Diane de Poitiers (1499-1566), figure emblématique de la Renaissance française, a marqué son époque par sa beauté, son intelligence et son influence à la cour d'Henri II. Bien qu'elle soit surtout connue comme la favorite du roi, son rôle dans l'éducation des enfants, en particulier ceux de la famille royale, mérite d'être exploré. Diane de Poitiers, femme indépendante, a su préserver la jeunesse de son corps et de son esprit. Elle n’oublia jamais ses principes « soyez toujours en port honorable, en manière froide et assurée, humble regard, basse parole, constante et ferme, toujours en un propos, sans fléchir, modération en toute chose ».
Une jeunesse noble et une éducation soignée
Née dans une famille noble du Dauphiné, Diane a reçu une éducation soignée, conforme à son rang. Fille de Jean de Poitiers, Diane, prénommée ainsi en hommage à la déesse de la chasse, est née le 31 décembre 1499, dans le château de famille en Dauphiné. Elle héritera plus tard de son grand père le château de Saint-Vallier, le titre de Comtesse de Valentinois et l’emblème des Poitiers. Dès son plus jeune âge, elle a appris à monter à cheval, à chasser et à manier les armes. A l’âge de six ans, elle partait à la chasse avec son père, avait son propre faucon et devint une cavalière émérite. Après la mort de sa mère, elle a été envoyée à la cour d'Anne de Beaujeu et Louis XII, où elle a étudié le latin, le grec, le théâtre, la danse, la philosophie et la logique de Platon. A la mort de sa mère, elle rejoint la cour d’Anne de Beaujeu et Louis XII, y apprend le latin, le grec, le théâtre, la danse, la philosophie, la logique de Platon et surtout le mépris des intrigues, la dignité du rang à tenir, la noblesse du goût, l’art de la conversation, bref tout ce qui faisait une vraie Dame. Elle y a également acquis les manières et les compétences nécessaires pour évoluer dans la haute société. Le 29 mars 1515, elle est mariée à Louis de Brézé grand sénéchal de Normandie, chasseur émérite, riche, puissant, très bien titré. Leur domicile est Anet, demeure sinistre et en ruine.
L'influence de Diane sur Henri II
Diane de Poitiers a joué un rôle déterminant dans la vie d'Henri II. Elle a su transformer ce jeune homme gauche et maladroit en un troubadour, un poète, un cavalier et un monarque. Elle l'a encouragé à développer ses talents et à cultiver son goût pour les arts et les lettres. Elle a également été son conseillère politique et l'a aidé à prendre des décisions importantes pour le royaume. Lors du passage du roi à Rouen, Louis de Brézé lui remet les clés de la ville et l’accueille chez lui. Après avoir mis au monde en 1518 une petite Françoise, son père Jehan, pris malgré lui dans le complot fomenté par Charles Quint et Charles de Bourbon, est arrêté en septembre 1523, conduit à Loches, destitué de tous ses biens, condamné à mort, puis gracié de justesse en février 1524 pour un emprisonnement à vie. La rumeur court : Diane serait la maîtresse du Roi ! Lors de l’échange de François Ier captif de l'empereur Charles Quint contre ses enfants, Diane soutient le dauphin François huit ans et Henri six ans par ses paroles réconfortantes. Au début de l’été 1530, les enfants royaux reviennent. Le jeune prince Henri, déçu par son père, se tourne vers les deux seules personnes qui lui ont témoigné de l’affection : Diane et Anne de Montmorency. Les enfants passent l’automne à Anet auprès de Diane et de Louis de Brézé, puis rentrent à Saint Germain. Lors des tournois en l’honneur de la nouvelle reine Eléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint, le jeune Henri choisit sa dame: Diane. Pour l’élection de « la belle parmi les belles », la reine Eléonore, la maîtresse du roi Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers sont en compétition. En juillet 1531, Louis de Brézé s’éteint. De cette date, après dix-sept ans de vie commune heureuse, Diane ne porte plus que du noir avec quelques touches de blanc. Se retirant à Anet, suite à la disparition de la régente Louise de Savoie, Diane s’occupe d’elle. Elle pratique une hygiène de vie stricte, se lave à l’eau claire, prend par tout temps un bain d’eau glacée, un bouillon le matin, 3 heures de cheval à vive allure, une petite collation à 11h. Rappelée à la cour en automne 1533, Diane proche parente de Catherine de Médicis future épouse d'Henri est choisie pour la guider et lui expliquer les rituels et les coutumes françaises. Réceptions grandioses, bals masqués, banquets sans fin pour ce mariage princier…Diane est vêtue de noir et blanc, porte des plumes de mêmes couleurs… Henri porte les mêmes plumes blanches et noires à son chapeau ! Il fait son devoir d’époux et retourne aussitôt auprès de sa Dame. Appréciée du roi, très souvent invitée à la chasse, Diane doit faire face à l’agressivité et la haine de la maîtresse royale qui lance des calomnies et des rumeurs d’appartenance à la sorcellerie. On assiste à la formation de deux camps : celui de la maîtresse du roi et celui de Diane. A ce moment là, Henri prend ouvertement sa défense, devant la cour entière et réitère son serment de dévotion à Diane. Henri devenu dauphin (François venant de mourir) s’affirme, fait part à ses amis de ses opinions, de ses sentiments. Diane sait user de son intelligence et de son charme et n’ignore pas les moyens de parvenir à ses fins. Ils deviennent amants en fin d’année 1536 ou début 1537, certainement au château d’Ecouen, résidence favorite d’Anne de Montmorency. Henri rayonne de bonheur grâce à la présence constante de Diane à ses côtés. Diane découvre avec lui le plaisir que procure un amant adolescent, elle lui transmet toutes ses connaissances acquises au côté de Louis de Brézé. Elle sera mariée au fils d’Anne de Montmorency, Françoise (1ère fille de Diane) mariée à Robert IV de la Marck, et la 2è fille de Diane à un Guise. La future reine et la maîtresse « se serrent les coudes » : l’une implore le roi, l’autre s’occupe du dauphin. Diane prend Catherine à part, lui parle avec douceur, lui explique l’art de faire l’amour. Certains soirs, elle envoie Henri chez son épouse. Finalement, le miracle se produit : Catherine met au monde son premier petit garçon en janvier 1544. Une fois de plus, la maîtresse avait su se rendre utile…Mais les intrigues vont bon train à la cour, les maîtresses royales se haïssent, François 1er bannit Diane de la cour, profitant qu’Henri soit parti à la guerre. Le roi, fatigué en février 1545, rappelle Diane à la cour, elle reprend sa position auprès d’Henri et a en charge l’éducation de deux des petits enfants du roi. Elle sent que les choses vont évoluer très vite à la mort de François 1er en mars 1547 et se rapproche des Guises. Anne de Montmorency est nommé à la tête du Conseil privé. Henri réclame les joyaux du trésor royal et les offre à Diane, elle reçoit en plus la clé de la chambre forte ainsi que l’autorisation d’y puiser à volonté. Henri s’empare de la maison d’Anne de Pisseleu et en fait cadeau à Diane. Diane s’intéresse de près au gouvernement, au fonctionnement des finances du royaume. Elle pousse Henri à créer des lois somptuaires (limitation des dépenses) concernant les distractions, le faste de la cour, elle l’incite à réduire le nombre de courtisans, et à instaurer de nouvelles mesures sociales (chaque quartier de Paris devrait constituer un fonds social pour les pauvres, les hôpitaux devraient accueillir les malades et les infirmes). Le jour du sacre d’Henri II en juillet 1547, le costume du roi fait scandale : les broderies rappellent les attributs de Diane (carquois, arcs, flèches, croissants de lune, double D accroché au H), la lettre C de la reine n’apparait nulle part ! Lors de la naissance du 3è enfant de Catherine, Diane décide de la gouvernante, de l’alimentation des enfants, de leur éducation. Seule la parole de Diane compte. Au cours de ces cérémonies, Diane accède à la plus haute dignité des personnes non nées princesses : duchesse de Valentinois. En mai 1549, le spectacle donné à Paris est encore pire que le précédent : toutes les lettres sont « nouées H et D », tout est blanc et noir. Henri ne fait confiance qu’à Diane, elle signe des lettres officielles « HenriDiane », participe au Conseil privé, mais n’est pas à l’abri des malveillances et doit se battre contre la rumeur : elle serait à l’origine de la persécution des hérétiques. Ils passent des semaines à Anet, des heures à cheval de bon matin ainsi qu’à la chasse et de magnifiques banquets clôturent les soirées. Henri fait faire des portraits de sa favorite : de cette époque date la tradition des portraits au bain. Diane est très appréciée de son entourage. La petite Marie Stuart lui est confiée à son arrivée en France. Elle emporte dans « ses bagages » sa gouvernante : lady Fleming qui a une aventure avec Henri II…Diane est alitée pour cause de chute de cheval. Il fait tout pour cacher cette liaison, mais la maîtresse royale peut compter sur ses amies ! Diane est extrêmement fâchée d’apprendre qu’Anne de Montmorency est impliqué dans cette histoire : en fait, il veut écarter Diane du pouvoir. Pendant les années de guerre 1552 à 1557, la reine et la maîtresse royale doivent se côtoyer, malgré les nombreux différents : « Diane se rendit un jour dans les appartements de Catherine, celle-ci lisait. L’insulte fait le tour du royaume. Après la trêve avec l’Espagne, les fêtes recommencent, lors de mariages en 1558 et juillet 1559, avec tournois et joutes. Et c’est le fameux accident du roi, mortellement bléssé lors d'une joute. Diane se précipite auprès de lui, mais la reine lui interdit définitivement le passage. C’est la première fois que Diane de Poitiers se sent totalement impuissante…elle a peur de voir mourir le roi de France, mais surtout peur de subir la vengeance de la reine. Diane de Poitiers regagne sa maison et attend les nouvelles. N’étant pas conviée aux funérailles, elle se contente de regarder le cortège de l’une de ses fenêtres. L’effigie du roi ne porte pas le blanc et noir, pas de croissants de lune, le chiffre HD n’apparait pas sur le harnais du cheval du roi. En pénétrant dans Chaumont sur Loire, ancienne propriété de la reine, Diane est horrifiée par toutes les traces de nécromancie et d’alchimie, laissées par Catherine : des caractères grecs, égyptiens et hébreux ornaient un autel sur lequel trônait un crâne, des fioles de poudre et des bocaux de saumure contenant des membres d’animaux, des ouvrages étranges, des parchemins et des restes d’animaux. Elle rejoint Anet où il lui reste tous les souvenirs d’Henri. A l'âge de 66 ans et après une brève et grave maladie (peut-être une intoxication alimentaire), Diane de Poitiers s'éteint le 26 avril 1566 dans son château d’Anet. Elle avait auparavant réparti son immense fortune entre ses deux filles Françoise et Louise de Brezé et assuré des legs à un certain nombre de couvents. Elle est enterrée dans la chapelle funéraire qu’elle avait fait construire près du château.
Diane de Poitiers, éducatrice des enfants royaux
Le rôle de Diane de Poitiers dans l'éducation des enfants royaux est moins connu, mais il est tout aussi important. Elle a été chargée de l'éducation de deux des petits-enfants du roi François Ier. Elle a également joué un rôle dans l'éducation des enfants d'Henri II et de Catherine de Médicis. Lors de la naissance du 3è enfant de Catherine, Diane décide de la gouvernante, de l’alimentation des enfants, de leur éducation. Seule la parole de Diane compte.
Diane de Poitiers accordait une grande importance à l'éducation des enfants. Elle pensait qu'il était essentiel de leur inculquer des valeurs morales, de leur apprendre à lire et à écrire, et de leur donner une formation physique et intellectuelle solide. Elle veillait à ce que les enfants reçoivent une éducation adaptée à leur rang et à leur sexe.
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La "petite cour" des Enfants de France
L'étude de la petite cour des Enfants de France apparaît comme un cadre particulièrement pertinent pour y déceler les pratiques réglementant l’appartenance à cette petite société enfantine. L’intérêt de cette communauté pour évaluer les pratiques d’incorporation et renouvellement de ce cénacle très fermé est doublement conforté par la vocation et finalité de cette petite cour. C’est tout d’abord dans la définition des formes et contours de cette petite société gravitant autour des Enfants de France que l’on peut reconnaître toutes les caractéristiques d’un univers curial imitant, à l’identique, le fonctionnement de la cour du roi, mais s’organisant cette fois autour de la figure de l’héritier du trône, à savoir le dauphin. Cette analogie entre la cour du roi et celle de ses enfants était une réalité bien perçue par les contemporains qui employaient eux-mêmes, et ce dès les premières années de l’existence du fils aîné de François Ier, le dauphin François, l’expression de « petite cour ». En 1521, alors que le gouverneur des enfants, Guillaume Gouffier, seigneur de Bonnivet, menait avec succès les armées du roi de France sur la frontière espagnole, il s’inquiétait régulièrement des nouvelles des enfants du roi auprès d’Imbert de Batarnay seigneur du Bouchage qui occupait sa charge de gouverneur des Enfants de France en son absence. Adressant à ce dernier les nouvelles du front, il le remerciait de chacune de ses lettres dans lesquelles il avait pu entendre combien « votre petite court se porte tres bien et est en bonne santé qui sont les meilleurs nouvelles que je puysse avoir de cest endroit la5 ». Dix ans plus tard, en 1531, le gouverneur du jeune prince de Talmond, fils aîné de François de La Trémoille, envoyé à l’âge de huit ans auprès du dauphin pour être élevé dans la proximité des enfants du roi, donnait des nouvelles de l’évolution de ce jeune courtisan déclarant à son père combien « le prince fait assez bien son devoir pour la court6 ». Il confirmait par ailleurs cette appellation courante de « petite cour » en précisant en aparté : « ainsy l’appeloit-on par différence de celle du roy7 ». Ériger la petite société évoluant autour des fils et filles de France en véritable cour avec tout ce que ce modèle social suggère de relations disciplinées et hiérarchiques entre les individus, n’est en rien un construit anachronique, mais une réalité voulue par le roi et perçue comme telle par les contemporains. L’analogie entre la cour du roi et la société des Enfants de France soulignée par le précepteur de Philippe Strossi affirme donc qu’il existe dans le royaume de France deux cours évoluant en parallèle, celle du roi et celle de ses enfants : « la petite cour » qui, à en croire le choix du vocable employé par les contemporains, est une reproduction à plus petite échelle de la cour du roi de France. Reste à savoir si la teneur du qualificatif minorant cette cour renvoie à son faible poids numérique et structurel ou à la jeunesse de ses princes et courtisans. Ce serait probablement vers la seconde hypothèse que l’analyse de cette « petite cour » nous ferait pencher car, pour ajouter un argument à l’organisation de plus en plus structurée au cours du xvie siècle d’une communauté organisée autour des Enfants de France, l’évaluation de la taille de cette cour corrobore cette dynamique. En effet, les maisons des fils et filles de France triplent au cours du xvie siècle. En 1495, la cour du roi représente 366 personnes, celle du dauphin 96. En 1535, si on ajoute la maison des filles du roi à celle de ses fils, ce sont 510 personnes qui gravitent autour des enfants quand la maison de François Ier représente 622 individus. Cette petite cour dont le prince est un enfant est une société fermée dont l’accès est strictement contrôlé par le couple royal et son entourage proche. Sans que celle-ci ait fait l’objet d’un règlement précis définissant l’ordre et la discipline qui devait s’y tenir, de fait, la petite cour des fils et filles du roi offre par l’examen de la correspondance entre les royaux parents et le gouverneur des enfants des contours beaucoup plus précis que la propre cour du roi qui, à cette époque, n’en est qu’aux balbutiements de la mise en place de l’étiquette. Tout au contraire, parce qu’elle était placée sous le contrôle et l’autorité d’une seule personne, le gouverneur, et parce que ce dernier était en relation directe avec le roi, cette petite cour des Enfants de France prit au fil du xvie siècle une forme de plus en plus codifiée. Dans l’élaboration de cet ordre curial appliqué aux Enfants de France, le binôme très étroit formé du roi et du gouverneur de la petite cour jouait un rôle majeur ; le roi imposait au gouverneur dans chacune de ses missives de l’avertir régulièrement de la vie de cette petite société tout en s’en remettant directement à lui pour appliquer la discipline qu’il souhaitait autour de ses enfants. L’ordre que le roi eut soin de faire appliquer à la petite cour des Enfants de France relevait tout d’abord d’un impératif de protection de la descendance royale. Si le nomadisme de la cour paternelle se prêtait difficilement à la formation pédagogique que devaient recevoir les jeunes princes, le premier motif justifiant l’éloignement des enfants de la cour de leurs parents était de les soustraire aux périls des miasmes et épidémies qui menaçaient régulièrement une cour entassée dans des châteaux peu adaptés à recevoir des courtisans de plus en plus nombreux. C’est donc pour sauvegarder la santé de l’héritier et de ses frères et sœurs cadets que le couple royal exerçait un contrôle étroit sur l’accès à leurs enfants. Ainsi, dès le mois de mars 1518, alors que le jeune dauphin de France n’a qu’un mois, François Ier laisse éclater sa colère sur le gouverneur de son fils après avoir appris que l’on déambule à Amboise comme dans un moulin pour aller découvrir le visage du nouveau dauphin. Ce premier incident fait prendre conscience au couple royal de l’enjeu vital pour leurs enfants que revêt le contrôle de l’accès à la petite cour des enfants. Ainsi, seuls les détenteurs d’un sauf-conduit du roi, de la reine - ou de la reine mère dans le cadre des enfants de François Ier - pourront accéder à la petite cour. Il en va ainsi pour chaque officier que le roi nomme au service de ses enfants, comme des familiers du couple royal qui sont contraints d’être introduits pour pénétrer l’enceinte des demeures où séjournent les jeunes princes. En 1548, même la cousine de la reine, Laudamina de Médicis, épouse du maréchal Strossi et mère du jeune Philippe, qui sera élevé à la cour des Enfants de France dès 1551, ne peut rendre visite aux jeunes princes sans en avoir obtenu l’autorisation de Catherine de Médicis. C’est ainsi, sur la base de la relation épistolaire régulière entre le roi et le gouverneur de la petite cour que se fixent les règles auxquelles cette sociabilité va devoir progressivement obéir. C’est le roi qui nomme les officiers de la maison de ses enfants. C’est lui également qui précise et progressivement impose une étiquette à la petite cour. Déjà François Ier s’attachait à la justesse des titres employés dans l’entourage de ses enfants. En 1537, au lendemain du départ de sa troisième fille, Madeleine qui venait d’épouser le roi d’Écosse, François Ier en profite pour préciser certains usages à la petite cour. la maison de Marguerite étant réunie à celle de la dauphine Catherine de Médicis10. Cette précision des titres des dames et demoiselles d’honneur servant Marguerite de Valois et Catherine de Médicis rendait plus lisible la hiérarchie des rangs des princesses et tendait à imiter la maison de la reine quand celle du dauphin imitait celle du roi. qu’elle marche devant mes filles, car le mariage de mon filz et d’elle est arresté et conclud. Il faut s’imaginer ici qu’on éduque des enfants entre deux et six ans à paraître selon l’ordre de préséance qui incombe à leur rang dans la hiérarchie des dignités. Ainsi revient-il au gouverneur de la petite cour de veiller à faire respecter les rangs des princes présents à la cour ; de ce fait, le dauphin âgé de quatre ans marchera accompagné de la jeune reine d’Écosse de deux ans son aînée, quand Élisabeth et Claude respectivement âgées de vingt-sept et huit mois suivront le jeune ménage. À la petite cour des Enfants, les princes et princesses de France, tout comme les rejetons de haut rang, font ainsi les premières expériences du protocole et des règles de préséances que le gouverneur se doit de faire respecter à cette petite société. Par cette éducation aux conventions du monde curial, ils prennent conscience de leur identité et de leur dignité, ils se situent socialement sur l’échelle de l’élite nobiliaire. Parce que la mise en place de la petite cour des Enfants de France répond à une exigence de protection des héritiers de sang royal, parce qu’elle est par conséquent concrètement fermée au monde extérieur et parce que l’accès aux enfants est directement soumis à l’autorisation du couple souverain, l’intégration dans cette société juvénile relève de la seule faveur royale. Sans développer ici les mécanismes de nomination des officiers de la maison du dauphin et de ses frères et sœurs cadets - qui tous intervenaient après que le roi ou la reine se soient assurés des loyaux et bons services déjà rendus dans leurs propres maisons par ces serviteurs ou quelques-uns de leurs parents - il est intéressant ici de présenter les logiques qui présidaient au choix des jeunes nobles élevés aux côtés des enfants du roi. En effet, si la petite cour des enfants différait de celle du roi, c’était certes par son plus faible poids numérique mais surtout par l’étrange ballet qui s’y jouait et dans lequel évoluait autour de la figure du jeune dauphin toute une camaraderie princière et nobiliaire sur une partition protocolaire qu’orchestrait le gouverneur. On observe deux modalités d’intégration dans l’entourage des Enfants de France, deux origines d’introduction dans ce vivier élevé avec la progéniture royale qui renvoyait à la dignité de chacun. C’est à la charge d’enfant d’honneur du dauphin que se jouait l’entrée dans la petite cour des enfants du roi, et ils étaient nombreux ces enfants à être couchés en l’état d’officiers de la maison des fils et filles du roi ; pas moins de trente-six enfants d’honneurs furent attachés aux enfants de François Ier entre 1526 et 1539 et trente-cinq occupèrent cette charge auprès des fils et filles d’Henri II entre 1547 et 155912. Si cette charge put être, pour quelques-uns des titulaires seulement, associée au versement de 240 à 300 livres tournois de gages annuels, elle devint essentiellement honorifique à la petite cour des enfants d’Henri II. Cette fonction dans la maison des enfants du roi permettait ainsi d’intégrer dans l’entourage des princes de France, les rejetons des grands officiers de la couronne et ceux de la plus haute noblesse. Elle pouvait par la suite être un tremplin pour exercer, en grandissant, un office gagé dans la maison des enfants ou dans celle du roi. Ainsi se retrouvaient, auprès des enfants de François Ier, les fils de l’amiral de Bonnivet, ceux du maréchal de Coligny, le fils du grand écuyer Galiot de G…
Une femme d'influence et de pouvoir
Diane de Poitiers était une femme d'influence et de pouvoir. Elle a utilisé son intelligence et son charme pour se faire une place à la cour et pour défendre ses intérêts. Elle a également été une mécène des arts et des lettres, et elle a contribué à l'épanouissement de la Renaissance française.
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