L'hospitalisation d'un enfant est une épreuve délicate, tant pour lui que pour ses parents. Loin de son environnement familier, confronté à des soins médicaux et entouré de soignants, l'enfant peut ressentir de l'anxiété face à l'inconnu. Cette appréhension, si elle n'est pas prise en compte, peut nuire à son bien-être et au bon déroulement des soins. De leur côté, les parents, soucieux du confort de leur enfant, peuvent également se sentir démunis. Pour offrir un environnement plus serein aux jeunes patients et à leurs familles, les services pédiatriques mettent en place des initiatives innovantes et bienveillantes, cherchant à transformer l’hospitalisation en une expérience plus rassurante. Parmi ces approches, la distraction et la réassurance jouent un rôle essentiel.

L'Anxiété Hospitalière Chez l'Enfant : Une Réalité à Prendre en Compte

L'anxiété hospitalière chez l'enfant peut se manifester de diverses manières : pleurs, troubles du sommeil, refus des soins, ou encore régressions comportementales. Cette appréhension peut survenir dès l'annonce de l'hospitalisation et s'intensifier à l'arrivée à l'hôpital. L'éloignement parental peut engendrer chez l'enfant un sentiment d'abandon, renforçant son anxiété. La présence rassurante des parents a donc un effet positif sur le bien-être des jeunes patients. Lorsque les conditions hospitalières ne permettent pas un accompagnement continu, l'enfant peut ressentir de l'isolement, accentuant sa détresse émotionnelle.

L'hôpital est un univers inconnu pour l'enfant, bien loin de son quotidien familier. L'agitation du service, le bruit des machines et l'éclairage permanent peuvent le déstabiliser. Les soins, examens et interventions médicales sont souvent sources d'appréhension pour les enfants. L'inconnu, la crainte de la douleur - réelle ou anticipée -, ainsi que la peur des aiguilles ou de certaines procédures invasives accentuent leur stress. Même observer d'autres patients recevoir des soins peut nourrir leurs inquiétudes.

Initiatives Innovantes pour un Séjour Plus Doux

Heureusement, de belles initiatives ont été mises en place pour aider l'enfant à mieux vivre cette expérience. En apportant du réconfort et en réduisant l'anxiété, elles transforment le quotidien des jeunes patients. Grâce au jeu et à l'imaginaire, l'enfant retrouve des repères rassurants. Les spectacles et les visites de personnalités transforment l'hôpital en un lieu d'émerveillement. Des magiciens, marionnettistes et musiciens captivent l'attention des enfants, leur offrant une parenthèse enchantée loin des soins. L'association organise des rencontres inoubliables avec des célébrités. Les clowns hospitaliers, véritables messagers du rire, transforment l'hôpital en terrain de jeu. Leur mission est simple : faire oublier la maladie, ne serait-ce qu'un instant. À travers des jeux, des histoires et des improvisations, ces artistes professionnels instaurent un climat de confiance et de détente.

Les services pédiatriques se réinventent aussi à travers des espaces pensés pour rassurer et apaiser. Au Centre Hospitalier de Brive, les boxes du service pédiatrique prennent vie grâce à des stickers muraux colorés, transformant un environnement médical en un lieu plus chaleureux. L'art-thérapie est aussi un véritable exutoire pour les enfants hospitalisés. Peinture, dessin, modelage ou encore écriture leur permettent d'exprimer leurs émotions et de canaliser leurs inquiétudes. Mais au-delà du décor et des animations, c'est l'interaction qui fait toute la différence. Certains magiciens ne se contentent pas d'émerveiller : ils enseignent quelques tours aux enfants, leur donnant un sentiment de contrôle et une nouvelle confiance en eux. Le jeu thérapeutique est une autre approche précieuse pour accompagner l'enfant hospitalisé. Il s'agit de présenter les soins médicaux de manière ludique et pédagogique pour aider l'enfant à mieux comprendre, réduire son appréhension et le préparer sereinement aux interventions à venir.

Lire aussi: Crèche : Quelle option choisir ?

L'objectif principal de ces approches est de redonner à l'enfant un certain pouvoir face à son hospitalisation, en l'accompagnant dans la compréhension de ce qu'il vit et en atténuant le sentiment d'impuissance qu'il peut ressentir. Les tablettes numériques sont également de précieux outils pour accompagner les enfants hospitalisés. Elles offrent une multitude d'activités interactives, allant des jeux éducatifs aux contes animés et des exercices de relaxation. Certaines applications sont spécialement conçues pour les enfants hospitalisés et leur proposent des contenus rassurants expliquant le déroulement des soins ou leur permettant d'exprimer leurs émotions à travers des dessins ou des récits. L'un des atouts majeurs des tablettes est qu'elles offrent une forme d'évasion et de contrôle aux enfants dans un contexte où ils peuvent se sentir impuissants.

Les progrès en matière de réalité virtuelle et réalité augmentée offrent aujourd'hui des solutions innovantes pour réduire le stress des jeunes patients. Grâce à des casques de réalité virtuelle, les enfants peuvent être transportés dans des paysages relaxants, visiter des lieux extraordinaires ou même interagir avec des personnages virtuels. La réalité augmentée, quant à elle, peut être utilisée pour familiariser les enfants avec l'environnement hospitalier. Des applications permettent, par exemple, de superposer des éléments ludiques sur l'image réelle d'une chambre d'hôpital ou de transformer une perfusion en un jeu interactif. L'angoisse avant une intervention chirurgicale est une réalité pour de nombreux enfants. Cette méthode transforme un trajet stressant en une aventure amusante. L'inconnu est une des principales sources d'anxiété pour les enfants lors d'une hospitalisation. Ces supports audiovisuels utilisent des personnages animés, des mises en scène adaptées à leur âge et des explications imagées pour rendre les soins plus accessibles et rassurants. Certaines vidéos sont spécialement conçues pour préparer les enfants à une intervention chirurgicale.

Distraction et Réassurance : Deux Approches Complémentaires

Si la distraction et la réassurance visent toutes deux à améliorer l'expérience de l'enfant à l'hôpital, elles reposent sur des mécanismes différents et répondent à des besoins distincts.

La Distraction : Détourner l'Attention de la Peur et de la Douleur

La distraction consiste à capter l'attention de l'enfant vers quelque chose de positif et engageant, afin de l'éloigner de la perception de la douleur et de l'anxiété. Il est difficile de capter l’attention de l’enfant vers quelque chose de positif si on le ramène à la réalité du soin en lui expliquant ce qu’on lui fait. La distraction peut prendre de nombreuses formes :

  • Divertissements visuels et auditifs : Écrans de télévision, ordinateurs pour visionner des films, lecteurs de CD, lecteurs MP3, consoles de jeux, spectacles de clowns ou de magiciens. Trouver un fil conducteur, un thème de décoration et de jeux peut renforcer l’ambiance ludique. Surprendre agréablement les enfants avec un objet, un jeu intrigant, une activité qu’ils ne connaissent pas.
  • Jeux et jouets : Proposer des jeux adaptés à l'âge et aux centres d'intérêt de l'enfant, en veillant à ce qu'ils soient facilement désinfectables. Tester les jouets c’est aussi repérer, pour quels soins ils sont les plus adaptés. L’hygiène : la possibilité de désinfecter les objets de distraction proposés est un critère très important lors de l’achat des objets et jeux. Pour s’adapter aux bébés qui apprécient de pouvoir porter les objets à leur bouche. Beaucoup d’objets en plastique peuvent facilement être désinfectés à l’Anios alimentaire® ou au Surfanios®. Les disparitions : dans une certaine mesure, elles sont inévitables (et il vaut mieux le savoir pour ne pas en être blessé ou se décourager), il est préférable d’acheter d’office plusieurs exemplaires du même jeu.
  • Activités créatives : Art-thérapie, ateliers de musique, contes, etc.

Selon sa personnalité, son âge, les expériences de sa vie, l’enfant privilégie l’un ou l’autre canal qu’il s’agit d’activer parce qu’il sera plus efficace qu’un autre au moment du soin. C’est aux adultes d’être force de proposition. A ce titre, et surtout lorsque l’enfant est jeune et/ou ne s’exprime pas bien les parents ont un rôle primordial à jouer. La situation est un peu différente quand les professionnels connaissent déjà l’enfant et ont pu repérer ce qui a bien fonctionné lors des soins précédents. Mais lorsque c’est la première fois, il est important de disposer d’un panel important de moyens de stimulations pour être sûr de trouver le plus adapté.

Lire aussi: Maîtriser la peinture : Sous-couche ou Impression ?

La Réassurance : Apporter un Sentiment de Sécurité et de Contrôle

La réassurance, quant à elle, vise à réduire l'anxiété en apportant à l'enfant un sentiment de sécurité, de contrôle et de compréhension. Cela passe par :

  • Information et explication : Expliquer à l'enfant, de manière adaptée à son âge, ce qui va se passer, pourquoi c'est nécessaire et comment cela va se dérouler. Que l’enfant ait exprimé le souhait ou pas d’être informé du déroulement du soin, il est toujours possible d’informer sur le geste tout en faisant de la distraction.
  • Présence et soutien des parents : Impliquer les parents dans les soins, en leur donnant un rôle actif (distraction, réconfort). Le rôle principal du parent n’est pas de tenir l’enfant mais de le distraire. La grande majorité des parents souhaitent accompagner leur enfant lors d’un soin, même douloureux, mais pas tous. L’important est d’offrir cette possibilité aux parents sans les juger ou les culpabiliser s’ils ne peuvent pas ou ne se sentent pas capables de le faire. Selon l’agencement des lieux, l’espace et le mobilier disponible vous pouvez bien sûr décider d’autoriser la présence d’un seul ou des deux parents.
    • leur tenue ; s’il est nécessaire de revêtir des vêtements ou accessoires stériles (charlotte, blouse, masque) ou si cela dépend de l’endroit où le parent s’installe (suffisamment loin du soin).
    • ce qu’il ne faut pas faire (eux ou leur enfant). En effet, ces interdits sont évidents pour les soignants mais pas pour les parents ou l’enfant ! Il est donc important de leur donner des informations précises en fonction des habitudes du service, de l’agencement des lieux, du mobilier disponible, du nombre de personnes présentes et des moyens antalgiques prévus (par exemple le MEOPA). Voir la série de fiches à télécharger « Quand chacun trouve sa place le soin est confortable et efficace ! Dans la mesure du possible, essayez de tenir compte du souhait du parent et de celui de l’enfant de voir le soin ou non. Il est important de donner un rôle aux parents pendant le soin. aider à maintenir l’enfant, mais bien préciser au parent de le faire avec souplesse, et seulement au moment où vous allez faire le soin, pour que l’enfant ne se sente pas « maintenu » plus que nécessaire. Il est utile d’expliquer aux parents que leur attitude, le choix des mots employés, peuvent influencer le vécu de leur enfant et leur demander de ne pas nier l’éventuelle inquiétude ou douleur de leur enfant (« Ça ne fait pas mal, tu es grand… »), de ne pas le gronder s’il s’agite ou s’il pleure. Les fauteuils ou les chaises ne sont pas toujours pratiques dans une pièce exiguë, mais disposer d’un tabouret est en général possible. Il peut être utile de s’assurer que le parent a mangé si l’enfant doit être à jeun pour l’examen. Le port d’une blouse, d’une charlotte, d’un masque n’est pas spécialement confortable et ce dernier limite fortement la relation avec l’enfant.
  • Création d'un environnement familier et sécurisant : Utiliser des objets transitionnels (doudou, couverture), aménager l'espace de manière chaleureuse et colorée. Pour le bébé : privilégier la position dans les bras et le soin pendant l’allaitement si c’est le mode d’alimentation de l’enfant. S’il doit être allongé, utiliser un cocon ou un lange pour que le bébé ne se sente pas « perdu » sur la table d’examen. Le fait de regrouper ses membres, comme en position fœtale, peut aussi le rassurer. Lorsque c’est possible (en fonction du soin et de l’état de l’enfant), il est préférable de privilégier la position assise ou mi-allongée, surtout pour les plus jeunes et au moins au début du soin. En cas d’utilisation du Méopa, l’inhalation peut commencer en position assise. Selon le soin, l’enfant sera plus confortable installé avec un oreiller, un petit coussin ou un linge plié (pour mettre sous le bras lors d’un prélèvement…). Disposer de mobilier (lit, brancard, fauteuil, tabouret…) ergonomique (réglable en hauteur, inclinable, avec des éléments escamotables…) facilite grandement une installation confortable.

Anticiper et Prendre en Compte les Peurs de l'Enfant

Comment contrer le couple anxiété/douleur qui va toujours de pair dans les situations pédiatriques complexes de douleur et de refus de soins ? Et si la connaissance des peurs inhérentes au développement de l'enfant, et donc leur anticipation, était l'une des pistes d'amélioration de la prise en charge ? La réponse à l'anticipation anxieuse de l'enfant doit être multimodale et reste primordiale pour diminuer l'anticipation du soin douloureux. La douleur provoquée par les soins (DPS) peut survenir à tous les âges de la vie, quel que soit le secteur de soin. L'anxiété peut renforcer la perception de la douleur peut-on lire dans l'ouvrage La douleur en questions paru en 2018 et co-signé par la Société française d’évaluation et de traitement de la douleur (SFETD), et le Centre national de ressources douleur (CNRD). C'est le cas notamment en pédiatrie, secteur où la DPS y est très fréquente et où tout soin peut potentiellement induire une douleur a rappelé Charlotte Bevis, infirmière puéricultrice ressource douleur au sein du CETD pédiatrique CAP Sud Enfant (CHU de Montpellier) lors d’une plénière sur la prévention de la douleur induite dans le cadre de la 2e journée du réseau Interclud Occitanie. Dès lors, cela incite les soignants exerçant en pédiatrie à avoir une attention particulière. Nous allons chercher à prévenir la douleur. Nous sommes beaucoup dans la prévention et l'anticipation de ces douleurs poursuit la praticienne en hypno-analgésie. Ainsi, en fonction des âges, les réponses soignantes seront différentes mais toujours doubles tant au niveau de l'anxiété que de la douleur, a insisté l'IDE puéricultrice. Et de poursuivre : À chaque fois, la prise en charge en charge associe des moyens médicamenteux de prévention de la douleur et d'autres approches non-médicamenteuses : actions d'accompagnement, de distraction, d'information préalable de l'enfant/adolescent/parents, d'hypno-analgésie, massages… Souvent, nous effectuons les soins en binôme (auxiliaire de puériculture pour l'accompagnement de l'enfant et le soutien à la parentalité + puéricultrice).

Pour les enfants de moins de deux ans, les peurs sont celles de l'inattendu, de l'inconnu, de l'étranger (moins de 9 mois), des sensations douloureuses (16-18 mois). De fait, le soignant doit inclure systématiquement la personne de référence (parents/réassurance), ce qui sous-entend de l'informer, de la considérer comme un partenaire, tout en contenant son anxiété. Avec ces tout-petits, l'anticipation doit s'effectuer dans l'immédiateté du soin. L'approche doit être progressive autant dans les gestes que dans les paroles (dire ce que l'on est en train de faire). Les processus de régulation (succion, regroupement, contact corporel, contenance physique et verbale) doivent être soutenus avant et pendant le soin.

Entre 2 et 7 ans, la douleur reste incompréhensible et attribuée au méchant soignant. On observe un grand nombre de comportements d'évitement et les peurs sont surtout liées à l'éveil de l'imaginaire (peur des animaux sauvages, des créatures imaginaires, des objets inconnus…). La répétition des douleurs conduit à la réactivation d’une sensation déjà éprouvée, le renforcement de la perception douloureuse et à la majoration de l'anxiété d'anticipation (conditionnement). Ainsi, plus l'enfant a eu mal, plus il y a de probabilité qu'il ait de nouveau mal. De même, plus l'enfant a peur, plus la douleur risque d'être majorée. D'où la nécessité de donner une information adaptée à l’âge et à la demande de l’enfant par le jeu, par exemple en utilisant des supports d'information (poupées…). À noter qu'afin de répondre à la première peur, celle de la séparation, la présence des parents s'avère nécessaire. Il convient également de questionner le vécu antérieur et de proposer ensuite quelque chose de différent en créant du lien.

Entre 7 et 11 ans, si le mauvais vient encore de l'extérieur, les peurs deviennent plus réalistes (accidents, punitions, mort). Le lien douleur/maladie/mort engendre des peurs. L’information doit donc être plus explicite. Il convient de préciser la non-dangerosité du soin ainsi que les moyens antalgiques. Par ailleurs, l’infirmier doit inviter l’enfant à faire le lien avec ses représentations et ses vécus. Face aux patients de cette tranche d’âge, le soignant doit en outre particulièrement soigner son vocabulaire et sa posture (par exemple position basse afin d’anticiper la participation au soin et aller dans le monde de l'enfant).

Lire aussi: Braxton Hicks ou travail : comment les distinguer ?

Enfin, passé 12 ans, on observe, après une période de latence, une certaine maîtrise du corps et de l’environnement. Les adolescents sont ainsi à même de comprendre la douleur comme la conséquence d’un geste douloureux ou d’une maladie. Leurs peurs spécifiques sont davantage liées à l’entourage social : jugement négatif, rejet, échec scolaire… Les soignants doivent donc privilégier l’écoute (de questions éventuelles) tout en laissant venir s’il n’y en a pas de formulées ; expliquer sur demande (faire des liens car besoin de comprendre, de garder le contrôle), ou encore soutenir leur stratégie de gestion de leur douleur que cela passe par l’isolement, le mutisme, ou bien un flot de paroles, le contrôle ou l’abandon, un besoin spécifique ou pas (Emla®, Meopa, distraction…).

Intégration Structurelle de la Distraction et de la Réassurance

De nombreux services pédiatriques utilisent la distraction. Mais cette pratique est plus ou moins bien structurée. Elle dépend, le plus souvent, d'une initiative personnelle qui ne fait pas encore l'objet d'une pratique collective, protocolisée et institutionnalisée. Le risque est qu’elle garde un caractère accessoire et non indispensable. Pour inscrire le projet de façon durable dans le service, le rôle du cadre de santé et du médecin chef de service est essentiel. La création d'un protocole peut prendre du temps, mais il est nécessaire pour que la distraction soit intégrée dans l'organisation du travail, qu’elle soit partagée par l'ensemble de l'équipe et être transmise aux nouveaux qui la découvrent.

Du ou des médecins du service afin de pouvoir introduire cette pratique dans les soins, en complément de leur rôle en terme de prise en charge de la douleur provoquée par les soins. A l’heure actuelle, cette pratique n'a pas encore une « visibilité administrative ».

Rôle des Soignants et des Parents

Il est important d'informer à l'avance l'enfant et ses parents, pour qu'ils comprennent ce qui va se passer, ce qui est prévu pour limiter la douleur et favoriser le confort. Cette information peut se faire grâce à des outils variés. Il existe des recommandations nationales pour éviter ou soulager la douleur provoquée par les soins en pédiatrie. Ces protocoles sont à ajuster en fonction du niveau d’inquiétude de l’enfant et d’expériences passées plus ou moins difficiles évoquées par les parents.

Comme pour les moyens antalgiques, il est important de prévoir des moyens de distraction adaptés à l’âge de l’enfant et en quantité suffisante, en particulier pour les bébés et les plus jeunes qui se lassent très vite. Raconter une histoire ou chanter une chanson n’est pas toujours suffisant pour détourner l’attention d’un enfant. Afin d’assurer la sécurité du geste et en fonction du soin et de l’état de l’enfant, il est parfois indispensable de prévoir un soignant pour tenir l’enfant, en plus de celui qui fait le soin, en particulier lorsque c’est un bébé ou un jeune enfant. Attention, il arrive qu’avant de commencer un soin plusieurs personnes maintiennent la quasi-totalité du corps de l’enfant : buste, membres, tête de l’enfant… Cette attitude donne un message non verbale très clair à l’enfant « nous pensons que tu vas bouger car cela va être désagréable et douloureux, c’est pourquoi nous te tenons fermement… ». Pour nourrir la réflexion sur ce sujet, vous pouvez étudier les résultats de l’audit sur la contention réalisée par l’unité douleur de l’hôpital Trousseau, à Paris. Par ailleurs, si malgré les moyens antalgiques prévus et les efforts de détournement de l’attention, l’enfant exprime sa détresse la question de l’arrêt momentané ou du report du soin doit se poser. Si nécessaire, les moyens antalgiques peuvent être réévalués.

Il est utile d’expliquer aux parents que leur attitude, le choix des mots employés, peuvent influencer le vécu de leur enfant et leur demander de ne pas nier l’éventuelle inquiétude ou douleur de leur enfant (« Ça ne fait pas mal, tu es grand… »), de ne pas le gronder s’il s’agite ou s’il pleure. Les fauteuils ou les chaises ne sont pas toujours pratiques dans une pièce exiguë, mais disposer d’un tabouret est en général possible. Il peut être utile de s’assurer que le parent a mangé si l’enfant doit être à jeun pour l’examen. Le port d’une blouse, d’une charlotte, d’un masque n’est pas spécialement confortable et ce dernier limite fortement la relation avec l’enfant.

tags: #distraction #réassurance #pédiatrie #différences

Articles populaires: