L'expression "Marie-couche-toi-là" est une locution française chargée d'histoire et de connotations. Pour comprendre sa signification, il est essentiel de plonger dans ses racines étymologiques et culturelles.
Genèse et Évolution de l'Expression
L'expression "Marie-couche-toi-là" apparaît au XVIIe siècle. En 1876, Emile Zola, dans L'Assommoir, fait s’exclamer à l’un de ses personnages : "Les fleuristes ? Toutes des Marie-couche-toi-là (…) Vous savez, je ne suis pas une chienne, je ne mets pas les pattes en l’air quand on me siffle".
Définition et Connotations
"Marie-couche-toi-là" est un terme péjoratif désignant une femme de mœurs légères, voire une travailleuse du sexe. Elle est utilisée pour dénigrer les femmes perçues comme ayant une sexualité débridée. L'expression est sans pitié pour les femmes à la jambe légère. Elle désigne même les loueuses de charmes, les prostituées. Hier comme aujourd’hui, la liberté des mœurs a mauvaise presse.
Le terme est recensé dans le Franc-parler de François Coppée en 1894 : « Voilà maintenant qu'un beau parleur vient lui raconter qu'elle devrait aller avec tout le monde, comme une marie-couche-toi-là, et que c'est l'anarchie qui veut ça ».
En 1960, dans Zulma, Gilbert Arnoux écrit : « Une traînée, une Marie-couche-toi-là, une pouffiasse ».
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Pourquoi "Marie" ?
Le choix du prénom "Marie" n'est pas anodin. D’abord, c’est un prénom extrêmement commun en France. C’est même le prénom le plus donné au 20ème siècle, à tel point qu’une Marie était le synonyme d’une femme. Le calendrier chrétien rend un large hommage à la Vierge Marie : le 1er janvier on fête Marie la mère de dieu, le 25 mars l'Annonciation, le 8 décembre l’Immaculée conception. Elle occupe une place centrale dans la foi catholique.
L'utilisation d'un prénom féminin courant renforce le caractère générique de l'expression, désignant une femme quelconque et non une Marie en particulier. On retrouve cette construction dans d'autres expressions comme "en voiture Simone" ou "fesse-mathieu", qui désigne une personne avare.
Variations et Orthographe
MARIE-COUCHE-TOI-LÀ, subst. fém.Pop. Femme facile, débauchée.
Prononc. et Orth.: [maʀikuʃtwala]. Parfois avec une majuscule. Plur. inv.
Sommeil et Langue Française: Un Lexique Riche
La langue française est riche de proverbes faisant référence au sommeil. Mais connaissez-vous l’histoire qui se cache derrière ces expressions ?
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Tomber dans les bras de Morphée
Cette expression couramment utilisée désigne un endormissement profond, propice à la rêverie. Fils d’Hypnos (dieu du sommeil) et de Nyx (déesse de la Nuit), Morphée est considéré comme une divinité des rêves prophétiques issue de la mythologie grecque. Représenté sous la forme d’un jeune homme tenant des fleurs de pavot dans sa main, il utilise cet attribut pour toucher des personnes, les plongeant immédiatement dans un sommeil profond.
Avoir les yeux en trous de pine
Ne vous méprenez pas, on ne parle pas ici de beaux œufs en chocolat mais bien d’yeux ! Ce dicton populaire est utilisé pour parler de quelqu’un qui s’est levé tard.
On fait son lit comme on se couche
Ce proverbe peut être interprété au sens propre : ne pas faire son lit avant d’aller se coucher peut être synonyme d’une mauvaise nuit. Un dicton qui fait écho au sondage mené en 2010 par la National Sleep Foundation indiquant que les personnes faisant leur lit régulièrement sont plus susceptibles de bien dormir que celles qui n'ont pas développé cette bonne habitude.
Qui dort dîne
Cette expression datant du 4ème siècle avant J.C. sera ensuite reprise par les aubergistes au Moyen-âge puis au XVIIIe siècle. Inscrite à l’entrée des établissements, cette phrase était destinée aux voyageurs ayant pour obligation de dîner sous peine de se voir refuser le gîte.
Ne pas être couché sous la même enseigne
A l’époque du Moyen-âge, il n'était pas rare de croiser des brigands sur les routes. Aussi à la nuit tombée, les aubergistes méfiants pouvaient décliner le gîte si le patronyme d’un voyageur ne leur inspirait pas confiance.
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Dormir comme un loir
Cette expression remonterait au début du Moyen-âge, période durant laquelle on commença à s’intéresser au comportement animalier. On s’aperçut alors que ce petit mammifère rongeur au pelage gris, est un gros dormeur ! Tout comme la marmotte, le loir hiberne en hiver entre 6 et 7 mois (période d’octobre à avril).
Veiller comme une arme
Certains lui prêtent une origine moyenâgeuse : selon le rituel de la chevalerie, les jeunes écuyers entre 17 et 21 ans souhaitant devenir chevalier, devaient rester éveillés la nuit avant leur adoubement, à prier et à jeûner vêtus d’un habit blanc.
Nuits blanches à Saint-Pétersbourg
D’autres lui trouvent une signification plus festive : au 18e siècle, la ville de St Petersbourg était réputée pour sa vie nocturne très animée. Les nuits étaient donc longues particulièrement en été où le soleil ne se couchait pratiquement jamais.
Le Verbe "Coucher": Nuances et Usages
(kou-ché) v.
Sens et Emplois Divers
- Mettre au lit. Coucher un enfant. Les valets de chambre viennent coucher leurs maîtres.
- Étendre quelqu'un ou quelque chose tout de son long sur la terre ou sur quoi que ce soit. Coucher une échelle. On coucha le blessé sur un matelas. Coucher une bouteille sur le côté, la vider. Terme d'horticulture. Terme de doreur. Coucher d'assiette, coucher une couleur rougeâtre pour servir de préparation à recevoir l'or. Fig. Coucher quelqu'un sur le carreau, l'étendre sur la place mort ou grièvement blessé. Dieu dans un moment a couché ce géant [Galérius] sur la terre, Chateaubriand, Mart. II, 314. Ainsi le trait fatal dans les rangs se promène, Et comme des épis les couche dans la plaine, Lamartine, Méd. II, 15. Ils couchèrent sur la plaine environ mille cavaliers, plus de quinze mille fantassins et bon nombre d'éléphants, Le P.
- Incliner, pencher, rabattre quelque chose. La pluie et le vent couchent les blés. Coucher le poil d'un chapeau. Coucher des galons, une dentelle sur une étoffe. La brise qui soulève ou couche les épis, Lamartine, Harm. I, 5. Terme de marine. Coucher un bâtiment, l'incliner pour le caréner. Terme de manufacture. Fig.
- Coucher en joue, donner au fusil une position couchée, horizontale, en l'ajustant à l'épaule et contre la joue pour tirer. Fig. Que l'on couchait en joue, et de plus d'un endroit, Celle dont il a vu qu'une lettre en avance Avait si faussement divulgué la naissance, Molière, l'Ét. IV, 1. Il crut que ces longues paupières n'avaient jamais couché que lui en joue, Hamilton, Gramm. 7. La villageoise est belle et jeune, je l'avoue ; Don Alphonse, en passant, peut la coucher en joue, Scarron, Dom Japhet, I, 1.
- Étendre en couche. Coucher une couleur, de l'or, de l'argent sur… Terme de peinture.
- Coucher quelque chose par écrit, mettre par écrit. Couche de ses faveurs l'histoire par écrit, Régnier, Sat. X. Nous faisons profession de ne coucher dans ces mémoires que ce que nous tenons de celui même dont nous racontons les faits, Hamilton, Gramm. 11. Voici comment Luther coucha l'article VI du sacrement de l'autel, Bossuet, Variat. IV, § 35. … Tu te souviens qu'au village on t'a dit Que ton maître est nommé pour coucher par écrit Les faits d'un roi…, Boileau, Ép. X. On vient d'exiler un conseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté sa plume à coucher les remontrances que le corps a cru devoir faire au roi, Montesquieu, Correspondance, 61.
- Inscrire. Coucher quelqu'un sur une liste, sur l'état des pensions. Coucher un article en recette, en dépense. Dans peu de temps, j'espère Y voir coucher [dans un testament] mon nom en riche caractère, Regnard, Lég.
- Terme de jeu. Mettre comme enjeu. Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte. Coucher gros, jouer très gros jeu, et fig. Fig. Coucher gros, avancer quelque chose d'extraordinaire : vieux en ce sens. La corneille… Qui, croassant partout d'un orgueil effronté, Ne couche de rien moins que l'immortalité, Régnier, Sat. II. Vous couchez d'imposture et vous osez jurer ! Corneille, le Menteur, III, 5. Il ne couche pas moins que de faire employer pour lui toutes les puissances, Trévoux. Tu couches d'imposture et tu m'en as donné, Molière, l'Ét.
- V. n. Prendre son repos de nuit. Coucher dans un lit, sur un matelas. Coucher sur la dure. Chambre à coucher. Pygmalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, de peur d'être égorgé, Fénelon, Tél. liv.
- Loger ou passer la nuit. Il coucha dans une hôtellerie. Coucher en ville. Coucher dans la rue. Elle le retenait souvent à coucher, Hamilton, Gramm. 6. … Vous ennuyez-vous point De coucher toujours seul ? une esclave assez belle Était à mes côtés ; voulez-vous qu'on l'appelle ? La Fontaine, Fabl. VIII, 11.
- Coucher avec une femme, avoir commerce avec elle. Jupiter, en couchant avec Alcmène, fait une nuit de 24 heures, Voltaire, Mœurs, miracles. On ne pouvait coucher ensemble la première nuit des noces, ni même les suivantes, sans en avoir acheté la permission, Montesquieu, Esp. XXVIII, 41. Un autre vous promet de vous faire coucher avec les esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femme, Montesquieu, Lett. pers. 58. Déjà, pour commencer dans l'ardeur qui m'enflamme, Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme, Molière, Sganar.
- Se coucher, v. réfl. Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard. Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris ? Boileau, Sat. VI. Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil, Tous les jours je me couche avecque le soleil, Boileau, ib. Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenir fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables…, Boileau, Sat. X. Il se couche tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, La Bruyère, I. T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur ; Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte, La Fontaine, Fabl. XI, 3. Familièrement. Populairement.
- S'étendre. Le reste… se couche contre terre et sans faire aucun bruit Passe une bonne part d'une si belle nuit, Corneille, Cid, IV, 3. Éconduit, il [le courtisan] insiste ; repoussé, il tient bon ; qu'on le chasse, il revient ; qu'on le batte, il se couche à terre, Courier, Simple discours. Terme de manége. Être couché, étendu. Ce collet est mal taillé, il ne se couche pas bien sur l'habit. Sur deux tréteaux boiteux se couchait une porte, Régnier, Sat.
- Passer au-dessous de l'horizon, en parlant des astres. Le soleil se couchera bientôt.
Remarques
Se coucher signifie se mettre au lit, s'étendre pour dormir : nous nous sommes couchés à minuit ; et coucher, v. n. signifie passer la nuit, le temps du sommeil : il a couché en ville. Coucher, v. n. ne se construit qu'avec l'auxiliaire avoir ; cependant Racine a dit : Il y serait couché sans manger ni sans boire, † Plaid. I, 1.
Historique
XIe s. Sur un perron de marbre bloi se culche, Ch. de Rol. II. Descent à piet, à la terre se culche, ib. CXLVIII. Quant il se dresse, li soleilz est culchet, ib. CLXXVII. S'en ma merci [il] ne se cuizt à mes piez…, ib.
XIIe s. Et el sepoucre cocher et repouser, Ronc. p. 6. Quant à tes piés [elle] se coucha à bandon, ib. p. 48. [Il] Coche s'adens, durement s'humelie, ib. p. 55. Dès le matin jusqu'à soleil couchant, ib. p. 68. Sa chemise qu' [il] eut vestue, [il] M'envoia pour embrasser ; La nuit, quant s'amour m'arguë, [je] La met delez moi couchier, Dame de faiel, dans Couci. E à la nue terre se culchout en ses dras Que il aveit le jur, ne changout altres pas, Th. le mart.
XIIIe s. De paour [elle] va à dens sur la terre couchier, Berte, XI. En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit, ib. XXVIII. Vous deus dedens ma chambre ensemble [je] coucherai, ib. LVII. Rois, ce n'est pas ma fille qui ci estoit couchie, ib. X. Quant il vinrent laiens, si se coucierent et reposerent jusques à l'endemain après la messe que il alerent au castiel où li cuens estoit, H. de Valenciennes, XVI. Li rois Loeys ses peres se coucha au lit mortiel, et le convint partir de cest siecle, Chr. de Rains, p. 10. Dont sont tous nos François cochié à genoillon ; Or oïez de Jhesu, en qui croire devon, Com a fait grant vertu, por confondre Mahon, Ch. d'Ant. III, 618. Si tost com ou sepulcre [le St-Sépulcre] iert m'ofrande coucie, Et je l'aurai baisié et m'orison fenie, ib. I, 912. Par devant le segneur desoz qui il couque et lieve, Beaumanoir, 58. Et s'il ne le trueve d'aventure, il doivent aler fere lor semonce à lor ostel où il est couquans et levans, Beaumanoir, 50. Dusqu'à tant que les paroles sont couquies en jugement, Beaumanoir, VI, 14. Quant je fus couchié en mon lit, là où je eusse bien mestier [besoin] de reposer, Joinville, 230.
XVe s. Mon très redouté et souverain seigneur, je me mets et couche du tout en vostre ordonnance et en la disposition de vostre haut et noble conseil, Froissart, II, III, 93. Après ce coup là veïssiez Autres coups aller et tenir, Et flourins aller et venir ; L'un couchoit de seize tous francs, Deschamps, Poésies mss. f° 392, dans LACURNE, au mot effacer. Auquel [Brissonnet] il faisoit conseiller de se faire prestre et que il le feroit cardinal, à l'autre couchoit [promettait] d'une duché, Commines, VII, 2. Qui sçauroient le coucher en meilleur langage que moy, Commines, Prol. Coucher une lance en arrest, Commines, I, 3. Il dresse le bras dextre à tout la lance au poing …et quant il fut temps de coucher, il coucha tout droit bonne lance, et tourna sur son ennemy, Perceforest, t. V, f° 6. Couchier à dix, lever à six, Leroux de Lincy, Prov. 1. II, p.
XVIe s. Mais qu'il s'allast coucher, et qu'il couchast bien soigneusement la medaille sur ses roignons, Montaigne, I, 95. Au lieu de coucher ces advis sur ses meurs, chascun les couche en sa memoire, Montaigne, I, 116. Les femmes couchant à part de leurs maris, Montaigne, I, 237. On les couchoit sur des charriotes pleines de bruyere, Montaigne, I, 238. Je couche de peu [j'avance, je risque peu], car…, Montaigne, IV, 124. Il les portoit l'un après l'autre par terre à chacune rencontre, sans que jamais sa lance fut couchée en vain, Yver, p. 534. La confiscation des meubles appartient au seigneur duquel le confisqué est couchant et levant [domicilié], Loysel, 840. Drogues couchées avec le pinceau, Palissy, 313. Nous ne laisserons pas de coucher par escript les choses dignes de memoire que nous avons peu amasser du roy Numa, Amyot, Numa, 2. Il ne luy restoit plus qu'à coucher l'edict en bons termes, Amyot, Solon, 25. Ils les trouverent qu'il estoit ja soleil couché, Amyot, Pyrrh. 2. Il se trompoit, car il n'eust seu coucher d'un nom plus desagreable aux habitans que celui du roi, D'Aubigné, Hist. II, 441. Se coucher en chapon le morceau au bec [se coucher de très bonne heure], Débat de folie et d'amour, p. 99, dans LACURNE. Qui se couche avec les chiens, se leve avec les puces, Cotgrave † Qui avec malheureux couche, il a froid, quoiqu'il lui touche, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 383. Ils ne sont pas trestous couchez encore, qui auront malvais repos anuict, Palsgrave, p.
Étymologie
Bourguig. côchai ; picard et rouchi, couker ; wallon, coûkî ; namurois, couchî ; provenç. colgar, colcar ; ital. colcare, corcare, coricare ; du latin collocare, mettre, poser, de col, pour cum, avec, et locare, placer (voy. LOUER). Le sens général de placer a été réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position analogue à celle qu'on a dans le lit : coucher une lance en arrêt. L'espagn. et le portug.
Compléments
COUCHER. Ajoutez :15 Fig. Se coucher auprès, se passer de (métaphore tirée du chien qui se couche auprès de la nourriture qu'il dédaigne). Il [d'Hacqueville] fera valoir vos raisons à M. de Pompone, et, après cela, s'ils ne sont contents, vous leur permettrez de se coucher auprès, Sévigné, 29 déc. 2. Ajoutez : L.
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