La procréation médicalement assistée (PMA) est souvent présentée comme une solution pour les couples infertiles ou ceux qui ne peuvent pas concevoir naturellement. Cependant, les conséquences d'un parcours de PMA peuvent être importantes, tant sur le plan physique que psychologique, et peuvent mettre en péril la relation de couple. Il est donc essentiel de comprendre ces enjeux et d'explorer les alternatives possibles.

PMA et GPA : Des solutions courantes, mais pas sans risques

La PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) sont les solutions les plus couramment proposées aux couples infertiles, ainsi qu’aux couples de femmes et aux couples d’hommes qui ne peuvent pas concevoir naturellement. Bien que ces techniques permettent à de nombreux couples de réaliser leur désir d'enfant, elles ne sont pas sans risques ni conséquences. Il est dommage que dans les cas d’infertilité, seules la PMA et la GPA soient généralement proposées aux couples.

En dehors du danger pour la santé de la femme, il y a aussi de nombreuses questions éthiques qui se posent en rapport avec ces pratiques, mais ce n’est pas l’objet de cet article. Cependant, il existe des alternatives à la PMA permettant une conception naturelle chez beaucoup de couples ayant souffert de problèmes d’infertilité. La stimulation ovarienne et la ponction d’ovocytes sont nécessaires pour les femmes effectuant une PMA pour elles-mêmes, pour les femmes voulant faire appel à une mère porteuse et pour les femmes ayant choisi de faire un don d’ovocyte. La stimulation ovarienne n’est pas utilisée uniquement dans le cadre de la PMA, elle peut être utilisée aussi pour faciliter une conception naturelle.

Risques pour la santé de la femme

La stimulation ovarienne, nécessaire pour la PMA, n’est pas très risquée. Les complications graves sont vraiment très rares. Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne est plus fréquent, mais les formes graves sont très rares. - torsion d’ovaire, caractérisée par une douleur violente et continue.

Par ailleurs, des études récentes ont mis en évidence des risques accrus de complications pendant la grossesse, notamment la pré-éclampsie, en particulier dans les cas de FIV avec don d'ovocytes. Il y a un risque de pré-éclampsie dans près d’une grossesse avec don d’ovocytes sur six. Soit 4 à 5 fois plus que dans une grossesse avec conception naturelle, et 2 à 3 fois plus qu’avec une FIV sans don d’ovocyte. Dans le cas des grossesses multiples, on rencontre une pré-éclampsie dans 28 % des grossesses avec don d’ovocyte, contre 9,7 % des grossesses issue d’une FIV sans don d’ovocyte. Les chercheurs conseillent aussi aux couples de lesbiennes d’éviter la technique de la ROPA (réception des ovocytes de la partenaire).

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Questions éthiques

Ces technologies posent aussi de sérieuses questions éthiques, que ce soit pour la condition des femmes qui louent leur corps dans le cadre d’une « gestation pour autrui », pour les enfants nés par ces pratiques ou pour les embryons non utilisés et congelés ou détruits (dans le cadre de la recherche ou non).

Alternatives à la PMA

La naprotechnologie pour les couples infertiles est une alternative possible pour permettre une conception naturelle pour les couples qui n’arrivent pas à concevoir.

Impact psychologique et conséquences sur le couple

Le parcours de PMA est une épreuve difficile pour le couple. Il peut engendrer du stress, de l'anxiété, de la frustration et un sentiment d'échec. Les échecs répétés des tentatives de FIV peuvent être particulièrement dévastateurs et mettre à mal la relation de couple.

Difficultés psychoaffectives

Les relations parents-enfants autour de l’adolescence laissent apparaître certaines difficultés psychoaffectives, mais aucun trouble psychologique grave ne paraît relatif au mode artificiel de conception. Cette période délicate qu’est l’adolescence laisse en effet penser que l’enfant se pose davantage de questions sur son existence et sa venue au monde et que selon ces mêmes études, seuls 8,6 % des adolescents conçus par FIV étaient au courant de leur origine génétique.

L'épreuve du temps

Le parcours d’AMP peut être long et est toujours une épreuve pour la femme et le couple.

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Témoignages poignants

De nombreux témoignages de femmes ayant vécu des difficultés dans leur couple après un parcours de PMA mettent en lumière les défis émotionnels et relationnels auxquels les couples peuvent être confrontés. La fatigue, le désespoir, la culpabilité et le sentiment d'injustice sont autant d'émotions qui peuvent peser lourdement sur la relation.

Une femme témoigne : « L’après PMA est difficile la sortie sans enfants, notre couple a été ébranlé car l’on ne peut s’ imaginer que cela ne puisse pas aboutir. »

Une autre raconte : « malheureusement pour moi, mon experience FIV s'arrete aujour dhui car mon ami m'a quitté il y a quelques jours. Je suis très triste et abattue. La raison, je ne la connaitrai pas réellement mais je pense que les 4 echecs FIV depuis 1 an t ont joué pour beaucoup. Il ne m'aime plus me dit il, alors que moi je lai toujours aimé et l'aime encore. »

Ces témoignages soulignent l'importance d'un accompagnement psychologique adapté pour les couples engagés dans un parcours de PMA.

Le point de vue masculin

Il est important de noter que les hommes peuvent également souffrir des conséquences d'un parcours de PMA. Ils peuvent se sentir impuissants face à la souffrance de leur partenaire, culpabilisés par leur infertilité ou dépassés par les enjeux émotionnels liés à la PMA.

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Un homme témoigne : « Peut-être a-t-il souffert de te voir souffrir par "sa" faute. Le problème venant de lui, il ne souhaitait pas que ca soit toi qui en souffre. »

Un autre ajoute : « Peut-être aussi que comme tu étais arrivé à la 4e FIV, il s'est dit que la sécu ne rembourse plus mais par contre, toi tu ne souhaitais pas t'arrêter là. Et comme une FIV c'est pas donné, il a abandonné en voyant l'aspect financier. »

Ces témoignages montrent qu'il est essentiel de prendre en compte les besoins et les émotions des deux partenaires dans le cadre d'un parcours de PMA.

L'importance de la communication

La communication est essentielle pour surmonter les difficultés rencontrées dans un couple après un parcours de PMA. Il est important de pouvoir exprimer ses émotions, ses craintes et ses besoins à son partenaire, et de se sentir écouté et soutenu.

Une femme témoigne : « Chère Aubade, c'est la parole qui soigne ces maux. Parles avec les foroumeuses et les foroumeurs (ceci n'est pas un jeux de mot), avec ton homme si tu arrives à le convaincre, avec ta voie intérieure. »

Faire face aux difficultés : Accompagnement et solutions

Face aux difficultés rencontrées après un parcours de PMA, il est important de ne pas rester isolé et de rechercher un accompagnement adapté.

Accompagnement psychologique

Un suivi psychologique peut aider les couples à gérer le stress, l'anxiété, la frustration et le sentiment d'échec liés à la PMA. Il peut également permettre de renforcer la communication au sein du couple et de surmonter les difficultés relationnelles.

Soutien médical

Il est important de bénéficier d'un suivi médical adapté tout au long du parcours de PMA, afin de minimiser les risques pour la santé de la femme et de maximiser les chances de succès.

Groupes de parole

Les groupes de parole peuvent offrir un espace d'échange et de soutien entre personnes vivant des expériences similaires. Ils permettent de rompre l'isolement, de partager ses émotions et de trouver des conseils auprès d'autres couples.

Alternatives à la PMA

Il est important d'explorer les alternatives à la PMA, telles que la naprotechnologie, qui peuvent permettre une conception naturelle pour certains couples.

AMP et santé des enfants : Ce que l'on sait aujourd'hui

Depuis les années 1970, début des techniques d’Assistance Médicale à la Procréation, plus de 8 millions d’enfants sont nés par Fécondation In Vitro dans le monde. Selon les chiffres de l’Agence de Biomédecine, en France les enfants conçus après AMP (FIV et insémination) représentent 27 180 naissances en 2019. Un enfant sur 28 est donc issu d’une technique d’Assistance Médicale à la Procréation. Les risques posés par les grossesses obtenues après FIV sont bien documentés : augmentation de la prématurité et du nombre de bébés de faible poids : l’hypotrophie, (ces risques sont à relier à l’infertilité elle-même), une plus grande fréquence de grossesses multiples (environ 25 % de grossesses gémellaires, 3 % de grossesses triples et plus).

Paradoxalement, il y a peu de données sur la santé des personnes nées d’une AMP, en raison du « petit nombre d’études qui s’intéressent au sujet, du petit nombre de personnes ayant participé à ces études, et du faible recul » explique l’Agence de la Biomédecine dans une brochure qu’elle actualise régulièrement sur le sujet. Il est vrai que la santé d’une personne est multifactorielle ensuite : quelle exposition aux toxiques ? quels antécédents familiaux ? quel mode de vie et quelle hygiène de vie ? Difficile d’affirmer avec certitude que la méthode de conception est directement en lien avec tel ou tel risque. C’est du moins le postulat retenu par les scientifiques.

Malgré tout, l’Académie Nationale de la Médecine en France a publié en 2023 un rapport pour revenir sur ce que l’on sait vraiment aujourd’hui de la santé des enfants nés d’une FIV pour nous aider à faire le tri dans les informations. Notons que pour l’insémination artificielle, les données scientifiques n’on pas identifié de problème de santé chez les enfants.

Troubles du neurodéveloppement ou du comportement

Sur le plan des troubles du « neurodéveloppement », c’est à dire les troubles moteurs, les déficits intellectuels, les troubles du spectre autistique (TSA), les troubles de l’apprentissage, de la communication, l’hyperactivité, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de comportement ou l’anxiété, les études internationales se contredisent.

Risque cardiovasculaire

Depuis plusieurs années, des études suggèrent des troubles cardiovasculaires chez les enfants nés de FIV, et ce, dès le plus jeune âge. En 2017, un groupe de chercheurs chinois après avoir étudié les travaux d’une vingtaines d’autres équipes de recherche, confirmaient une « augmentation mineure mais statistiquement significative de la pression artérielle systolique et diastolique », c’est à dire de la pression du sang lorsque le coeur se contracte et de la pression du sang dans les artères quand le coeur se relâche.

Pas de lien entre AMP et cancers pédiatriques

Les études publiées à ce jour n’ont pas trouvé de différence du taux de cancer chez les enfants conçus par FIV par rapport à ceux conçus naturellement.

Infertilité chez les personnes nées par FIV

Parmi les différentes causes pouvant expliquer l’infertilité, le facteur de la génétique est à prendre en considération. Le syndrome de Turner, par exemple, constitue l’une des principales anomalies chromosomiques susceptibles de provoquer une stérilité chez la femme. Chez l’homme, on peut faire l’hypothèse que les cas d’altération de la fertilité seront possible chez les garçons conçus par une FIV ICSI réalisée pour résoudre le problème d’infertilité de leur père d’origine génétique, comme le suggère une étude belge de 2016. En revanche aucune étude n’a démontré que les techniques d’AMP étaient délétères sur la fertilité des enfants ainsi conçus.

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