La procréation médicalement assistée (PMA) est devenue une solution pour de nombreux couples et femmes célibataires désirant un enfant. Face à la multitude de centres de PMA en France, il est naturel de s'interroger sur leurs taux de réussite. Cet article se propose d'analyser les données disponibles, d'identifier les facteurs qui influencent ces taux et de fournir des informations claires pour aider les patients à prendre des décisions éclairées.
Transparence des résultats : Un enjeu d'amélioration
La transparence des résultats des centres de PMA est un sujet de débat depuis plusieurs années. Comme le souligne un expert, « c’est pour ça que je me suis toujours battu pour la transparence des résultats lesquels ne peuvent être qu’un ressort d’amélioration ». L'idée est qu'en rendant ces informations publiques, les centres seraient incités à améliorer leurs pratiques et les patients pourraient choisir en connaissance de cause.
Actuellement, l'Agence de la Biomédecine diffuse des données sur les taux de réussite des centres de PMA, mais leur interprétation peut s'avérer complexe. Ces données se présentent sous la forme de nuages de points qui s'articulent autour du chiffre de 20 %, qui est la moyenne nationale du taux d'accouchements par nombre de ponctions d'ovocytes.
Facteurs clés influençant les taux de réussite
Plusieurs facteurs peuvent influencer les taux de réussite des centres de PMA. Parmi les plus importants, on retrouve :
- L'âge de la patiente : L'âge des femmes est un facteur déterminant dans les résultats de la PMA. La fertilité féminine diminue avec l'âge, en particulier après 35 ans. «Plus une femme avance en âge, plus la qualité de ses ovocytes se détériore.», comme l'indique Gwénola Keromnès, cheffe de service d'un centre de fertilité.
- Le nombre de ponctions réalisées par le centre : Il est à noter que plus un centre a un nombre de ponctions importants, plus son taux tend vers la moyenne.
- Les caractéristiques des patientes : Un centre qui n'a qu'une population jeune, qui freine le recrutement des personnes plus âgées ou inversement qui accepte toutes les personnes âgées, ces centres ne peuvent pas avoir les mêmes résultats. Il faut avoir des cadres comparables.
- Les moyens et l'organisation du centre : Les moyens des uns, le temps de formation, le temps de publication, le temps de réflexion ne sont pas les mêmes partout. Les gros centres ont plus de personnel pour faire toutes les tâches alors que les petits centres sont débordés quasiment 7 jours sur 7.
- Le matériel et la disponibilité du personnel : La première des choses c’est que le matériel n’est pas forcément à la hauteur des nécessités, la disponibilité du personnel consacré à la reproduction n’est peut-être pas optimum. Les gens font d’autres choses, voire les biologistes beaucoup de bureaucratie, voire les médecins d’autres spécialités que la reproduction courent entre les gardes et tout ça.
Analyse des données disponibles
Un sondage réalisé il y a quelques années auprès de 65 centres de PMA en France a permis d'établir un classement en fonction de leurs taux de réussite. Il est important de noter que ce classement inclut les grossesses obtenues par IAC, IAD, FIV et FIV ICSI, et qu'il prend en compte les fausses couches et les grossesses extra-utérines. Voici les 20 premiers centres de ce classement :
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- Clinique Belledonne, Saint-Martin-d'Hères (Isère) : 32,6%
- CHU de Besançon (Doubs) : 30,2%
- Polyclinique (CHU), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) : 29,3%
- Hôpital Antoine-Béclère (AP-HP), Clamart (Hauts-de-Seine) : 28,5%
- CHU de Caen (Calvados) : 28,1%
- Polyclinique Courlancy, Reims (Marne) : 26,8%
- Hôpital de la Conception (APM), Marseille (Bouches-du-Rhône) : 25,8%
- CHU de Grenoble (Isère) : 25,7%
- Clinique Pierre-Cherest, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) : 25,6%
- Institut mutualiste Montsouris, Paris XIVe : 25,4%
- Clinique de la Dhuys, Bagnolet (Seine-Saint-Denis) : 25,2%
- Clinique Saint-Antoine, Bois-Guillaume (Seine-Maritime) : 24,9%
- Hôpital Edouard-Herriot (HCL), Lyon (Rhône) : 24,3%
- Clinique Michelet*, Saint-Etienne (Loire) : 24,2%
- Clinique Sainte-Marie-Thérèse (Irerh), Bron (Rhône) : 22,5%
- Hôpital Saint-Joseph, Marseille (Bouches-du-Rhône) : 22,3%
- Clinique Saint-Jean-Languedoc, Toulouse (Haute-Garonne) : 22,3%
- Hôpital américain*, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) : 22,3%
- Maternité hôpital Sainte-Croix, Metz (Moselle) : 2,1%
- Polyclinique de l'Atlantique, Saint-Herblain (Loire-Atlantique) : 21,9%
Il est important de noter que ce classement n'est qu'un indicateur et qu'il ne doit pas être le seul critère de choix d'un centre de PMA.
La PMA aux Diaconesses Croix Saint-Simon
Le centre de fertilité des Diaconesses Croix Saint-Simon prend en charge chaque année près de 3.000 couples ou femmes en désir d’enfant. L’infertilité est la principale cause de recours d’aide à la procréation, à laquelle s’ajoutent désormais les couples de femmes et les femmes seules depuis la nouvelle loi de bioéthique d’août 2021.
Dans ce centre, les biologistes s’activent. Elles reçoivent les prélèvements de gamètes -ovules ou échantillons de sperme- et procèdent à la fécondation in vitro (FIV). Grâce notamment à la méthode de l’injection intra-cytoplasmique (Icsi), qui produit de très bons résultats.
Les défis de la PMA
Malgré les progrès de la PMA, il est important de garder à l'esprit que cette technique n'est pas une solution miracle. Les chances d’accouchement grâce à un transfert d’embryon avoisinent les 20%. De plus, le parcours de PMA peut être long et difficile, tant physiquement que moralement.
Angélique Setbon, 37 ans, témoigne : "Ce parcours est très dur à vivre, aussi bien physiquement que moralement". Pour Marine Guiet, sage-femme échographiste, le stress d’un parcours PMA est comparable "à celui généré dans le cadre d’une maladie chronique" et nécessite "un accompagnement continu".
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Conservation ovocytaire : Une option pour préserver sa fertilité
Face au recul de l'âge de la première grossesse, la "conservation ovocytaire", plus connue sous le nom de "social freezing", apporte une réponse directe à cette problématique, permettant de "lutter contre le facteur temps". La France est même pionnière sur le sujet, étant le premier pays au monde à rembourser la congélation d’ovocytes pour les femmes âgées de 29 à 37 ans, qu’elles soient en couple ou non, depuis 2021.
Cependant, la congélation d’ovocytes n’a rien d’une formalité. Le parcours démarre par une stimulation hormonale, destinée à faire mûrir plusieurs ovocytes en même temps. Suit une étape plus délicate : la ponction, réalisée sous anesthésie légère et sous contrôle médical, pour prélever les cellules. Immédiatement, ces ovocytes sont plongés dans de l’azote liquide à -196 °C.
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