L'expression "deux drôles de fées se sont penchées sur son berceau" est une métaphore qui suggère que la personne dont on parle a été favorisée par le destin, qu'elle a reçu des dons ou des prédispositions exceptionnelles dès sa naissance. Ces "fées" représentent des influences positives qui ont façonné son caractère, son talent ou sa destinée. Cet article explore cette idée à travers différents exemples, en mettant en lumière les influences formatrices qui ont contribué au succès d'individus dans des domaines variés tels que la littérature, la musique, le théâtre et les arts.

L'Utopie et l'Éducation : Les Fées de Charles Vildrac

Dans le cas de l'écrivain Charles Vildrac, deux "fées" semblent s'être penchées sur son berceau : l'utopie politique et l'utopie éducative. Son père, Henri Messager, était un communard exilé en Nouvelle-Calédonie pour ses convictions politiques, tandis que sa mère, Mélanie Descorps, était une institutrice républicaine et laïque. Ces influences parentales ont profondément marqué Vildrac, le poussant à explorer les thèmes de l'utopie et de l'éducation dans son œuvre, notamment dans ses romans pour la jeunesse L'Île rose (1924) et La Colonie (1930).

L'Île rose, illustré par Edy-Legrand, présente une utopie insulaire où un jeune garçon, Tifernand, découvre une société idéale grâce à un bienfaiteur surnommé l'Enchanteur. Ce roman, suivi de La Colonie, propose une réécriture critique des thèmes de l'utopie, tout en s'inscrivant dans une tradition littéraire riche et ancienne. Vildrac, influencé par les robinsonnades et les utopies insulaires, imagine un monde où l'éducation et la communauté sont au cœur de la vie.

Vildrac lui-même a été constamment travaillé par ce désir utopique, notamment à travers son expérience au sein de l'Abbaye, un phalanstère poétique cofondé avec Georges Duhamel. Bien que cette expérience ait été de courte durée, elle a marqué sa vie et son œuvre, le poussant à explorer les thèmes du voyage, de la communauté et de l'éducation. Ses voyages au Japon et en URSS dans les années 1920 témoignent de sa quête de modèles sociaux et politiques alternatifs.

Ainsi, les "fées" de l'utopie politique et éducative ont façonné l'œuvre de Charles Vildrac, l'incitant à créer des mondes imaginaires où l'enfant est au centre d'une société idéale.

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L'Anticommunisme et l'Ultracatholicisme : Les Fées d'Hergé

À l'opposé des influences utopiques de Vildrac, les "fées" qui se sont penchées sur le berceau d'Hergé, le créateur de Tintin, étaient d'une nature bien différente : l'anticommunisme, l'ultracatholicisme et l'extrême droite. Issu d'une famille catholique de droite, Hergé a commencé sa carrière de dessinateur chez les scouts, avant d'être engagé au Vingtième Siècle, un journal catholique ultra-conservateur.

Son directeur, l'abbé Wallez, un admirateur de Mussolini, est devenu le mentor d'Hergé et l'a encouragé à créer un personnage de jeune reporter qui dénoncerait les méfaits du bolchevisme. C'est ainsi que Tintin au pays des Soviets (1929) est né, un album anticommuniste qui a marqué le début de la carrière d'Hergé.

Hergé lui-même a qualifié cet album d'"erreur de jeunesse", reconnaissant qu'il était influencé par l'idéologie de l'époque et par son directeur. Cependant, il est indéniable que ces "fées" ont joué un rôle déterminant dans la création de Tintin et dans le succès de ses premières aventures.

La Monstruosité et le Cynisme : Les "Sorcières" de Richard III

Dans un registre plus sombre, le personnage de Richard III, créé par William Shakespeare, est présenté comme un être sur le berceau duquel se sont penchées des sorcières plutôt que des fées. Bossu, boiteux et difforme, Richard III est un monstre physique et moral, dont le cynisme et l'intelligence n'ont d'égale que sa soif de pouvoir.

La pièce de Shakespeare explore les dérives du pouvoir et la fascination pour le mal, en montrant comment Richard III usurpe le trône et fait assassiner ses neveux. Sa monstruosité physique est une métaphore de sa monstruosité morale, de son absence totale d'inhibition et de sa capacité à manipuler et à séduire son entourage.

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Ainsi, les "sorcières" qui se sont penchées sur le berceau de Richard III représentent les forces obscures qui ont façonné son caractère et sa destinée tragique.

L'Intelligence et la Détermination : Les Fées de Charlotte Heywood

Dans le roman inachevé Sanditon de Jane Austen, l'héroïne, Charlotte Heywood, est présentée comme une jeune femme intelligente et déterminée, sur le berceau de laquelle se sont penchées de bonnes fées littéraires. Elle a le bon sens d'une Eleanor Dashwood et le dynamisme d'une Elizabeth Bennet.

Charlotte, issue d'une famille modeste, a l'opportunité de découvrir la station balnéaire de Sanditon grâce à la famille Parker. Elle observe attentivement les habitants hauts en couleurs de Sanditon, épinglant les petits travers de la société anglaise du XIXe siècle.

Ainsi, les "fées" de l'intelligence et de la détermination ont permis à Charlotte Heywood de s'épanouir et de devenir une héroïne attachante et perspicace.

Le Travail et la Patience : Les Fées d'Emmanuel Coppey

Dans le domaine de la musique, le violoniste français Emmanuel Coppey est présenté comme un artiste dont le succès est dû à son travail acharné et à sa patience. Si de bonnes fées se sont penchées sur son berceau, il ne doit qu'à lui-même un parcours et un répertoire patiemment construits - de Bach à Kurtag - et sans cesse élargis son identité propre comme celle de son son.

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Né en 1999, il commence le violon à l'âge de quatre ans et entre au Conservatoire de Paris à 14 ans. Il se frotte à des grands maîtres au fil des résidences ou académies et crée le PYMS Quartet en 2020.

Ainsi, les "fées" du travail et de la patience ont permis à Emmanuel Coppey de devenir un violoniste talentueux et recherché.

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