L'accouchement est un événement unique et transformateur dans la vie d'une femme. Bien que la médicalisation de la naissance soit devenue la norme dans de nombreux pays, certaines femmes choisissent d'accoucher seules ou avec une assistance minimale. Cet article explore les risques et les avantages potentiels de l'accouchement seul, tout en offrant des conseils et des alternatives pour celles qui envisagent cette option.

Introduction

La décision d'accoucher seule est personnelle et complexe, influencée par des facteurs tels que des convictions philosophiques, des expériences antérieures ou des circonstances particulières. Il est essentiel de peser soigneusement les risques et les avantages, de s'informer de manière approfondie et de se préparer adéquatement pour assurer la sécurité de la mère et de l'enfant.

Risques Associés à l'Accouchement Seul

Les naissances hors maternité comportent des risques importants tant pour l'enfant que pour la mère. Les autorités de santé recommandent d'accoucher dans des structures médicalement sécurisées. En cas de difficulté, c'est surtout l'enfant qui risque de souffrir. Un travail prolongé le prive d'oxygène, et à domicile, il n'y a pas de moyens de le ranimer. La maman peut également souffrir en cas de travail très prolongé. Après l'accouchement, il y a aussi un risque d'hémorragie si le placenta ne se décolle pas ou partiellement.

En cas d'accouchement à domicile, la sage-femme est seule avec la maman enceinte et son compagnon. Elle n'a aucun matériel à sa disposition (oxygène, poche de sang, forceps ou ventouse) pour traiter les complications éventuelles. Celles-ci, qu'elles concernent la mère ou le bébé, nécessiteront le transfert par ambulance dans un hôpital ou une clinique.

  • Risques pour le bébé :
    • Privation d'oxygène en cas de travail prolongé
    • Difficulté de réanimation à domicile
    • Complications néonatales non traitées rapidement
  • Risques pour la mère :
    • Souffrance en cas de travail très prolongé
    • Hémorragie post-partum due à un décollement placentaire incomplet
    • Complications obstétricales non traitées rapidement

Accouchement Accompagné à Domicile (AAD) : Une Alternative Plus Sûre

L'accouchement accompagné à domicile (AAD) est un accouchement planifié avec une sage-femme, professionnelle de santé à compétences médicales. La présence de celle-ci permet d'assurer la surveillance du bien être maternel et fœtal et de prendre des mesures médicales en cas de besoin. La sage-femme accompagne la femme en lui apportant toute son attention, ses compétences en gestion non médicamenteuse du travail et de la douleur et n'intervient de façon technique qu'en cas de pathologie pour effectuer tous les gestes d'urgences qui s'avéreraient nécessaires en l'attente d'un transfert (dispositifs médicaux, médicaments, oxygène…).

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Les femmes ont un dossier en maternité (obstétrique et anesthésie) afin de faciliter la continuité des soins. Bien que la formation initiale française ne prévoie pas d'enseignement spécifique à l'accouchement extrahospitalier, des sages-femmes françaises ont su pallier ce manque. La communauté des sages-femmes AAD permet des compagnonnages avant installation. De plus en plus de sages-femmes qui offrent les AAD, participent aux formations en réanimation néonatales de leurs réseaux périnataux. Des formations continues sont offertes autour des thèmes spécifiques et notamment la gestion des urgences obstétricales et néonatales en milieu extrahospitalier.

En France il n'existe pas de « liste » de matériel pour un AAD, mais les sages-femmes ayant une obligation de moyen pour assurer leurs soins, s'équipent de tous les médicaments et dispositifs médicaux leur permettant de surveiller le déroulement physiologique de la naissance et de ses suites immédiates.

Les femmes qui sont suivies en vue d'un AAD sont des femmes en bonne santé et dont la grossesse se passe normalement. Certaines conditions médicales contre-indiquent l'accouchement à la maison comme une naissance de jumeaux, un bébé qui se présente par le siège… Les sages-femmes étudient avec la famille la faisabilité du projet au cours de la grossesse qu'elles analysent au regard de l'histoire individuelle de chacune. Elles se basent notamment sur les critères HAS (Haute Autorité de Santé) pour le suivi et l'orientation des femmes enceintes (5) pour évaluer si la femme est bien à bas risque tout au long de la grossesse En l'absence de recommandations spécifiques aux naissances extra-hospitalières elles se réfèrent aux recommandations HAS pour l'accouchement normal (6) et à toutes recommandations utiles en fonction de la problématique qui se présenterait.

Avantages de l'AAD

  • Continuité des soins : La femme enceinte est accompagnée par le même professionnel de la naissance, tout au long de sa grossesse, de son accouchement, du suivi postnatal et des séances de rééducation du périnée.
  • Confiance et relation : Ce qui permet à une sage-femme d'accompagner un couple pour une naissance à domicile est la relation qui s'établit entre eux trois, la confiance réciproque étant l'élément primordial.
  • Surveillance médicale : La sage-femme surveillera en particulier l'état respiratoire et neurologique du nouveau-né, l'apparition ou non d'un ictère et fera les tests de dépistage recommandés. En cas de problème concernant la mère et/ou l'enfant, elle devra faire appel au médecin de famille ou à un pédiatre.
  • Équipement médical : Les sages-femmes s'équipent de tous les médicaments et dispositifs médicaux leur permettant de surveiller le déroulement physiologique de la naissance et de ses suites immédiates.
  • Transfert possible : Si la femme souhaite finalement bénéficier d'une analgésie péridurale (ce qui a été le cas pour moins de 2% des femmes en 2018) ou que son accouchement nécessite une intervention médicale non possible à domicile, la sage-femme organisera son transfert vers l'hôpital où elle s'est inscrite durant la grossesse.

Conditions pour un AAD

  • Grossesse à bas risque, définie par des critères précis énoncés par la Haute Autorité de Santé.
  • Absence de contre-indications médicales (naissance de jumeaux, bébé en siège, etc.).
  • Logement adapté et distance raisonnable d'une maternité.
  • Climat de confiance entre la femme, son conjoint et la sage-femme.

Accouchement Non Assisté (ANA) ou "Freebirth"

L'accouchement non assisté (ANA) se définit par le fait de donner naissance à un enfant sans assistance médicale. Appelé également freebirth ("accouchement libre") par les Anglo-Saxons, l'accouchement ANA représenterait moins d'1 % des naissances en France selon une étude Insee réalisée en 2017. Ce type d'accouchement consiste, comme son nom l'indique, à donner naissance à un enfant sans aucune assistance médicale (ni par un médecin, ni une sage-femme ou autre professionnel de santé).

Raisons de Choisir un ANA

  • Accouchement qui va plus vite que prévu.
  • Choix parental.
  • Choix par défaut, car on ne trouve pas de sage-femme pour accompagner l'accouchement à domicile.

Légalité de l'ANA en France

Comme l'indique le code civil de 1804, dit aussi le code "Napoléon", chaque femme a le droit d'accoucher où et comme elle l'entend. Une fois l'accouchement réalisé, le Code de santé publique, insiste sur le fait qu'il existe un certain nombre de consultations obligatoires suite à l'accouchement. Il faut savoir que si on vit une grossesse à risque (diabète gestationnel, grossesse gémellaire, utérus cicatriciel, hypertension, malformations congénitales, bébé en siège…), l'État peut se retourner contre vous en cas de problèmes post-accouchement.

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Préparation à un ANA

  • S'informer sur la physiologie de l'accouchement : Faire confiance à l'équipe médicale ou à votre sage-femme à domicile est une bonne chose, mais cela ne signifie pas pour autant renoncer à se renseigner sur la physiologie de l'accouchement et leur laisser un contrôle total sur votre corps et vos choix, simplement par manque de connaissances.
  • Gérer la douleur : La douleur lors d'un accouchement est un processus physiologique et normal. Elle est le signe que tout se déroule comme prévu. Plutôt que de lutter contre la douleur, il est important d'apprendre à travailler avec elle, car elle est votre alliée. Laissez-vous guider par elle ; elle vous aidera à trouver la bonne position et vous rapprochera à chaque contraction de votre bébé.
  • Surmonter les peurs : Vous avez peut-être vécu un accouchement traumatisant, ou bien entendu des récits d'accouchements difficiles. Il est crucial de surmonter ces peurs. Pour cela, il est nécessaire de les comprendre.
  • Choisir son environnement : Choisissez un lieu où vous vous sentez sereine. Souvent, pour des raisons de logistique et d'intimité, ce lieu est votre domicile, même s'il n'est pas toujours celui que vous appréciez le plus. Dans ce cas, il est important de le rendre agréable.
  • Préparer le matériel nécessaire : Préparez-vous une valise au cas où un transfert d'urgence serait nécessaire. Assurez-vous également que votre système de chauffage fonctionne correctement ; il est recommandé de maintenir une température d'environ 23-25°C pendant l'accouchement.

Accoucher Seule à la Maternité : Une Situation Particulière

Des contraintes professionnelles peuvent aussi empêcher le papa d'être présent le jour J et vous vous retrouvez à accoucher seule. Alors, comment faire pour accoucher toute seule à la maternité ?

Anticiper le Jour J

  • Préparer votre valise de maternité dès le septième mois de grossesse.
  • Prévoir également un sac pour la salle d'accouchement avec une tenue pour bébé, et quelques affaires pour vous, qui vous permettront de passer le temps et d'avoir un minimum de confort (musique, brumisateur, bonbons…).
  • Informez-vous au maximum sur les étapes de l'accouchement, notamment pour savoir quand partir à la maternité : prétravail, travail, délivrance, savoir comment cela va se passer permet de vivre l'événement plus sereinement seule.
  • Suivez des cours de préparation à l'accouchement dans la maternité où vous allez accoucher : cela permet de connaître un peu le personnel. Réussir à identifier deux-trois têtes un peu familières le jour de la naissance peut vous rassurer.

Avoir une Autre Personne Accompagnante

Que vous soyez maman solo ou en cas d'absence du conjoint pour des raisons professionnelles, vous avez la possibilité de vous faire accompagner d'une autre personne. Demandez à un proche de confiance de vous accompagner pour ne pas vous sentir seule le jour J. Votre maman, une amie, une cousine, ce qui compte c'est que celle que vous choisirez pour ce jour particulier soit bien sûr relativement disponible, puisque cela peut arriver à tout moment en fin de grossesse, mais aussi bienveillante : vous aurez besoin de son soutien et d'une attitude positive au moment de l'accouchement. Sinon, gardez cet adage en tête : mieux vaut être seule que mal accompagnée.

Les Solutions pour Vous Rendre à la Maternité Seule le Jour J

Quand le travail commence et que les contractions se rapprochent, il est temps de partir à la maternité. Mais pas question de prendre le volant, même si personne ne peut vous accompagner ! Vous aurez du mal à vous concentrer sur la route : vous vous exposez à un risque d'accident et ce n'est pas vraiment le moment !

  • Vous avez la possibilité de faire appel à une ambulance ou un VSL (véhicule sanitaire léger) : pour ce faire, parlez-en à votre gynécologue ou à votre sage-femme, afin d'obtenir une prescription ou au moins des renseignements, et de vous renseigner auprès de la sécurité sociale et de votre mutuelle pour savoir si ces frais seront pris en charge et à quelle hauteur. Normalement, vous pouvez bénéficier d'un remboursement à 100 %.
  • Le jour J, appelez les pompiers seulement et uniquement en cas de véritable urgence : ils vous amèneront à la maternité rapidement et en toute sécurité.

Demander à Programmer l'Accouchement si Vous Devez Accoucher Seule

Si c'est l'enfant qui décide quand il va naître, qu'attendre que la nature fasse son travail est le mieux pour vous et votre bébé, programmer votre accouchement si vous êtes maman célibataire peut être une solution. Cela permet d'éviter l'absence du mari le jour J. Vous ne vous retrouverez ainsi pas en détresse, seule, aux premières contractions. En prévoyant le jour de l'accouchement, vous pourrez accueillir votre bébé avec moins d'inquiétude et vous organiser pour vous rendre à la maternité, particulièrement si elle est loin de votre domicile ou que vous n'êtes pas véhiculée. Attention, un déclenchement n'est possible que si votre col est déjà raccourci. Votre médecin gynécologue peut également le refuser en l'absence de raison médicale.

Conseils pour Bien Vivre Votre Accouchement Seule

  • Dites-vous que vous n'êtes pas seule si vous n'avez pas d'accompagnant : le personnel médical est là. Questions, peurs, stress, vous pourrez leur faire part de vos états d'âme.
  • Profitez du moment présent : oui vous êtes seule, mais vous allez vivre un moment unique et magique, celui de la naissance de votre enfant.
  • Amie, famille, ces êtres chers seront là pour vous : n'hésitez pas à solliciter leur aide.
  • Enfin, dernier conseil : organisez également durant la grossesse le retour à la maison et surtout l'après-naissance, afin qu'il soit le plus zen possible.

Accouchement Inopiné : Que Faire en Cas d'Urgence ?

Les cas d’accouchements en toute urgence, sur le pas de la porte, dans la voiture, ou dans l’ambulance, font régulièrement leur apparition au cinéma ou dans la presse. Ces situations d’urgence peuvent arriver à n’importe quelle femme. Mais si vous sentez que le bébé est déjà descendu et que vous avez envie de pousser, préparez-vous à un accouchement sur place et laissez faire les choses naturellement.

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Comment Réagir en Cas d'Accouchement Imminent ?

  1. Contacter le Samu en composant le 15 : Répondez aux questions des secouristes, qui vont évaluer la situation et déterminer la meilleure démarche à suivre.
  2. Préparer l'environnement : Si vous êtes à la maison, installez-vous dans la pièce la plus chaude. Si vous êtes dans un autre environnement, cherchez l’endroit le plus chaud possible.
  3. Aider la maman : Les papas peuvent faire de leur mieux en rassurant la maman.
  4. Assister la naissance : Si la tête du bébé est sortie, ils peuvent la soutenir et l’accompagner à la contraction suivante, mais sans tirer dessus, ni sur le cordon ombilical.
  5. Accueillir le bébé : Le réflexe le plus simple est de le poser sur le ventre de la maman, en veillant à ne pas le laisser tomber, l’essuyer avec une serviette, puis l’envelopper dans une couverture, avec un bonnet si possible.
  6. Surveiller la respiration du bébé : Prêtez tout spécialement attention à la respiration du bébé.

Il est important de souligner qu'en aucun cas ces quelques règles doivent valoir de mode d’emploi pour un accouchement à domicile volontaire. En effet, cette marche à suivre s’adresse à des cas d’urgence.

Motifs du Choix d'un Accouchement à Domicile

Les femmes et les couples qui s'orientent vers ce type d'accouchement sont en recherche d'intimité, de naturalité et d'autonomie. Elles aiment aussi l'idée d'un accompagnement global avec une même sage-femme, du début de la grossesse au post-partum.

Démarches à Effectuer

La première démarche consiste à trouver, dès le début de la grossesse, une sage-femme qui aura de la place pour cet accompagnement. La liste des sages femmes AAD est consultable sur le site de l'APAAD. Le bouche-à-oreille est aussi très efficace si l'on connaît des mamans qui ont accouché de cette façon dans son entourage.

Si l'on ne trouve pas de sage-femme, les alternatives sont limitées. Il y a bien sûr les plateaux techniques et les maisons de naissance, mais là aussi les places sont rares car il y en a peu en France.

Questions à Se Poser

  • Quelle est ma motivation profonde à choisir un AAD ?
  • Est-ce que mon conjoint est en accord avec mes choix ?
  • Quels sont mes besoins pour vivre au mieux mon accouchement ?
  • Mes peurs, s'il y en a ?
  • Suis-je prête à subir un certain nombre de pressions familiales et /ou hospitalières…
  • Me suis-je documenté ?
  • Et me suis-je préparée suffisamment à hauteur de l'importance de l'événement ?

Contre-Indications à un Accouchement à Domicile

Tout au long du suivi de la grossesse, la sage-femme vérifie que tous les critères de santé et de sécurité sont respectés : la survenue d'une pathologie ou d'une particularité de la grossesse peut interrompre le projet d'AAD (comme l'accouchement prématuré ou le post terme, la grossesse gémellaire, la présentation du siège, les anomalies placentaires, les anémies sévères, l'hypertension, le diabète gestationnel mal équilibré, certaines malformations etc.). De même, un logement non adapté, un conjoint réfractaire ou un climat de confiance rompu peuvent empêcher l'AAD.

Coût d'un Accouchement à Domicile

Cela coûte moins cher qu'un accouchement en structure car il n'y a pas de séjour en maternité. L'acte d'accouchement coûte 376,20 euros, il est remboursé à 100% par l'Assurance Maladie. À cela s'ajoutent des honoraires d'astreinte pour la sage-femme qui se rend disponible le dernier mois, joignable 7 jours sur 7 et 24h sur 24. Ce complément de rémunération est libre et varie donc d'une sage-femme à l'autre. Il peut aussi y avoir des indemnités de nuits ou de jours fériés, ainsi que des indemnités kilométriques, également prises en charge par l'Assurance Maladie.

Équipement Nécessaire pour un Accouchement à Domicile

La liste est plutôt simple, on est souvent dans une dynamique « less is more » ! Le matériel médical est le plus souvent fourni par la sage-femme. Pour le reste, c'est la même chose que pour une valise de maternité. La sage-femme peut délivrer une ordonnance avant l'accouchement pour le bébé et sa maman où elle prescrit de la vitamine D, vitamine K, éventuellement du Doliprane ou de l'homéopathie pour accompagner le travail ou le post-partum, des anesthésiants (en cas de suture du périnée), une poche de sérum physiologique (si besoin d'une perfusion ) ….

Si l'on souhaite accoucher dans l'eau, cela dépend des sages-femmes, certaines ont des piscines à disposition. On peut aussi en louer sur Internet, ou chez certaines doulas. En général, avec la piscine il y a tout l'équipement. Il faut assez d'eau chaude et l'espace pour installer un matelas ou un canapé à côté de la piscine pour éviter de monter à l'étage après la naissance.

Rôle du Conjoint lors de l'Accouchement à Domicile

Cette possibilité d'accouchement chez soi donne une vraie place aux conjoints. Dès le suivi de la grossesse et de la préparation, ils sont intégrés et sollicités. Le jour J, ils sont chez eux, ils trouvent alors plus facilement les gestes et l'attitude qui conviennent, pour apporter un soutien inconditionnel à leur femme. Ils forment un duo, et accouchent ensemble. Dans ces moments, c'est plutôt la sage-femme qui est invitée !

Préparation à l'Accouchement à Domicile

L'essentiel est de comprendre ce qu'est un accouchement physiologique, se rappeler la formidable compétence du corps humain, l'articulation de la « marmite hormonale ». Les séances de préparation visent aussi à développer la capacité à se détendre, à respirer, à trouver la bonne posture grâce à l'écoute du corps et l'aide du conjoint. On va parler aussi de l'allaitement, du post-partum, de soins au bébé. La sage-femme explique également sa façon de travailler, les critères de transfert si besoin.

Interventions de la Sage-Femme le Jour J

Avec les couples, on se donne un cadre, des repères pour reconnaître un début de travail. Une fois sur place, la sage-femme observe et perçoit les choses, l'ambiance, comment se déroule le travail, à quel stade en est la dilatation. Ensuite, elle installe son monitoring, et écoute le cœur du bébé, y compris si la maman est dans l'eau. La sage-femme est aussi là pour accompagner, masser, respirer avec la femme, si elle le demande. On n'est pas dans le « faire » mais plutôt « être avec », et si besoin on fait !

Après la Naissance

Le bébé est laissé en contact avec sa maman tout le temps ; on ne se presse pas de couper le cordon. Pour la délivrance, on laisse le corps faire son travail, le placenta se décolle, et la maman le sort toute seule, elle n'a pas besoin d'aide. C'est un moment délicat qu'il ne faut pas perturber. Elle est encore dans une bulle d'ocytocine qui permet le décollement physiologique du placenta. À ce moment-là la sage-femme doit inspecter ce placenta pour vérifier son intégralité, puis elle vérifie ensuite le périnée, évalue s'il faut recoudre en cas de déchirure.

La sage-femme reste légalement deux heures, le plus souvent trois, voire plus… Et surveille l'involution utérine, les saignements, la tension de la maman, l'adaptation du bébé à la vie extra utérine, la première mise au sein. Elle va pratiquer les premiers soins du bébé : examen clinique, auscultation cardio-pulmonaire, réflexes archaïques, pesée, mesure, température. Reste enfin la partie administrative à gérer : la sage-femme retranscrit tout ce qui a été fait dans le dossier médical, rédige les différents courriers et le Certificat d'accouchement pour permettre au couple d'aller déclarer la naissance en mairie (les parents ont 5 jours pour le faire).

Le suivi post-natal (les suites de couches) est assuré le plus souvent par la même sage-femme, sauf si le lieu de naissance est trop éloigné de son domicile. Dans ce cas, le relais peut être pris par une collègue locale. Elle reste joignable jour et nuit dans les jours qui suivent la naissance. Lors de ses visites, une surveillance clinique sera effectuée pour la mère et son bébé, y compris le bien-être psychologique. Et dans les 8 jours qui suivent la naissance, le bébé sera vu par un médecin traitant ou un pédiatre pour la visite médicale obligatoire.

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