La période de transition, définie comme les 20 jours avant et après le vêlage, est une phase critique dans la vie d'une vache laitière. Durant ces 40 jours, la santé et la productivité de l'animal sont particulièrement vulnérables. Cet article explore les difficultés rencontrées en début de lactation chez les vaches laitières, en particulier chez les Normandes, en mettant l'accent sur le manque de calcium, ses causes, ainsi que les solutions et mesures préventives.

Importance d'une bonne santé en début de lactation

Il est impératif qu'une vache soit en excellente santé pour mettre au monde un veau et optimiser sa production laitière. La gestion de l'alimentation est essentielle durant cette période de transition, surtout pour les élevages à haut niveau de production. Les vaches en transition sont plus susceptibles de rencontrer des problèmes métaboliques, notamment la fièvre de lait et l'acétonémie.

Les problèmes métaboliques courants

Les deux principaux problèmes métaboliques auxquels les vaches sont confrontées en début de lactation sont la fièvre de lait (hypocalcémie) et l'acétonémie (cétose).

La fièvre de lait (hypocalcémie)

La fièvre de lait, ou hypocalcémie, est due à un niveau insuffisant de calcium dans le sang. Elle peut se manifester cliniquement par une vache couchée, mais aussi de manière subclinique, affectant la productivité et augmentant le risque de métrite. La production de colostrum exige de grandes quantités de calcium, que la vache doit puiser dans ses réserves osseuses.

Causes de la fièvre de lait :

  • Apport insuffisant de calcium dans l'alimentation.
  • Incapacité de la vache à mobiliser le calcium osseux.
  • Déséquilibre minéral, notamment un BACA (bilan alimentation cations anions) trop élevé.
  • Vêlage difficile.
  • Rang de lactation élevé.

Solutions et prévention :

  • Gestion de l'alimentation au tarissement : L'approche traditionnelle consistait à carencer la vache en calcium au tarissement pour stimuler la pompe à calcium avant le vêlage. Aujourd'hui, l'apport de sels anioniques (produits à BACA négative) est privilégié pour abaisser le pH sanguin entre 6,5 et 6, ce qui favorise la mobilisation du calcium osseux. Le dosage de ces sels doit être calculé par un nutritionniste en fonction des aliments distribués.
  • Suivi du pH urinaire : Le pH urinaire est un indicateur fiable du pH sanguin et peut être mesuré une fois par semaine pour ajuster l'alimentation.
  • Apport de calcium supplémentaire : Il peut être intéressant d'apporter du calcium en prévention au vêlage, puis le lendemain, surtout pour les vaches à rang de lactation élevé. L'utilisation de bolus de calcium permet une libération progressive et une meilleure biodisponibilité du calcium.
  • Équilibre minéral : Veiller à un bon équilibre des apports en calcium, phosphore et magnésium, en suivant le BACA.

L'acétonémie (cétose)

L'acétonémie, ou cétose, est liée à un amaigrissement excessif de la vache en début de lactation, dû à un déficit énergétique. Pour faire face à la production laitière, la vache puise dans ses réserves corporelles, transformant les matières grasses dans le foie. Un manque de composés néoglucogénétiques entraîne la formation de corps cétoniques.

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Causes de l'acétonémie :

  • Besoins énergétiques supérieurs aux apports.
  • Amaigrissement trop important en début de lactation.
  • Ration déséquilibrée, pauvre en amidon.
  • Vaches trop grasses en début de lactation.
  • Vêlage difficile.

Solutions et prévention :

  • Alimentation riche en amidon : Privilégier les aliments riches en amidon (environ 22 % dans la ration), en évitant l'amidon rapide du blé, de l'orge ou du triticale. Ne pas dépasser 25-30 % d'amidon pour éviter l'acidose.
  • Limiter l'amaigrissement : Éviter que les animaux n'arrivent trop gras en début de lactation. Anticiper dès la fin de la lactation précédente et éviter de faire maigrir une vache une fois le tarissement engagé.
  • Suivi du BHB : Le dosage du BHB (bêta-hydroxybutyrate) dans le sang dès le cinquième jour de lactation est un bon indicateur des acétonémies subcliniques.
  • Hépatoprotecteurs : En prévention, on peut donner aux vaches à risque un hépatoprotecteur en fin de tarissement ou après le vêlage pour renforcer le foie.
  • Équilibre de la ration et apports minéraux : Assurer un bon équilibre de la ration et des apports minéraux pendant le tarissement.

Autres pathologies fréquentes autour du vêlage

Outre la fièvre de lait et l'acétonémie, d'autres pathologies peuvent survenir autour du vêlage :

  • Dystocie : Un vêlage difficile peut avoir des impacts sur la santé du veau et de la vache, augmentant les risques de boiteries et de problèmes utérins. Il est important de prendre en compte le critère de "facilité de naissance" dans la sélection des génisses et le choix du taureau. L'alimentation de la vache joue également sur le poids du veau.
  • Non-délivrance/Métrite : Les difficultés dans l'expulsion totale du placenta peuvent être la conséquence d'un vêlage difficile ou d'une hypocalcémie. L'hygiène au vêlage est primordiale, et il faut éviter de tirer sur la délivrance pour ne pas provoquer de déchirure.
  • Mammites colibacillaires : Ces formes graves de mammites sont plus fréquentes en début de lactation, en raison de la baisse d'immunité et de contaminations par des bactéries d'environnement. Une hygiène rigoureuse du logement des vaches taries et du lieu de vêlage est essentielle.
  • Déplacement de caillette : Ce problème survient souvent après d'autres ennuis de santé qui ont perturbé l'appétit. Il se caractérise par une chute brutale de la production et une diminution de la rumination.

Facteurs favorisant une bonne transition

Plusieurs facteurs contribuent à une transition réussie pour les vaches laitières :

  • Confort : Assurer un environnement confortable aux vaches, avec suffisamment de place à l'auge et au couchage.
  • Alimentation de qualité : Écarter tout fourrage altéré et éviter tout reste de ration contenant du bicarbonate.
  • Gestion du stress : Minimiser le stress autour du vêlage.
  • Surveillance : Une attention particulière doit être portée aux vaches dans la période des quarante jours autour du vêlage.

Individualisation de l'alimentation

L'optimisation des apports énergétiques et azotés en début de lactation peut être gérée de manière individuelle à l'aide d'équipements comme le DAC ou le robot de traite. En l'absence de ces outils, une ration collective adaptée peut être mise en place jusqu'à 30 voire 50 jours de lactation environ, avant d'envisager une stratégie d'individualisation.

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