Le cycle menstruel est un processus biologique complexe qui rythme la vie d'une femme dès l'adolescence jusqu'à la ménopause. Bien que la durée moyenne d'un cycle soit souvent présentée comme étant de 28 jours, il est essentiel de comprendre que cette valeur est une norme statistique et que la réalité est bien plus variable. De nombreuses femmes expérimentent des cycles irréguliers, et un cycle de 50 jours peut susciter des interrogations. Cet article vise à éclaircir ce qu'est un cycle menstruel long, ses causes potentielles, son impact sur l'ovulation et la fertilité, et les démarches à entreprendre si vous êtes concernée.

Qu'est-ce qu'un cycle menstruel ?

Le cycle menstruel est une série d'événements hormonaux qui préparent l'utérus à une éventuelle grossesse chaque mois. Il débute le premier jour des règles (menstruations) et se termine la veille des règles suivantes. On parle parfois de cycle ovarien, car il correspond au développement de l’ovocyte dans le corps.

Les phases du cycle menstruel

Le cycle menstruel se divise en deux phases principales :

  • Phase folliculaire (pré-ovulatoire) : Cette phase commence avec les règles et dure jusqu'à l'ovulation. Durant cette période, plusieurs follicules (contenant chacun un ovule) se développent dans les ovaires sous l'influence d'hormones sécrétées par le cerveau. Un seul follicule dominant parvient généralement à maturité et se prépare à libérer un ovule. La durée de cette phase est variable et détermine la longueur du cycle.
  • Phase lutéale (post-ovulatoire ou progestative) : Cette phase commence après l'ovulation et dure environ 14 jours. Après la libération de l'ovule, le follicule se transforme en corps jaune, qui sécrète de la progestérone. Cette hormone prépare l'utérus à accueillir un embryon. S'il n'y a pas de fécondation, le corps jaune dégénère, entraînant une chute des taux d'hormones et le déclenchement des règles.

Cycle menstruel long : Quand s'inquiéter ?

En Europe, on considère que la durée moyenne d’un cycle menstruel est de 28 jours. Il s’agit bien sûr d’une moyenne : votre cycle menstruel peut donc être plus court ou plus long, il reste tout à fait normal. Un cycle menstruel dit long sera de 35 jours ou plus. La durée normale d'un cycle menstruel est de 28 à 32 jours. Enfin normale, disons plutôt 'moyenne'. Les femmes qui ont des cycles réguliers sont donc parfois étonnées de voir leur cycle s'allonger, d'une semaine ou d'une dizaine de jours, voire de plusieurs semaines. Cela ne veut pas dire qu'elles sont enceintes, et c'est très courant. Il faut d'abord se dire que la normalité est toute relative sur le sujet. En effet, la longueur des cycles menstruels s'étale de 21 à 35 jours en moyenne, et les femmes ont des saignements qui durent entre 2 et 7 jours. Mais pour certaines femmes, les cycles sont beaucoup plus longs que cela. Il arrive de voir des cycles menstruels qui durent 45 jours, voire même 60 jours.

Première chose à savoir : bien que la durée moyenne d’un cycle menstruel soit estimée à 28 jours, elle peut être très différente d'une femme à l'autre sans que cela ne témoigne d’un problème de santé. De manière générale, on considère qu'un cycle est régulier si sa durée s’étend de 21 à 35 jours. Il est dit court entre 21 jours et 25 jours, normal entre 26 et 30 jours, long entre 31 et 35 jours. Selon une étude menée auprès de 5322 femmes par l’OMS en 1983, 44 % des cycles menstruels durent d’ailleurs plus de 28 jours.

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Il est important de distinguer un cycle naturellement long d'une irrégularité occasionnelle. Si vous avez toujours eu des cycles de 35 jours, il n'y a généralement pas lieu de s'inquiéter si cela ne vous cause pas de désagréments. Cependant, si vos cycles sont habituellement réguliers et qu'ils s'allongent soudainement, ou si vous avez des cycles de 50 jours ou plus, il est conseillé de consulter un professionnel de santé.

Causes possibles d'un cycle menstruel long

Plusieurs facteurs peuvent influencer la durée du cycle menstruel. Voici quelques causes fréquentes de cycles longs :

  • Variations naturelles : Aucune femme n'est réglée comme une horloge. Si certaines d'entre nous connaissent à peu près la date de leurs cycles, qui ne leur font jamais faux bond, nous sommes beaucoup à vivre avec des règles irrégulières. La nature de cette irrégularité est aussi variable d'une femme à l'autre. Certaines vont avoir des cycles séparés de 25 jours, puis 30, puis 32, quand d'autres vont ne pas avoir leurs règles pendant deux mois. Il est rare qu’une femme ait un cycle régulier toute sa vie, tout simplement parce que celui-ci évolue au fil des années. Il existe plusieurs facteurs qui vont influencer le cycle menstruel et les menstruations comme l’arrivée des premières règles, la maladie, l’arrêt d’une contraception hormonale, la fausse couche, l’accouchement, l’allaitement et la préménopause.

  • Troubles du mode de vie: La cause principale des cycles irréguliers est à chercher dans le mode de vie et particulièrement dans l'alimentation. Selon les spécialistes, 40% des cas d'irrégularité sont dus à une anomalie nutritionnelle : un gain ou une perte de poids brutale, de l'anorexie, de la boulimie voire de orthorexie (trop penser à sa nourriture). L'excès de sport peut lui aussi être un facteur de l'irrégularité des cycles : avec un trop grand effort physique, l'organisme peut se sentir en manque d'énergie et donc se recentrer sur les organes vitaux que sont le cœur, le cerveau et l'estomac. Les praticiens estiment que le stress joue également un rôle dans l'irrégularité des menstruations. De nombreuses femmes aux cycles irréguliers témoignent aussi d'un niveau de stress important durant ces périodes. Nous ne sommes surement pas les premiers à vous dire qu’une vie zen et équilibrée est la clé d’une santé de fer. Chez So’Cup, on sait de source sûre que la vie d’une femme est remplie de bouleversements.

  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Si vous vous situez entre 20 et 35 ans et que vous avez vos règles environ trois à quatre fois par an, alors vous êtes peut-être touchée par le syndrome des ovaires polykystiques. Ce dernier touche environ 5 à 10% des femmes en âge de procréer. Il résulte d'un déséquilibre entre les hormones mâles et les hormones femelles, ce qui va empêcher l'ovulation. Ce déséquilibre hormonal touche l'ensemble de l'organisme et parmi les symptômes les plus courants, on trouve l'acné, un surpoids voire une obésité, des tâches brunes sur la peau, de l'hirsutisme (pilosité excessive) ou une perte de cheveux. Ces anomalies s'expriment différemment en fonction des femmes qui en souffrent, ce qui rend plus difficile la confirmation du diagnostic. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est ainsi une pathologie endocrinienne qui se traduit notamment par un taux de testostérone élevé, des cycles menstruels irréguliers, et des difficultés à ovuler à chaque cycle. De fait, certains cycles peuvent se prolonger, ou même être anovulatoires, c'est-à-dire sans aucune ovulation. A ces symptômes peuvent s'ajouter de l'hirsutisme (apparition de poils visibles à des endroits habituellement masculins), une perte de cheveux, de l'acné voire une prise de poids. La raison la plus commune qui explique une absence de règles ou des cycles menstruels très longs de 45 jours est le syndrome des ovaires polykystiques. La sage-femme explique que ce trouble hormonal est fréquent et provoque des cycles irréguliers ou prolongés en raison d'un déséquilibre hormonal qui empêche l'ovulation régulière. "Cela entraîne souvent des menstruations peu fréquentes, espacées ou même absentes". Il s'agit d'un dérèglement hormonal relativement commun, qui touche 10% des femmes, d'après des chiffres fournis par l'Inserm. Outre les règles "anormales", les femmes remarquent d'autres symptômes comme une pilosité accrue à certains endroits, la difficulté à perdre du poids malgré une alimentation équilibrée et une pratique du sport.

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  • Problèmes de thyroïde : Des problèmes de thyroïde (notamment hypothyroïdie et hyperthyroïdie) ont des conséquences sur la production des hormones sexuelles régissant le cycle ovarien. Hypothyroïdie et hyperthyroïdie peuvent ainsi engendrer des cycles courts, ou au contraire être synonymes de cycles longs et irréguliers, et de problèmes d'ovulation. Un dérèglement des cycles peut aussi s'expliquer par des problèmes de thyroïde, d'où l'importance de la prise de sang. En cause, un dérèglement de la glande thyroïde qui peut avoir des conséquences sur la production d’hormones sexuelles (et donc entrainer un retard de l’ovulation).

  • Préménopause : Notons par ailleurs que l'arrivée de la ménopause peut se traduire par un allongement du cycle féminin. « C'est un peu comme un moteur qui aurait des 'ratés' avant de s'arrêter pour de bon », illustre le Pr Deruelle. Il peut s'agir aussi de l'arrivée de la ménopause, ou de la pré-ménopause.

  • Autres causes médicales : Enfin, un trouble du cycle menstruel peut aussi découler de dérèglements hormonaux, liés à des pathologies gynécologiques plus importantes (kyste ovarien, cancer de l'utérus…).

Cycle long et ovulation : Quel impact sur la fertilité ?

Le cycle menstruel est directement lié à la fertilité, à la possibilité d’attendre un enfant. On parle parfois de cycle ovarien, car il correspond au développement de l’ovocyte dans le corps.

Un cycle long signifie que l'ovulation se produit plus tardivement dans le cycle. Si la phase lutéale (après l'ovulation) reste d'environ 14 jours, un cycle de 50 jours implique une ovulation autour du 36e jour. Cela peut rendre la planification d'une grossesse plus difficile, car la fenêtre de fertilité est plus éloignée des dates habituelles.

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Dre Diane Winaver, gynécologue, peu importe la longueur du cycle menstruel. Qu'il soit long ou court ne complique pas le calcul de la date d'ovulation. L'important est que le cycle soit régulier. En effet, calculer son ovulation avec un cycle irrégulier est beaucoup plus difficile. La période de l’ovulation n’est plus évidente, c’est-à-dire, 14 jours avant la date des règles suivantes. Comme dit précédemment, il est possible de tomber enceinte avec un cycle menstruel long. Pour calculer la date d’ovulation avec un cycle long mais régulier, rien de plus simple : vous pouvez connaître le début de la phase d’ovulation en retirant 14 jours, durée de la phase post-ovulatoire qui ne change pas, du nombre de jours que comporte votre cycle.

La sage-femme Simon nous explique que "la seule chose importante est que le cycle soit régulier car il sera beaucoup plus simple de calculer son ovulation avec un cycle régulier qu'irrégulier". De plus que la période d'ovulation n'est pas tellement évidente lorsque l'on a un cycle long. Celui-ci arrive 14 jours avant la date des règles suivantes. Si vous avez un cycle irrégulier ou particulièrement long et que vous souhaitez tomber enceinte, alors il est conseillé d'avoir recours à des tests d'ovulation.

Que faire si vous avez des cycles de 50 jours ?

Voici les étapes recommandées si vous avez des cycles menstruels de 50 jours ou plus :

  1. Consultez un professionnel de santé : Si vos cycles sont irréguliers de 50 jours et plus et que vous ressentez certains de ces symptômes, consultez votre gynécologue. Une échographie intra-vaginale lui permettra de poser un premier diagnostic, qui sera confirmé par un bilan hormonal. La sage-femme rappelle qu'une aménorrhée, "c'est l'absence complète de règles pendant au moins trois mois chez une femme ayant normalement des cycles menstruels réguliers. Elle diffère d'un cycle long de 45 jours par exemple, puisqu'elles sont ici totalement absentes". Toutefois, si vous effectuez un test et qu'il se révèle négatif, la professionnelle de santé précise qu'il faut consulter un gynécologue. Cela exclut les femmes qui prennent une contraception continue qui interrompt les règles ou celle ayant subi une intervention chirurgicale. Le médecin réalisera un premier examen primaire, puis rédigera une ordonnance pour des tests approfondis : prise de sang, échographie pelvienne, etc…

  2. Faites un suivi de vos cycles : Pour ce faire, faites appel à vos talents de détective ! Non, en vérité, il vous suffit de vous munir d’un carnet et d’un calendrier menstruel afin d’y répertorier la durée de votre cycle, la durée et le flux de vos règles et les symptômes que vous ressentez tout au long de cette période. Et si vous êtes pro-technologie, alors vous pouvez opter pour une application mobile qui fera (presque) le boulot à votre place. Ces applications recueillent petit à petit vos données afin de vous donner les meilleures estimations possibles pour les prochains cycles (premier jour des règles, jours fertiles, ovulation, etc.). Si vous voulez allez plus loin, vous pouvez même tenter la symptothermie, une méthode naturelle qui permet de gérer sa fertilité, mais qui peut également être utile pour apprivoiser son cycle.

  3. Examens complémentaires : Face à une patiente présentant des cycles longs gênants et/ou associés à d'autres symptômes (hirsutisme, troubles de l'ovulation, infertilité, grande fatigue, douleurs…), le médecin prescrit généralement des examens complémentaires (échographie pelvienne, bilan sanguin) avant de proposer un éventuel traitement.

  4. Traitements : Si le fait d'avoir un cycle menstruel long ne nous dérange pas outre mesure et que l'on s'en accommode très bien, il n'y a pas de raison d'essayer de le « normaliser », estime le Professeur Deruelle. En revanche, si les cycles longs sont associés à d'autres symptômes gênants, voire révélateurs d'une pathologie, mieux vaut consulter. Même chose si ces cycles « à rallonge » s'accompagnent d'une infertilité. Le syndrome des ovaires polykystiques est une maladie chronique - elle ne se soigne pas - mais ses effets peuvent être diminués grâce à un traitement hormonal. Avec un suivi régulier et plusieurs médecins, dont un endocrinologue, les femmes qui en souffrent réussissent à réguler leurs cycles. On parie que vous ne l’aviez pas vu venir celle-là ! La pilule hormonale ne va pas réguler votre cycle menstruel naturel mais créer des règles artificielles.

Conseils pour réguler votre cycle menstruel

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de "normaliser" un cycle naturellement long, voici quelques conseils qui peuvent aider à réguler le cycle menstruel et à améliorer la santé globale :

  • Adoptez une alimentation équilibrée : L’alimentation joue un rôle essentiel pour votre santé en général. Pour vous aider à réguler votre cycle féminin, vous pouvez par exemple privilégier les aliments riches en fer, sans oublier de les accompagner de vitamine C pour que le fer soit mieux absorbé. Préférez également les acides gras essentiels (noix, amandes, huile d’olive, graines de lin) plutôt que les graisses animales plus difficiles à éliminer.

  • Gérez votre stress : Le stress peut perturber l'équilibre hormonal et influencer la durée du cycle. Trouvez des techniques de relaxation qui vous conviennent, comme la méditation, le yoga ou la marche en nature.

  • Maintenez un poids santé : Les variations de poids importantes peuvent affecter le cycle menstruel. Essayez de maintenir un poids stable grâce à une alimentation saine et à une activité physique régulière.

  • Explorez les remèdes naturels : Pourquoi se passer des huiles essentielles quand on sait à quel point elles peuvent faire des merveilles ? Dans le cas de cycles irréguliers, de règles abondantes et douloureuses, 3 huiles essentielles sont connues pour faire des miracles, c’est la sauge sclarée, l’estragon et l’anis vert. Utilisée seule ou en complément d’autres remèdes naturels, la phytothérapie est une solution très efficace dans de nombreux cas de figure, y compris le cycle menstruel irrégulier, les règles abondantes et douloureuses. L’homéopathie est une alternative qui peut soulager efficacement plusieurs symptômes. Pour réguler le cycle menstruel, tournez-vous vers le Cyclamen et le Pulsatilla. Si vous voulez agir sur vos SPM et règles douloureuses, optez pour le Folliculinum et le Lachesis. Moins connue mais tout autant efficace, la gemmothérapie peut être d’une grande aide pour réguler votre cycle et vos règles.

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