Nièce de Gérard et cousine de Julie Depardieu, Delphine Depardieu a su tracer son propre chemin dans le monde du spectacle. Moins médiatisée que certains membres de sa célèbre famille, elle n'en demeure pas moins une actrice accomplie, forte d'une solide expérience au théâtre, au cinéma et à la télévision.
Une formation solide et des débuts prometteurs
Née le 8 mars 1979 à Paris, Delphine Depardieu est la fille du producteur de cinéma Alain Depardieu et de Jacqueline Anne-Marie Duval. Immergée dès son plus jeune âge dans un environnement artistique riche, elle développe rapidement une passion pour le jeu d'acteur. Après une double formation en audiovisuel et en théâtre (Cours Simon, École internationale de création audiovisuelle et de réalisation (EICAR), cours de Jean-Laurent Cochet), elle choisit de se consacrer à la scène et au cinéma.
Elle fait ses débuts au théâtre en 2002 dans Chute de vie, mise en scène par Jean-Benoît Souilh. Elle se distingue en 2006 dans Délit de fuites de Jean-Claude Islert, au côté de Roland Giraud, au Théâtre de la Michodière. C'est sur les planches qu'elle fait ses débuts dans Délit de fuite, avec Roland Giraud, en 2006. Deux ans plus tard, elle retrouve l'acteur qui lui a mis le pied à l'étrier, à l'affiche de la pièce Jupe obligatoire. Delphine Depardieu obtient son premier rôle important et la pièce remporte un vif succès, couronné par le prix Raimu de la comédie en 2009. La même année, elle donne la réplique à Paul Belmondo dans Un oreiller… ou trois?, mise en scène par Olivier Belmondo. Le célèbre duo se retrouve régulièrement sur les planches (Ménage à trois, Bouleversé(e), Plus vraie que nature). En 2011, elle partage l'affiche de la pièce De filles en aiguilles avec Alexandre Brasseur.
Une carrière théâtrale riche et variée
Delphine Depardieu a foulé les planches à de nombreuses reprises, interprétant des rôles variés dans des pièces classiques et contemporaines. Elle a notamment joué aux côtés de Roland Giraud, mais aussi d’autres « fils de… », Paul Belmondo, Alexandre Brasseur… Elle a participé à pas moins de 17 pièces entre 2002 et 2016. Parmi ses rôles notables, on peut citer :
- Le Misanthrope (2010)
- Le dernier baiser de Mozart d'Alain Teulié, où elle interprète Constance, la jeune veuve de Mozart.
- Les Liaisons dangereuses à la Comédie des Champs-Élysées, rôle pour lequel elle reçoit le prestigieux Prix du Brigadier en 2024.
En 2016, elle est acclamée pour son interprétation dans Le dernier baiser de Mozart d'Alain Teulié, qui lui vaut une nomination aux Molières 2017 dans la catégorie Révélation féminine.
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Des apparitions au cinéma et à la télévision
Si le théâtre occupe une place prépondérante dans sa carrière, Delphine Depardieu a également fait quelques incursions au cinéma et à la télévision. Elle a tourné pas moins de 8 films (2006-2016), 2 clips (2008-2012), 5 courts-métrages (2004-2012), 4 téléfilms (2003-2014, dont un Julie Lescaut).
Au cinéma, elle apparaît en 2006 dans Antonio Vivaldi, un prince à Venise de Jean-Louis Guillermou. Elle joue ensuite dans Astérix aux Jeux olympiques (2008) et Une affaire d'État (2009), où elle partage l'affiche avec son oncle Gérard Depardieu. En 2014, elle est remarquée dans Hasta mañana de Sébastien Maggiani et Olivier Vidal, performance qui lui vaut une nomination, comme meilleure actrice dans un second rôle, au Southampton International Film Festival. Elle tient le rôle principal dans La Dormeuse Duval (2016), adaptation du roman Les bottes rouges de Franz Bartelt.
Delphine Depardieu est également active à la télévision, avec des apparitions dans des séries telles que Julie Lescaut (2005), Rose et Val, et Duval et Moretti (2008).
"Le Dernier Baiser de Mozart" : une pièce marquante
En 2016, Delphine Depardieu interprète Constance, la jeune veuve de Mozart, dans Le Dernier baiser de Mozart, d’Alain Teulié, au Festival Off d’Avignon. Elle explique que sa participation à cette pièce est due au hasard : "Récemment, on a voulu travailler ensemble. On s’est dit : on va chercher un auteur, on va lui passer commande. On lui propose le projet. Une pièce à deux personnages, avec un sujet qui a trait à la musique. Il est d’accord, et nous met à l’aise ; il nous dit clairement : si la pièce vous convient, parfait ; si vous n’aimez pas, on ne la fait pas."
Delphine Depardieu confie avoir une passion pour Mozart depuis son enfance : "J’ai une passion pour Mozart depuis toute petite. On peut l’écouter dès le ventre de la maman. Je connaissais le film de Milos Forman, mais pas du tout la vérité historique. Je suis tombée des nues." Elle souligne que la pièce s'appuie sur des documents historiques : "Oui, on a des documents qui l’attestent. Des manuscrits de Salieri dans le Musée Mozart. On a aussi quelques notes écrites par Eybler (Joseph Leopold Eybler, 1765-1846, ndlr)."
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La musique de Mozart, et plus particulièrement le "Lacrimosa" du Requiem, occupe une place importante dans la pièce. Delphine Depardieu explique comment le "Lacrimosa" a été intégré au spectacle : "C’était le choix, de ne pas trop faire entendre, à part le magnifique « Lacrimosa » du Requiem. On a décomposé le « Lacrimosa » par morceaux pour le construire ensuite." Elle précise : "Non, avec un ingénieur du son. On s’est retrouvé un dimanche, il a enregistré des parties décomposées du « Lacrimosa ». Ainsi, on le sent arriver peu à peu, par bribes."
Delphine Depardieu souligne la complexité de la musique de Mozart, malgré son apparente simplicité : "La difficulté, est justement de faire cette simplicité. Mais un amateur, en l’entendant, ne peut pas se dire : je le fais demain ! C’est d’une précision et d’une rigueur ! Il faut être virtuose pour le jouer."
Elle évoque également son propre rapport à la musique : "J’ai fait du piano puis du saxophone." Elle ajoute que la rigueur est une qualité qui lui est utile dans la vie en général : "De la rigueur ; j’en ai, beaucoup. Et cela m’apporte des facilités de vie en général, et cela peut aider à méditer."
Delphine Depardieu s'est beaucoup investie dans son personnage de Constance : "C’est une femme légère, un peu bêta d’après ce qu’on voit dans une correspondance du père de Mozart. Mais on a peu d’éléments sur Constance. Elle avait une très mauvaise orthographe, comme toutes les femmes à cette époque. Elle avait honte d’écrire à Léopold." Elle estime qu'il est injuste de la considérer comme une simple "bécasse" : "Et pour soutenir un génie, elle ne peut pas être une bécasse comme on a voulu la montrer. Mozart, c’était à la fois l’ombre et la lumière, sans doute difficile à supporter ; il avait par exemple un humour très cru." Elle la décrit comme une femme "multiple, qui a su soutenir un génie."
Le poids du nom Depardieu
Dans un entretien accordé à France Dimanche, Delphine Depardieu confie comment son patronyme peut parfois l'avantager, mais aussi lui fermer des portes. Elle explique que porter le nom Depardieu n'est pas toujours facile : "C'est super dur, il y a beaucoup d'injustices et on ne nous fait jamais de retour. On nous dit jamais que c'est 'non' ni pourquoi c'est 'non'. D'ailleurs, on ne nous dit rien, c'est ça qui est compliqué à encaisser".
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Concernant les éventuelles opportunités que créerait son patronyme, Delphine Depardieu estime qu'il lui "a fermé (des portes), mais aussi ouvert beaucoup". Elle ajoute : "C'est un nom magique, qui excède autant qu'il fascine ! Disons que grâce à lui, on me prend au téléphone, pendant que mes potes se font envoyer sur les roses".
Elle précise qu'elle ne voit plus beaucoup Gérard et Julie : "Avec Gérard, on se croise de temps en temps. Julie, très peu, mais quand ça arrive, c'est comme si on s'était quittées la veille."
Avignon : un festival incontournable
Delphine Depardieu est une habituée du Festival d'Avignon : "Je l’ai connu il y a 7 ans, et c’est la 4e fois que j’y joue. Mais même quand je ne joue pas, je viens tous les ans. J’aime beaucoup le festival, je viens y voir des amis, j’aime la ville." Elle apprécie l'ambiance de la ville et du festival : "Avignon me manque, l’ambiance, les rues, le soir notamment. Et puis il y a de super magasins ici ; remarquez, c’est meilleur pour mon portefeuille, que je ne sois pas en ville (rire) ! Et puis de bons restaurants."
Projets futurs
Delphine Depardieu a plusieurs projets en cours. Elle devait reprendre Le Dernier baiser au Petit Montparnasse. Elle devait également se rendre à un festival de film en Russie pour un film, La Dormeuse du Val qui devait sortir en septembre. Elle préparait un autre film avec le même réalisateur sur Madame Rimbaud. Elle exprime son intérêt pour les projets centrés sur les femmes.
Elle confie également un rêve : "Nez, j’aurais aimé être nez (rire). J’aime les odeurs. C’est de famille."
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