Le diamant, symbole de pureté et d'éternité, a toujours fasciné et suscité l'intérêt, tant pour sa valeur intrinsèque que pour ses propriétés exceptionnelles. Cette fascination a engendré des tentatives d'imitation, de substitution et d'amélioration, allant des imitations les plus grossières aux traitements les plus sophistiqués. Cet article explore en détail les différentes facettes de ces pratiques, des imitations et substituts aux traitements visant à modifier la couleur des diamants.

Imitations et Substituts du Diamant

En raison de sa grande valeur, le diamant a toujours suscité l'imagination de ceux qui cherchent à le reproduire, parfois de manière frauduleuse. Aucune autre pierre précieuse n'a été autant imitée au cours de l'histoire.

Les Imitations Historiques

Dès le XVIIIe siècle, l'Allemand Von Strass découvrit qu'enduire de mercure un verre taillé lui donnait un éclat presque comparable à celui du diamant. Son invention connut un succès certain à l'époque. Bien que l'imitation soit facile à déceler aujourd'hui, le "strass", ou verre au plomb, reste utilisé en bijouterie fantaisie.

De nombreuses pierres naturelles ont été utilisées en usurpant l'appellation de diamant, dans le but d'induire en erreur. De telles appellations sont formellement interdites. Ces pierres ont plus l'apparence du verre que celle du diamant. En voici quelques exemples, suivis du nom du minéral probable correspondant :

  • Diamant d'Alaska : quartz
  • Diamant noir d'Alaska : hématite
  • Diamant d'Alençon : quartz
  • Diamant allemand : quartz
  • Diamant alpin : pyrite
  • Diamant d'alumine : corindon synthétique
  • Diamant d'Arkansas : quartz
  • Diamant de Bohème : quartz
  • Diamant de Briançon : quartz
  • Diamant de Brighton : quartz
  • Diamant de Buxton : quartz
  • Diamant de Ceylan : zircon blanc
  • Diamant du Colorado : quartz légèrement fumé
  • Diamant d'Hawaï : quartz
  • Diamant irlandais : quartz
  • Diamant Marmarosch : variété de quartz dragomite
  • Diamant de Matura : zircon décoloré
  • Diamant mexicain : quartz
  • Diamant du Nevada : variété d'obsidienne non colorée
  • Diamant du Nevada de couleur noire : obsidienne hématite ou carbonado
  • Diamant noir : hématite (mais le diamant noir naturel existe)
  • Diamant de Pennsylvanie : pyrite de fer
  • Diamant occidental : quartz
  • Diamant du Rhin : quartz
  • Diamant de Saxe : topaze blanche
  • Diamant de Tasmanie : topaze blanche
  • Diamant de Wight : quartz

L'appellation diamant est parfois utilisée pour le quartz, le plus souvent dans des sites touristiques, bien que cela soit interdit. On retrouve ces dénominations dans plusieurs publications :

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  • Diamant de Germanie : cristal de roche.
  • Diamant Harrogate : employé au courant du XVIe siècle dans la bijouterie du Yorkshire.
  • Diamant d’Herkimer : morceaux de cristal de roche très lumineux dans la région de Herkimer aux États-Unis. Parfois appelé Herk par les mineurs amateurs.
  • Diamant d’Herscheimer : version allemande de Herkimer.
  • Diamant d’Hickory Hill : quartz de la région de Hickory, à 8 km de Fonda, Montgomery, New York.
  • Diamant d’Horatio : quartz de l’Arkansas.
  • Hot Springs diamond : petit quartz à double terminaison de la Pike Country en Arkansas.
  • Diamant de Hongrie ou Ungarischer diamant : quartz de Marmarosch, Hongrie.
  • Diamant Indien : quartz de la Pecos River Valley de New Mexico.
  • Diamant du Kansas : morceaux de quartz, souvent quartz fumé, du Kansas.
  • Diamant du Kentucky : cristaux de quartz provenant de géodes du Kentucky
  • Diamant de Lake Country : quartz provenant du sud de Lake Country, à environ 200 km de San Francisco, de forme arrondie.
  • Diamant de Lake George : est semblable au Herkimer diamond.
  • Diamant du Lancaster : cristal de quartz que l’on trouve dans les mines d’argent dans le Lancaster en Pennsylvanie.
  • Diamant latin : cristal d’améthyste de Mexico.
  • Diamant Lippische : cristal de quartz de Saxe en Allemagne.
  • Diamant Maramures : cristal de quartz de Herja en Roumanie.
  • Marmarozen diamant : cristal de quartz d’Autriche.
  • Maui diamond : cristal de quartz d’Hawaï.
  • Diamant Mexicain : cristal de quartz du Mexique.
  • Diamant de Mirabeau : cristal de quartz de Ramuzat en France avec un beau lustre.
  • Diamant du Montana : cristal de quartz que l’on trouve dans les montagnes Judith, dans le Montana central ; les cristaux sont souvent sans éclat.
  • Mora diamond : cristal de quartz à double pointe de la région de San Miguel, Mora, près de Las Vegas.
  • Mutzschen diamant : cristal de roche de la région de Mutzchen en Saxe, Allemagne.
  • Nevada diamond ou Nevada black diamond : c’est de l’obsidienne, aussi nommé larme d’Apache, on le trouve dans le désert du Nevada.
  • Oaxacan diamond : cristal de quartz du Mexique.
  • Paphos ou pahian diamond : cristal de quartz de l’île de Chypre.
  • Qaysumah diamond : cristal de quartz du nord de l’Arabie Saoudite.
  • Diamant du Quebec : cristal de quartz du Canada.
  • Radium diamant : cristal de quartz fumé.
  • Railway diamond : cristal de quartz trouvé lors du forage du tunnel dans les montagnes de Poona près de Bombay.
  • Rhine diamant : très vieux terme pour des morceaux de quartz trouvés dans le lit du Rhin en Allemagne.
  • Saint Maime diamant : petit cristal de quartz très limpide que l’on trouve dans les Basses-Alpes.
  • Schaumburg diamant : petit cristal de quartz que l’on trouve dans la région de Schaumburg, dans le nord de l’Allemagne.
  • Schweizer diamant : cristal de roche de Suisse.
  • Sonoma diamond : cristal de quartz de Sonoma en Californie.
  • Stolberg diamant : cristal de quartz des montagnes Harz, près de Steolberg en Allemagne.
  • Swine Creek diamond : cristaux de quartz de Swine Creek, Ashtabula, Ohio.
  • Tasmania diamond : cristaux de quartz et de topaze incolore de Tasmanie.
  • Tolfa diamond : cristaux de quartz du Monte della Tolfa près de Civitavecchia, au nord de Rome.
  • Tyrone diamond : cristal de roche de Tyrone, en Irlande.
  • Welsh diamond : cristal de quartz de la région de Wales, en Angleterre.
  • Zabeltitzer diamond : cristal de roche de Zabkowice, en Pologne.

Les Doublets

Les "doublets" sont apparus sur le marché pendant les années qui ont précédé et suivi de près la Seconde Guerre mondiale. Ils consistent en une couronne en diamant collée sur une culasse autre qu'en diamant, par exemple en quartz, en fabulite ou en spinelle, à l'aide d'un adhésif à indice de réfraction élevé.

Ces diamants « doublets », qui consistent donc en un diamant assemblé sur un faux diamant, ont été fabriqués vers les années trente. On peut facilement déceler la supercherie si le rondiste est dégagé, soit à la loupe, soit au microscope, la réflexion de la couronne se voyant sur le plan du rondiste.

Par contre, cela est plus difficile si la pierre est montée sur une bague jonc ou en serticlos qui enserre le rondiste ou si la culasse a été taillée dans les mêmes proportions que la couronne dans un substitut donnant un maximum de réfraction. Quand il est possible de toucher la colette à l’aide d’un appareil servant à mesurer la conductibilité thermique, la fraude est immédiatement décelée.

À défaut de cet instrument, on doit étudier attentivement la taille des facettes de la culasse qui présente généralement des facettes inégales, des pavillons en losange, des facettes supplémentaires, etc. Les doublets sont rares, si pas introuvables actuellement.

Les Substituts Modernes

Aujourd'hui, plusieurs matériaux synthétiques sont utilisés pour imiter le diamant. Parmi les plus courants, on trouve :

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  • Spinelle et Corindon Synthétiques: Largement employés car moins onéreux que les autres pierres synthétiques. Ils sont disponibles dans toutes les couleurs, mais c'est la couleur blanche qui est utilisée pour imiter le diamant. On les reconnaît facilement en raison de leur ressemblance avec le verre.

  • YAG (Yttrium Aluminium Garnet): Découvert il y a une trentaine d'années en Amérique lors de recherches sur le laser. Transparent comme le verre, il se charge facilement d'électricité électrostatique, ce qui le rend terne. Il a été commercialisé en Europe sous différentes appellations, mais sa commercialisation sous de tels noms est formellement interdite en France.

  • Fabulite (Titane de Strontium): Aux éclats de couleur trop vifs, légèrement laiteux, dispersant fortement les couleurs de l'arc-en-ciel. Elle est souvent utilisée comme composante des doublets. En raison de sa faible dureté, à peine 6,5, elle est généralement doublée avec du quartz.

  • Oxyde de Zirconium Cubique (CZ): Assurément le plus convaincant des substituts imitant le diamant. Ses noms commerciaux les plus usités sont: diamonite, dia-mondite, diamon-Z, diamonique III, fianite, djeva-lite, cerene, dioxide, diamond QU, disconia, diamonair II, diamonesque, diemlite. On devrait normalement l’appeler zirkelite synthétique car il a été trouvé à l’état naturel en 1937 par deux minéralogistes allemands, grâce aux rayons X, mais en si petits cristaux que le fait passa inaperçu. Le nom scientifique est zirkelite.

    Sa synthèse a été faite en Russie qui en déposa le brevet en 1972, puis vint le tour des États-Unis qui en prirent également le brevet. Sa production a atteint 60000000 de carats en 1980 et on peut raisonnablement penser qu’elle a continué fortement à augmenter. Actuellement, la Suisse et l’Allemagne en sont aussi producteurs. Les centres de taille sont éparpillés à travers le monde: USA, Corée, Sri Lanka, Taïwan, Hong Kong, Bangkok et la Chine. Dans les centres européens, comme à Idar Oberstein en Allemagne, ou encore en Autriche et en France, sa taille est complètement automatisée.

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    Lorsqu'il est bien taillé, selon de bonnes proportions, on peut considérer qu'il est la meilleure imitation actuelle du diamant. Il est cependant plus dense, ce qui signifie qu'à poids égal, il donne une pierre plus petite que le diamant. On peut l'identifier rapidement par sa dureté (8 à 8,5 sur l'échelle de Mohs) et par son indice de réfraction (2,18). En raison de sa moindre dureté, un bijou déjà porté présente des arêtes de séparation abîmées entre les facettes. Sa température de fusion est très élevée (2 750 °C), mais on peut l'abaisser par l'emploi de certains additifs.

  • Moissanite (SiC): La moissanite est un autre substitut de diamant populaire.

Tableau Comparatif des Propriétés

MatérielCompositionIndice RéfractionDispersionDuretéPoids SpécifiqueCommentaire
DiamantC2,420,044103,52
SpinelleMgAl2O41,730,02883,64Comme du verre
SaphirAl2O31,770,01894Comme du verre
RutileTiO22,80,3364,26Jaunâtre
Strontium Tit.SrTiO32,410,195,55,13Trop de couleurs (dispersions)
YAGY3Al5O121,830,0288,24,55Moins brillant
GGGGd3Ga5O121,970,04577,02Plus lourd
CZZrO22,160,068,26
MoissaniteSiC2,65 - 2,7099,2double réfraction

Traitements de la Couleur : Le Coating

Les diamants de couleur D à H devenant de plus en plus rares, on a cherché à améliorer la couleur des diamants de couleur I à M. Le "coating" ou enduit est une technique utilisée pour modifier la couleur d'un diamant en appliquant une fine couche sur sa surface.

Techniques Historiques

Certains faussaires coloraient le rondiste poreux avec un liquide bleuâtre, améliorant sensiblement la couleur de ces pierres. Cependant, l'effet disparaissait lors du nettoyage à l'acide ou aux ultrasons. D'autres recouvraient toute la pierre, ou seulement la culasse, d'un film bleuté plastifié qui s'en allait après un certain temps et ne résistait pas à un nettoyage sérieux. D'autres encore enrobaient uniformément la pierre d'une mince couche d'oxyde de zirconium ou de titane, ce qu'on pouvait détecter en plongeant la pierre dans l'azote liquide, ce qui avait pour effet de craqueler la couche extérieure.

Le principe d'enduire un diamant taillé d'une couche colorée est ancien, remontant au XVIe siècle. Benvenuto Cellini (1500-1571) mentionne un enduit utilisé pour améliorer la couleur. Au fil des siècles, différents produits ont été employés, de l'encre bleue aux vernis colorés, même du vernis à ongles.

Techniques Actuelles

Actuellement, deux techniques sont utilisées :

  • À base de CaF2 (Fluoride de Calcium) et SiO2 (Oxyde de Silicium).

Les pierres traitées sont généralement de qualité jaunâtre, VS ou SI. Seul le pavillon est enduit, jamais la couronne, car cette dernière est trop exposée aux chocs. Le produit, bien que résistant à une usure normale, est éliminable à l'aide d'un stylet au boron ou une pointe en diamant, de poudre de corindon ou dans l'acide sulfurique (H2SO4). Un polissage des facettes au "rouge" ou "tripoli" va aussi détruire le traitement. Par contre, les pierres traitées supportent l'acétone, les détergents et l'ultrason.

Les couleurs obtenues sont toutes les couleurs fantaisies, du rose au jaune intense, au bleu, gris et vert. Le traitement se ferait par induction d'ions des différents produits, et dure environ 4 jours (transport compris).

Identification du Coating

L'inspection de la culasse (pavillon) est essentielle pour détecter un coating.

  • Inspection au Microscope: Au microscope, les arêtes des facettes ne sont pas recouvertes de couleur, elles restent blanches comparées au reste de la pierre. Un agrandissement maximum permet de voir des endroits moins colorés, donc des taches incolores fines et larges. Une réflexion métallique, comme un film, peut également être observée.

La couche est d'une épaisseur de moins d'un micron, mais des traitements à plusieurs couches ont été observés. En fluorescence, le coating orange peut donner une fluorescence orange.

Cette technique est assez facile à détecter, mais cela sera plus difficile avec la technologie du C.V.D.

Selon le G.I.A., certaines pierres sont enduites d’une couche de fluoride de calcium (CaF2) et d’or pour créer une couleur rose ; le plus souvent ce n’est que la culasse qui est traitée. Mais d’autres couleurs peuvent ainsi être créées à partir d’une pierre incolore, par exemple le jaune, le bleu, l’orange ou le pourpre.

Lors d’un symposium du G.I.A., le Dr Emmanuel Fritsch présenta 2 diamants bleu intense qu’il créa à partir de 2 diamants jaunâtres, à l’aide d’un film de 2 microns utilisant le système C.V.D. contenant du bore. Le meilleur moyen d’identification selon lui est d’observer les jonctions des facettes qui ne sont pas recouvertes du film. Un autre produit utilisé est l’oxyde de silicium (SiO2) et un liant métallique : sous un fort agrandissement, en lumière diffuse, on peut observer une irisation de la couche ainsi que des taches et des fines lignes. On peut aussi voir des taches ou une couleur inégalement répartie, parfois même de petites bulles d’air ainsi qu’une concentration le long du rondiste. L’observation doit être faite sur toutes les facettes et l’on doit retourner la pierre plusieurs fois.

La couche varie entre 20 et 50 nm, ce qui est extrêmement fin.

Le Remplissage des Déchirures (Glets) ou Crackfilling

Le remplissage des déchirures, également connu sous le nom de "crackfilling", est un autre traitement utilisé pour améliorer l'apparence d'un diamant en remplissant les fissures ou les inclusions visibles.

Nom et Interdiction d'Interpellation - Synthèse et Imitation

Il est essentiel de noter que la vente de synthèses et d'imitations en tant que diamants naturels est illégale et contraire à l'éthique. Les consommateurs doivent être informés de la nature exacte de la pierre qu'ils achètent.

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