Le congé de maternité est un droit fondamental pour les femmes enceintes, leur permettant de se préparer à l'accouchement et de prendre soin de leur nouveau-né. Cet article détaille les droits et obligations liés au congé de maternité, en particulier dans le contexte de la Cour des Comptes, en s'appuyant sur le Code du travail et les conventions collectives applicables.

Déclaration de Grossesse à l'Employeur

La salariée enceinte a la liberté d'informer ou non son employeur de sa grossesse, sauf si elle souhaite bénéficier des dispositions légales ou conventionnelles prévues. Pour se prévaloir des règles protectrices du Code du travail (protection contre le licenciement, autorisations d'absence pour examens médicaux sans baisse de rémunération) ou des dispositions conventionnelles plus favorables, la salariée doit informer l'employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé, en joignant un certificat médical de grossesse (art. L. 1225-2 et R. 1225-1 C. trav.).

La salariée est également tenue d'informer son employeur avant de partir en congé maternité, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé, en précisant le motif de l'absence et la date de fin du congé (art. L. 1225-24 et D. 1225-4-1 C. trav.).

Durée du Congé Maternité

La durée du congé maternité varie selon le nombre d'enfants déjà à charge et le nombre d'enfants attendus. Voici les durées légales :

  • 16 semaines : pour le premier ou le deuxième enfant.
  • 26 semaines : si la salariée a déjà deux enfants ou plus.
  • 34 semaines : en cas de naissance de jumeaux.
  • 46 semaines : en cas de naissance de triplés ou plus.

La salariée peut choisir de répartir ses congés entre la période prénatale (avant l'accouchement) et postnatale (après l'accouchement), dans le respect des limites légales. Le Code du travail interdit tout travail de la salariée pendant au moins 8 semaines, dont les 6 semaines qui suivent l'accouchement (art. L. 1225-29 C. trav.). Cette interdiction est absolue et la salariée ne peut y renoncer.

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La salariée enceinte peut réduire de 3 semaines maximum son congé prénatal au profit du congé postnatal, sous réserve de l'accord du médecin qui suit la grossesse (art. L.1225-17 et 19 C. trav.).

Aménagements Possibles du Congé Maternité

Plusieurs aménagements sont possibles pour adapter le congé maternité aux situations spécifiques :

  • Report d'une partie du congé prénatal : La salariée peut demander le report d'une partie du congé prénatal après l'accouchement, dans le cadre d'une grossesse simple uniquement. Cette demande s'appuie sur un certificat médical indiquant la durée du report, qui ne peut excéder 3 semaines.
  • Hospitalisation de l'enfant : En cas de naissance intervenant avant le début du congé maternité et d'hospitalisation de l'enfant, la durée du congé n'est pas réduite. Si l'hospitalisation de l'enfant se prolonge jusqu'à la 6e semaine après sa naissance, la salariée peut reprendre son travail et reporter à la fin de l'hospitalisation tout ou partie du congé postnatal auquel elle peut encore prétendre (art. L. 1225-22 C. trav.).
  • Accouchement prématuré : Lorsque l'accouchement intervient plus de 6 semaines avant la date prévue et exige l'hospitalisation de l'enfant après sa naissance, le congé maternité est prolongé du nombre de jours courant de la date effective de l'accouchement à la date de début du congé prénatal (art. L. 1225-23 C. trav.).
  • Décès de la mère : En cas de décès de la mère au cours du congé maternité, le père peut suspendre son contrat de travail pendant une période au maximum égale à la durée d'indemnisation restant à courir, reportée lorsque l'enfant est resté hospitalisé jusqu'à l'expiration de la 6e semaine suivant l'accouchement. Il doit avertir son employeur du motif de son absence et de la date à laquelle il entend mettre fin à la suspension de son contrat de travail. Le père bénéficie alors de la protection contre le licenciement. Lorsque le père de l'enfant n'exerce pas son droit, le bénéfice de celui-ci est accordé au conjoint salarié de la mère, à la personne liée à elle par un Pacs ou à la personne vivant maritalement avec elle (art. L. 1225-28 C. trav.).

Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS)

Durant le congé maternité, le contrat de travail est suspendu. La loi ne prévoit pas le maintien du salaire par l'employeur. En remplacement, la salariée perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS). Ces indemnités journalières sont versées à la salariée (ou à son employeur en cas de subrogation) tous les 14 jours par la caisse d'assurance maladie, pendant toute la durée du congé maternité, sans délai de carence et pour chaque jour de la semaine, y compris les samedis, dimanches et jours fériés.

Montant des IJSS

Le montant des IJSS est calculé à partir du salaire journalier de base (somme des 3 derniers salaires bruts perçus avant la date d'interruption du travail divisée par 91,25). Ce salaire journalier de base est pris en compte dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale en vigueur lors du dernier jour du mois précédant l'arrêt.

Conditions d'Attribution des IJSS

Pour bénéficier des IJSS, la salariée doit remplir les conditions suivantes :

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  • Être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date présumée de l'accouchement.
  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l'arrêt.
  • Avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le montant du SMIC horaire au cours des 6 mois civils précédant le début du congé maternité.

Maintien de Salaire par l'Employeur

Certaines conventions collectives prévoient un maintien de salaire versé par l'employeur, en complément des IJSS. Si le maintien est à 100%, les IJSS sont versées à l'employeur (subrogation). Si le maintien est inférieur à 100%, le pourcentage de rémunération restant est indemnisé par les IJSS.

Protection contre le Licenciement

La salariée bénéficie d'une protection contre le licenciement pendant la grossesse et après le congé maternité.

  • Protection relative : Durant la grossesse, jusqu'au début du congé maternité, et pendant les dix semaines qui suivent l'expiration du congé maternité ou des congés payés accolés, la salariée ne peut pas être licenciée, sauf en cas de faute grave non liée à son état de grossesse ou en cas d'impossibilité de maintenir le contrat de travail pour un motif étranger à la grossesse ou à l'accouchement.
  • Protection absolue : Pendant le congé maternité et pendant les congés payés pris immédiatement après, aucun licenciement ne peut prendre effet ni être notifié, quel qu'en soit le motif.

Si le licenciement est annulé, la salariée peut choisir entre sa réintégration dans l'entreprise et une indemnisation.

  • Réintégration : Le licenciement est nul et considéré comme n'ayant jamais eu lieu. La salariée est réintégrée à son poste, et reçoit une indemnité d'éviction en réparation du préjudice subi. Son montant ne peut excéder la somme des salaires dont la salariée a été privée entre le moment de son licenciement et sa réintégration.
  • Indemnisation : Le contrat de travail est rompu et la salariée peut prétendre : au montant des salaires qui ne lui ont pas été versés durant toute la période couverte par la nullité ; à une indemnité légale ou conventionnelle de licenciement ; à une indemnité compensatrice de préavis ; à une indemnité réparant l'intégralité du préjudice subi, qui ne peut être inférieure au montant des salaires des 6 derniers mois (art. L. 1235-3-1 C. trav.).

Aménagements du Poste de Travail

Pendant la grossesse, la salariée peut bénéficier d'aménagements de son poste de travail :

  • Aménagement des horaires : La convention collective peut prévoir des aménagements d'horaires pour les salariées enceintes (ex. : sortie anticipée sans réduction de salaire).
  • Adaptation du poste de travail : Si son état de santé l'exige, la salariée enceinte peut être affectée temporairement à un autre poste. Ce changement de poste n'entraîne aucune diminution de salaire et prend fin dès que l'état de santé de la salariée lui permet de retrouver son emploi initial, au plus tard à l'issue du congé maternité (art. L. 1225-1 et L. 1225-7 à 8 C. trav.).
  • Aménagements obligatoires en cas de risques ou de travail de nuit : Il existe des aménagements de poste obligatoires pour la salariée enceinte travaillant à un poste à risques (art. L. 1225-12 à 14 C. trav.) ou travaillant de nuit (art. L. 1225-9 et 10 C. trav.).

Autorisations d'Absence

La salariée enceinte bénéficie d'autorisations d'absence pour se rendre aux 7 examens médicaux obligatoires. Le ou la conjoint(e) bénéficie également d'une autorisation d'absence pour se rendre à 3 de ces examens. Ces absences sont assimilées à du temps de travail effectif et sont donc rémunérées (art. L. 1225-16 C. trav.).

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Démission et Congé Parental

La salariée dont la grossesse a été médicalement constatée peut, si elle le souhaite, démissionner sans préavis et sans avoir à verser d'indemnité de rupture (art. L. 1225-34 C. trav.).

Après le congé maternité, la salariée ayant au moins un an d'ancienneté peut également choisir de bénéficier d'un congé parental d'éducation ou d'une période d'activité à temps partiel pour s'occuper de son enfant (art. L. 1225-47 C. trav.).

Après le congé maternité, la mère ou le père (ou les deux parents) peuvent résilier leur contrat de travail, en informant leur employeur au moins 15 jours à l'avance mais sans avoir à respecter de délai de préavis. Pendant l'année qui suit, le ou la salarié(e) conserve la possibilité de demander sa réembauche en priorité (art. L. 1225-66 C. trav.).

Retour au Travail Après le Congé Maternité

À l'issue du congé maternité, la salariée retrouve son précédent poste ou un poste similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente.

Sa rémunération doit être majorée :

  • des augmentations générales ;
  • de la moyenne des augmentations individuelles que les salariés de la même catégorie professionnelle ont perçues pendant la durée du congé, ou à défaut de la moyenne des augmentations individuelles dans l'entreprise (art. L. 1225-26 C. trav.).

La salariée doit passer une visite médicale de reprise. Organisée par l'employeur, cette visite est obligatoire et doit avoir lieu le jour de la reprise du travail ou au plus tard dans les 8 jours qui suivent. Elle se déroule pendant les heures de travail et le temps d'absence est rémunéré dans les conditions habituelles (art. R. 4624-31 C. trav.).

Jurisprudence et Primes

La jurisprudence admet la possibilité de subordonner le paiement de primes à l'accomplissement effectif d'un travail ou à la présence du salarié dans l'entreprise. Par exemple, il a été jugé qu'un accord collectif puisse tenir compte des absences même dues à la maladie ou à la grossesse pour le paiement d'une prime, à la condition toutefois que toutes les autres absences qui ne sont pas assimilées à du temps de travail effectif entraînent les mêmes conséquences (Cass.soc. 01.12.16, n°15-24693).

Cependant, la réduction ou suppression d'une prime n'est possible qu'à condition de ne pas apparaître comme discriminatoire.

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