L'histoire d'Edgar Boulai est indissociable du quadruple assassinat de la famille Davila, un crime qui a marqué l'histoire judiciaire de la Seine-et-Marne. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2000, Boulai continue de clamer son innocence, même après le rejet de sa demande de libération conditionnelle. Cet article explore la biographie d'Edgar Boulai et les détails de l'affaire Davila.
Jeunesse et parcours
Edgar Boulai, un bel homme de quarante-quatre ans au moment du procès, est originaire de Martinique. Il débarque en métropole pour effectuer son service militaire dans la région de Melun. Après son service, il enchaîne les petits boulots et obtient un CAP de soudeur. Cependant, sa vie est marquée par des problèmes d'alcool et des condamnations pour conduite en état d'ivresse. Il est également connu pour son comportement violent, ayant été accusé de violences conjugales par plusieurs de ses compagnes.
Le contexte du crime
En juin 1995, Boulai est expulsé de son appartement à Dammarie-les-Lys et se retrouve sans logement. C'est dans ce contexte qu'il se rapproche de Donald Davila, un ami antillais qui vit avec sa famille à Vaux-le-Pénil, près de Melun. Donald, sa femme Stéphanie Sané, et leurs deux enfants, Donald Junior et Donatella, vivent dans un cabanon sur un terrain que la mairie leur permet d'occuper.
À l'été 1995, le couple Davila traverse une période difficile. Donald, musicien professionnel, est revenu de tournée avec une autre femme, ce qui a provoqué des tensions avec Stéphanie. Gilberte Crovisier, la mère de Stéphanie, s'inquiète du bonheur de sa fille.
La disparition de la famille Davila
Le 16 septembre 1995, Gilberte Crovisier perd le contact avec sa fille. Inquiète, elle se rend au cabanon des Davila, mais ne trouve personne. Elle signale la disparition à la police, mais l'affaire est classée sans suite. Gilberte Crovisier n'y croit pas et pense que ses proches ont disparu. Elle constate que les Davila ont laissé toutes leurs affaires dans leur cabanon. Elle est convaincue que derrière l'absence de ses proches se cache une vérité bien plus sombre.
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Persuadée que quelque chose de grave est arrivé, Gilberte Crovisier mène sa propre enquête. Elle retourne au cabanon et y rencontre Edgar Boulai, qui s'est installé sur les lieux. Boulai prétend être un ami de Donald et affirme que la famille est partie en vacances. Gilberte Crovisier est de plus en plus suspicieuse envers Boulai, d'autant plus qu'elle apprend qu'il a vendu les voitures de sa fille et de son gendre.
L'enquête et la découverte des corps
Face à l'inaction de la police, Gilberte Crovisier porte plainte pour vol de voiture. La police s'intéresse alors à Edgar Boulai, qui est déjà détenu pour conduite en état d'ivresse. L'étau se resserre autour de Boulai lorsque les gendarmes perquisitionnent le cabanon et découvrent des éléments troublants, comme une grosse tâche sur le plancher et un pan de mur retapissé.
La maîtresse d'Edgar Boulai, Monique Binart, est interrogée par les enquêteurs. Dans un premier temps, elle confirme la version du départ de la famille, mais finit par révéler une terrible vérité. Elle raconte avoir été séquestrée dans le cabanon la nuit du 17 septembre 1995 et avoir entendu des bruits terribles, comme si on égorgeait des animaux. Elle explique aux enquêteurs qu'Edgar Boulai a ensuite enterré les corps dans le jardin.
Le 23 septembre 1996, un an après la disparition de la famille Davila, les corps des quatre victimes sont retrouvés enterrés dans le jardin du cabanon, au milieu d'ossements de poulets. Les expertises sont claires et les preuves accablent Edgar Boulai. Les corps de Donald Davila, 35 ans, Stéphanie Sané, 21 ans, Donald Junior, trois ans, et Donatella, deux ans, sont découverts.
Le procès et la condamnation
En juin 2000, Edgar Boulai est jugé pour le quadruple meurtre de la famille Davila. Bien qu'il clame son innocence, le tribunal de Melun le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité. Le commandant de police Brigitte Carré de Lusançay a l'assurance d'Hercule Poirot et la voix de miss Marple. Lorsqu'elle est retournée s'asseoir, après une implacable déposition de deux heures et demie, elle a eu un long regard et un mince sourire pour l'accusé. Et le sentiment que le procès pouvait s'arrêter là, mardi 6 juin, au premier jour, et qu'on pouvait économiser les sept autres audiences. Edgar Boulai, accusé d'un quadruple assassinat à la machette en 1995, dont ceux d'un enfant de trois ans et d'un bébé de vingt-huit mois, devant la cour d'assises de Seine-et-Marne, a mesuré combien la porte était désormais étroite. Pourtant, il a toujours nié, et répété patiemment, mardi, son histoire.
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En mai 2001, Monique Binart, la maîtresse de Boulai, est relaxée. Elle est cependant condamnée à six mois de prison dont trois avec sursis. Aujourd'hui, cette médecin généraliste continue d'exercer sa fonction dans la commune de Dammarie-les-Lys.
Les zones d'ombre et les questions persistantes
Malgré la condamnation d'Edgar Boulai, des zones d'ombre persistent dans cette affaire. Gilberte Crovisier reste convaincue que d'autres personnes sont impliquées dans l'assassinat de ses proches. Pour elle, Boulai n'est que l'exécuteur, pas le commanditaire.
Par ailleurs, l'endroit exact où les corps ont été découverts reste flou. Certains riverains pensent qu'ils étaient enterrés derrière le Jazz and Rock Café, tandis que d'autres affirment qu'ils se trouvaient à l'emplacement du pavillon jaune.
Demande de libération conditionnelle et rejet
En août dernier, Edgar Boulai a fait une demande de remise en liberté conditionnelle. Celle-ci a été rejetée le 18 janvier par la chambre d’application des peines de la Cour d’appel de Riom (Puy-de-Dôme).
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