes de tous âges. Chez les patients de moins de 35 ans présentant de faibles taux d’hormone antimüllérienne, il a été établi qu’après trois transferts d’embryons de bonne qualité, les résultats du traitement par FIV étaient optimaux.
Don d'ovules
Si la réserve ovarienne est pratiquement épuisée, ou si la future maman est d’un âge avancé, il est inutile de stimuler les ovaires car il reste peu d’ovocytes et ceux qui existent sont généralement de moins bonne qualité, ce qui rend difficile l’obtention d’une grossesse et augmente le risque de fausse couche. La FIV avec don d’ovocytes est une option à considérer. Les traitements de don d’ovocytes sont faits de manière très transparente et contrôlée : le Portugal est l’un des seuls pays où il y a un contrôle effectif du nombre de dons par donneuse. Aujourd’hui, avec les banques d’ADN on peut presque dire que les donneurs anonymes n’existent pas, car il est au final assez facile de découvrir leur identité. La vraie différence au Portugal porte donc sur le fait que les donneuses ont donné leur accord pour être contactées par l’enfant d’ici à 18 ans, 20 ans, 30 ans ou même 40 ans.
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Caractéristiques des donneuses
- Nationalité : Pas de restrictions.
- Fertilité prouvée : La loi portugaise ne limite pas le don aux personnes qui ont déjà eu leurs propres enfants.
- Niveau d’études : La majorité des donneuses font ou ont fait des études supérieures (Coimbra est une ville universitaire avec plus de 25.000 étudiants). Cette information est toujours donnée aux patientes.
- Motivation : Les donneuses sont toujours évaluées par une psychologue certifiée. L’altruisme est obligatoire même s’il y a un dédommagement de 961€ fixé par la loi.
Autres options et considérations
Conservation des ovocytes
Si vous souhaitez devenir mère dans le futur, il est également possible de congeler vos ovules afin de les utiliser lorsque vous vous sentirez plus prête pour la maternité.
Amélioration de la qualité des ovocytes
Évidemment, plus vous êtes en bonne santé, plus vous avez de chance de pouvoir avoir un enfant. Par ailleurs, il faut contrôler ce qu’on peut contrôler donc nous sommes tout à fait favorables à une meilleure alimentation et à une meilleure hygiène de vie.
Rajeunissement ovarien
Le rajeunissement ovarien c’est l’injection de PRP (concentré de plaquettes de la propre patiente) à l’intérieur des ovaires afin d’aider à la récupération du tissu ovarien. Dans la réalité, on utilise le PRP au niveau endométrial pour aider les endomètres trop fins à pousser, mais on ne l’utilise pas encore pour des injections intra-ovariennes parce que pour le moment les risques sont encore supérieurs au potentiel bénéfice. C’est une option à évaluer aussi individuellement, il y a quelques études publiées avec des résultats favorables mais pour le moment on n’a pas vu de résultats vraiment extraordinaires.
Tests supplémentaires
En cas d’échecs d’implantation ou de fausses couches répétées, des tests supplémentaires peuvent être envisagés, tels que le test MatriceLab (évaluation de l’environnement immunitaire de l’utérus) et le typage HLA (test immunitaire).
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