Nicole Delépine, pédiatre et oncologue, est une figure qui suscite à la fois l'admiration et la controverse. Son approche individualisée du traitement du cancer, notamment chez les enfants, la distingue des pratiques conventionnelles et a conduit à la fermeture de son service d'oncologie pédiatrique à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. Cet article explore les différentes facettes de sa carrière, ses prises de position sur le traitement du cancer, les controverses qu'elle a suscitées et le soutien indéfectible de nombreux patients et de leurs familles.
Parcours et Prise de Position
Nicole Delépine a consacré plus de 40 ans à la pédiatrie, dont une grande partie à l'oncologie. Dès le début des années 80, elle s'est intéressée aux schémas de traitement mis au point aux États-Unis par le docteur Gérald Rosen, affichant un taux de guérison élevé pour les tumeurs osseuses. Elle a alors décidé de ne plus inclure ses patients dans des essais thérapeutiques, privilégiant une approche personnalisée.
Cette prise de position marque le début d'une longue série de désaccords avec l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui privilégie les protocoles de recherche clinique incluant plusieurs malades dans un même traitement. Nicole Delépine et son époux, le chirurgien orthopédiste Gérard Delépine, luttent depuis près de trente ans contre les essais thérapeutiques, dénonçant un "totalitarisme dans le traitement du cancer".
La Fermeture du Service d'Oncologie Pédiatrique de Garches
En mai 2014, le service d'oncologie pédiatrique de l'hôpital Raymond-Poincaré, à Garches, a fermé ses portes. Cette fermeture a été perçue par de nombreux parents comme une décision brutale, d'autant plus que le projet médical de l'unité était protégé depuis 2004 par un contrat avec le ministère de la Santé.
L'AP-HP justifie cette fermeture en arguant que le service ne respecte pas "les bonnes pratiques" et fait "l'objet de controverses". Elle assure que la continuité des soins est organisée à Ambroise Paré et Paul Brousse, mais de nombreux parents dénoncent une rupture de soins et une prise en charge moins personnalisée.
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Les Controverses Autour des Méthodes du Dr Delépine
Les méthodes de traitement du Dr Delépine sont au cœur de nombreuses controverses. Elle prône la liberté thérapeutique de ses patients et refuse de les soumettre systématiquement à des essais cliniques. Elle privilégie une approche individualisée, basée sur l'adaptation du traitement à l'état clinique de chaque enfant.
Ses détracteurs lui reprochent d'employer une technique mise au point il y a vingt ans et de se mettre à la marge du système en refusant l'évolution par l'expérience. Le Pr Loïc Capron, représentant des médecins à l'AP-HP, estime qu'elle "frise le charlatanisme" et qu'elle "récupère les déçus du système".
Le Soutien des Patients et de Leurs Familles
Malgré les critiques, le Dr Delépine bénéficie d'un soutien indéfectible de nombreux patients et de leurs familles. Ils témoignent de l'efficacité de ses traitements et de son approche humaine et personnalisée.
Sophie Masset, dont le fils est atteint d'une tumeur au péroné, raconte : "À Raymond-Poincaré, on se bat jusqu'au bout. Des médecins nous ont dit qu'Hugo ne garderait peut-être pas sa jambe. À Garches, il a été opéré, cela s'est bien passé et aujourd'hui nous sommes dans la dernière ligne droite."
Véronique Mathet, mère d'un enfant déclaré "incurable" à Poitiers, témoigne : "Le traitement personnalisé, c'est une simple question de bon sens."
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La Position du Dr Delépine sur la Crise Sanitaire
En plus de ses prises de position sur le traitement du cancer, le Dr Delépine s'est également exprimée sur la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19. Elle s'est notamment opposée au confinement généralisé, qu'elle considère comme une mesure "complètement débile".
Elle estime que les pays qui ont les meilleurs résultats dans la lutte contre le coronavirus sont ceux qui n'ont pas utilisé le confinement généralisé, comme le Japon, Singapour, Taïwan ou l'Allemagne. Elle prône plutôt une quarantaine sélective, avec l'isolement des personnes présentant des symptômes et de leur entourage.
Elle a également défendu l'utilisation de la chloroquine, un médicament utilisé contre le paludisme, comme traitement potentiel contre le COVID-19. Elle souligne que ce médicament est connu et utilisé depuis des années, et que ses effets secondaires sont négligeables par rapport aux risques liés à la maladie.
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