Calypso Valois, fille d’Elli Medeiros et de Jacno, est une artiste aux multiples talents, oscillant entre musique et cinéma. Son parcours, marqué par l'empreinte de ses parents et de son parrain, Étienne Daho, l'a menée à affirmer sa propre identité artistique.
Une enfance bercée par la musique et l'art
Calypso Valois a baigné dans un univers artistique dès son plus jeune âge. Son prénom a même figuré dans le tube de sa mère, A Bailar Calypso (1987). Elle est apparue dans des clips comme celui de Toi mon toit (1986), s’amusant au milieu des danseurs. Elle dit ne pas avoir eu conscience de l’effervescence artistique qui entourait ses parents, pionniers punk dans le groupe Stinky Toys et transformés en duo précurseur de l’électro-pop française. Plus marquée par leurs multiples absences et leur manque d’encouragements, elle a longtemps préféré la musique classique à la chansonnette.
Les débuts musicaux : du piano au synthétiseur
Calypso Valois a d'abord été attirée par la musique classique, notamment Chopin. Elle se demandait comment Chopin, Bach ou Schubert faisaient pour réussir à exprimer tout ce qu’elle ressentait. Elle a investi le théâtre avant que l’acquisition d’un synthétiseur, l’instrument fétiche des premiers succès de Jacno, ne la réconcilie avec la légèreté pop.
En 2014, encouragée par son parrain, Etienne Daho, Calypso Valois chante au sein de son premier groupe, le duo Cinema. Le succès est mitigé. Le cinéma fait en revanche les yeux doux à cette fille au regard gris-bleu.
Calypso Valois : l'affirmation d'une identité artistique
Calypso Valois est retournée derrière un micro. D’abord pour un duo avec Daho lors d’une reprise très « technoïde » d’Amoureux solitaires, hit de Lio coécrit par ses parents (et Jacques Duvall), qui figure dans l’album hommage Jacno Future (2011). C’est également à cette occasion que la Montmartroise a rencontré Yan Wagner, chanteur et producteur franco-américain, héritier de la synth-pop, avec lequel elle a réalisé son premier opus.
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Elle a planté, dans Cannibale, les intrigants décors de chansons oscillant entre mélodies primesautières et atmosphères menaçantes. On y retrouve le goût de la chanteuse-comédienne pour les musiques de films, son admiration pour l’excentricité de Brigitte Fontaine, des clins d’œil au piano de Gainsbourg à l’élégante fragilité de Chamfort et Daho. Sans oublier la tendre référence au minimalisme synthétique cher à Elli & Jacno.
"Cannibale" et "Apocalypso" : deux albums sous le signe d'Eros et Thanatos
Son premier album solo, "Cannibale", nous avait dévoilé son univers romantico-apocalyptique. Un disque sous l’influence du gothisme de l’époque romantique, qui dévoile un goût pour les liaisons dangereuses revisitées par les fleurs du mal. C'est de nouveau sous le signe d'Eros et Thanatos que la musicienne place son nouvel opus, Apocalypso.
Après avoir tourné dans toute la France, œuvré comme comédienne au cinéma, quand elle n’est pas derrière les platines où elle officie comme DJ depuis plusieurs années, Calypso Valois revient sur le devant de la scène pop avec un disque sensuel, aux mélodies baroques et aux textes ourlés, pour danser, à la vie ou à la mort, mais à l'amour surtout.
Les influences et collaborations de Calypso Valois
Calypso Valois est influencée par Chopin, les Velvet Underground, Brigitte Fontaine, Gainsbourg, Chamfort et Daho. Elle a collaboré avec Etienne Daho, Yan Wagner et Jean-Louis Piérot.
Elle a été encouragée par son parrain, Etienne Daho, elle fonde le groupe « Cinéma », avec Alexandre Chatelard, avec lequel elle sort deux EPs et un album autoproduit, avant d’entamer une carrière solo, quoique bien entourée. Réalisé par Yann Wagner, pilier de la scène électro hexagonale, et mixé par Jean-Louis Piérot, ancien des Valentins et collaborateur de Jacno, son premier album, intitulé “Cannibale”, paraît en 2017 et connaît un très bon accueil.
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Elli Medeiros : une figure emblématique de la scène musicale française
Elli Medeiros, mère de Calypso Valois, est une figure emblématique de la scène musicale française. Elle est née en Uruguay en 1956 et arrive en France à l’âge de 14 ans. Elle rencontre Jacno avec qui elle fonde le groupe les Stinky Toys en compagnie d’amis de lycée. Rapidement, elle abandonne les études pour se consacrer pleinement à la musique, et noue des liens avec de nombreux artistes très en vogue à l’époque.
En pleine vague punk, les Stinky Toys se font rapidement repérer, notamment par Malcolm McLaren, le célèbre producteur à l’origine du succès des Sex Pistols. Elle réalise avec Ramuntcho Matta son premier opus en solo, "Bom Bom". Dès la sortie de la première chanson issue de cet album, "Toi mon toit", en 1986, le succès est au rendez-vous. Il en est de même pour le morceau suivant, "A bailar Calypso", qui se place également parmi les meilleures ventes de disques en 1987. En 2006, grâce à l’insistance d’Etienne Daho, elle publie un troisième album, EM, produit par le chanteur et pour lequel elle reprend quelques morceaux de Stinky Toys.
Les Stinky Toys et Elli & Jacno : les débuts d'une carrière
En 1973, Elli Medeiros rencontre Denis Quilliard (alias Jacno) avec qui elle va fonder le groupe punk rock Stinky Toys. Avant même de décrocher un contrat avec un label français, le groupe fait la une du magazine anglais Melody Maker mais se sépare en 1979 après seulement deux albums et un succès plus critique que populaire. Stinky Toys se débarrasse de ses musiciens et devient simplement Elli et Jacno en 1980. Les deux enfants de la pop inventent ensemble un son qui va influencer une génération de jeunes artistes français et se font remarquer avec les 45 tours Main dans la main et Je t’aime tant.
Calypso Valois : une artiste complète
Calypso Valois est une artiste complète, qui s'illustre aussi bien dans la musique que dans le cinéma. Elle a participé à des films d’Olivier Assayas, Michel Gondry et Catherine Corsini. Elle est également DJ.
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