Introduction

Edwige Roux-Morizot est une magistrate française qui a consacré 42 années de sa vie au service de la justice. Sa carrière l'a menée à travers différentes juridictions, où elle a exercé des fonctions variées, avant de devenir la première femme procureure de la République à Mulhouse. Son parcours est marqué par un engagement constant envers la lutte contre la délinquance et la défense des valeurs de la justice.

Un parcours professionnel riche et diversifié

Edwige Roux-Morizot a débuté sa carrière comme juge d'instruction à Mâcon, puis a été juge d'application des peines à Dijon. Elle a ensuite occupé le poste de vice-présidente du tribunal d'Auxerre, avant de devenir procureure adjointe à Dijon et Besançon. Ces différentes expériences lui ont permis d'acquérir une connaissance approfondie du système judiciaire et des enjeux auxquels il est confronté.

Première femme procureure à Mulhouse

À la fin de sa carrière, Edwige Roux-Morizot a été nommée procureure de la République à Mulhouse, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste dans cette juridiction. Elle a exercé cette fonction jusqu'à son départ à la retraite.

Priorités et engagements

Tout au long de sa carrière, Edwige Roux-Morizot a fait de la lutte contre la délinquance une priorité. Elle a notamment impulsé des politiques pénales fortes en matière de violences conjugales et de lutte contre le trafic de stupéfiants.

Lutte contre les violences conjugales

Edwige Roux-Morizot a été particulièrement sensible à la problématique des violences conjugales. Elle a mis en place des actions de sensibilisation et de prévention, tout en veillant à ce que les auteurs de ces violences soient sévèrement punis. Elle a souligné l'importance de la libération de la parole des victimes pour mesurer l'ampleur de ce fléau et mettre en place des politiques publiques offensives. Pour les violences de faible intensité, elle croyait beaucoup aux stages de sensibilisation et aux groupes de parole.

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Lutte contre le trafic de stupéfiants

La lutte contre le trafic de stupéfiants a également été une priorité pour Edwige Roux-Morizot. Elle a soutenu l'implication forte du parquet dans les quartiers touchés par ce phénomène, en élargissant la focale pour envisager toutes sortes de trafic.

Prévention de la délinquance

Edwige Roux-Morizot était convaincue de l'importance de la prévention de la délinquance. Elle a mis en place des actions en direction des jeunes, afin de les sensibiliser aux risques de la délinquance et de leur offrir des alternatives.

Création d’un groupe local de traitement de la délinquance à Planoise.

Le lundi 25 septembre 2017, un groupe de traitement de la délinquance (GTD) pour les secteurs de Planoise et Avanne-Aveney a été créé sous la présidence d’Edwige Roux-Morizot, procureure de la République de Besançon, avec l'objectif de lutter contre la délinquance.

Affaires marquantes

Le passage d’Edwige Roux-Morizot à Besançon restera placé sous le sceau de quatre « affaires » d’ampleur nationale, qui sont toujours à l’instruction : la disparition de Narumi Kurosaki, les empoisonnements avec préméditation en cliniques, le meurtre d’Alexia Daval et le crime sanglant du Frasnois. La médiatisation de ces dossiers a marqué la procureure.

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Affaire Narumi Kurosaki

En janvier 2017, Edwige Roux-Morizot indiquait lors d'une conférence de presse qu'une enquête pour violation du secret de l'instruction avait été ouverte après la diffusion d'informations que la procureure désignait comme "totalement confidentielles", dans la presse.

Affaire Alexia Daval

Depuis qu'elle s'est adressée à la presse pour faire un point sur l'enquête après les aveux de Jonathann Daval, les petites phrases et les interventions médiatiques des avocats, la réaction de la secrétaire d'Etat chargé de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa et les commentaires qui ont suivi, elle voulait faire le point et "porter la voix de la raison".

C'est donc une procureure calme mais visiblement éprouvée par les fuites dans la presse, qui s'est adressée jeudi 1er février aux journalistes, rappellant à tous les commentateurs que le "secret de l'instruction et la présomption d'innoncence sont des valeurs qui ne se marchandent pas". La prise de parole a duré trois minutes, juste le temps nécessaire pour demander que "la folie médiatique s'arrête".

Edwige Roux-Morizot tient surtout à rendre hommage au travail des policiers, des gendarmes et des juges d’instruction ayant œuvré ou œuvrant toujours sur ces quatre crimes. « Je suis impressionnée par la qualité des enquêtes, y compris celle de Narumi. Même si le corps ne sera peut-être jamais retrouvé, et qu’on n’a hélas pas pu, pour le moment en tout cas, bénéficier de l’arrivée en France du suspect, ça reste une affaire menée à la perfection, avec des éléments objectifs obtenus avec de la police scientifique, des recoupements, l’utilisation du logiciel AnaCrim et des recherches de grande ampleur… »

Inquiétudes pour l'avenir de la justice

Après six années passées à piloter la politique pénale du tribunal de Mulhouse, Edwige Roux-Morizot s'avoue inquiète pour l'avenir de la justice en France. Elle l'estime mal préparée aux défis posés par une délinquance ultra-connectée et en manque de repères.

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Judiciarisation de la société

Edwige Roux-Morizot a constaté une judiciarisation croissante de la société, avec une justice appelée à régler de nombreux problèmes sociaux. Elle estime que ces attentes impossibles à satisfaire créent des frustrations et du mécontentement, dans un monde surinformé et soumis à des commentaires permanents.

Manque de moyens

Edwige Roux-Morizot a également déploré le manque de moyens dont souffre la justice, notamment en termes d'effectifs de magistrats. Elle estime que ce manque de moyens nuit à la qualité du service rendu aux justiciables et allonge les délais de traitement des affaires.

Style de management

Edwige Roux-Morizot était connue pour être une procureure ouverte, pragmatique et à l'écoute. Elle souhaitait que les magistrats du parquet soient vus comme des gardiens des libertés individuelles et que le parquet soit le plus ouvert et le plus informé possible pour prendre ses décisions.

Ouverture et pragmatisme

Edwige Roux-Morizot se définissait comme quelqu'un de tout à fait ouvert, pragmatique et à l'écoute. Elle ne voulait surtout pas être sur sa montagne, à regarder les choses de loin, mais être pleinement acteur, en lien avec la société civile.

Importance des libertés individuelles

Edwige Roux-Morizot attachait une grande importance aux libertés individuelles. Elle souhaitait que les magistrats du parquet soient vus comme des gardiens de ces libertés, même si les avocats pénalistes le nient sans arrêt.

Héritage et succession

Le successeur d'Edwige Roux-Morizot, Étienne Manteaux, a salué le travail accompli par sa prédécesseure, notamment en matière de lutte contre les violences conjugales et le trafic de stupéfiants. Il a annoncé qu'il ferait siennes ces priorités et qu'il poursuivrait les actions engagées.

Continuité des politiques pénales

Étienne Manteaux a affirmé qu'il ferait siennes les deux priorités de Madame Roux-Morizot, à savoir la lutte contre les violences conjugales et la lutte contre le trafic de stupéfiants. Il a souligné l'importance de mettre en place des politiques publiques offensives, à la fois pour réprimer et pour faire de la pédagogie.

Communication et transparence

Étienne Manteaux a également annoncé qu'il entendait communiquer de manière transparente sur les affaires en cours, afin de tordre le coup aux idées reçues d'une justice laxiste et lente. Il a souligné l'importance de ce rôle pour éviter la diffusion d'informations erronées et délétères.

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